La Pollution radioactive est définie par une norme ISO 11074-4Norme ISO 11074-4 "Qualité du sol - Vocabulaire - Partie 4 : termes et définitions relatifs à la réhabilitation des sols et sites", décembre 1986., reprise par le nouveau (2011) Guide sur la Gestion des sites potentiellement pollués par des substances radioactivesIRSN, Gestion des sites potentiellement pollués par des substances radioactives, 2011, PDF, 122 p.. Il s'agit de l'.
On parle de « Radioactivité naturelle renforcée » (NORM/TENORM) pour désigner les .
Les mines produisant des radionucléïdes, les Installations Nucléaires de Base (INB), Installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) sont soumises à des dispositions spécifiques qui peuvent varier selon les pays.
Enjeux Ce sont des enjeux de santé publique et de santé environnementale, et plus largement environnementaux, mais aussi d'information et d'implication des parties prenantes, qui s'évaluent via des diagnostics et évaluations environnementales, quantitatives (des expositions radiologiques et à la toxicité chimique des radionucléides).
Ils concernent à la fois l'évaluation des risques (immédiats et différés, dans l'espace et le temps), ce qui implique de considérer la toxicité chimique et la décroissance radioactive au regard d'éventuels phénomènes de bioconcentration, bioturbation et au regard des voies de transferts existantes ou potentielles dans le futur, dont accidentelles. rappelle l'IRSN dans son guide.
Origines Elle peut avoir plusieurs origines. Il s'agit surtout de : tritium 3H ; carbone-14 14C ; cobalt-60 60Co ; strontium-90 90Sr avec son descendant (90Y) ; césium-137 137Cs avec son descendant (137mBa) ; américium 241 241Am radionucléides de la famille du thorium 232 : 232Th, 228Ra, 228Ac, 228Th, 224Ra, 220Rn, 216Po, 212Pb, 212Bi, 208Tl et 212Po ; radionucléides de la famille de l’uranium 238, dont notamment radium 226 226Ra et ses descendants : 222Rn, 218Po, 214Pb, 214Bi, 214Po, 210Pb, 210Bi, 210Po.
Origines des polluants et contaminants radioactifs : Naturelle (ex. : radon) Industrielle (« activités nucléaires », en France définies par le code de la santé publique (L1333-1), ou activités impliquant la « radioactivité naturelle renforcée » (voir arrêté du Arrêté du 25 mai 2005 relatif aux activités professionnelles mettant en œuvre des matières premières naturellement radioactives mais non exploitées en raison de leurs propriétés radioactives) : pour la production d'électricité nucléaire, il y a pollution lors de la production d'électricité, à la suite du dysfonctionnement d'une centrale, lors du retraitement des déchets, lors du stockage des déchets radioactifs dans le domaine médical qui crée également un certain nombre de déchets radioactifs dans un certain nombre d'industries créatrices de déchets radioactifs (autres que la production d'électricité) autres Militaire : notamment lors d'essais de bombes atomiques qui ont été pendant longtemps faits en altitude, mais aussi par les épaves de chars laissées dans le désert après avoir été détruits par la fusion eutectique des obus à uranium appauvri, la pollution en mer par le rejet des bidons radioactifs ainsi que les sous-marins nucléaires épaves, russes, américaines et autres. Médicale à recherche : l'utilisation de substances radioactives pour des examens médicaux ou biologiques (ex: scintigraphie) pourrait contaminer les eaux via les urines des patients, provoquant une variation faible mais sensible de la radioactivité mesurée ; Accidentelle : lors d'accidents nucléaires comme ceux de Tchernobyl ou Fukushima, un certain nombre d'éléments radioactifs peuvent se disperser dans l'atmosphère, les nuages (ex : Nuage de Tchernobyl) et/ou le sol et/ou le réseau hydrographique (fleuves, nappes phréatiques, retomber en dépôt sec ou humide via les pluies, neiges, brumesTav J (2017) Etude du dépôt de radionucléides par les gouttelettes de brouillards et de nuages sur les végétaux à partir d'expérimentations in situ (Doctoral dissertation)., etc.).
Diagnostic Il est nécessaire pour évaluer la gravité de la pollution, les solutions possibles, le plan d'action et un éventuel plan de suivi dans le temps ; Il doit être orienté en fonction de la pollution avérée et/ou suspectée. Il doit être exhaustif et porter sur des zones d'intérêt () et sur un périmètre plus large, mais « adéquat » (L'IRSN rappelle dans son guide que ).
Il se fait sur trois bases : un état de référence (le site tel qu'il devrait être). C'est sur cette base que sera établi l'Objectif qualitatif de restauration ; un projet de dépollution de site radioactif peut seulement viser à respecter une norme minimale, ou plus "proactivement" viser à retrouver le bon état écologique (théoriquement obligatoire en Europe pour la qualité de l'eau, de par la directive cadre sur l'eau (avant 2015, sauf dérogation)). L'objectif de « bonne qualité » est généralement « calé » sur un état de référence ou "milieu de référence" (.). Ce dernier doit parfois être modélisé à partir d'études de l'écopotentialité du site (qui précise ce qui « devrait être » en matière de richesse et d'état de la faune, flore, fonge et des écosystèmes). Dans la réalité, en zone historiquement anthropisée ou touchée par des retombées radioactives, il est parfois difficile de différencier les pollutions anthropiques du fond pédogéochimique naturel (en réalité contaminé par exemple par des apports en engrais et/ou les retombées d'exploitations minières, d'essais nucléaires, puis des centrales, des centres de retraitement, de Tchernobyl, de Fukushima, etc.). Souvent on recherche la teneur de référence en uranium 238 et thorium 232 ; ; étude documentaire (historique du site, contexte biogéopédologique, occupation, projets d'aménagement, importance patrimoniale, dont pour l'environnement et la trame verte et bleue…). Elle permet de poser des hypothèses sur la nature, l'importance et la localisation ou cinétique des contaminants ; Elle comprend nécessairement une « étude historique » et permet une première étude de vulnérabilité ; Outre BASIAS et BASOL, il est utile de consulter l'inventaire national des matières et déchets radioactifs, la base de données Mimausa (anciens sites miniers d’uranium en France) et, recommande l'IRSN, l'étude sur la radioactivité naturelle renforcée produite par l'ONG Robin des bois, ainsi que le réseau national de mesure de la radioactivité de l’environnement (RNMRERéseau national de mesure de la radioactivité de l’environnement, lancé en février 2010, par l’ASN et l’IRSN ; http://www.mesure-radioactivite.fr/public/, pour les données post-2009) et toutes autres données ou sources localement disponibles. investigations de terrain (observations ) avec recherche d'indices de pollution, avec échantillonnages pour analyse quantitative et qualitative de la pollution. Il s'agit de préciser l'étendue de la pollution et la cinétique des polluants (ce qui implique une analyse fine des « facteurs de transferts de polluants » ; établissement d'un état de la situation (schéma conceptuel) sur la base de l'évaluation globale des risques et des dangers. En France, la doctrine retenue depuis les années 1990, veut que l'interprétation de l’état des milieux et le diagnostic doit fournir . On peut alors produire un « Modèle de fonctionnement » défini en France comme Annexes 2 et 3 de la Note ministérielle "Sites et sols pollués - Modalité de gestion et de réaménagement des sites pollués" du 8 février 2007. cartographie des risques et danger (cartes de surface et tridimensionnelle) avec éventuellement modélisation du « panache de pollution » et de sa cinétiqueBaklanov, A., Mahura, A., Sørensen, J. H., Rigina, O. et Bergman, R. (2002). Methodology for risk analysis based on atmospheric dispersion modelling from nuclear risk sites. Rapport technique 02-16, DMI, Danemark et modélisation des retombées (au vu notamment des données météorologiques, en tenant compte des vents, mais aussi des pluies qui lessivent les particules de l'air en les rabattant au sol ou en merBelot, Y., Caput, C. et Guenot, J. (1988), Étude bibliographique du lavage par la pluie des radionucléides particulaires et gazeux émis en situation accidentelle. Rapport technique, IRSN et EDF, France. L'IRSN recommande que le diagnostic fasse l'objet, chemin faisant d'une . calculs d'exposition (directe et indirecte, par contact, ingestion ou inhalation), avec comparaison aux « valeurs limites » (OMS, normes nationales, règlement EuratomEuratom n°2218-89 du modifiant le règlement n°3945-87 du . Voir aussi : règlement Euratom n°770-90 du 29 mars 1990, Codex alimentarius… Attention certaines normes sont plus « dures » (pour les nourrissons ou femmes enceintes) ou plus « laxistes » (en cas d'accident nucléaire) ; Mesure et évaluation de la radioactivité dans le réseau trophique et plus spécifiquement dans la chaîne alimentaire aboutissant aux aliments consommés par l'Homme (dont gibier, poissons et champignons qui peuvent fortement bioconcentrer certains radionucléides).
Les niveaux de contamination des produits situés en bas de chaîne alimentaire sont généralement faiblement contaminé, nécessitant d'adapter la quantité analysée et d'utiliser les méthodes analytiques les plus sensibles pour les polluants considérés.
Ce travail permet aussi de prévoir les conditions d'un chantier, afin que ce chantier ne contribue pas lui-même à exposer au risque ou à diffuser des radionucléides dans l'environnement.
Après une première phase de diagnostic, .
Toxicologie La nocivité pour l'homme de la pollution radioactive est due au fait que les radioéléments ont une durée de vie plus ou moins longue et se désintègrent en émettant des rayonnements dangereux.
Lorsque des radio-éléments sont fixés sur ou à l'intérieur du corps humain, ils peuvent être dangereux même si la quantité totale de rayonnements émis est relativement faible, car ils atteignent les cellules environnantes de manière très concentrée, pouvant créer des tumeurs (Cf. caractère mutagène des radiations).
Le corps humain peut être amené à fixer des radio-éléments de plusieurs manières : par contact et fixation sur la peau, les cheveux ou dans une blessure ouverte ; Par inhalation, lors du processus de respiration : par exemple si des particules de gaz radon se désintègrent alors qu'elles sont dans les poumons, elles se transforment en élément lourds qui se fixent, et continuent leur "vie radioactive" et leurs émissions nocives jusqu'à leur fin de vie. Par ingestion via l'alimentation ou la boisson : Par exemple : si un sol est contaminé par une pollution radioactive, les végétaux ou champignons qui y poussent et les animaux mangeant ces organismes courent le risque d'une contamination radioactive (avec éventuelle bioaccumulation). Certains organismes sont particulièrement radio-accumulants : lavande ou champignon par exemple. Certains organes sont aussi plus radio-sensibles : par exemple, la thyroïde fixe l'iode, (iode 131). C'est pourquoi, en cas de contamination radioactive, on distribue des pastilles d'iode stable (et naturellement non-radioactif) à la population avant l’exposition ou l’inhalation de fumées. L’iode stable, se fixe ainsi sur la thyroïde et la « sature » ; empêchant l'iode 131 radioactif de s'y fixer et/ou accumuler.