Max Reichmann (né le à Strasbourg et mort le à San Francisco) est un réalisateur allemand de l'époque du muet et du début du cinéma sonore. Avant d'être réalisateur, il fut assistant sur plusieurs productions de Ewald André Dupont.
Biographie vignette|upright|Publicité pour la projection du film Je ne crois plus aux femmes (1930) de Max Reichmann à la Bonbonière de Strasbourg. vignette|upright|Publicité pour la projection du film La Marche à la gloire (1930) de Max Reichmann au Palace Cinéma de Mulhouse. vignette|upright|Publicité de Paramount pour le film Camp volant (1931) de Max Reichmann. 1900-1918 : De nombreux métiers : photographe et prestidigitateur Reichmann a d’abord exercé une multitude d'emplois avant de s'orienter vers le cinéma : photographe depuis ses seize ans et demi (1900) à Paris où l'avait fait venir le directeur de l'Opéra-Comique Albert Carré, natif de Strasbourg comme lui ; prestidigitateur dans des music-halls ; photographe en Allemagne :
1918-1933 : Carrière dans le cinéma en Allemagne Après la Première Guerre mondiale, il a commencé à travailler pour le cinéma, d'abord comme photographe pour la société cinématographique UFA créée en , et comme monteur puis assistant du réalisateur Ewald André Dupont pendant cinq ans de à :
En et , il est régisseur général d'un film en deux parties Enfants du Crépuscule d’Ewald André Dupont. En , il a fait ses débuts de réalisateur à Vienne dans L’amante de l’assassin. Au mois de , Reichmann est reparti à Berlin et en il a d'abord été employé comme assistant-réalisateur dans Variétés, grand classique du cinéma muet dirigé par Ewald André Dupont :
Max Reichmann a ensuite enchaîné films policiers et films d'aventure, servis par des comédiens de la trempe de Paul Wegener, Jenny Jugo, Harry Liedtke, La Jana ou Olga Tchekhova. Au mois de , il a créé sa propre société de production : Max Reichmann Filmproduktion GmbHRegistre du commerce de Berlin HRB n°42234.. Reichmann s'est imposé dans le monde germanophone comme un pionnier du cinéma parlant avec quatre premiers films sonorisés, dont plusieurs séquences du Favori de Schönbrunn et une collaboration fructueuse avec le ténor Richard Tauber : en , il a ainsi porté à l'écran Le Pays du sourire, la célèbre comédie musicale de Franz Lehár, avec un succès retentissant. Il s’est aussi attaché la collaboration du compositeur Paul Dessau et celle du scénariste Walter Reisch.
1933-1935 : L'exil en France : deux films musicaux et un projet avorté Juif, en , la montée du nazisme l'a contraint à l’expatriation. Il s'est d'abord exilé en France où il a réalisé, dès l'année de son arrivée, en , deux films musicaux, courts métrages inspirés d’œuvres musicales de deux compositeurs français, Paul Dukas et Maurice Ravel : respectivement L'Apprenti sorcier et Bolero, qui forment un diptyque cinématographique et musical, Les Contes musicaux n°1 et n°2 produits par la Compagnie française de films (Paris), tournés en France l'été 1933 et présentés ensemble début au cinéma L'Ermitage-Studio des Ursulines, 72, avenue des Champs-Élysées. Les deux films ont été à l'affiche d'un « Festival du fantastique » de à au cinéma Studio 28 à Montmartre.
Au premier trimestre , la presse française a annoncé le tournage imminent en France d’un nouveau film de Max Reichmann, Mesure pour mesure, d’après la pièce Mesure pour mesure de William Shakespeare, avec des dialogues de Benno Vigny, mais ce projet n'a finalement pas vu le jour, sans que l’on sache les raisons exactes de ce renoncement.
1935-1958 : L'exil en Amérique : arrêt total de sa carrière de réalisateur En , il a quitté l'Europe pour l'Amérique. Il s'est installé définitivement aux États-Unis, où il a été naturalisé américain en . Il semble que Max Reichmann ait totalement cessé de diriger des films une fois installé en Amérique. Il a repris une activité de photographe professionnel et de réalisateur de films privés à San Francisco, « The Reichmann Studios ».
Il est mort à San Francisco le à l'âge de 73 ansMax Reichmann, www.findagrave.com, ..
Vie privée En , il s'est marié à New York avec Grace Bertha Louer (1897-1992), divorcée, mère d'un enfant de son précédent mariage, Gunther A. Dertz.
Postérité
Tous les films de Max Reichmann ne sont pas conservés, plusieurs sont perdus ou sans copie localisée, cependant deux d'entre eux ont été exhumés dans les années 2010.
En 2015, cinquante-sept ans après la mort de Max Reichmann, une copie de son film parlant et musical Je ne crois plus aux femmes (Ich glaub’ nie mehr an eine Frau) (1930) a été retrouvée, numérisée et conservée au Musée juif de Berlin.
En 2017, la société française Lobster Films a publié un coffret de quatre DVD Avant gardes : chefs-d'œuvre du cinéma expérimental dont le troisième inclut le film musical L'Apprenti sorcier (1933) de Max Reichmann.
Filmographie Réalisateur Films muets 1924 : Verkettungen 1925 : L'Engrenage (Die Geliebte des Mörders), codirigé par Maurice Kéroul 1925 : Le Miracle des fleurs (Das Blumenwunder), documentaire scientifique. 1926 : Derby. Ein Ausschnitt aus der Welt des Trabersports 1926 : La Bataille contre Berlin (Der Kampf gegen Berlin) 1927 : L’Homme du Pôle (Ramper, der Tiermensch) 1927 : Attractions (Manege) 1927 : Ma Tante de Monaco (Ihr letztes Abendteuer) 1928 : Maîtresse d'escroc (Gaunerliebchen) 1928 : Le Photographe du cœur (Der Herzensphotograph) 1928 : Le Gentilhomme des bas-fonds (Ritter der Nacht), film tourné en France en 1928, à Nîmes, Marseille, Toulon 1928 : Flammes (Weib in Flammen) 1929 : Madonna im Fegefeuer parfois sous-titré Mein Herz gehört dir... Films muets et parlants à la fois 1929 : La Bague impériale (Der Günstling von Schönbrunn), film coréalisé par Erich Waschneck, Max Reichmann ayant dirigé les séquences sonorisées du film Films parlants et musicaux 1929 : Die süße Yvonne, court-métrage 1929 : Verzeih mir, court-métrage 1929 : Wir haben uns gut verstanden..., court-métrage 1929 : Jetzt geht's der Dolly gut, court-métrage 1930 : Je ne crois plus aux femmes (Ich glaub’ nie mehr an eine Frau), film dont le premier titre était La Chanson de la grue (Das Dirnenlied), film parlant et musical avec Richard Tauber 1930 : La Marche à la gloire (Das lockende Ziel), film parlant et musical avec Richard Tauber 1930 : Au Pays du sourire (Das Land des Lächelns), sur la musique de l'opérette Le Pays du sourire de Franz Lehár, avec Richard Tauber 1930 : Wie werde ich reich und glücklich ? 1931 : La Grande attraction (Die große Attraktion), avec Richard Tauber 1932 : Camp volant (Marco, der Klown), film multilingue tourné en France, notamment au Cirque d'Hiver, en 1931 1933 : L’Apprenti-sorcier (Der Zauberlehrling), sur la musique de L'Apprenti sorcier de Paul Dukas, Les Contes musicaux de Max Reichmann n°1, court-métrage tourné en France l'été 1933 : Bolero, sur la musique du Boléro de Maurice Ravel, Les Contes musicaux de Max Reichmann n°2, court-métrage tourné en France l'été
Assistant-réalisateur 1922 : Sie und die drei, réalisé par Ewald André Dupont 1925 : Variétés (Varieté), réalisé par Ewald André Dupont Régisseur général 1921 : Der Mann aus Neapel, réalisé par Ewald André Dupont 1922 : Kämpfende Welten, réalisé par Ewald André Dupont Bibliographie Dictionnaires du cinéma
Catalogues
Interviews de Max Reichmann
Notes et références
Liens externes
Max Reichmann sur le site des films allemands filmportal.de Max Reichmann dans la base de données Dezède
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