La législature de l'Assemblée des représentants du peuple s'ouvre le et se clôt le . C'est la première législature après la révolution tunisienne et l'adoption de la Constitution de 2014.
Composition de l'Assemblée
Répartition par sexe Malgré un objectif de parité hommes-femmes mis en place par la nouvelle Constitution, on compte parmi les 217 élus (31 %) contre (69 %)..
Répartition par âge
Répartition par profession
Groupes politiques 2014
Bloc / parti Sièges Nidaa Tounes 86 Ennahdha 69 Union patriotique libre 16 Front populaire 15 Afek Tounes 8Bloc social-démocrate8 Initiative destourienne démocratique 3 Alliance démocratique 1 Al Joumhouri 1 Rad Al Iitibar 1 Mouvement des démocrates socialistes 1 Parti de la voix des agriculteurs 1 Aucun bloc15 Congrès pour la République 4 Courant démocrate 3 Mouvement du peuple 3 Courant de l'amour 2 Front national du salut 1 Majed Al Djerid 1 Appel des Tunisiens à l'étranger 1
L'Assemblée compte (68,7 %) et (31,3 %). À la suite des changements du , quatre femmes supplémentaires siègent à l'assemblée.. À la suite des changements du , trois femmes supplémentaires siègent à l'assemblée..
2016
Bloc / parti Sièges Ennahdha69 Nidaa Tounes63 Bloc Al Horra25 Front populaire 15 Union patriotique libre 12 Afek Tounes 10 Afek Tounes 8 Front national du salut 1 Appel des Tunisiens à l'étranger 1Bloc social-démocrate7 Courant de l'amour 2 Alliance démocratique 1 Al Joumhouri 1 Rad Al Iitibar 1 Mouvement des démocrates socialistes 1 Parti de la voix des agriculteurs 1Hors groupe16 Congrès pour la République/Hizb el-Harak 4 Courant démocrate 3 Mouvement du peuple 3 Initiative destourienne démocratique 3 Majed Al Djerid 1
2017
Bloc / parti Sièges Ennahdha69 Nidaa Tounes67 Bloc Al Horra du mouvement Machrouu Tounes21 Front populaire 15 Union patriotique libre 11 Afek Tounes, le Mouvement national et l'Appel des Tunisiens à l'étranger 10 Afek Tounes 8 Front national du salut 1 Appel des Tunisiens à l'étranger 1Bloc démocrate12 Hizb el-Harak 4 Mouvement du peuple 3 Courant démocrate 3 Rad Al Iitibar 1 Mouvement des démocrates socialistes 1Aucun bloc12 Indépendants (anciennement Nidaa Tounes) 7 Courant de l'amour 2 Al Joumhouri 1 Majed Al Djerid 1 Parti de la voix des agriculteurs 1
2018
Bloc / parti Sièges Ennahdha68 Nidaa Tounes47 Coalition nationale44 Front populaire 15 Bloc Al Horra du mouvement Machrouu Tounes15Bloc démocrate12 Hizb el-Harak 4 Mouvement du peuple 3 Courant démocrate 3 Rad Al Iitibar 1 Mouvement des démocrates socialistes 1 Allégeance à la patrie11Aucun bloc5
2019
Bloc / parti Sièges Ennahdha68 Coalition nationale43 Nidaa Tounes26 Bloc Al Horra du mouvement Machrouu Tounes15Bloc démocrate12 Hizb el-Harak 4 Mouvement du peuple 3 Courant démocrate 3 Rad Al Iitibar 1 Mouvement des démocrates socialistes 1 Allégeance à la patrie10 Bloc Front populaire 9Aucun bloc34
Séance inaugurale Convocation Le , à la suite de la proclamation des résultats définitifs des élections législatives et conformément à l'article 57 de la Constitution qui stipule que , Mustapha Ben Jaafar, président sortant de l'Assemblée constituante, convoque les membres de la nouvelle assemblée à se réunir en séance inaugurale, pour prêter serment et élire leur président..
Déroulement Le , la séance inaugurale s'ouvre comme prévu, malgré les demandes pour la retarder en vue de constituer une alliance et trouver un consensus pour la désignation du futur président. Plusieurs anciens responsables, membres du gouvernement, anciens constituants et nouveaux élus sont présents.. Par ailleurs, l'absence de Moncef Marzouki, président de la République, est notée. Adnen Manser, son directeur de campagne, précise sur Facebook qu'il n'a pas été invité à l'événement tout en exprimant son indignation quant à l'invitation de l'ancien président par intérim Fouad Mebazaa..
La séance démarre par l'intervention de Ben Jaafar qui annonce la clôture officielle des travaux de l'Assemblée constituante, tout en réitérant sa fierté du travail accompli par celle-ci et soulignant que cette dernière, par manque de temps, n'a pu achever la loi anti-terroriste. Il invite ensuite Ali Ben Salem, doyen d'âge, et les deux plus jeunes députés à présider l'assemblée, il recommande à la nouvelle législature de conserver la commission de consensus qui a joué un rôle important dans le bon déroulement des travaux de l'assemblée sortante..
Le début de la séance est marqué par des erreurs de prononciation de noms des députés par la plus jeune adjointe, Amal Souid, puis par des lectures inexactes du serment par Ben Salem qui est alors obligé de le répéter.
Élection du bureau Absence de consensus Selon l'article 59 de la Constitution, .
Le président et ses deux vice-présidents doivent être élus à la majorité absolue des députés, tout en respectant le principe d'alternance homme-femme. Plusieurs noms circulent pour le perchoir mais aucun accord n'est annoncé à deux jours de la séance inaugurale. C'est donc dans un contexte où Nidaa Tounes est arrivé en tête avec et où Ennahdha est le second parti de l'assemblée avec ses , que doit se dérouler l'élection du président, avec une absence d'alliance pour garantir une majorité absolue à Nidaa Tounes..
Lors d'une intervention sur la télévision nationale le , Yassine Brahim, président d'Afek Tounes et député de la circonscription de Mahdia, déclare que la désignation du président ne peut être dissociée des autres processus, notamment l'élection du président de la République. De même, il annonce qu'une réunion des présidents des partis est prévue pour le , pour étudier la faisabilité d'organiser la séance inaugurale le . De plus, il estime qu'il serait possible d'élire un président provisoire et de le changer après la tenue du second tour de l'élection présidentielle. Le président d'Ennahdha, Rached Ghannouchi, partage le même avis concernant le report de la séance inaugurale, jusqu'à l'élection du président de la République.
Le , date à laquelle l'assemblée se réunit pour la première fois, l'ordre du jour comprend l'examen d'un possible report de la séance. En effet, plusieurs députés interprètent les textes juridiques pour tenter de suspendre la séance et de la maintenir théoriquement ouverte pendant plusieurs jours, jusqu'à l'obtention d'un accord. Les élus d'Ennahdha poursuivent les concertations et ne rejoignent l'hémicycle qu'après la suspension de la séance. À leur retour, Abdelfattah Mourou annonce que le parti est en faveur du maintien de la séance ouverte jusqu'au au plus tard..
Nidaa Tounes invoque la nécessité de reporter la séance pour trouver un consensus. Cet avis est partagé par les députés de l'Union patriotique libre, ceux d'Afek Tounes ou Iyed Dahmani, député d'Al Joumhouri, contrairement à Samia Abbou, députée du Courant démocrate, qui précise que cette décision enfreint la Constitution. Le Front populaire partage quant à lui le même avis. Le député de Nidaa Tounes, Khaled Chouket, quant à lui, accuse Ben Jaafar d'avoir convoquer l'assemblée dans un délai court et sans accord, ce qui conduit la première vice-présidente sortante Meherzia Labidi Maïza à le défendre et à dénoncer ces propos.
Face à plusieurs interventions et propositions, Ben Salem décide de constituer une commission de tri des votes, composée de sept membres répartis selon la représentativité des partis et chargée de l'élection du président. Il invite enfin les députés à passer au vote pour décider du maintien de la séance ouverte et d'une reprise prévue pour le . Les résultats du vote sont les suivants : 161 élus votent pour cette proposition, 22 s'abstiennent et neuf votent contre. Ben Salem décide alors de lever la séance.
Candidats potentiels Abdelfattah Mourou (Ennahdha) : Le , Sahbi Atigue affirme, au micro d'Express FM, que dans le cas d'un accord consensuel, le président de l'assemblée sera le député de la deuxième circonscription de Tunis, indiquant que si Ennahdha parvient à réunir une majorité pour voter en sa faveur, la tâche de président lui incombera.. Samir Dilou (Ennahdha) : Sahbi Atigue déclare également qu'en l'absence de consensus et si Mourou ne parvient pas à réunir une majorité nécessaire à son élection, le député de la circonscription de Bizerte sera le candidat d'Ennahdha pour la présidence. Mohamed Ennaceur (Nidaa Tounes) : Le , Khemaïs Ksila rapporte que le bureau politique de son parti a choisi à l'unanimité le député de la circonscription de Mahdia pour présider l'assemblée tout en démentant les rumeurs selon lesquelles Nidaa Tounes s'allierait avec Ennahdha et soutiendrait Dilou.. Mbarka Aouania (Front populaire) : La candidature de la députée de la circonscription de Sidi Bouzid et veuve de Mohamed Brahmi au poste de vice-présidente est annoncée par son parti..
Candidats officiels Le , la séance inaugurale reprend, sous la présidence d'Ali Ben Salem, pour élire le président de l'assemblée et ses deux vice-présidents. Les candidats officiels sont les suivants. :
Résultats Élection du président Le candidat unique, Mohamed Ennaceur, vice-président de Nidaa Tounes et député de la circonscription de Mahdia, est élu selon les résultats suivants. : + Élection à la présidence de l'Assemblée des représentants du peuple Candidat Présenté par Voix % Mohamed Ennaceur(candidat unique) Nidaa Tounes 176 82,2 Inscrits 217 100,00 Votants 214 98,6 Blancs et nuls 38 17,8 Exprimés 176 82,2
À l'annonce des résultats, Noomane Fehri, d'Afek Tounes, retire sa candidature aux première et deuxième vice-présidences afin de privilégier celle de ses concurrents.
Élection des deux vice-présidents + Élection à la première vice-présidence de l'Assemblée des représentants du peuple. Candidat Présenté par Voix % Abdelfattah Mourou Ennahdha(soutenu par Nidaa Tounes) 157 84,6 Mbarka Aouania Front populaire(soutenue par Afek Tounes) 33 15,4 Inscrits 217 100,00 Votants 214 98,6 Blancs et nuls 24 11,2 Exprimés 190 88,7 + Élection à la seconde vice-présidence de l'Assemblée des représentants du peuple. Candidat Présenté par Voix % Faouzia Ben Fodha(candidature unique) Union patriotique libre 150 70,1 Noomane Fehri(candidature retirée) Afek Tounes 3 1,4 Inscrits 217 100,00 Votants 214 98,6 Blancs et nuls 58 27,1 Exprimés 153 71.5
Réactions À la suite de l'élection du président et des deux vice-présidents, Mbarka Aouania critique vivement l'accès au poste de premier vice-président d'Abdelfattah Mourou, tout en dénonçant une alliance de Nidaa Tounes et Ennahdha pour former une nouvelle troïka.. Elle critique, par ailleurs, le fait que le président nouvellement élu ait oublié de rendre hommage à son époux et ancien constituant, Mohamed Brahmi, assassiné le dans des conditions non élucidées, tout en déclarant que sans lui il n'occuperait pas son poste..
Besma Belaïd critique, par ailleurs, lors de son passage sur Nessma, la neutralité du Front populaire concernant le choix du candidat à soutenir lors du second tour de l'élection présidentielle. Elle estime que cela a permis un rapprochement entre Ennahdha et Nidaa Tounes, menant à l'émergence de Mourou en tant que dirigeant de l'institution parlementaire..
L'élection d'Ennaceur et Mourou, tous deux avec une majorité absolue, ne fait que créer des tensions entre Nidaa Tounes et le Front populaire, dont la candidate à la première vice-présidence, Mbarka Aouania, a connu une défaite..
Dispositions provisoires et priorités À la suite de la réunion du président élu avec les chefs des groupes parlementaires, des mesures sont prises concernant la présidence des commissions provisoires, à l'instar de celle des finances et du règlement intérieur. La première doit élaborer le budget de l'État pour l'année 2015 sous la présidence d'un membre d'Ennahdha alors que la seconde a pour but d'élaborer un règlement intérieur sous la présidence d'un élu de Nidaa Tounes..