thumb|Vue aérienne du Vincent Thomas Bridge et du port de Los Angeles.

Le transport aux États-Unis est dominé pour les transports de voyageurs, par l'avion et l'automobile ; et pour les transports de marchandises, par le bateau, le camion et le train. Les infrastructures de transport ont eu un rôle majeur dans la mise en valeur des ressources naturelles du pays, sa maîtrise territoriale et son accès au rang de superpuissance.

Histoire

thumb|left|Le Canal Érié à Fairport (New York)

Jusqu'au début du , les voies de communication américaines sont en grande majorité difficilement praticables. Les routes sont qualifiées de corduroy roads à l'Est et sont surtout des chemins de rondins de l'Ouest. C'est vers les années 1840 qu'on y applique la technique du macadam, qui améliore grandement leur utilisation. C'est néanmoins le transport fluvial qui domine les premières décennies du siècle. De 1817 à 1825 a lieu la construction du canal de l'Érié, qui relie Albany à Buffalo, qui ouvre véritablement un âge d'or des canaux. En 1835 les États-Unis comptent de voies navigables empruntées par de nombreux bateaux à vapeurLe , Robert Schnerb, éd. PUF, , . La prédominance de celle-ci va néanmoins disparaître avec la démocratisation du chemin de fer.

Le premier chemin de fer américain est créé sur la côte est avec la mise en service en 1830 de la Baltimore & Ohio, première ligne de chemin de fer des États-UnisLes Américains, André Kaspi, éd. du Seuil, ., tome 1, . Le pays compte de voies en 1850 et le temps de voyage entre New York et Boston est divisé par 4Le , Robert Schnerb, éd. PUF, , . Si le nombre de kilomètres du réseau américain égale celui du reste du monde en 1860, il s'agit d'un ensemble disparate loin d'être standardisé, du fait de la non-coopération des nombreuses compagnies privées qui se partagent le réseau. Néanmoins la réduction des distances agit bénéfiquement sur l'économie et la vie quotidienne.

thumb| : célébration de la jonction du transcontinental à Promontory Summit

En 1869, l'achèvement du Premier chemin de fer transcontinental est une révolution pour la situation économique et démographique de la puissance américaine. Le train devient en effet le moyen de transport dominant, rôle qu'il conserve jusqu'au milieu du . Pendant la Grande Dépression des années 1930, le président Roosevelt met en place la politique du New Deal qui devait redonner du travail aux millions de chômeurs. La Work Projects Administration engagea de nombreux travaux publics et ponts et de routes furent aménagésFrédéric Martel, De la culture en Amérique, Paris, Gallimard, 2006, , .

Après la Seconde Guerre mondiale, il est largement remplacé par la voiture dans le pays. Les villes sont dès lors pensées pour permettre l'utilisation des véhicules privés. Le règne de l'automobile apparaît à travers la multiplication des autoroutes et des grands aménagements routiers. La Pasadena Freeway (California State Route 110), construite de 1938 à 1953, première autoroute de l'Ouest du pays, préfigure l'apparition du vaste système des Interstate highways, lancé par une loi en 1956 et rendu possible par le soutien de Dwight D. Eisenhower. À partir des années 1970, le transport aérien se démocratise également. En parallèle, le transport de passagers par le train diminue fortement, et les compagnies ferroviaires se tournent presque exclusivement vers le fret.

Cette situation mène à la création par le gouvernement fédéral d'Amtrak le : il s'agit une entreprise ferroviaire publique dont l'objectif est de maintenir des lignes de passagers entre les centres urbains. Néanmoins, c'est surtout le système routier qui profite des financements importants. En 1998, un plan de rénovation des autoroutes est mis en place dans le but de les rénover, il s'agit du plan Federal Aid Highways. Actuellement apparaît la notion de supercorridor, une super-infrastructure de transport regroupant autoroutes, chemin de fer, lignes à haute tension, aqueduc... Un projet comme le Trans-Texas Corridor est néanmoins critiqué au niveau de ses conséquences sur l'environnement et la perte de terrains. Le nombre de projets de lignes à grande vitesse semble indiquer que l'avenir du transport aux États-Unis va se jouer sur la mise en valeur et l'amélioration du réseau ferroviaire et, à l'échelle locale, sur l'entrée des transports en commun dans les mœurs des Américains.

Transport routier

thumb|Intersection des Interstate highways I-90 et I-5 à Seattle.

vignette|Les routes aux États-Unis d'après le Topologically Integrated Geographic Encoding and Referencing (TIGER) 2018. (fichier PNG de 150Mo).

Avec plus de d'autoroutes et 6,3 millions de km d'autres routes, le réseau américain est le plus long du monde. Il est marqué par son importance : certaines autoroutes urbaines comptent plus de dix voies et certains tronçons peuvent mesurer plus de de large. Les échangeurs autoroutiers du pays comptent parmi les plus utilisés du monde, comme El Toro Y ou le East Los Angeles Interchange. Le plus gros projet autoroutier de l'histoire américaine fut le Big Dig à Boston, achevé en 2007 pour un coût total de 14,6 milliards de dollars.

Cependant le maillage est inégal : les régions densément peuplées (littoraux et partie Est) sont les mieux équipées. Les autoroutes principales sont les Interstate highways, ou autoroutes inter-états. Le réseau secondaire est composé par les United States Numbered Highways, et par les réseaux routiers de chaque état. On compte aussi des autoroutes à péage, surtout dans l'Est, où elles sont désignées sous le nom de turnpikes, et dans le Midwest. L'Ouest n'en compte que quelques-unes.

Pour les voyages, la plupart des Américains préfèrent prendre l'avion pour toute destination éloignée de plus du lieu de départ, et conduire leur voiture en deçà. 90 % des Américains se rendent au travail en voitureBureau of Transportation Statistics, U.S. Department of Transportation - Lire en ligne. Le pays compte quelque 246 millions de véhicules particuliers en circulation pour 209 millions de titulaires du permis de conduire. La route convoie 30 % du fret.

Le pays compte 3,5 millions de chauffeurs routiers, l'un des professions les plus courantes dans la plupart des États. En revanche, presque tous les chauffeurs qui entrent dans une société de transport la quittent dans les six mois.

Dans les grandes entreprises, les chauffeurs doivent souvent acheter leur camion en crédit-bail, une technique connue sous le nom de leasing, qui permet à l'entreprise de vendre à crédit l'outil de travail au camionneur. Les entreprises recours de plus en plus au statut d'indépendant, considéré par les syndicats comme du salariat déguisé.

L'international Brotherhood of teamsters est l'un des plus importants syndicats des États-Unis avec 1,4 million de membres. Cependant, les syndicats ne sont pas toujours reconnus par les entreprises, et un chauffeur syndiqué peut rencontrer plus de difficultés pour obtenir un travail. Au contraire, les « briseurs de grève » reçoivent des bonus en remplaçant des chauffeurs grévistes.

Transport ferroviaire

thumb|Locomotive Amtrak

Avec plus de de lignes ferroviaires, les États-Unis possèdent le plus long réseau de la planète. C'est surtout le transport de marchandises qui utilise ce moyen : 40 % des marchandises voyagent par train dans le paysLa civilisation américaine, André Kaspi, François Durpaire, Hélène Harter, Adrien Lherm, Presses universitaires de France, collection Quadrige, 2004, , . Le fret ferroviaire est en effet économiquement viable et entièrement privé, de même que les autres modes de transport, à l'exception notable de la poste (United States Postal Service). Le transport de passagers est surtout important sur la côte est et dans les grandes régions urbaines. À l'ouest, le service est souvent limité à un ou deux trains quotidiens entre les grandes villes éloignées.

Les seules lignes à grande vitesse actuelles sont celles du réseau Acela Express, situées dans le Northeast Corridor, entre Washington et Boston. Elles sont gérées par l'entreprise ferroviaire principale du pays, Amtrak. Plusieurs projets de lignes à grande vitesse sont néanmoins en cours d'étude. Ainsi, en Californie, le projet High Speed Ground Transportation propose de relier Los Angeles à San Francisco en deux heures et demie, alors que la durée du voyage en voiture est de 7h. Ce projet a été accepté par les Californiens lors du référendum du . Les travaux, qui devraient commencer en 2010, coûteront quelque 31 milliards d'euros et seront financés par l'État fédéral et des fonds privés. Une première ligne reliera San Francisco à Anaheim, dans l'agglomération de Los Angeles, soit une distance de . Dans un deuxième temps, elle sera étendue au nord vers Sacramento et au sud vers San Diego. Elle devrait transporter 117 millions de passagers d'ici à 2030. Parmi les autres projets on peut citer la , le , le et le .

Le réseau du pays est bien relié au Canada. Des lignes quotidiennes d'Amtrak relient New York à Montréal, New York à Toronto et Seattle à Vancouver. L'Alaska est, à l'heure actuelle, uniquement accessible par l'intermédiaire de ferrys à train depuis Seattle. Une ligne a été proposée pour rejoindre l'Alaska, les autres États continentaux des États-Unis et le Canada. En ce qui concerne le Mexique, on compte plusieurs compagnies privées gérant des lignes touristiques entre El Paso (Texas), Chihuahua, Copper Canyon et El Fuerte (Sinaloa); également entre Campo (Californie) et Tecate (Baja California). Tout trafic de ferry à train a cessé avec Cuba. Aucune ligne ne lie l'Alaska à la Russie actuellement, mais plusieurs projets ont été proposés pour créer un tunnel ou un pont au niveau du détroit de Béring dans le but de rejoindre la ligne du Transsibérien.

Transport en commun

left|thumb|Une rame du métro à New York thumb|Un à San Francisco Dans la plupart des grandes villes il existe des systèmes de transport en commun très développés avec des réseaux étendus de bus, métros, tramways et ferrys. Cependant la plupart des villes américaines sont caractérisées par une utilisation faible ou moyenne des réseaux publics. New York est un cas particulier puisque les transports publics constituent le moyen de transport le plus utilisé par ses habitants. Au contraire, à Los Angeles, seulement 10 % des moyens de transport utilisés sont en communJean-Pierre Paulet, Géographie urbaine, 2000, . Le métro de New York est au premier rang mondial pour ce qui du nombre de stations desservies, c'est également par sa taille l'un des réseaux les plus importants du monde.

La société Greyhound Lines est la plus grande société de transport par autocars des États-Unis. Elle dessert tout le pays. Le car est, dans la plupart des cas, le moyen de transport le moins cher pour les longues distances aux États-Unis.

Transport aérien

thumb|left|Un avion de American Airlines

Les États-Unis disposent d'un réseau aérien composé de plusieurs dizaines d’aéroports majeurs, dominés par l'aéroport international Hartsfield-Jackson d'Atlanta, le plus grand aéroport du pays et du monde pour son trafic. Au total, on recense aéroports dans le pays, dont aux voies goudronnées. Le pays compte aussi 149 héliports. En 2004, le pays comptait 17 des trente aéroports les plus utilisés du monde au niveau du transport de passagers, et douze des trente aéroports les plus utilisés par le transport de marchandise.

Le secteur aérien est complètement privatisé dans le pays, où coexistent de nombreuses compagnies aériennes. Le gouvernement fédéral maintient la juridiction sur la sécurité des avions, l'entraînement des pilotes et les enquêtes en cas d'accident (avec la Federal Aviation Administration et le Conseil national de la sécurité des transports). Les aéroports sont souvent construits et gérés par les gouvernements locaux, excepté ceux des bases militaires.

Transport fluvial et canaux