upright=1.5|right|thumb|Forêt du Lägern dans le canton d'Argovie. L'ensemble des forêts de Suisse couvre 1,3 million d'hectares soit 32 % de la surface du pays en 2012. Les régions de Suisse les plus boisées sont les massifs du Jura et du sud des Alpes.
Définition En Suisse, la forêt est définie comme Ceci inclut : Cela exclut Pour qu’un peuplement d’arbres soit considéré comme une forêt et non pas comme un groupe isolé, les cantons doivent définir des seuils minimaux concernant la surface boisée, la largeur (lisière comprise) et l'âge du peuplementArt. 2, al. 4, Loi fédérale du 4 octobre 1991 sur les forêts (Loi sur les forêts, LFo ; RS 921.0).
Multifonctionnalité des forêts En plus de servir de lieu de biodiversité, la forêt joue d'autres rôles, notamment liés aux populations humaines. En droit suisse, la notion de fonction forestière a une haute importance juridique pour la protection et la gestion des forêts. Les fonctions de la forêt sont étroitement liées aux services écosystémiques qu’elle fournitOFEV (2022). Fonction de la forêt et services écosystémiques forestiers. Ce dernier concept sert à évaluer les processus naturels des écosystèmes qui bénéficient aux sociétés humaines. En Suisse, trois grandes fonctions sont attribuées à la forêtArt. 1 al. 1 let. c. LFo :
Fonctions sociales : Lieu de détente et santé Habitat pour la faune et la flore Régulation et stockage de l’eau et des éléments nutritifs Fonction protectrice, comme barrière de protection contre les dangers naturels Fonction économique, car elle contribue à l’économie grâce à l’exploitation du bois.
Taille et répartition privée/public Selon le rapport forestier 2025, la surface forestière occupe environ 1,3 million d’ha. Sa répartition dans les différentes aires géographiques du pays est de 55 % dans le sud des Alpes, 40 % dans le Jura, 35 % dans les Préalpes, 28 % dans les Alpes et de 24 % sur le plateauRapport forestier 2025, p. 30.
Quant à la surface totale, elle a augmenté de 23’000 ha lors de la dernière décennie, ce qui représente une croissance de 0,2 % par année. La majorité de cette extension a eu lieu au-delà de 1400 m d’altitude suite à l’abandon de parcelles agricoles. Cependant, l’augmentation reste moindre que lors des décennies précédentes.
En Suisse, environ 71 % de l'aire forestière appartient à des propriétaires publics (environ 3 400), qui possèdent en moyenne 265 ha de forêt chacun. 245’000 particuliers se partagent les 29 % restants, ce qui représente en moyenne 1,5 ha de forêtRapport forestier 2025, p. 108. Ces chiffres sont donc similaires à ceux de 2012 présentés dans l’Annuaire La forêt et le bois de 2013Annuaire La forêt et le bois, 2013, Surface forestière, p. 11.
Ces différentes répartitions entre propriétaires posent de nombreux défis : afin d’établir de nouvelles mesures, par exemple pour favoriser la biodiversité, il faudra alors obtenir l’accord des propriétaires forestiers. Dans des régions avec, en majeure partie, des forêts privées, il sera plus difficile d’y instaurer de grandes réserves forestières, puisque cela nécessitera beaucoup de négociations.
Peuplements des forêts suisse Les forêts de Suisse abritent plus de espèces animales et végétales différentes, soit près de 40 % de la biodiversité suisse.
Flore Arbres Les forêts du pays sont composées d'un volume total de bois d'environ 422 millions de mètres cubes. On y trouve 67 % de résineux, principalement des sapins et des épicéas, et 33 % de feuillus, avec principalement du hêtre. Depuis les années 2010, on trouve une dominance des peuplements mélangés dans la forêt suisse, avec seulement 19 % de peuplements purs. Selon l'inventaire forestier national, 92 % des peuplements en régénérations proviennent d'ensemencement naturel. Il y a 120 types de forêts différentes en Suisse.
Le volume de bois moyen des forêts est de par hectare, ce qui représente un volume de plus élevé que l'Autriche qui présente des conditions naturelles comparables. Le bois mort représente un volume moyen de par hectare, avec environ par hectare d'arbres secs sur pied (selon l'IFN).
Au niveau des arbres pour chaque famille, on trouve plusieurs espèces, qui peuvent parfois s'hybrider entre elles. Du côté du droit, la Confédération dresse la liste des genres qui sont considérées comme forestiers et peuvent être librement plantés en forêt. Cette liste comprend six genres de résineux et quinze genre de feuillus. Elle exclut le Prunus et deux espèces de noyers : le noyer royal et le noyer noir.
Épicéa thumb|Forêt d'épicéas à Plazzas dans le val da Cafegns, au nord de Schluein dans le canton des Grisons. L'épicéa est le conifère qui compte le plus grand volume de bois sur pieds des forêts en Suisse. Il représente 44 % de l'ensemble des arbres des forêts en Suisse. Il est constitué de pratiquement une seule espèce : l'épicéa commun. Il est globalement présent dans toute la Suisse, quoi qu'en proportions plus faibles au sud des Alpes où il ne représente que 18,5 % de l'ensemble des arbres et au nord où ce taux est de 15,7 %. , il est très présent dans les Alpes où il représente 59,5 % de l'ensemble des arbres dans les Alpes bernoises, 60,5 % aux Grisons et même 61,4 % dans les Préalpes vaudoises et fribourgeoises. Hêtre thumb|Hêtraie à Bichelsee-Balterswil dans le canton de Thurgovie. Le hêtre est le feuillu qui compte le deuxième plus grand volume de bois sur pied des forêts en Suisse derrière l'épicéa. Il est majoritairement formé d'une seule espèce : le hêtre commun. Il représente 18 % de l'ensemble des arbres des forêts en Suisse. Ne poussant pas au-dessus de d'altitude, il est peu présent dans les régions alpines avec seulement 4,3 % de l'ensemble des arbres aux Grisons ou 4 % en Valais. Ce taux est plus important sur le Plateau où il est en moyenne de 24 %. Sa culture est plus importante sur le massif du Jura où il atteint un taux de 31 %, voire de 42,4 % au nord.
Sapin Le sapin est le deuxième conifère qui compte le troisième plus grand volume de bois sur pied des forêts en Suisse. Il représente 15 % de l'ensemble des arbres des forêts en Suisse. Il est constitué de pratiquement une seule espèce : le sapin blanc. En Suisse, il est surtout présent dans les zones situées entre et d'altitude et son aire de répartition est donc bien plus limitée que celle de l'épicéa. Pratiquement absent des Alpes, on le trouve surtout dans la région bernoise et dans le Jura, où il représente 21,9 % de l'ensemble des arbres sur pied.
Mélèze thumb|Mélèzes d'Europe dans la forêt d'Aletsch dans le canton du Valais. Le mélèze est un conifère qui est majoritairement formé d'une seule espèce : le mélèze d'Europe. Il représente 5,5 % de l'ensemble des arbres des forêts en Suisse. Capable de pousser en altitude avec 73 % des mélèzes suisses poussant à une altitude supérieure à , il est surtout présent en Valais, au Tessin et dans les Grisons. Il représente 8,9 % des arbres sur pied au Tessin, 9,5 % aux Grisons et 19,7 % en Valais. Dans le reste de la Suisse, son taux est généralement inférieur ou égal à 1 %.
Frêne Le frêne est le deuxième feuillu le plus répandu dans les forêts en Suisse après le hêtre avec 3,7 % de l'ensemble des arbres des forêts en Suisse. Néanmoins, il est menacé de disparaître. En effet, arrivé en Suisse dans la région bâloise en 2008, le champignon Chalara fraxinea venu d'Asie essaime dans l'ensemble du pays. Il atteint la Suisse romande en 2011. Il provoque une maladie nommée flétrissement : l'arbre n'est alors plus alimenté en eau et finit par mourir. L'observation de ce champignon est difficile car il ne présente que peu de traits typiques et se laisse vite envahir par d'autres espèces de champignons. Jusqu'en 2014, aucun remède contre ce champignon n'est connu. Durant cette année, une équipe de chercheurs de l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL cherche un virus capable d'affaiblir, voire de tuer le champignon sans affecter l'arbre afin de pouvoir en stopper la progression.
Érable L'érable est un feuillu qui représente 2,9 % de l'ensemble des arbres des forêts en Suisse. Trois espèces forment la majorité des érables de Suisse : l'érable sycomore, l'érable plane et l'érable champêtre.
L'érable sycomore est l'espèce principale d'érables avec environ tiges sur environ L'erreur relative est de ± 3 %., soit 89,4 % de l'ensemble des érables. Il est presque absent des Alpes avec un taux de moins de 1 % à l'exception des Alpes bernoises où il représente 5,9 % de l'ensemble des arbres sur pied. Dans les Préalpes appenzelloises ce taux est de 8,2 %. Il est aussi présent au nord du Plateau avec un taux de 5,1 %.
L'érable plane représente 4,7 % de l'ensemble des érables avec environ tiges. Il est totalement absent des Grisons, du Tessin, des Préalpes vaudoises et fribourgeoises. Dans toutes les autres régions, il représente moins de 1 % de l'ensemble des arbres. Son taux le plus élevé se situe au nord de la Suisse avec 0,7 %.
Quant à l'érable champêtre, il représente 5,9 % de l'ensemble des érables avec environ tiges. Il est presque totalement absent du Plateau à l'exception de la région vaudoise où il représente 0,6 % de l'ensemble des arbres et la région zurichoise où ce taux est de 0,2 %. Partout ailleurs en Suisse le taux est inférieur à 1 % à l'exception du nord de la Suisse où il est de 1,1 %.
Chêne thumb|Chênaie dans le Bois Neuf à Étagnières dans le canton de Vaud. Quatre espèces de chênes sont indigènes des forêts de Suisse : le chêne pédonculé, le chêne sessile, le chêne pubescent et le chêne chevelu. Les trois premiers sont particulièrement présents sur le plateau, dans le massif du Jura, au sud des Alpes et aussi en Valais. Le chêne chevelu ne se trouve par contre pratiquement qu'au Tessin. À ces quatre espèces de chênes, il faut ajouter le chêne rouge d'Amérique qui est introduit dans les forêts en Suisse lors du . La grande partie de la population de chênes se trouve dans l'ouest du plateau. La proportion atteint localement 60 % du nombre de tiges dans le canton de Genève pour une moyenne nationale de 9 %. Dans le canton de Vaud, la région où dominent les chênes se trouve entre La Sarraz et Yverdon-les-Bains. D'autres lieux importants se trouvent dans le nord de la Suisse, autour de la vallée du Rhin, dans les cantons de Bâle, Argovie, Zurich et Thurgovie. Dans le canton de Vaud, les chênaies se répartissent sous trois formes : les chênaies buissonnantes où le chêne pubescent prédomine. On les trouve notamment sur le pied du Jura et dans le Chablais. Les sols sont généralement constitués de croupes rocheuses. les chênaies à charme. Elles se trouvent principalement dans les régions sub-montagnardes où le hêtre n'a pas pu s'implanter. Les chênaies acidophile où prédominent les chênes sessiles et pédonculés. Elles sont généralement confinées à de petits espaces le long de promontoires, de crêtes ou de ravins.
Le chêne représente 2,24 % de l'ensemble des arbres des forêts en Suisse. Ce pourcentage est formé de 55 % de chênes sessiles, 39 % de chênes pédonculés, 4 % de chênes pubescents, 1,5 % de chênes rouges et 0,5 % de chênes chevelus.
Espèces rares Parmi les espèces rares, figure le cormier dans les forêts en Suisse. Dans les années 1990, l'office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysageDevenu l'office fédéral de l'environnement le janvier 2006 recensait 500 individus dont le diamètre à hauteur de poitrine est supérieur à répartis sur le canton de Genève, le canton de Vaud, celui de Bâle-Campagne et celui de Schaffhouse. En raison de son extrême rareté et du morcellement de sa population, il a été classé menacé d'extinction en Suisse.
Faune En Suisse, les chênes sessiles et pédonculés servent notamment d'abris pour les martres et les noctules communes chez les mammifères ; la chouette hulotte et le pic mar chez les oiseaux ou encore les frelons, les lucanes cerf-volant et les grands capricornes du chêne chez les insectes.