La pyramide des risques est une représentation symbolique de la répartition statistique des situations à risque et des accidents.

Les premières représentations de ce type ont été faites par en 1931, puis par Bird en 1969.

Ces deux représentations particulières sont connues sous les noms de pyramide des risques de Bird, et de pyramide des accidents de Heinrich.

Exemples de pyramide des risques

Pyramide des accidents de Heinrich (1931)

Heinrich a réalisé dès 1931 une statistique sur les accidents industriels Sur 330 accidents : 300 sont des accidents sans blessé () ; 29 sont des accidents avec des blessures mineures () ; 1 est un accident avec des blessures majeures ().

Pyramide des risques de Bird (1969)

Bird a conduit en 1969 une étude pour la compagnie d'assurance , portant sur déclarés par de industriels différents, représentant et travaillées Sur 641 situations anormales : 600 sont des presqu'accidents ou des incidents () ; 30 sont des accidents avec dégâts matériels () ; 10 sont des accidents avec des blessures mineures () ; 1 est un accident grave ().

Ratios et interprétations

La représentation en pyramide exprime le fait que les accidents les plus graves sont les plus rares, et qu'inversement, les situations anormales mais bénignes sont les plus fréquentes. Cette représentation est symbolique car la largeur d'un étage n'est pas proportionnelle à la fréquence (contrairement à un graphique), la pyramide indique juste un classement ; une représentation plus juste serait celle d'une Tour Eiffel. Mais elle exprime également le fait que la différence entre une situation bénigne et une situation grave est souvent la chance : si un accident est évité de justesse, il est sans conséquence, et donc il s'en serait fallu de peu pour qu'il y ait de conséquences néfastes, voire graves. Le rapport d'un niveau à l'autre de la pyramide donne une estimation de ce facteur chance, tandis que la taille de la base de la pyramide donne une estimation du facteur déterminé.

Ratios

Les chiffres correspondant aux différents niveaux de la pyramide varient selon les publications. Il n'y a en général pas une progression linéaire d'un étage à l'autre. Par exemple, certains analystes se basent sur situations dangereuses (5 situations par heure et par personne pour une entreprise de 230 personnes travaillant 220 jours par an), et retiennent : 1 accident mortel ; 400 accidents graves ; accidents sans gravité ; presqu'accidents ; actions dangereuses. Dans le domaine de la construction métallique en France en 2008, on relève : 1 décès ; 82 accidents graves ; accidents avec arrêt ; pour un effectif de . Concernant les accidents du travail avec perturbation du mouvement (heurts, glissades…) : 1 accident mortel ; 650 accidents avec incapacité permanente ; accidents avec arrêt de travail.

Les statistiques française établies par l'Assurance maladie montrent également une progression de même tendance pour les « étages les plus élevés » de la pyramide : + Accidents du travail, 2011–2013 Situation 2011 2012 2013 Progression moyenne décès 552 558 541 1 AT avec incapacité permanente (IP) 73 AT avec arrêt

+ Maladies professionnelles, 2011–2013 Situation 2011 2012 2013 Progression moyenne décès 570 523 430 1 MP avec incapacité permanente (IP) 55 MP réglées 105

+ Accidents de trajet, 2011–2013 Situation 2011 2012 2013 Progression moyenne décès 393 232 306 1 Accident avec incapacité permanente (IP) 26 Accident avec arrêt 304

D'autres, par simplification, considèrent un facteur constant entre chaque niveau, et donc une progression globalement exponentielle ; par exemple, avec un facteur 10 : 1 accident mortel ; 10 accidents graves ; 100 accidents avec blessures légères ; accidents sans gravité ; presqu'accidents ; situations à risque. actions dangereuses.

Interprétations

Cette représentation fournit tout d'abord un instrument de mesure : si les accidents graves sont rares, on peut attendre « longtemps » avant de s'apercevoir des problèmes de sécurité dans une organisation, et il est alors trop tard. On a donc une meilleure vue de la situation si l'on surveille les accidents bénins, les presqu'accidents et les situations dangereuses (même en absence d'événement inquiétant), c'est-à-dire les « signaux faibles ».

Cette représentation pyramidale justifie également la doctrine selon laquelle il n'y a pas de petits incidents, et que pour réduire la fréquence des accidents graves, il faut réduire le nombre de situations anormales même si elles n'ont pas de conséquence ; d'où l'adage : « c'est la fréquence qui fait l'accident ». Certains cindynistes mettent en garde contre une application sans discernement de cette doctrine : en effet, les accidents les plus graves sont souvent de nature différente des accidents bénins, et sont parfois le fait de personnes « bien notées », c'est-à-dire n'ayant pas au quotidien des attitudes à risque, et donc il ne faut pas se contenter de réduire le nombre d'incidents mais s'attaquer aux deux extrémités de la pyramide.

Réduction des accidents

Cette notion de loi logarithmique est également reprise lorsque l'on veut représenter les efforts à mettre en œuvre pour réduire les accidents, ou bien la diminution de la fréquence des accidents au sein d'une organisation au cours du temps (dans le cadre d'une amélioration continue)voir par exemple . On part d'une situation initiale dite « loi de la jungle » (pas de préoccupation pour la sécurité), pour laquelle on a un taux de fréquence d'accidents (TF) d'environ 100 accident avec arrêt par million d'heures travaillées ; la première étape de la sécurité consiste à se conformer aux lois en vigueur (contrainte légale mais sans initiative propre) et permet de passer à un taux de fréquence de 25, puis à installer des sécurités sur les machines ce qui permet de réduire le TF à 15, puis à impliquer la hiérarchie (la sécurité devient un objectif prioritaire des managers) ce qui fait passer le TF à 5, puis à engager des actions de prévention pour tout le personnel (sensibilisation, formation) faisant passer le TF à 3. Le taux de fréquence est une mesure de la partie haute de la pyramide des risques, et les étapes « impliquer la hiérarchie » et « impliquer tout le personnel », démarche dite « proactive », consiste à réduire les gestes dangereux donc à agir sur la base de la pyramide (en amont des presqu'accidents et incidents).

Bibliographie

Notes et références

Voir aussi Articles connexes

Danger > Risque > Accident

Liens externes INRS

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