Jean-Pierre Gailliez, né le , est un philologue et psychopédagogue belge, initiateur du Centre d'animation en langues et de la Compagnie du canal du Centre.
Biographie
Licencié en philologie germanique et en psychopédagogie (Université catholique de Louvain), professeur de néerlandais et d’anglais à l’école normale moyenne (régendat) de Braine-le-Comte, Jean-Pierre Gailliez a été le fondateur et l’animateur de deux organisations belges aujourd'hui disparues : le Centre d’animation en langues ASBL (1979-2011) et la Compagnie du canal du Centre ASBL (1980-2000). En développant ces deux associations, il a mené de 1975 à 2011 une double action dont les retombées sont actuellement encore nombreuses.
Aujourd'hui retraité, Jean-Pierre Gailliez s’est consacré à la restauration et la remise en service du dernier exemplaire d’une bétchéte ou « mignole » de l’Ourthe avec laquelle il sillonne les voies navigables belges et limitrophes.
Centre d'animation en langues
Face au manque d’intérêt historique des francophones de Belgique pour la Flandre et le néerlandais en particulier et pour les langues étrangères en général, J.P. Gailliez et trente neuf professeurs de langues issus de toutes les régions francophones du pays et de tous les réseaux d'enseignement ont créé cette association. Ensemble, ils ont donné au Centre d'animation en langues la , tout en ouvrant des pistes concrètes conduisant à une pratique personnelle vivante de ces languesObjet social de l'asbl tel que paru dans les statuts publiés au Moniteur belge le 12 mars 1981 sous le numéro 1581/81 : Art. 3. §1..
L’association a pour but de stimuler une approche vécue de l’apprentissage des langues vivantes. L’idée : il ne suffit pas d’apprendre une langue, il importe d’être conscient qu’il faut oser en utiliser les composantes lorsque la vie quotidienne en offre l’occasion. Le programme : faire découvrir davantage la richesse d’un environnement comme le nôtre, où la diversité des langues tient une place importante et apporte à tout un chacun le désir et les moyens d’exploiter toutes ces ressources pour acquérir ou perfectionner la pratique d’une ou plusieurs langues étrangères. Ainsi, en adressant ses actions à tout citoyen, jeune et moins jeune, l’association contribuera à une prise de conscience susceptible de faire évoluer les mentalités et les comportements et des comportements. Les enjeux, tant sur le plan culturel que sur celui de la citoyenneté et de la démocratie s’inscrivent dans le développement d’un dialogue constant entre les communautés linguistiques au niveau national et international. L’Europe, nos communautés, nos régions et Bruxelles en particulier sont devenues un vaste creuset où se côtoient une infinité de langues et de cultures différentes. Le Centre d’Animation en Langues considère qu’il y a là considère qu’il y a là une grande richesse à condition de développer d’une part le respect de l’autre, de sa langue et de sa culture, et d’autre part une meilleure intégration sociale à travers la pratique de la langue du pays, de la région ou de la communauté d’accueil. L’association s’intéressera donc à tous les domaines de notre société susceptibles de générer la rencontre des autres langues et cultures : tourisme, patrimoine, arts, cinéma, théâtre, médias, technologies nouvelles et tout autre champ d’action lui permettant d’apporter une contribution positive à la société dans ses dimensions culturelles, sociales, politiques, etc.
Création En 1970, lorsque J.P. Gailliez a été chargé de la formation de futurs professeurs de langues (anglais et néerlandais) dans l'enseignement secondaire inférieur (régendat), la durée de cette formation était de deux ans. Le diplôme donnait à ces régents l'accès à l'enseignement de deux langues (anglais et néerlandais), voire trois pour celles et ceux qui choisissaient l'allemand en option (la durée a été portée à 3 ans en 1988 avant la grande réforme générée par les accords européens dans le cadre du processus de Bologne mis en application en 2005 à l'issue de laquelle le terme régent est remplacé par bachelier).
J.P. Gailliez estimait que face à , il fallait utiliser des moyens hors du commun. Chaque année, de 1975 à 1985, il a mis en scène une pièce en néerlandais ou en anglais qu'il faisait interpréter par ses étudiants futurs professeurs devant un public néerlandophone ou anglophone.
En 1975, dans le cadre d'Europalia France, la première mondiale du Macbett d'Eugène Ionesco en langue néerlandaise devait avoir lieu à Braine-le-Comte devant un public francophone. À la suite de la défection de la troupe De Appel de Scheveningen, J.P. Gailliez reprend la mise en scène et, le , fait jouer la pièce en néerlandais par les étudiants francophones, futurs professeurs de néerlandais. La représentation a lieu en présence de l'ambassadeur des Pays-Bas en Belgique et de nombreuses personnalités parmi lesquelles des acteurs de la troupe De Appel. Au terme de la représentation, ces personnalités invitent le groupe d'étudiants francophones pour une tournée en Flandre et aux Pays-Bas. En , cette tournée conduit les étudiants de Braine-le-Comte de Bruxelles à Haarlem en passant par Anvers et Hasselt (Cultureel Centrum), et Delft.
Le , le prix ANV-Visser-Neerlandia est décerné au Service d'Animation culturelle en langues germaniques de Braine-le-Comte . À travers les articles de presse de l'époque apparaît l'évolution d'un service local limité à la zone de rayonnement d'une école normale à un service général ouvert à la partie francophone. Le montant du prix ( francs belges) a permis à J.P. Gailliez de mettre en place au sein de l'École normale de Braine-le-Comte une structure de travail et une cellule d'accueil du public extérieur à l'école afin de rayonner au-delà du seul champ d'action de l'école normale.
Service d'échanges familiaux entre jeunes Flamands et jeunes francophones « Vice versa » a été le premier projet concret du Centre d'animation en langues. Ce service a fonctionné via des annonces quotidiennes sur les antennes de la BRT dans le cadre de l'émission de service Tot uw dienst, animée par Jan Schoukens, et sur les antennes de la RTB, dans le cadre de Formule J, émission phare de Claude Delacroix.
Le secrétariat du Centre assurait la mise en contact des familles flamandes et francophones. Ayant fonctionné de 1976 à 1996, il a été à l'origine de plusieurs milliers d'échanges de jeunes. Chaque année était organisée une journée de rencontre entre professeurs de néerlandais dans les écoles francophones et professeurs de français dans les écoles flamandes dans le but de stimuler également les échanges de classes. Ce service a été le projet phare du Centre d'Animation en langues jusqu'à ce qu'il soit repris par la Fondation roi Baudouin en 1997 qui l'a confié en 1998 à la Fondation prince Philippe sous le nom de Projet trèfle..
Théâtre et la scène au service des langues L'utilisation du théâtre comme source de pratique dans l'enseignement des langues a été à l'origine-même du Centre d'Animation en Langues. Il est également à l'origine de l'autre association créée par J.P. Gailliez : la Compagnie du Canal du Centre. Tout en développant le Centre d'animation en langues, il poursuit son travail d'enseignant auprès des futurs professeurs de langues de l'École normale de Braine-le-Comte. En 1977, avec ses étudiants il traduit, adapté en anglais moderne sous forme dialoguée et mis en scène les Canterbury Tales de Geoffrey Chaucer interprétés dans le cadre d'une tournée dans des pubs longeant le canal de Trent et Mersey (Midlands britanniques). En 1979, la même méthodologie est appliquée pour mettre en scène la vie d'Abraham Darby et la jouer dans l'enceinte du musée vivant de Coalbrookdale à Ironbridge.
Ces années d'utilisation du théâtre à des fins pédagogiques ont démontré la richesse d'une pédagogie collective de stimulation et d'accompagnement de la pratique des langues apprises. La scène est ainsi devenue source de nombreux programmes mis en œuvre par le Centre d'Animation en Langues qui en a développé diverses facettes..
Le théâtre d'animation En 1973, l'école privée de langues International House. a créé l'English Teaching Theatre. Après avoir été découvert à l'International House London, par J.P. Gailliez, celui-ci propose le groupe comme sujet d'une émission de la télévision scolaire de la RTB. et en réalise le scénario. À la suite de cette émission, contact a été pris avec le groupe de théâtre afin d'organiser des tournées dans les écoles du pays. Le théâtre d'animation établit un dialogue avec le public qui est amené à participer activement au déroulement du spectacle.
Constatant le contraste existant entre la richesse de la production d'outils pédagogiques dynamiques pour la langue anglaise et la pauvreté des outils disponibles pour le néerlandais, l'équipe de base du Centre d'Animation a créé un programme de théâtre d'animation en néerlandais Op met de talen. Le groupe s'est produit dans les écoles de 1978 à 1982. Plus de 100 représentations ont donné aux élèves francophones une occasion de découvrir le néerlandais sous un autre éclairage : pour aimer une autre langue, il faut comprendre son âme En 1979, Op met de talen a été utilisé comme programme de lancement de la Fête des Langues au Palais des Beaux-Arts en présence de la Reine Fabiola à Bruxelles.
Kleinkunst et tournées pour des chanteurs néerlandophones dans les écoles francophones Comme le développement du Plan langues en a exploré les ressources à l'échelle des mass media, la mise sur pied de tournées permet de générer un contact plus personnalisé avec le ou les chanteurs. De telles tournées ont été organisées pour différents chanteurs et groupes de théâtre flamands dans les écoles francophones : Zjef Van Uytsel, Johan Verminnen, Miel Cools
En 1980 pour fêter les 150 ans de la Belgique, un vaste programme avait été développé par la Belgique à l'échelle européenne. 150 jeunes provenant des 9 pays alors membres de la Communauté économique européenne ont été accueillis dans des familles. Les programmes officiels ne prévoyaient rien en matière d'échanges culturels entre la Flandre et la Wallonie. Les responsables du Centre d'animation en langues et de VVL (Vereniging Vlaamse Leerkrachten) en Flandre décidèrent d'y remédier en lançant un programme d'échanges culturels entre la Flandre et la Wallonie.150 spectacles ont été organisés. 75 par des groupes néerlandophones dans des écoles francophones et 75 par des groupes francophones dans des écoles flamandes. Ont participé au programme le chanteur Jofroi, Claude Étienne et le Rideau de Bruxelles. (La Leçon d'Ionesco), le Théâtre Isocèle, Toneelgroep Alice Toen, les marionnettes Taptoe et Miel Cools.
Une aide du Ministère de la Culture qui venait d'être communautarisé avait été promise. Seule la moitié de cette aide put être débloquée provoquant de sérieux problèmes financiers. Miel Cools qui avait appris à apprécier le public des écoles francophones décida d'offrir gratuitement au Centre 2 semaines de tournée. Ces rentrées ont permis d'honorer les cachets de l'ensemble des artistes qui avaient participé à ce programme d'échanges culturels. Le journal De Standaard a donné un écho à cette situation : .
Théâtre langues La force pédagogique du théâtre s'exprime lorsque les élèves y prennent la parole en assumant une partie de la responsabilité du spectacle. Pour favoriser cette démarche auprès des enseignants, le Centre a mis sur pied un festival annuel de théâtre langues dans le cadre de la Fête des Langues sous la dénomination Festival junior.
Chaque année une centaine d'écoles néerlandophones ou francophones participaient à ce grand rassemblement. Pendant les dix premières années, le festival avait pris la forme d'un concours doté de prix. Pour éviter la déception des groupes qui avaient participé sans accéder à un prix et encourager le seul fait de participer, ces prix ont été supprimés.
Plan langues