Le téléphérique de l'Aiguille-du-Midi est un téléphérique français situé sur le territoire de Chamonix-Mont-Blanc en Haute-Savoie et relie en deux tronçons la station à d'altitude à l'aiguille du Midi à . La ligne actuelle est ouverte en 1955, mais un premier téléphérique, dit également de l'Aiguille-du-Midi, fonctionne de 1924 aux années 1950, sans toutefois atteindre le sommet.
Description Le téléphérique de l'Aiguille-du-Midi est techniquement constitué de deux tronçons de téléphériques à va-et-vient indépendants.
Premier tronçon vignette|gauche|Cabine du premier tronçon. Le premier tronçon, ouvert en 1954, mesure et possède trois pylônes de ligne de respectivement de hauteur. Il relie le quartier de l'Aiguille-du-Midi à au plan de l'Aiguille à d'altitude, soit un dénivelé total de . Le trajet s'effectue en à la vitesse de dans une cabine pouvant accueillir (charge maximale de ).
Le passage sur deux des trois pylônes, surtout le premier en descente notamment, marque un brusque changement de pente, parmi les plus forts pour un téléphérique, d'où un léger airtime en position debout, semblable à celui d'une attraction ou d'un ascenseur rapide.
Le sommet de la station intermédiaire, au Plan-de-l'Aiguille, constitue déjà un point de vue intéressant sur la vallée de l'Arve et offre plusieurs parcours de randonnées vers les aiguilles de Chamonix, le Montenvers, le lac Bleu ou les alpages de Blaitière pour regagner la station. On y pratique également l'escalade et le parapente.
La gare du Plan-de-l'Aiguille constitue le cœur technique des téléphériques. C'est ici que sont implantés les moteurs des câbles tracteurs et les contrepoids de tension des câbles porteurs.
Deuxième tronçon
vignette|L'aiguille du Midi et l'arrivée du téléphérique. Le second tronçon, ouvert en 1955, s'étend sur . Il relie le plan de l'Aiguille, au niveau de l'arrivée du premier tronçon, au piton nord de l'aiguille du Midi à , soit un dénivelé total de .
Le trajet est cette fois réalisé via une unique portée, sans aucun pylône intermédiaire, ce qui est le cas depuis sa construction et un exploit pour l'époque, et offre des hauteurs de survol de plusieurs centaines de mètres.
La distance verticale observée par les passagers entre le câble porteur et le câble tracteur est particulièrement impressionnante lorsque la cabine circulant en sens inverse, dont l'ensemble poulie-maintien rapproche les deux câbles, est éloignée.
Le trajet s'effectue en à une vitesse importante de , avec une pente au sommet de 110 % soit 47°, atteignant donc une vitesse verticale allant jusqu'à , dans une cabine pouvant accueillir avec une charge maximale de .
À l'arrivée, une passerelle permet de gagner le piton central que l'on peut explorer via des galeries percées dans la roche. De là, un ascenseur de conduit, à une vitesse de , vers le sommet de l'aiguille, à l'altitude de sur la terrasse panoramique surmontée de l'émetteur hertzien. La vue s'y développe à , offrant un panorama sur le massif du Mont-Blanc, la vallée de l'Arve tout en contrebas, ainsi que les principaux sommets environnants des Alpes, français, suisses et italiens.
Il arrive à certains passagers de se sentir très rapidement euphoriques, dynamisés et essoufflés à la fois, notamment pour monter les quelques escaliers menant aux plates-formes ou bars. Ceci s'explique par l'altitude, suffisante pour causer des problèmes de santé chez certaines personnes en raison de la faible densité d'oxygène de l'air. La température est également toujours plus faible que dans la vallée de Chamonix : le gradient de température est en moyenne de pour .
En cas de trop fortes rafales de vent en altitude (souvent jusqu'à , même par beau temps), le deuxième tronçon du téléphérique est arrêté par précaution du risque de balancement de la cabine (risquant d'aller jusqu'au décrochement d'une des poulies en cas extrême de tempête, nécessitant un rétablissement périlleux de la poulie sur le câble), voire de glisser sur le câble porteur gelé, ce qui arrivait autrefois fréquemment lorsque celui-ci continuait de fonctionner tout de même.
Le premier tronçon, bien que moins soumis au vent d'altitude, est souvent annulé aussi dans ces conditions météorologiques, les balancements de la cabine risquant cette fois de heurter l'un des trois pylônes. Un ralentissement peut être aussi effectué au passage des pylônes. Le départ du premier tronçon peut débuter selon la météo entre 8 h 30 et 10 h 30, tous les quarts d'heure environ aux heures de pointe, ou toutes les demi-heures, et se termine à 15 h 30, le dernier départ depuis le sommet pour redescendre étant vers 16 h 30.
Depuis l'aiguille du Midi, il est possible de poursuivre durant l'été l'excursion via la télécabine Panoramic Mont-Blanc. Ce téléphérique pulsé survole la Vallée Blanche et le glacier du Géant jusqu'à la pointe Helbronner, marquant la frontière entre la France et l'Italie à d'altitude. La traversée complète du massif du Mont-Blanc en remontées mécaniques est assurée côté italien par le Skyway Monte Bianco ouvert en 2015 en remplacement d'un ancien téléphérique, le Funivie Monte Bianco.
L'aiguille du Midi est très fréquentée par les alpinistes comme point de départ pour de nombreux sommets et pour ses nombreuses voies glaciaires, mixtes ou purement rocheuses. C'est le point de départ de la descente en ski de la Vallée Blanche, soit depuis la plate-forme intermédiaire, soit même par certains skieurs devant être très expérimentés depuis le haut. Entièrement hors-piste, elle nécessite une très bonne reconnaissance des pistes effectuées en partie à pied, par un guide éventuel, des éventuelles crevasses, rochers abrupts. Elle est vivement déconseillée les jours de fort risque d'avalanche.
vignette|centre|redresse=3.5|Panorama sur le mont Blanc depuis l'aiguille du Midi. vignette|centre|redresse=3.5|Panorama sur la vallée de Chamonix depuis l'aiguille du Midi.
Histoire 1924 : premier téléphérique pour voyageurs de France
vignette|La gare aval du premier téléphérique de l'Aiguille-du-Midi de nos jours.
Dès 1904, les ingénieurs Wilhelm Feldmann et Emil Strub ont imaginé relier Chamonix à l'aiguille du Midi par le biais de deux funiculaires et de trois sections d'« ascenseurs de montagne » similaires à celui qui fut réalisé sur le Wetterhorn, en Suisse. La technique évoluant, c'est finalement deux sections de « funiculaires aériens » (le mot téléphérique n'existe pas encore) qui seront construites selon les brevets de la société italienne Ceretti et Tanfani à la place des funiculaires terrestres.
La concession du « chemin de fer aérien de l'aiguille du Midi » a été délivrée en 1909. La construction a débuté dans la foulée, mais, alors que les travaux du premier tronçon étaient quasiment achevés, le chantier a été suspendu au commencement de la Première Guerre mondiale pour ne reprendre qu'en 1923 sur l'initiative de Joseph Vallot. Le premier tronçon fut ouvert en juillet 1924 et reliait le quartier des Pélerins à La Para à d'altitude.. Avant son inauguration et son achèvement complet, il aurait dû être utilisé sur sa partie basse pour les Jeux olympiques d'hiver de 1924, pour la desserte de la piste de bobsleigh, mais finalement, seule la ligne de service s’avéra véritablement opérationnelle. L'appareil constitua le premier téléphérique pour voyageurs de France. Il possédait le nombre important de treize pylônes, d'une hauteur allant de 8,5 à . Le second tronçon fut ouvert en 1927. Il aboutissait à d'altitude, en contrebas de l'aiguille. Ces appareils étaient équipés de cabines étagées, rappelant les véhicules d'un funiculaire classique.
Ces téléphériques furent également exploités l'hiver dès les premières saisons pour la desserte de la piste de bobsleigh, mais aussi des champs de neige des glaciers à destinations des skieurs. En 1935, avec le développement des sports d'hiver, fut créée la piste Jacques Balmat à destination des skieurs débutants sur le bas du premier tronçon et la piste des Glaciers fut balisée. Cette dernière accueillit en les épreuves de slalom des Championnats de France de ski. Durant l'été 1936, une piste fut créée dans la forêt entre La Para et la piste Jacques Balmat. Le domaine skiable du téléphérique de l'Aiguille-du-Midi aurait dû accueillir les épreuves de descente des Championnats du monde de ski, mais au dernier moment, il fut décidé de se rabattre sur le domaine des Houches. La piste de descente des Glaciers accueillit cependant en 1948 l'épreuve mythique du Arlberg-Kandahar.
1955 : ouverture du plus haut téléphérique du monde vignette|Ancienne cabine du téléphérique, déposée en 1991 vignette|Nouvelle cabine du téléphérique en cours d'installation en 1991 Ces premiers téléphériques de l'Aiguille-du-Midi ont été ouverts au public jusqu'en 1951 puis furent ensuite exploités comme ligne de service, en particulier pour l'entretien des lignes électriques qui alimentent l'aiguille. Un tronçon sommital, entamé en 1938, prévoyait de gagner le col du Midi mais il n'a jamais été terminé. Sa ligne de service, opérationnelle, fut abandonnée en 1948 au profit du tracé actuel plus direct esquissé par Marcel Auvert et concrétisé par la volonté du promoteur italien Dino Lora Totino. Les premiers appareils ont alors grandement facilité la construction des appareils contemporains en acheminant hommes et matériaux au sommet. Cela a permis d'ouvrir dès 1954 le premier tronçon Chamonix - Plan de l'Aiguille, suivi par le deuxième tronçon jusqu'à l'aiguille même en 1955.
L'acheminement du câble porteur (), ainsi que du câble tracteur (), vers la station du haut, se fit non pas par hélicoptère, comme c'est le cas actuellement, mais à dos d'hommes.
Cette dernière section constituait alors le plus haut téléphérique pour voyageurs du monde. Elle est cependant détrônée depuis 1960 par le téléphérique du Pico Espejo, dans les Andes à Mérida (Venezuela), qui culmine à ..
Catastrophe causant six morts en 1961
Le , une aile d'un avion de chasse de l'Armée de l'air française piloté par le capitaine Bernard Ziegler sectionne le câble tracteur du téléphérique de la Vallée Blanche à Chamonix (France), la chute d'un train de cabines cause six morts près de l'aiguille du Midi.
Très importante rénovation en 1990 et 1991 Le téléphérique de l'Aiguille-du-Midi a bénéficié d'une très importante rénovation par Denis Creissels en 1990 et 1991. Il est aujourd'hui géré par la Compagnie du Mont-Blanc.
Les vestiges des premiers appareils commencés en 1909, en particulier les pylônes et les gares en pierres de taille, sont pour leur part toujours présents du quartier des Pélerins jusqu'au col du Midi. La gare aval, aujourd'hui patrimoine historique de la vallée, a été réhabilitée en 2008 pour accueillir, entre autres, l'annexe de la Maison des jeunes et de la culture de Chamonix.. La cabine étagée de 1924 ainsi que les cabines en aluminium récupérées sur le téléphérique de Rochebrune en 1949 ont été classées à l'inventaire des monuments historiques le ...
Fréquentation Le téléphérique a été utilisé par en 2010, en 2011, en 2012, en 2013, et en 2014.
Notes et références
Pour approfondir
Bibliographie
Articles connexes Télécabine Panoramic Mont-Blanc Skyway Monte Bianco Téléférique de l'Aiguille-du-Midi (1924)
Liens externes
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