L'église Saint-Laurent est une église catholique paroissiale située à Rocquemont, dans le département de l'Oise, en France. Elle a été construite à la fin de la période romane, vers 1130, et ne comporte à l'origine qu'un vaisseau unique. L'adjonction de bas-côtés et de croisillons à la période gothique transforme la silhouette de l'église et modifie les élévations latérales de la nef romane et de la base du clocher, mais tous leurs éléments d'origine restent visibles à l'intérieur. Il faut notamment citer les deux voûtes d'ogives précoces du chœur, qui sont parmi les premières du département. Elles sont simples et robustes, et tel est le caractère de l'ensemble de l'église, hormis le portail occidental du milieu du , qui fait preuve d'une certaine recherche. L'église Saint-Laurent ne se démarque donc pas par le raffinement de son architecture, mais par sa rusticité, ce qui n'empêche pas un appareillage et des finitions soignés et des proportions harmonieuses. Elle est inscrite aux monuments historiques depuis 1951., et a été restaurée d'une façon intelligente à la fin du et au début du . L'ambiance du a ainsi pu être restituée, ce qui fait aujourd'hui le principal intérêt de l'église. Elle possède encore sa clôture du chœur en fer forgé de 1758, et des retables baroques en pierre et en bois du . Dans la nef, des peintures murales discrètes animent les murs. La sobriété de l'espace intérieur favorise le recueillement.
Localisation thumb|upright|left|Croix de cimetière.
L'église Saint-Laurent est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, près de Crépy-en-Valois, sur la commune de Rocquemont, à la limite est du village, rue de l'Église. Elle est entourée de l'enclos du cimetière, qui s'étend essentiellement au sud. Depuis la rue, il faut gravir quelques marches d'escalier pour accéder au cimetière, qui est établi en léger surplomb de la rue.
En se rendant vers le portail de l'église, l'on passe près de la croix de cimetière, qui date du , et a été inscrite monument historique par arrêté du .. Le Christ en croix est mutilé ; au revers, le crucifix arbore un vieillard barbu. Les quatre branches de la croix sont reliées par des volutes. La croix est placée sur un haut fût monolithique, qui repose sur une base octogonale à tore aplati et ressaut chanfreinée. Cet ensemble trône sur un piédestal à gradins de plan circulaire, dans lequel un autel de pierre (refaite) est intégrée.
À l'ouest de l'église, seulement un étroit passage reste libre entre le porche de l'église et le mur de clôture du terrain voisin. Le chevet donne sur un chemin rural. L'église est donc entièrement dégagée d'autres édifices. Elle est bâtie à une altitude de .
Histoire
Rocquemont est mentionné pour la première fois comme Rocum Mons dans le récit de la translation des reliques de saint Arnould, qui date du début du . Vers 935, l'abbé Constance dérobe une partie des reliques du saint à Saint-Arnoult-en-Yvelines. Lors de son périple vers Crépy-en-Valois, il fait halte à Rocquemont. À Crépy, le comte Raoul II de Vexin fonde une collégiale pour accueillir les reliques, probablement entre 935 et 943. Il est à l'origine du prieuré Saint-Arnoul, qui subsiste en partie. Si l'histoire civile de Rocquemont est en partie connue, et du reste assez complexe, l'histoire de son église et de son paroisse restent dans l'ombre. Il n'est pas exclu que l'église actuelle soit la première église paroissiale du village. Elle date de la période comprise entre 1130 et 1150 environ pour ses parties les plus anciennes, et se compose alors d'une nef unique, d'une base de clocher, en même temps première travée du chœur, et d'une abside au chevet plat. Le saint patron de l'église est saint Laurent de Rome ; le patron secondaire est saint Denis de Paris. Sous l'Ancien Régime, la paroisse dépendent du doyenné de Crépy du diocèse de Senlis. Le collateur de la cure est l'évêque de Senlis. Il est à noter que l'église Saint-Laurent n'est pas l'unique édifice religieux de la commune : la ferme du hameau du Plessis-Châtelain comporte une chapelle, qui comporte des éléments de style gothique rayonnant de la limite du / . Depuis la Révolution française, c'est une propriété privée.... thumb|Pierre commémorative de la restauration en 1742. thumb|Tambours des colonnes du porche déposés lors de la restauration.
L'église du second quart du est de style roman. Le portail occidental a été complété après l'achèvement de l'église, vers 1150, et annonce déjà le style gothique. Au cours des siècles, l'église est agrandie à deux ou trois reprises. Dominique Vermand hésite au sujet de la datation des grandes arcades de la nef et des bas-côtés. En 1996, il pense qu'ils datent des alentours de 1160, et que la troisième grande arcade au nord et au sud auraient été agrandies au . En 2004, et sans expliquer son avis, l'auteur revient sur son point de vue, et penche maintenant pour une date postérieure à la guerre de Cent Ans, voire pendant la première moitié du . La nef et les bas-côtés sont du reste pratiquement passés sous silence dans la brochure de 2004, et la description montrera que les indices parlent en faveur d'une datation haute (voir ci-dessous). — Vers le milieu du , deux chapelles sont construites au nord et au sud de la base du clocher, qui devient ainsi la croisée du transept. Les baies latérales de l'étage du clocher sont obturées par les toitures des chapelles, ce qui conduit au percement de baies abat-son dans les murs-pignon du clocher. Indépendamment de ces travaux, mais à la même époque, trois niches sont ménagées dans l'épaisseur du mur méridional de l'abside romane, dont l'une accueille une piscine liturgique. Au , un porche est ajouté devant le portail occidental ; les bas-côtés sont peut-être construits ; une tourelle d'escalier est édifiée dans l'angle entre bas-côté sud et croisillon sud afin de faciliter l'accès aux combles et au clocher ; et une sacristie est bâtie dans l'angle entre croisillon nord et l'abside. Selon une plaque commémorative faisant partie du dallage du chœur, l'église est restaurée en 1742 : . L'éclairage des bas-côtés est amélioré grâce à deux lucarnes, deux au nord et deux au sud. Au , le pignon occidental de la nef est exhaussé, et nef et bas-côtés sont recouvertes par un toit unique à deux rampants. Deux des lucarnes datent peut-être seulement de cette époque. L'église Saint-Laurent est inscrite aux monuments historiques par arrêté du ... Sous l'impulsion de l'Association pour la restauration de l'église de Rocquemont, elle est intégralement restaurée à la fin du et l'année 2010..
Sous la Révolution française, le diocèse de Senlis est supprimé, et le département de l'Oise est entièrement intégré dans le diocèse de Beauvais, puis celui-ci est annexé au diocèse d'Amiens. Le concordat de 1801 confirme la suppression du diocèse de Senlis. En 1822, le diocèse de Beauvais est rétabli, et Rocquemont en fait désormais partie à l'instar de toutes les communes de l'Oise. Rocquemont n'est plus une paroisse indépendante, et réunie dans un premier temps à la succursale de Trumilly.. Vers le milieu du , celle-ci est à son tour intégrée dans la paroisse d'Auger-Saint-Vincent. Elle se maintient jusqu'en 1996, quand les quarante-cinq paroisses actuelles sont définies.. Dès lors, Auger-Saint-Vincent forme une communauté de la paroisse Saint-Sébastien de Crépy-en-Valois. L'église Saint-Laurent a presque perdu sa vie spirituelle, et n'accueille des célébrations eucharistiques qu'environ deux à trois fois par an, le dimanche à 9 h 30..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église. thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Nef, élévation nord. thumb|Nef, vue vers l'ouest.
Régulièrement orientée, l'église se compose d'un petit porche devant le portail occidental ; d'une nef aveugle de trois travées accompagnée de deux bas-côtés ; d'une base du clocher transformée ultérieurement en croisée du transept ; de deux croisillons ; d'une abside au chevet plat ; et d'une chapelle latérale nord, transformée en sacristie. Une tourelle d'escalier occupe l'angle entre bas-côté sud et croisillon sud. Le transept et l'abside sont les seules parties de l'église qui sont voûtées d'ogives. La nef et ses bas-côtés sont recouverts ensemble par une toiture unique à deux rampants. Les croisillons, l'abside et la sacristie sont recouverts par des toits indépendants en bâtière. Celui de la sacristie est parallèle au toit de l'abside. Le clocher est en bâtière.
Intérieur Nef et bas-côtés
L'église du second quart du est d'une extrême simplicité et dépourvue de toute décoration architecturale à l'intérieur. C'est une réalisation économique mais solide, et tout à fait à la hauteur des techniques de construction de son époque, comme le montrent le portail occidental et le voûtement d'ogives des parties orientales du vaisseau central. L'on note également la belle qualité de l'appareil en pierres de taille. Ceci n'empêche pas que l'intérieur de la nef paraît pauvre, et ne présente qu'un faible intérêt architectural. Son attrait réside dans son ambiance du , que l'on a su restituer grâce à des restaurations intelligentes. La charpente (qui date en réalité du est apparente, au lieu d'être dissimulée par une fausse voûte en berceau en bois plâtré, comme c'est encore le cas à Béthisy-Saint-Martin, Ormoy-Villers, Rully et Saint-Vaast-de-Longmont. Tout le mobilier plus récent, dont les statues sulpiciennes du , a été supprimé. Les bancs de fidèles sont anciens et homogènes. Fait rare, la grille du chœur en fer forgé reste en place ; elle date de 1758 et prend appui sur un muret entre la seconde et la troisième travée. C'est un travail fin et délicat, dont l'effet est loin de celui d'une barrière visuelle. Sur les murs latéraux, la litre funéraire aux armes des Lancy de Raray a été dégagé des badigeons, et les peintures murales à caractère ornemental ont été remises au jour. Elles comportent des frises rustiques autour des grandes arcades ; des fleurettes et des monogrammes IHS réalisées au pochoir ; des chutes de fleurs de lys au-dessus des piliers des grandes arcades ; et des motifs composés de quatre grandes fleurs de lys en haut des piliers, ainsi qu'au-dessus du sommet des grandes arcades. Ces décors sont réalisés en ocre rouge et jaune.