L'église Saint-Nicolas est une église catholique paroissiale située à Guiry-en-Vexin, en France. Elle aurait été élevée sur les fondations d'une précédente église du . Son plan est en forme de croix, sans bas-côtés. Le clocher domine la façade et occupe une partie de la première travée de la nef. C'est le contraire d'un chef-d'œuvre. Avec le portail occidental et les deux premières travées de la nef, il date d'autour de 1557, et affiche le style de la Renaissance. Le reste du vaisseau central et le croisillon sud datent de la première moitié du , et sont de style gothique flamboyant. On y trouve les fenêtres aux réseaux les plus élaborés du Vexin français. Le croisillon nord est la partie plus ancienne de l'église. Il remonte au et ses fenêtres sont de style rayonnant tardif, mais la voûte est également flamboyante, et subdivisée en trois fois trois voûtains. Ceci vient du plan particulier du transept, qui comporte des piliers libres au nord et au sud de la croisée, et deux voûtes pour la croisée et le croisillon sud. Cette spécificité fait en grande partie l'intérêt de l'église, qui a été classée monument historique par arrêté du .. L'église renferme en outre l'un des plus importants statuaires du Vexin français. Toutes ces statues sont en pierre, et la plupart datent des et s. Dix-huit parmi elles sont classées monument historique au titre objet. Depuis de longue date, Guiry-en-Vexin n'est plus une paroisse indépendante, et les messes dominicales se limitent aujourd'hui à une célébration eucharistique par trimestre.

Localisation

L'église est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, dans le Parc naturel régional du Vexin français, sur la commune de Guiry-en-Vexin, au centre du village, rue Saint-Nicolas (RD 159). La façade occidentale, en réalité tournée vers le nord-ouest, donne sur la rue. L'axe de l'édifice est perpendiculaire à la rue, ce qui explique apparemment l'orientation irrégulière. Le château de Guiry, qui se trouve au sud de l'église, est orienté de la même façon, sans doute pour la même raison. Le cimetière entoure la nef de l'église, et se continue devant le croisillon nord. Le croisillon sud et le chœur sont enclavés dans des propriétés privés. Alors que le croisillon sud est visible depuis l'impasse des Nonains qui flanque le cimetière au sud, le chœur n'est pas du tout visible depuis le domaine public.

Historique Les origines

La localité est mentionnée pour la première fois dans un testament écrit vers 690 sur du papyrus, qui est conservé aux Archives Nationales, sous la forme de Wuarnaco in pago vilcassino. Il devrait bien s'agir de Guiry-en-Vexin, comme le montre l'évolution successive du toponyme : Wairiacus en 1053, puis Guairiacus, et enfin Guiry en 1534.. Jacques Sirat affirme que l'origine mérovingienne de l'église de Guiry ne peut être contestée, tout en admettant de ne pouvoir s'appuyer que sur des sources légendaires, et sur une nécropole du haut Moyen Âge. Elle a été découverte en 1906, dans la partie sud du cimetière, à du mur de l'église, et à de profondeur, où un sarcophage et plusieurs sépultures faites de pierres assemblées ont été mis au jour. Plus tard, en 1960, un autre sarcophage de la même époque a été trouvé deux mètres plus loin, mais il ne contenait pas de mobilier funéraire. Ces découvertes sont utilisées par Jacques Sirat pour conforter son hypothèse. Pourtant, les deux nécropoles mérovingiennes identifiées à quelques centaines de mètres du village n'incitent pas le même auteur à conclure à des chapelles ou églises en ces lieux..

En ce qui concerne les sources d'ordre légendaire, elles sont seulement au nombre de deux. La première est un manuscrit rédigé par Jehan Hamot, curé de Meulan, au dernier quart du . Cet auteur prétend s'appuyer sur des chartes qu'il ne précise pas. Il raconte que saint Romain venait souvent méditer avec un vieil ermite au lieu-dit l'Aulnaye Périlleuse. C'est ici que le saint aurait fait bâtir une église dédiée à saint Nicolas. Or, comme Jacques Sirat l'admet lui-même, le vocable de Saint-Nicolas n'apparaît pas dans les sources antérieures au . L'autre source est un manuscrit anonyme, qui a été versé au dossier d'un procès entre les seigneurs de Guiry et l'abbaye Saint-Père-en-Vallée. Le manuscrit, qui parle des seigneurs de Guiry, relate que . Cette formule laisse entendre qu'il n'y avait pas d'autre église ou chapelle auparavant. Jacques Sirat est toutefois persuadé qu'il s'agit d'une chapelle faisant partie de l'église, qui, selon le cartulaire de l'abbaye Saint-Père est dédiée à saint Pierre au . La chapelle Saint-André figure dans un acte de 1032 cité par Paul François Pihan de la Forest (1739-1810) et dans une charte donnée par Hugues de Guiry en 1053, ce qui ne permet toutefois pas de la localiser avec exactitude.

Les campagnes de construction de l'église

Des vestiges archéologiques de l'église du pourraient subsister sous la forme de la , selon Jacques Sirat. Il est en tout cas acquis que ces vestiges sont antérieurs au . C'est du que datent les autres vestiges plus tangibles. Il s'agit des bases de deux faisceaux de colonnettes, qui sont englobées dans les fondations de l'église actuelle ; d'un chapiteau à feuilles d'eau très usé ; de plusieurs claveaux à bâtons brisés ; et d'une base de colonne déposée dans un jardin du village. Les autres fragments sont conservés au musée archéologique départemental du Val-d'Oise, également situé à Guiry-en-Vexin. L'église du est mentionnée dans un accord que Jehan de Guiry passe en 1289 avec l'abbé de Saint-Père de Chartres. Ses fondations ont vraisemblablement été récupérées pour l'église actuelle. Les éléments les plus anciens conservés en élévation sont le mur nord des deux dernières travées de la nefLes différents auteurs omettent de mentionner le mur nord des deux dernières travées de la nef., le croisillon nord (sauf la voûte), et le mur oriental du croisillon sud, qui datent du . C'est ce qui a été déduit du dessin du remplage des fenêtres, du profil des meneaux et des faisceaux de trois colonnettes subsistant de l'ancienne voûte du croisillon nord, dans les extrémités nord-ouest et nord-est... thumb|Inscription sous la voûte du croisillon sud, avec la date de 1522.

Sauf les restes du , l'église actuelle date pour l'essentiel de la période comprise entre 1518 et 1567, selon Bernard Duhamel et Jacques Sirat. L'année 1522 est fournie par une inscription sur une ogive du croisillon sud : (il faut lire Jean de Guiry). Le croisillon sud est donc apparenté à la chapelle seigneuriale de la famille de Guiry. Elle est de style gothique flamboyant, tout comme la croisée du transept, l'abside et les deux dernières travées de la nef. Ces parties sont stylistiquement assez cohérentes, mais des différences de modénature permettent de différencier trois campagnes de construction successives : une pour le croisillon sud et la nef ; une pour le carré du transept et l'abside ; et une pour la voûte du croisillon nord. Les deux premières travées de la nef sont de style Renaissance, et issues d'une seconde campagne de construction, sous Gilles et Charles de Guiry. Les dates de 1557 et 1558 se lisent à l'intérieur du clocher. À la fin du , la date de 1557 ou une date semblable était encore déchiffrable sur le pignon de la nef. Quant à la date de 1567, les auteurs ne précisent d'où elle est tirée..

Jacques Sirat attribue le portail au maître-maçon Jean Grappin, architecte de la collégiale de Gisors, des façades et portails de Magny-en-Vexin et Vétheuil, et de plusieurs autres églises du Vexin, venu d'Italie à l'appel de François I. Pour Sirat, le portail montre des ressemblances avec ses homologues de Gisors, Nucourt et Saint-Gervais, également à Jean Grappin ou d'autres membres de sa famille, et il serait . Cette attribution n'est pas commentée par Bernard Duhamel. On peut seulement retenir que la plupart des églises vexinoises de style Renaissance sont attribuées soit aux Grappin, soit aux Le Mercier, architectes d'Ennery, Épiais-Rhus et Pontoise. Il ne semble pas y avoir eu d'analyse stylistique approfondie. En 1886, Louis Régnier exclut une attribution aux Le Mercier pour une incompatibilité chronologique, et reste évasif quant à une éventuelle attribution à Jean Grappin..

L'histoire de la paroisse thumb|Épitaphe pour le chanoine Gicquel.

En 1053, Hugues de Guiry, dit Broûte-Saule, donne la grosse dîme de Guiry à l'abbaye Saint-Père de Chartres. Depuis le , le principal patron de l'église est saint Nicolas. Jacques Sirat ne précise pas qui est le collateur de la cure. Sous l'Ancien Régime, la paroisse dépend de l'archidiocèse de Rouen, à l'instar de la plupart des paroisses de la partie valdoisienne du Vexin français, sauf la partie nord-est de ce territoire, qui relève du diocèse de Beauvais. Sous la Révolution française, le nouveau diocèse de Versailles est créé pour les communes du département de Seine-et-Oise. Vers 1870, le portail est lors d'une restauration. L'église est classée monument historique par arrêté du . Le , meurt le chanoine honoraire Mathurin Gicquel, curé de Guiry-en-Vexin et Wy-dit-Joli-Village depuis quarante-quatre ansCf. la plaque commémorative dans la nef.. Par la suite, le village est affilié à la paroisse Saint-Lucien d'Avernes. L'année 1966 voit l'érection du nouveau diocèse de Pontoise comme conséquence de la subdivision de la Seine-et-Oise en trois départements, et la création du département du Val-d'Oise. À l'instar de toutes les paroisses du Val-d'Oise, Guiry-en-Vexin fait partie du diocèse de Pontoise. En 1984, Jacques Sirat fonde l'association Saint-Nicolas pour la sauvegarde de l'église.. Aujourd'hui, la paroisse d'Avernes et la paroisse de Marines sont administrativement réunies. Comme dans la plupart des trente-cinq églises du regroupement paroissial, les messes dominicales sont devenues exceptionnelles en l'église Saint-Nicolas, et sont célébrées environ tous les trois mois à 11 h 00..

Description Aperçu général thumb|upright|Plan de l'église.

Orientée irrégulièrement avec une déviation de l'axe de 28° vers le sud-est du côté de chevet, l'église répond à un plan cruciforme simple, sans bas-côtés, ni déambulatoire, ni chapelles latérales. Le plan présente toutefois deux particularités. La première travée de la nef est moins large que les suivantes, et laisse ainsi de la place au clocher, qui déborde légèrement vers le nord. La base du clocher abrite la chapelle des fonts baptismaux, et communique à la fois avec la première et la seconde travée de la nef, moyennant une large arcade, et une ouverture étroite. La nef comporte ensuite trois travées barlongues, qui sont nettement plus larges que la croisée du transept. Pour venir à la seconde particularité, cette dernière travée ainsi que le croisillon sud sont recouvertes par deux voûtes d'ogives, et des piliers libres sont placées au nord et au sud de la croisée du transept, comme à Saint-Jean-aux-Bois. Ceci n'empêche pas le croisillon nord d'être recouvert par une voûte unique. Quant au chœur, il se limite à une travée unique de forme carrée. Le chœur liturgique ou sanctuaire englobe aujourd'hui la croisée du transept, où se situe le nouveau maître-autel. La sacristie occupe l'angle entre croisillon sud et chœur. L'ensemble de l'église est voûté d'ogives. Ce sont généralement des voûtes établies sur des croisées d'ogives simples, sauf pour la seconde travée de la nef et le croisillon nord, qui présentent des dessins irréguliers en raison des piliers supplémentaires (la pile nord-est du clocher et le pilier nord du carré du transept). Le portail occidental constitue l'accès habituel à l'église. Il y a également une porte étroite dans le mur occidental du croisillon sud.