L'église Saint-Georges est une église catholique paroissiale située à Chevrières (Oise), en France. Elle a été édifiée entre 1530 et 1545 dans le style gothique flamboyant, sous l'impulsion du nouveau seigneur local, Robert de Broully. Son gisant est conservé dans l'église. De splendides vitraux ont été offerts par le chapitre de Beauvais, le procureur du seigneur et son épouse, ainsi que par le chanoine Nicolas Bottée. Quatre de ces vitraux attribués à l'atelier beauvaisien de Nicolas Leprince subsistent, mais ils ont été fortement restaurés en 1860. La nef et ses collatéraux ont dû être financés par les paroissiens, et ils restent inachevés jusqu'en 1868. L'homogénéité de l'architecture ne permet pas de soupçonner que l'église est en fait issue de plusieurs campagnes de construction, sauf pour la façade, qui comporte un portail de 1672. Dans son ensemble, l'église Saint-Georges est assez représentative des reconstructions flamboyantes de la seconde moitié du dans la région, et sans particulièrement se démarquer, elle peut être considérée comme une réalisation de qualité. Elle a été largement remeublée au , et son classement aux monuments historiques est intervenu en 1920.. L'église Saint-Georges est aujourd'hui affiliée à la paroisse Saint-Joseph de la plaine d'Estrées, et elle accueille des célébrations eucharistiques la plupart des dimanches matin, ainsi que plusieurs fois en semaine.

Localisation

L'église est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, près de la rive droite de la rivière, sur la commune de Chevrières, au centre du bourg, place René-Langlois-Meurinne, ce qui est équivalent au carrefour RD 13 / rue de Grandfresnoy (RD 155). Le nom de la place correspond au parvis devant la façade occidentale, qui est en même temps le parvis de la mairie de Chevrières. L'élévation méridionale de l'église est alignée sur la RD 13. Le chevet, également visible depuis cette route, et l'élévation septentrionale donnent sur un jardin public. Ainsi l'église est entièrement dégagée d'autres édifices, et l'on peut en faire le tour.

Histoire Les origines thumb|upright|left|Châsse de saint Georges.

L'église de Chevrières est mentionnée pour la première fois dans une charte de libéralités accordé par Gerbaut, vicomte d'Auxerre, à la basilique Saint-Martin de Tours, en 878. La charte mentionne même que l'église a été construite en l'honneur de saint Georges de Lydda. À ce titre, il est intéressant de constater que l'église Saint-Wandrille de Rivecourt est de cent-soixante ans plus ancienne. L'église de Rivecourt dépendait de l'abbaye Saint-Wandrille de Fontenelle, qui possédait six hôtes à Chevrières, c'est-à-dire, le bénéfice des taxes et impôts qu'ils devaient verser. Le chanoine Morel, curé de Chevrières de 1872 jusqu'à sa mort en 1919, n'exclut pas que l'abbaye Saint-Wandrille ait joué un rôle dans la fondation de l'église de Chevrières. Ce n'est, pour l'instant, pas prouvé.. Sous l'Ancien Régime, le collateur de la cure est l'évêque de Beauvais. La paroisse dépend du doyenné de Pont-Sainte-Maxence et de l'archidiaconé de Breteuil du diocèse de Beauvais.. L'église possède une relique de son saint patron, mais seulement depuis le , quand elle a été transmise au curé Léonard Levasseur par son doyen, Antoine de La Herse. Il s'agit d'un os fémoral, qui avait été retiré de la tombe du saint martyr, dans la catacombe de Priscille, le , par le cardinal Marzio Ginetti, et donné le au curé-doyen de Sacy-le-Grand, Simon Pichard. La châsse en cuivre a été offerte et bénite le par l'abbé Pillon de Thury, légat de la curie romaine. Il y a une seconde châsse semblable, qui a été bénite le même jour. Elle a été offerte, avec les reliques qu'elle contient, par Jean-Frédéric Darche, un paroissien. Cette châsse renferme un médaillon avec des parcelles de la maison de saint Jean-Baptiste, et deux médaillons avec diverses reliques de saint Alphonse de Liguori (l'inscription gravée sur la console supportant la châsse, Liguori, est erronée).

L'époque moderne jusqu'à la Révolution thumb|upright|Plaque des curés de 1600 à 1809, au bas-côté nord.

Le chanoine Morel a entrepris de longues recherches sur l'histoire de Chevrières, mais il n'a trouvé aucun fait relatif à l'église et pour toute la période du Moyen Âge. En 1529, Robert de Broully achète la seigneurie. L'un de ses frères, François de Broully, est par ailleurs curé de Chevrières à cette époque. C'est un ancien chanoine de Noyon, et il devient ultérieurement doyen de la collégiale de Saint-Quentin. L'église Saint-Georges se trouve alors dans un état lamentable, car le nouveau seigneur s'attache immédiatement à la reconstruction totale de l'abside et du transept. Ses armes figurent sur deux clés de voûte, ce qui peut servir de preuve de son rôle, et l'année 1545 figure sur trois vitraux de l'abside. L'on suppose que tous les vitraux de l'abside sont posés en 1545, et les parties orientales de l'église sont alors globalement achevées. Ce n'est pas le cas de la nef, dont l'entretien mais aussi les frais de construction sont à la charge des paroissiens. L'on entame la construction de la partie orientale de la nef, avec les grandes arcades de la quatrième, de la cinquième et de la sixième travée, et les deux piliers et arcs-doubleaux compris entre ces travées. Le voûtement n'est pas achevé, et l'on conserve le début de la nef romane, ainsi que les bas-côtés romans. Dans les travées orientales jouxtant les travées refaites de la nef, les fenêtres sont repercées, et pourvues de réseaux flamboyants. Un nouveau portail occidental de style classique est édifié en 1672, et de nouvelles fenêtres en plein cintre sont percées dans le pignon et les murs occidentaux des bas-côtés. La date se lit sur la clé d'arc de la fenêtre au-dessus du portail. Le , un ouragan avait endommagé l'ancien portail. Au ou au seulement, les trois travées de la nef commencées au sont enfin voûtées en briques (c'est ce qui ressort des constats effectués par le service des Monuments historiques en 1995). En 1788, les voûtes, ou plutôt les voûtains, du chœur sont reconstruits en briques. Les ogives, doubleaux et formerets de la première moitié du sont apparemment conservés, mais la voûte de la croisée du transept perd ses nervures décoratives supplémentaires, dont témoignent encore quatre clés de voûte secondaires..

Les évolutions depuis le Concordat de 1801 thumb|left|Clé de voûte de la de la nef, date : 1868.

Sous la Révolution française, l'église Saint-Georges est privée sans doute d'une bonne partie de son mobilier, car seulement trois statues sont antérieures au , dont une provient de la chapelle Saint-Sulpice dans le marais de Longueil-Sainte-Marie, qui a été détruite à la Révolution. La poutre de gloire a également survécu à la Révolution, mais elle a été supprimée en 1868. Bien que le chanoine Morel ait connu des paroissiens qui se souvenaient de la poutre de gloire, personne n'a su lui en fournir une description. Le Christ en croix a seul été conservé, et accroché sur le quatrième pilier au sud de la nef. Fait plutôt surprenant, le banc seigneurial des Broully a lui aussi échappé au vandalisme révolutionnaire, mais il a disparu de l'église sous l'abbé Roger Puissant, dernier curé de Chevrières de 1955 à 1991, qui fit réaménager l'église. Tout au cours du , des fidèles offrent à l'église des statues, des tableaux, du mobilier liturgique et de nouveaux autels. En 1839, les trois travées orientales des bas-côtés sont voûtées en briques. Une tribune d'orgue est construite au début de la nef, et reçoit un orgue de Mirecourt. En 1841, un nouveau maître-autel en forme de tombeau est consacré dans le chœur, et une sacristie est bâtie au sud de l'abside. Jusqu'à cette date, l'on a dû se contenter d'un réduit derrière le maître-autel, qui était placé en avant. La nef est à cette époque recouverte d'un plafond lambrissé vermolu, et les murs bas et délabrés des trois premières travées des bas-côtés sont percés de petites fenêtres en plein cintre. L'on entend alors parler des restaurations hardies entreprises par les architectes Heurteau père et fils, d'Orléans. L'abbé Jean-Louis Buvier, curé de Chevrières de 1837 à 1872, demande des devis et des plans. Le prix de étant jugé acceptable, le marché est adjugé en date du , et les travaux pour le voûtement d'ogives des trois dernières travées de la nef commencent aussitôt.. thumb|upright|Plaque commémorative de la consécration du maître-autel en 1900.

Les résultats sont probants, et le conseil de fabrique décide d'enchaîner sur une seconde phase de travaux, qui portent sur le voûtement d'ogives des trois premières travées de la nef. En date du , le marché est attribué à René Philbert Wacheux, maître-maçon d'Arsy, qui entreprend le chantier avec ses deux fils. Les trois clés de voûte en font état. Il est tout à fait remarquable qu'un maçon de village, qui n'a pas l'habitude d'un tel type de projets, parvienne à exécuter des voûtes qui reproduisent parfaitement le style du milieu du . Enfin, la fabrique fait appel à Victor Rohard, maître-maçon de Grandfresnoy, pour rectifier deux fenêtres du bas-côté nord, qui manquaient de symétrie. Il devrait s'agir des dernières fenêtres romanes qui subsistaient encore, sans mentionner celles à gauche et à droite de la façade, qui sont bouchées. L'église Saint-Georges devient ainsi un édifice flamboyant d'une étonnante homogénéité, dont l'architecture de qualité ne permet pas de soupçonner que la nef et les bas-côtés sont en réalité le résultat d'interventions multiples, échelonnées sur trois siècles. L'on est loin des maladresses stylistiques de nombreuses églises néogothiques. D'autres exemples d'églises du achevées seulement au sont Attainville (Val-d'Oise) et Montfort-l'Amaury (Yvelines). Une tourelle d'escalier en briques est ajoutée à l'angle nord-ouest de la façade en 1881, afin de faciliter l'accès aux combles. Son dôme de pierre est postérieur. En 1893, la sacristie bâtie une cinquantaine d'années plus tôt est remplacée par la sacristie actuelle, au nord de l'abside. L'ancienne sacristie est encore conservée dans un premier temps et sert de garde-meubles ; elle est démolie lors du déplacement du monument aux morts. Ainsi l'esthétique du chevet n'est plus altérée. La tribune d'orgue est agrandie en 1895. Aujourd'hui, elle est sans utilité, car l'orgue n'existe plus ; François Callais n'indique pas ce que l'instrument est devenu. Un nouveau maître-autel en marbre blanc est installé en 1897, et remplace son prédécesseur de 1841. Dans le cadre d'une cérémonie pompeuse, il est consacré le par Marie-Jean-Célestin Douais, qui place des reliques des saints martyrs Clément et Victor dans le tombeau. Une plaque rappelle cet événement. En 1913, le portail occidental est équipé de nouveaux vantaux. L'église est classée aux monuments historiques par arrêté du .

En 1996, la paroisse de Chevrières cesse officiellement d'exister avec la création des quarante-cinq nouvelles paroisses du diocèse de Beauvais. L'église Saint-Georges est désormais l'un des quatorze clochers de la paroisse Saint-Joseph du plateau d'Estrées.. Les messes dominicales continuent d'y être célébrées la plupart des dimanches matin de septembre à juin, 11 h 00, ainsi que plusieurs fois en semaine. Le presbytère le plus proche où se tiennent des permanences est à Grandfresnoy..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.