Camille Melloy (1891-1941) est un prêtre catholique et un poète belge de langue française.

Écrivain actif durant l’entre-deux-guerres et dont l’œuvre s’inscrit dans le courant de la renaissance littéraire catholique, Melloy a également été un pont entre les littératures belges d’expression française et néerlandaise : il a entre autres traduit en français des auteurs flamands tels que Félix Timmermans et Stijn Streuvels.

Biographie Jeunesse Camille De Paepe naît le à Melle, un village proche de Gand qui lui inspirera son nom de plume. Il est le cadet de sept enfants issus d’une famille flamande d’origine paysanne ; son père est cordonnier.

Après avoir poursuivi toute sa scolarité primaire en néerlandais, Melloy entre en 1903 au collège Saint-Joseph, alors francophone, des pères Joséphites à Grammont. Il entame en 1906 son noviciat et prononce ses vœux temporaires en 1908.

L’année suivante, il étudie la philologie romane à l’université de Louvain. Ayant obtenu son doctorat en 1913, il enseigne le français au de Louvain, tout en poursuivant des études en philosophie thomiste.

Première Guerre mondiale Quelques semaines après le début de la Première Guerre mondiale, Melloy prononce ses vœux perpétuels. Ses supérieurs l’envoient ensuite au de Weybridge, dans le sud-est de l’Angleterre.

Appelé sous les armes, il est de retour sur le continent en 1915 et reçoit une formation de brancardier à Auvours. Il est ensuite envoyé sur le front, en 1916, dans le secteur de Dixmude où il frôle la mort après avoir contracté le typhus.

Durant sa convalescence, il collabore à quelques journaux de tranchées dans lesquels il écrit ses premiers vers, tant néerlandais que français, ces derniers ayant selon lui plus de succès.

Littérature, enseignement et voyages Après-guerre, Camille Melloy enseigne à nouveau au collège de la Sainte-Trinité où il compte notamment parmi ses élèves Charles de Trooz, Félicien Marceau – qui fera en 1968 un portrait pittoresque de son professeur dans Les Années courtes – et le futur historien de la littérature .

Melloy est consacré prêtre en 1921. L’année suivante, il publie Le Beau réveil : ce recueil d’essais célèbre la renaissance littéraire catholique représentée par les figures de Paul Claudel, de Francis Jammes, de Léo Latil, mais aussi de Guido Gezelle, le poète flamand de langue néerlandaise que Melloy qualifie de maître inconnu.

En 1923 paraît son premier recueil poétique, Le Soleil sur le village, où l’influence de Paul Verlaine est perceptible.

Camille Melloy est de retour à Melle en 1928 : il est chargé de donner cours aux classes de poésie et de rhétorique du collège joséphite du lieu. Quoique l’enseignement soit en français, Melloy initie aussi ses élèves à la littérature néerlandaise.

Dans les années 1930, il effectue plusieurs voyages, en Scandinavie, en Allemagne (Oberammergau), en Italie (à Assise notamment), en Suisse et aux Pays-Bas ; en 1935, lors d’une croisière en Méditerranée qui le mène en Grèce, en Syrie et en Palestine, il est entre autres accompagné des écrivains Stijn Streuvels et Antoon Coolen.

Au début de 1939, il est nommé aumônier-directeur de l’abbaye de Roosenberg, à Waesmunster.

Camille Melloy meurt à la clinique de Saint-Nicolas le après avoir subi une intervention chirurgicale à la vésicule biliaire. Le , les funérailles ayant été célébrées à Waesmunster, il est inhumé à Melle.

Distinctions Prix littéraires En 1930, le Comité de littérature spiritualiste décerne à Melloy le Prix de littérature spiritualiste (prix Claire Virenque) pour Le Parfum des buis et, en 1932, Retour parmi les hommes est récompensé du prix Artigue de l’Académie françaiseRapport sur les concours de l’année 1932 sur www.academie-francaise.fr.

Le recueil Enfants de la terre est couronné en 1933 du prix Eugène Schmits de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique et en 1934 du prix Edgar Poe de la Maison de PoésieIndex des prix par lauréats sur www.arllfb.be.

À titre posthume, l’Académie royale lui attribue en 1942 le prix Auguste Michot pour l’ensemble de son œuvre.

Distinctions honorifiques Le , sur proposition du ministre de l’Instruction publique Julius Hoste, Camille Melloy est nommé chevalier de l’ordre de la Couronne pour ses services à la littérature.

En 1938, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur.

Œuvres Poésie 1923 – Le Soleil sur le village, poèmes, précédés des Chansons à mi-voix 1927 – Vingt-sept petites élégies 1929 – Le Parfum des buis 1931 – Retour parmi les hommes 1932 – Louange des saints populaires 1933 – Enfants de la terre 1935 – Le Chemin de la croix 1937 – Le Miserere du trouvère (couverture d’Élisabeth Ivanovsky) 1939 – Variations sur des thèmes impopulaires 1940 – Trois marches pour le temps de Noël 1941 – Requiem

Prose 1931 – L’Offrande filiale 1936 – Voyages sans Baedeker (récit de voyage) 1939 – Suomi ou le Bonheur en Finlande (récit de voyage) 1941 – Philippe Dariot (roman) 1942 – Une vie de chien (nouvelle)

Essais 1922 – Le Beau Réveil, 1930 – Zodiaque spirituel : Réflexions chrétiennes sur les mois de l’année (préface d’André Mabille de Poncheville) 1938 – Le Catholicisme en Finlande

Littérature d’enfance et de jeunesse 1933 – Le Blé, ce beau trésor, 1933 – Sur la Terre comme au ciel 1934 – Cinq contes de Noël 1935 – Ave Maria 1936 – Le Petit Flouc (illustrations d’Élisabeth Ivanovsky) 1936 – L’Âne de Bethléem 1936 – Blacky, chien et autres récits, illustrations Pierre Ickx 1936 – Contes de Noël et d’Épiphanie 1937 – Le Jongleur de Dieu 1939 – Le Manteau du roi et autres contes de Noël 1940 – On verra bien 1941 – Comment Eero parcourut la Finlande 1943 – Prince et autres contes finlandais

Traductions

Maria et son charpentier, [« Maria en haar timmerman »], 1941 Stijn Streuvels Contes à Poucettes, [« Prutske's vertelselboek »], 1935 L’Enfant de Noël, [« Het kerstekind »], traduit sous le pseudonyme de Gauthier d’Ys, 1935 Félix Timmermans Triptyque de Noël, [« Driekoningentriptiek »], 1931 La Harpe de saint François, [« De harp van Sint-Franciscus »], 1933 Timmermans raconte – Choix de contes et de nouvelles, 1941

Les Débuts d’Arlequin, [« Hoe Harlekijntje aan zijn pakje kwam »], traduit sous le pseudonyme de Gauthier d’Ys, 1937

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . . . . . . . . . .

Liens externes

« Un maître inconnu : Guido Gezelle – Guido Gezelle par Camille Melloy » sur flandres-hollande.hautetfort.com Camille De Paepe (1891-1941) sur www.odis.be

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