Le Shen Bao (申報), aussi nommé Shun Pao ou Shen-pao, connu en anglais sous le nom de Shanghai News, est un journal chinois publié du au . Son nom est une abréviation de Shenjiang Xinbao, Shenjiang étant une forme raccourcie de Chunshen Jiang, l'ancien nom du fleuve HuangpuEndymion Wilkinson, Chinese History: A Manual, Revised and Enlarged (Harvard University Asia Center, 2000: ), p. 967.

L'influence de ce journal au début du à Shanghai est telle que le terme Shen Bao zhi (« journal Shen-pao ») est devenu un terme générique en Chine pour qualifier un journal<ref>蔣遵和 (Jiang Zunhe), “拿張申報紙來”是什麼意思 (What does "bring a sheet of Shen Pao paper mean"?), Shanghai Municipal Archives (re-published by EastDay).</ref>.

Histoire Fondé par Ernest Major (1841–1908)Dates from Roberta Wue, "The Profits of Philanthropy: Relief Aid, Shenbao, and the Art World in Later 19th-century Shanghai," Late Imperial China 25 (June 2004), pp. 187-211., un homme d'affaires britannique, en 1872, le Shen Bao est l'un des premiers journaux modernes chinois (lorsque Major retourne en Angleterre en 1889, le journal est réorganisé sous le nom de Major Company LimitedChinese History Research Site at UCSD, .).

Le Shen Bao joue un rôle central dans l'influence sur l'opinion publique de la fin du . Un exemple est la campagne qu'il mène dans ses premières années contre la nouvelle pratique consistant à employer des jeunes femmes comme serveuse dans les fumeries d'opium, ce qui « floue la frontière entre les pratiques acceptables et inacceptables en mettant des serveuses dans la position ambiguë de fournir implicitement des services sexuels dans les fumeries d'opium. Pire encore, les fumeries d'opium pratiquant cela sont pour la plupart situées dans la concession française, posant la question de la présence des étrangers à ShanghaiZhou, Historicizing Online Politics, p. 50. ». À la suite de cette campagne, la pratique est interdite (même si elle existe toujours dans la clandestinité). Le journal « innove dans la technologie d'impression, l'utilisation du télégraphe, l'emploi d'un correspondant militaire (envoyé pour couvrir la guerre franco-chinoise au Vietnam en 1884), et l'utilisation de la langue vernaculaire (baihua)Wilkinson, Chinese History, p. 967. », il se construit rapidement la réputation d'être l'un des meilleurs de Chine, devenant entièrement la propriété de Chinois en 1909Wilkinson, Chinese History, p. 968., et au début du , exemplaires sont imprimés chaque jour, diffusés à Shanghai et le reste ailleurs en ChineMary Ninde Gamewell, New Life Currents in China (Missionary Education Movement of the United States and Canada, 1919), pp. 162-163.. « Au début des années 1920, son tirage était de ; à la fin de la décennie, ; et au milieu des années 1930, Wilkinson, Chinese History, p. 995. ». Le siège du journal est situé dans la concession internationale de Shanghai, « à environ un pâté de maisons du poste centrale de policeHarriet Sergeant, Shanghai: Collision Point of Cultures 1918-1939 (Crown, 1991: ), p. 162. ». Dans sa première période, il avait huit pages, avec des nouvelles, des essais, et des publicités ainsi que des décrets impériaux et mémoriaux. « Parce que les politiques éditoriales suivent le principe de « rapporter tout ce qui est possible et laisser les lecteurs déterminer la vérité », beaucoup de rumeurs infondées ont été présentées mais souvent inclus en tant que nouvelles ». Après 1905, il atteint les 20 pages, Miscellaneous Sources..

Il est fondé comme un journal commercial, et est resté prudent politiquement pendant les trois premières décennies, en soutenant le gouvernement de la dynastie Qing. En 1905, il commence à changer d'orientation, citant les slogans constitutionnalistes de Liang Qichao au Nouvel An ; en 1907 il est vendu à Xi Zipei (1867-1929)Dates from Ellen Widmer, "" [Word document]; Xi's name in Chinese is 希子佩., son ancien comprador, qui « possède la maison d'édition la mieux capitalisée de Shanghai, le Zhongguo Tushu gongsi (la compagnie de la Bibliothèque chinoise)Christopher A. Reed, Gutenberg in Shanghai: Chinese Print Capitalism, 1876-1937 (University of Hawaii Press, 2004: ), p. 174. », est sous l'infuence de Zhang Jian, et devient un journal modérément libéral qui soutient fortement le mouvement constitutionnelMary Clabaugh Wright, China in Revolution: The First Phase, 1900-1913 (Yale University Press, 1971: ), p. 157.. « Il avait les sections suivantes : éditoriaux, actualité internationale, nouvelles nationales, nouvelles locales, industrie et commerce, droit et société, sport et éducation, littérature et art, et publicité. En plus de rapporter les nouvelles importantes de la politique, il avait beaucoup de colonnes spéciales et de suppléments tels que le ziyou tan (« discussion libre »), sur l'automobile, l'éducation et la vie ». En 1912, le contrôle du journal atterri dans les mains de Shi Liangcai. « Dans les années 1930, Shi est un fervent partisan de l'Alliance de défense des droits de l'homme établie par Madame Song Qingling, la seconde épouse du dirigeant révolutionnaire Sun Yat-sen, avec Cai Yuanpei et Lu XunPatsy Yang and Jolin Ng, "Cheers for favorite old bars and some newbies in Tongren Road ," Shanghai Daily, July 13, 2009. ».

En 1934, le journal s'« attire la colère du gouvernement en raison de sa forte attitude anti-japonaise. Le , Shih Liangcai, son propriétaire et rédacteur en chef, est mystérieusement assassiné sur la route Shanghai-HangzhouLee-hsia Hsu Ting, Government Control of the Press in Modern China, 1900-1949 (Harvard University Asia Center, 1975: ), p. 97. », la responsabilité de son assassinat est attribuée au ministère de la justice et des enquêtes, et à la très redoutée police secrète de Tchang Kaï-chekJohn K. Fairbank and Albert Feuerwerker, eds., The Cambridge History of China, Vol. 13: Republican China 1912-1949, Part 2 (Cambridge University Press, 1986: ), p. 144.Frederic E. Wakeman, Spymaster: Dai Li and the Chinese Secret Service (University of California Press, 2003: ), pp. 179ff.. En 1938, la ville de Shanghai passant sous contrôle japonais, Norwood Francis Allman (1893–1987), un avocat américain qui avait été consul à Shanghai au début des années 1920, est invité par les propriétaires chinois du journal à prendre la place vacante d'éditeur. Le Time écrit en 1940 : « Un linguiste parlant chinois couramment, Allman, lit toutes les histoires parues dans le Shun Pao, écrit des éditoriaux, corrige les éditoriaux écrits par des membres du personnel. Et il travaille sans salaireTime, "Foreign News: New Order in Shanghai," July 29, 1940. ». Le journal est en mauvais termes avec les Japonais, et en 1940, un rédacteur en chef adjoint chinois est tué et sa tête déposée dans la rue comme un avertissement aux journalistesPaul French, Carl Crow, a Tough Old China Hand: The Life, Times, and Adventures of an American in Shanghai (Hong Kong University Press, 2007: ), p. 212.. Durant la Seconde Guerre mondiale, le journal passe dans les mains de collaborateurs avec l'occupation japonaise, mais après la guerre, , un influent responsable du Kuomintang qui avait été rédacteur au journal à la fin des années 1920Xiaoqun Xu, Chinese Professionals and the Republican State: The Rise of Professional Associations in Shanghai, 1912-1937 (Cambridge University Press, 2001: ), p. 171., devient son éditeur et Chen Shunyu son rédacteur en chef. En , alors que l'armée populaire de libération prend Shanghai, le journal est fermé.

Une collection complète des éditions du journal est disponible à la Min Wu, "," International Newspaper Librarianship for the 21st Century, p. 173..

Voir aussi Der Ostasiatischer Lloyd Deutsche Shanghai Zeitung''

Références

Lien externe ICON (International Coalition on Newspapers) listing

Catégorie:Titre de presse créé en 1872 Catégorie:Culture à Shanghai