La famille de Bueil est une famille éteinte de la noblesse féodale française originaire de Touraine.
Depuis le mariage en 1404 entre Jean IV de Bueil ( à Azincourt) et Marguerite-Dauphine d'Auvergne, l'héritière du comté de Sancerre, la famille s'est illustrée par Jean V de Bueil ( ou 1478), amiral de France, premier comte de Sancerre de la maison de Bueil en 1451, qui participe aux côtés de Jeanne d'Arc à la levée du siège d'Orléans et écrit bien plus tard Le Jouvencel vers 1461-1466.
La branche aînée se maintient pendant six générations à la tête du comté de Sancerre. René de Bueil, dernier comte héréditaire de Sancerre, le vend à Henri II de Bourbon, prince de Condé (en 1637/1640). En 1665 cette branche comtale disparaît dans les mâles avec son fils Jean VIII de Bueil ; mais postérité des trois sœurs de ce dernier, Anne (dont le fils, Jean de Perrien marquis de Crenan, releva le nom de Bueil), Françoise et Renée de Bueil.
La famille de Bueil a donné un archevêque de Bourges, un évêque d'Angers, un gouverneur du Mans, un maître des arbalétriers de France, quatre grands bouteillers de France et un amiral de France. Elle est éteinte de nos jours.
Origines Plusieurs origines sont avancées pour la maison de Bueil.
Origine mythique Les Bueil sont dits d'origine italo-provençale, rameau des Grimaldi de Beuil eux-mêmes prétendument issus des Guiscard/Hauteville de Naples-Sicile, en jouant sur la confusion Beuil/Bueil. Le plus célèbre des Bueil — avec l'amiral Jean V — le poète Racan (1589-1670), semblait croire à cette fable des plus légendaires..
Origine traditionnelle Originaire de Touraine, la famille de Bueil fut l'une des plus considérables de cette région. Au début du elle hérite du comté de Sancerre. Elle serait une branche cadette des seigneurs de L'Isle-Bouchard, de Rivarennes et de Cinq-Mars. En effet, le premier Bueil connu serait le chevalier Barthélemy III de L'Ile-Bouchard, dit de Bueil (né vers 1231-† vers 1300 ; fils de Bouchard VII de L'Ile-Bouchard, mari d'Eustachie de Doué dame de Gençay et Thouarcé, et père de Bouchard VIII). Dans ce schéma traditionnel, les Bueil apparaissent au début du comme seigneurs de Bueil-en-Touraine (avec Jean , aussi seigneur de Cinq-Mars, écuyer de Charles IV, que le site Racines&Histoire donne comme fils cadet de Barthélemy III et d'Eustache de Doué, et frère puîné de Bouchard VIII de L'Ile-Bouchard).
Nouvelles perspectives S'appuyant sur les archives et donc les sources authentiques, R. C. Famiglietti. a complètement renouvelé le dossier des premiers Bueil ; il eut d'ailleurs un précurseur en Amédée de La Ponce, érudit du , bibliothécaire-archiviste, auteur de l'exégèse d'une plaque commémorative de la famille de Bueil placée dans l'église collégiale St-Michel et les Saints-Innocents (intégrée dans l'église des Saints Michel-et-Pierre), publiée dans les Mémoires de la Société archéologique de Touraine (t. IX, ; cf.) et mettant en cause la doxa véhiculée notamment par le Père Anselme (cf.-). Famiglietti montre notamment que l'origine bouchardaise, qu'il tient pour erronée, est due à une confusion : un certain chevalier Barthélemy du Plessis possédait à Bueil-en-Touraine un fief dont il tirait son nom, Le Plessis-Barbe, avec la métairie de la Souderie/la Soudinière ; maître Pierre de Bueil (sans doute le propriétaire immédiat, détenteur du domaine direct, utile, non éminent) avait donné cette métairie à l'abbaye St-Julien de Tours et au prieuré de Bueil qui dépendait d'elle, et Barthélemy ratifia cette offre en ; de plus, la donation fut entérinée en , alors que Barthélemy du Plessis était déjà décédé, par autre Barthélemy, sire de L'Isle-Bouchard, et son frère cadet Olivier de L'Isle-Bouchard, sire de Rivarennes, dont Barthélemy du Plessis fut le vassal pour ledit fief du Plessis-Barbe. Aucune parenté n'est mentionnée dans les actes entre les deux frères de L'Isle-Bouchard, Barthélemy du Plessis et Pierre de Bueil : l'extrapolation qui fait des Bueil et des L'Isle-Bouchard des membres de la même famille, et qui décore Barthélemy de L'Isle-Bouchard et son frère Olivier de Rivarennes du nom de Bueil, est donc fautive..
En revanche, l'acte de 1252 nous apprend qu'il y avait déjà à Bueil une famille de Bueil, dont maître Pierre était un représentant (pour son fief du Plessis-Barbe, voir à l'article Bueil). En fait d'autres documents bien plus anciens nous renseignent davantage. : en 1108, Bueil est mentionné pour la première fois dans un acte citant son ancien seigneur, Hugues de Vaux, alors décédé, qui avait fait donation de l'église St-Pierre de Bueil à St-Julien de Tours ; au , Geoffroy de Bueil dit Esperon, finit moine à St-Julien de Tours et gratifie cette abbaye en 1158-1160 : le chevalier Bos/Boz de Bueil, seigneur dudit Geoffroy Esperon, et Henri de Bueil, prêtre, sont témoins de la donation faite par Geoffroy. Ces gens sont-ils entre eux des parents, et sont-ils des ancêtres des Bueil du ? Cela est tentant. En tout cas une origine locale de nos Bueil paraît des plus plausibles... Ils assumèrent la seigneurie directe jusqu'en 1476 (Jean V fonde alors la collégiale et cède ladite seigneurie en fief aux chanoines : voir plus bas).
Duché de La Vallière
Le duché de La Vallière, ou de Vaujours, érigé en par Louis XIV pour sa favorite Louise de La Vallière, s'assoit sur les terres de Châteaux-en-Anjou, Vaujours et Chouzé, et de Saint-Christophe (Touraine). À l'origine ces terres composaient des baronnies appartenant à la Famille de Bueil, de 1398 au moins à 1666Duché-Pairie de La Vallière, Siège de Château-la-Vallière, 1534-1791, Isabelle Girard, 2003 : depuis la seconde moitié du elles avaient patiemment été achetées par les Bueil ou leurs ancêtres Trousseau (de Touraine) sur leurs anciens seigneurs, les d'Alluyes, alliés aux Rotrou de Montfort et poursuivis dans les Parthenay-L'Archevêque (cf. l'article Perche-Gouet/Seigneurs/Guillaume Gouët) ; vente en 1666 à Louis XIV par Renée de Bueil et son mari François de Mesgrigny, pour que le roi puisse donc en faire don à sa maîtresse, à la fin de leur liaison en 1667.
Branches et filiation Branche de Bueil-Sancerre Branche de Bueil-Courcillon et La Marchère Branche de Bueil-Fontaine(s), Racan Branche de Bueil-Marmande, Faye-la-Vineuse, La Roche-Clermault
Nous donnons pour les premiers Bueil les deux versions traditionnelle et rénovée.
Généalogie traditionnelle
Jean de Bueil, fils cadet de Barthélemy III de L'Ile-Bouchard et d'Eustachie de Doué, et frère cadet de Bouchard VIII de L'Ile-Bouchard, seigneur de Bueil-en-Touraine en 1320, de Cinq-Mars et de Valeines/Valennes (Valennes ? Vallères, tout proche ? Plutôt Le Portau de Vallaines ?), ∞ 1327 Agnès/Isabeau Savary de Montbazon Jean II de Bueil († vers 1366), Seigneur de Bueil, ∞ Isabelle fille de Geoffroi de Pal(l)uau sire de Montrésor. Sa sœur Jeanne de Bueil, dame de Cinq-Mars, épouse Bonabès IV de Rougé : postérité Jean III de Bueil (~1335/1340-† 1390/1391), seigneur de Bueil, de Montrésor et de La Marchère, aussi de Saint-Calais par achat vers 1395 (ou bien c'est son fils Jean IV ; problème de date), conseiller-chambellan de Louis duc d'Anjou et roi titulaire de Naples (-Sicile), gouverneur du Mans, sénéchal de Beaucaire, ∞ 1° Anne d'Avoir, † 1390, Dame de Château-Fromont Jean IV de Bueil († 1415 à la bataille d'Azincourt, Seigneur de Bueil, Montrésor, Saint-Calais, Château-Fromont et Courcelles (Courcelles/Courcillon plutôt que Courcelles), lieutenant général de Guyenne ; ∞ 2° 1404 Marguerite-Dauphine d'Auvergne († après 1413), dernière fille de Béraud II, Dauphin d'Auvergne et de Marguerite de Sancerre, comtesse de Sancerre — par sa mère : héritière de Sancerre, dame d'Aubijoux, Sagonne, Meillant, Vailly, Charenton, Marmande (à Vellèches et Marigny), Faye-la-Vineuse, La Roche-Clermault, St-Michel-sur-Loire Jean V de Bueil, † 1477/1478, comte de Sancerre en 1451, amiral de France (voir plus bas) Louis III de Bueil, † 1466 Pierre, Seigneur du Bois (-Vouvray) ? et de la Mothe-Sonzay ? (ou bien c'est son oncle homonyme ci-dessous), ∞ Marguerite de La Chaussée, d'où Jacques de Bueil qui ∞ son arrière-cousine Louise de Fontaine-Guérin ci-dessous. Postérité : les seigneurs de Fontaine-Guérin Anne de Bueil, † après 1458, Dame d'Aubijoux, Meillant, Sagonne, Charenton ; ∞ (contrat de mariage en date du ) Pierre d'Amboise, † 1473, Seigneur de Chaumont-sur-Loire, Les Rochettes, Asnières à Blois, Saint-Vérain, Bussy et Preuilly en Berry, Les Bordes-Guénand, Moulins, etc., 1440 : gouverneur de la Touraine Marie, ∞ Baudouin de Crénon et Brouassin. Son gisant repose dans un enfeu de l'église du prieuré de Château-l'Hermitage. Pierre de Bueil, † 1414, Seigneur du Bois (-Vouvray) (? ou bien c'est son neveu homonyme ci-dessus) et de la Mothe-Sonzay (et Racan) ?, maréchal d'Anjou, ∞ Anglésie, (petite)-fille de Thibaut () de Lévis-Florensac-Sérignan : leur fille Marie de Bueil ∞ Hardouin de Fontaine-Guérin : parents de Jean de Fontaine(s), père lui-même de René de Fontaine(s) qui épouse Jeanne, fille de Pierre II de Vendôme-Segré. La fille de René et Jeanne de Vendôme, Louise de Fontaine (-Guérin), ∞ 1458/1466 Jacques de Bueil ci-dessus ; leur fils Georges de Bueil, sire de la Motte-Sonzay, du Bois-Vouvray, de Fontaine-Guérin, de la Roche au Majeur (La Roche-Talbot ou la Roche-Racan), a pour fils Jean de Bueil, père d'Honorat (qui ∞ 1566 Anne de Bueil ci-dessus ; leur fille Anne ∞ 1596 Roger de Saint-Lary, duc de Bellegarde) et de Louis de Bueil (père du poète Racan : postérité) Hardouin de Bueil († 1439), évêque d'Angers, chancelier du roi de Sicile (Louis, duc d'Anjou) Guillaume de Bueil, seigneur de Valenne, de Vaujours et de Brosses (? ? ; en Indre-et-Loire, il existe Brosse(s) à Sonzay, Courcelles-de-Touraine, Ambillou, Vouvray, Luzillé...) Jeanne (~1370-~1422), ∞ Jean de L'Isle-Bouchard, Doué, Gençay, Rochefort († 1415 à Azincourt) : leur fille Catherine de L'Isle-Bouchard ∞ 1° Pierre de Giac, puis 2° Georges de La Trémoïlle (postérité, dont leur arrière-arrière-arrière-petite-fille Jacqueline, femme de Louis IV de Bueil ci-dessous) Marguerite (~1370-1422), ∞ Jean (II ou III) de Brézé-Jean II, sire de La Varenne/La Garenne : Pierre II de Brézé est leur petit-fils Marie, dame de Passavant Catherine, ∞ Pierre IV de Villaines, prince d'Yvetot († 1415 à Azincourt), fils de Pierre.
Généalogie rénovée
Jean () de « Bueil » dont les biens avaient été mis en la main du roi Philippe le Bel et s'y trouvaient encore en 1299 Jean de Bueil (Jean (II) dans la généalogie rénovée), né vers 1300 et tué à la bataille de Crécy en 1346, probablement le fils du précédent ; présenté traditionnellement mais sans preuves comme l'époux de Marie, fille d'Imbert de Chourses de Malicorne et de Jeanne d'Uzages ; écuyer d'honneur du roi Charles IV en 1321 Jean II de Bueil (Jean (III) dans la généalogie rénovée), son fils (né vers 1320 et † 1366) ; x Jeanne d'Avoir (née vers 1323 ?), fille d'Hardouin d'Avoir sire de Château-Fromont et de Marguerite Trousseau, sœur de Guillaume II Trousseau et fille de Pierre Trousseau/Troussel († ~1340 ; famille tourangelle), seigneur de Launay-Trousseau (Launay, à Lublé) et de Chasteaux (auj. Château-la-Vallière ; avec Souvigné, Vaujours, St-Christophe), et de sa 1° femme qui nous reste inconnue ; les Trousseau de Touraine avaient aussi Véretz. Parents de :