Le de mobiles est un régiment de la Garde nationale mobile formé en 1870 lors de la guerre franco-prussienne. Le de mobiles est formé le , de deux bataillons du Loir-et-Cher et d'un bataillon du Maine-et-Loire.

Le régiment participe notamment à la bataille de Loigny et à la bataille du Mans.

Formation du régiment Les deux bataillons du Loir-et-Cher Mobilisation Le , la garde mobile du Loir-et-Cher est appelée à se réunir dans les chefs-lieux de Blois, Vendôme et Romorantin. Il faut former deux bataillons de 8 compagnies, chacune forte de 200 hommes. Neuf compagnies sont réunies à Blois, quatre à Vendôme et trois à Romorantin. Le , les mobiles reçoivent des uniformes et de l'équipement en remplacement des vieux fusils, des blouses et des baluchons. Fin septembre, les deux bataillons sont dirigés vers la forêt de Marchenoir. Le premier bataillon occupe une ligne Beaugency-Marchenoir, le second Marchenoir-Fréteval. Ils logent alors chez l'habitant puis, début novembre, uniquement en campement. Le , les troupes entendent les canonnades de la bataille d'Artenay et apprennent l'occupation d'Orléans par les Prussiens le lendemain. Ces derniers avancent alors jusqu'à Meung-sur-Loire et menacent Beaugency, défendu par trois compagnies du premier bataillon. Le conseil municipal refuse d'exposer la ville aux combats et demande le repli des compagnies. Afin d'éviter que la rencontre fortuite entre les compagnies françaises se repliant et les Prussiens ne débouche sur des combats aux abords de la ville, deux compagnies doivent traverser sur la rive gauche de la Loire, puis retraverser en rive droite à Saint-Dyé-sur-Loire pour rejoindre Marchenoir. Les deux bataillons rencontrent des légionnaires rescapés des combats qui fuient vers le sud, rapportant l'horreur et la difficulté des combats. Mais les troupes allemandes sont rappelées vers Paris et Chartres, afin de prendre part au siège de Paris.

Premiers combats Mi-octobre, les deux bataillons sont épaulés sur leur ligne de défense par le 33e régiment de mobiles de la Sarthe. Plusieurs escarmouches les opposent aux uhlans prussiens. Le , les troupes aperçoivent les lueurs de Châteaudun incendiée lors des combats. Les escarmouches continuent, aux alentours de Saint-Hilaire-la-Gravelle ou Binas. Dans ce dernier, le , un détachement de 200 hussards prussiens attaque -tireurs et les massacre. La vérole commence à faire des ravages parmi la troupe. Le , une colonne de plusieurs milliers de bavarois arrive aux alentours de Saint-Laurent-des-Bois. Le premier bataillon s'engage, épaulé par des chasseurs à pied et un régiment de marche. Le second bataillon arrive en renfort après une marche forcée de . Les prussiens se replient. Les pertes s'élèvent, selon les français, à 164 hommes et 83 prisonniers pour les prussiens, 4 tués et 40 blessés pour les français. Les mobiles du Loir-et-Cher ne perdent pas d'hommes. Le , alors que le bataillon se trouve près de Ouzouer-le-Marché, une canonnade prussienne annonce le début de la bataille de Coulmiers. Dans la charge générale de l'armée française, le bataillon termine la journée au village de Champs, à Saint-Sigismond. Il déplore plusieurs tués et une dizaine de blessés. Les mobiles de Loir-et-Cher reçoivent l'ordre de camper au hameau de Poiseaux, à Épieds-en-Beauce. Les campements dans la plaine de la Beauce en novembre couvrent d'une boue épaisse les soldats.

de Maine-et-Loire Le , un décret appelle à l'activité la garde mobile de Maine-et-Loire devant se réunir en 4 bataillons dépendant des chefs-lieux des quatre arrondissements : le à Angers, le à Saumur, le à Cholet et le à Segré. Les hommes s'y réunissent le , sauf pour celui de Segré. Le , la garde nationale mobile est organisée en régiments. Les trois premiers bataillons de Maine-et-Loire forment alors le de mobiles. Le , le arrive à Angers. Après plusieurs semaines d'instruction et d'exercices, il part pour Blois le . Il passe plusieurs semaines dans les environs de Blois, à Mer, reçoit des équipements supplémentaires ainsi que les fusils Remington le . Il quitte Mer le vers Marchenoir, sous les ordres du d'armée commandé par le général Chanzy. Le 6, il marche vers Écoman. La dysenterie et la vérole commence à ravager le bataillon, tuant M. Lemanceau, lieutenant de la . Jusqu'au , le bataillon surveille une ligne Morée-Écoman-Moisy.

Création du Le , le de Maine-et-Loire forme, avec les deux bataillons du Loir-et-Cher, le de mobiles. Il est placé sous les ordres de la , , d'armée. Le même jour, le se rend à Épieds-en-Beauce, puis le jour suivant à Saint-Péravy-la-Colombe où il retrouve les deux bataillons du Loir-et-Cher. Le régiment s'organise alors en 3 bataillons, ceux du Loir-et-Cher formant le et le bataillon, le de Maine-et-Loire formant le .

Historique Combat de Faverolles Installé à l'extérieur du bourg de Saint-Péravy, la situation du régiment devient rapidement invivable du fait de la pluie battante et de la boue. Le régiment décide de cantonner dans le bourg même, entassé dans les maisons. Le , le régiment est mis en alerte et se porte au nord du village pour parer à une éventuelle présence prussienne. Début décembre, le froid gèle le sol boueux et permet aux troupes de manœuvrer. Le démarre sa manœuvre. À 10h du matin le , le se déploie et marche vers le nord. Il passe Roumilly, Moret, et reçoit vers 13h l'ordre de prendre Faverolles. Le sous le feu de l'artillerie prussienne, les compagnies avancent groupées, profitant des plis et creux du paysage pour se mettre à couvert. Les premières fusillades éclatent. Le évolue sur la droite, le au centre tandis que le évolue sur le flanc gauche. Vers 16h, une troupe prussienne arrive sur la gauche du village mais doit se retirer sous le feu nourri du . À du village, avant la nuit, on sonne la charge. Le village est investi, fouillé, les incendies allumés par les prussiens sont éteints. Le régiment capture 30 prisonniers. Son a perdu 7 hommes tués, 6 blessés et un disparu. Le régiment cantonne dans le village et ses alentours.

Bataille de Loigny

Le , on tente de ravitailler les troupes, mais une canonnade prussienne oblige le régiment à prendre les armes. Le et bataillon se trouve à droite de la route Faverolles-Loigny, le à gauche. Vers 9h30, les premiers fuyards français sont aperçus. À 10h, le régiment avance vers Loigny. Arrivant à Loigny, il engage immédiatement le combat avec une troupe bavaroise qui se replie au château de Goury. Le général Barry demande alors de pousser vers Goury, mais les prussiens s'y sont solidement retranchés. Sans soutien de l'artillerie, le subit de lourdes pertes avant de se replier à Loigny. Les prussiens attaquent alors le bourg, et le régiment engage un furieux combat pour le conserver. Vers 17h, le régiment commence à se replier de Loigny et campe à Terminiers. Le a subi de lourdes pertes. Le commandant du régiment, le colonel de Montlaur, est blessé. Le se retrouve amputé du tiers de son effectif et se trouve réduit à environ 600-700 hommes. Le bataillon a perdu les deux-tiers de son effectif, dont 17 de ses 21 officiers. La déplore 24 tués, 102 blessés (dont 3 officiers), 42 prisonniers (dont 6 officiers) et 17 disparus.

Retraite vers Le Mans Le , le régiment passe la matinée à se réorganiser à la suite de la retraite de la veille. Il reçoit l'ordre de se replier. Les et bataillons cantonnent à Patay, le à Lignerolles. Le régiment met la ville en défense. Le lendemain matin, les prussiens attaquent Patay. Pendant que le et bataillon défendent le bourg, le s'établit près du hameau de la Croix-Cassée, proche de l'artillerie et met en déroute l'attaque prussienne près de la ligne de chemin de fer, mettant 200 prussiens hors de combat et 60 prisonniers. Le rallie Patay et aide à l'extinction des incendies. Il déplore 5 blessés et un prisonnier. Les mobiles du Loir-et-Cher déplore au moins 9 tués, plus des blessés. Le sa retraite dans l'après-midi, et après quelques escarmouches avec les cavaliers prussiens, passe la nuit du 4 dans le bois de Bucy-Saint-Liphard. Le lendemain, il est à Lorges, puis le 6 au soir à Villorceau. Le , des combats font rage mais le régiment reste en réserve, sans combattre de la journée. Le 8, les combats reprennent près de Messas alors que le bataillon est réduit de moitié à cause des combats et maladies. Le régiment se porte au hameau de La Mée pour épauler l'assaut du 33e régiment de mobiles. Le hameau est pris et une centaine de prisonniers sont capturés. Le perd 4 tués, 23 blessés (dont 1 officier) et un prisonnier. Le régiment se replie à Villorceau. Les combats font toujours rage aux alentours, et le 9, le régiment marche vers le sud pour défendre le ravin de Tavers et se place près des bâtiments de la ferme du Grand-Mizian. Les prussiens attaquent dans l'après-midi et les fusillades se poursuivent jusqu'au soir. La ligne de front est tenue. Les et bataillon essuient des pertes plus lourdes que le qui, protégé par le terrain, perd 2 tués et 10 blessés. Le lendemain, le régiment ne subit pas d'attaque et campe sur ses positions. Le 11, la retraite reprend et le arrive près de Mer. Le 12, il campe à Pontijou, dans la boue et l'humidité des marais de Maves, le 13 à Selommes, le 14 au lieu-dit de Malignas, à Crucheray, le 15 au lieu-dit La Chaise à Naveil, le 16, il passe sur la rive droite du Loir, le 17, il campe à La Chapelle-Huon, le 18 à Montreuil-le-Henri, le 19 à Parigné-l'Évêque et le 20, il cantonne au sud du Mans, au chemin aux bœufs.

Bataille du Mans