est un genre fossile de grands reptiles marins incarnant le genre type de la famille des pliosauridés, ayant vécu du Jurassique supérieur jusqu'au Crétacé inférieur dans ce qui est aujourd'hui l'Europe. Le premier fossile connu est un squelette partiel d'un spécimen immature ayant été collecté par William Buckland dans la ville anglaise de Market Rasen. Bien que premièrement mentionnée en 1824 dans un article rédigée par William Conybeare, ce n'est qu'en 1841 où il est premièrement décrit par Richard Owen comme un représentant d'une nouvelle espèce de Plesiosaurus, avant de se voir attribuer son propre genre par le même auteur plus tard la même année. Le nom générique signifie « plus lézard », Owen ayant nommé le taxon ainsi en raison de l’apparence du spécimen décrit se rapprochant plus des crocodiliens que de Plesiosaurus. Alors que de nombreuses espèces ont été attribuées à Pliosaurus par le passé, seules six sont fermement reconnues comme valides depuis une étude publiée en 2013. Deux espèces supplémentaires découvertes en Argentine ont été nommées en 2014 et 2018, mais leur attribution au genre n’est pas pleinement confirmée selon des classifications ultérieures.

Les plus grandes espèces connues, P. funkei et P. kevani, comptent parmi les plus imposants pliosaures jamais découverts, atteignant une longueur avoisinant les pour une masse corporelle estimée à près de . Avant même que les deux espèces ne soient décrits dans la littérature scientifique, leur tailles imposantes ont inspiré certains chercheurs à leur donner divers surnoms, le plus célèbre étant « Predator X », utilisé pour désigner le second spécimen connu de P. funkei. Néanmoins, un spécimen particulièrement massif, composé uniquement de vertèbres cervicales et découvert dans la ville anglaise d’Abingdon, putativement attribué au genre, pourrait avoir dépassé les . Le crâne allongé de Pliosaurus est robuste, et chez les plus grandes espèces, il dépasse les de long. Les dents sont également robustes et sont souvent de formes trièdres en section transversale, ce qui constitue l'une des principales autapomorphies chez le genre. Le cou est l'un des traits le plus reconnaissables du taxon, étant relativement court par rapport aux autres plésiosaures, ne disposant que d'environ 18 vertèbres cervicales. Les membres de Pliosaurus sont en forme de nageoires, les palettes natatoires antérieurs de P. funkei pouvant même atteindre les de long.

Les classifications phylogénétiques placent Pliosaurus dans une position relativement dérivé au sein du clade des Thalassophonea, le genre étant souvent récupéré comme étant apparenté à Gallardosaurus. Comme les autres plésiosaures, Pliosaurus fut bien adapté à la vie aquatique, utilisant ses palettes natatoires pour une méthode de nage connue sous le nom de « vol subaquatique ». Le crâne des pliosauridés sont renforcés pour mieux résister aux contraintes de leur alimentation. Le museau long et robuste des différentes espèces de Pliosaurus servait à capturer de grandes proies, les perçants grâce aux nombreuses dents trièdres à l'arrière des mâchoires. P. kevani aurait atteint une force de morsure allant entre selon la zone des mâchoires, et son rostre aurait probablement eu un organe électrosensible afin de détecter les proies à proximités. Les archives fossiles montre que Pliosaurus partageait son habitat avec une variété d'autres animaux, notamment des invertébrés, des poissons, des thalattosuchiens, des ichthyosaures et d'autres plésiosaures, lequel auraient sans doutes constitués des proies pour les plus grandes espèces.

Historique des recherches Découverte et identification

En 1824, William Daniel Conybeare érige une nouvelle espèce du genre Plesiosaurus, Plesiosaurus giganteus, afin d'inclure tous les spécimens de plésiosauriens disposant de vertèbres cervicales raccourcies. Parmi les spécimens qui furent classés dans ce taxon figure un squelette partiel découvert dans les argiles de Kimmeridge de la ville de Market Rasen, dans le Lincolnshire, en Angleterre, collecté par William Buckland.. Ce spécimen est depuis stocké dans le musée d'histoire naturelle de l'université d'Oxford, où il est depuis catalogué OUMNH J.9245. D'autres fossiles associés à ce même individu sont également stockés dans le musée, mais leurs registres ont tendance à varier selon les études les décrivant depuis. Ensemble, il se compose de dents, d'une mandibule, de la mâchoire supérieure, d'une colonne vertébrale partielle, d'un fémur, d'un tibia et d'un péroné. Son stade ontogénétique est inconnu, mais l'ossification incomplète de la convexité proximale du tibia laisse suggérer qu'il s'agit d'un spécimen juvénile ou d'un subadulte. Dans son article, Conybeare se contente uniquement de référer des spécimens à cette espèce, ne désignant aucun spécimen type et ne donnant pas de descriptions anatomiques détaillées. Les spécimens référés étant alors insuffisamment caractérisés, le nom Plesiosaurus giganteus fut généralement perçu comme invalide dans les travaux ultérieurs, étant depuis devenu un nomen oblitum.

C'est en 1841 que Richard Owen décrit l'anatomie des mâchoires du spécimen de Market Rasen. Sur la base de plusieurs traits distinctifs, il décide d'en faire l'holotype d'un sous-genre accompagnant une nouvelle espèce de Plesiosaurus, qu'il nomme Plesiosaurus (Pleiosaurus) brachydeirus.. Le nom Pleiosaurus est formé sur le grec ancien , « plus », et , « lézard »., Owen le désignant ainsi en raison de l'apparence du spécimen décrit qui se rapproche plus de ceux des crocodiliens qu de ceux d'autres espèces alors attribuées à Plesiosaurus. L'épithète spécifique brachydeirus vient aussi du grec ancien et est formé des mots , « court », et de , « cou » ou « gorge », en référence à ses vertèbres cervicales. Plus tard la même année, Owen décrit les parties postcrâniennes du squelette et relègue ce taxon sous un genre distinct, mais celui-ci l'orthographie alors sous le nom de Pliosaurus.. En 1869, le même auteur clame de manière erronée qu'une autre espèce jadis attribuée à Pliosaurus, P. grandis, serait l'espèce type de ce genre. En 1871, John Phillips rectifie la plupart des erreurs taxonomiques commises par Owen, en reconnaissant P. brachydeirus comme espèce type et en utilisant l'orthographe originale Pleiosaurus.. De plus, le matériel holotypique de P. grandis est jugé par de nombreux auteurs comme non diagnostique et ne pouvant pas être prouvé comme appartenant au genre... Néanmoins, malgré l'exigence de Phillips, le nom Pliosaurus est depuis entré dans l'usage universel et doit être maintenu selon la règle de l'article 33.3.1 de la CINZ. À l'heure actuelle, seuls l'holotype et les fossiles attribués à ce dernier constituent l'unique spécimen connu de cette espèce.

Découvertes ultérieures et autres espèces vignette|redresse=1.5|alt=Deux photos montrant les côtés gauche et droite du crâne fossile d'un reptile marin exposée dans un musée.|Vu en deux côtés du crâne holotype de P. rossicus (PIN 304/1).

En 1948, érige l'espèce P. rossicus sur la base deux spécimens plus ou moins partiels ayant été découverts dans deux mines situées dans le bassin inférieur de la Volga, en Russie (d'où le nom), et qui résident depuis dans les collections paléontologiques de l'académie scientifique du pays. L'holotype se compose d'un crâne et de reste postcrâniens provenant d'un spécimen relativement petit., depuis catalogué PIN 304/1. Ce même spécimen, qui se composait à la base d'un squelette complet, fut grandement détruit dix ans auparavant en raison de l'exploitation des schistes bitumineux d'où il fut découvert. Néanmoins, des éléments pectoraux associés à ce dernier sont décrits par le même auteur en 1964.. Sur la base de sa petite taille et d'éléments anatomiques peux développées sur l'omoplate, l'holotype est interprété comme étant un juvénile. Le second spécimen, plus imposant et depuis catalogué PIN 2440/1, fut découvert en sous la forme d'un squelette complet, mais tout comme l'holotype, celui-ci fut majoritairement détruit par les opérations minières. Il ne subsiste de ce dernier que d'un rostre, d'une partie proximale d'un humérus, d'une phalange et de fragments de côtes, qui furent originellement décrites en 1947 comme provenant d'un P. grandis par . En 1971, Beverly Halstead reclasse cet espèce dans le genre Liopleurodon en raison de sa courte symphyse mandibulaire (là où les deux moitiés de la mâchoire inférieure se connectent), et attribue au second spécimen un membre postérieur complet.. Néanmoins, il s'avéra plus tard que ce membre postérieur provient en fait de l'holotype de l'espèce contemporaine P. irgisensis, qui est depuis reconnue comme un nomen dubium. Bien que la classification d'Halstead fut longtemps reconnu comme valide, c'est dans une thèse de 2001 où Leslie F. Noè remet en place l'espèce dans son genre d'origine sur la base de la forme des dents et de la longueur de la symphyse mandibulaire.. C'est néanmoins dans une révision publiée en 2012 et rédigée par Espen M. Knutsen qui déplace de manière ferme le taxon chez ce genre.

L'espèce P. funkei est décrite en 2012 par Knutsen et ses collègues sur la base de deux imposants spécimens ayant été découverts dans l'archipel norvégien du Svalbard. L'holotype, catalogué PMO 214.135, consiste en un squelette partiel préservant la partie antérieur des mâchoires avec des dents, divers vertèbres plus ou moins préservées, une coracoïde droite complète, une palette natatoire droite presque complète, ainsi que des côtes et des gastralia (côtes abdominales). Le spécimen référé, plus grand et catalogué PMO 214.136, comprend un crâne partiel préservant majoritairement sa partie postérieur gauche, quelques vertèbres et plusieurs os fragmentaires non identifiables. Au vu de divers caractères morphologiques et histologiques, notamment au niveau de l'augmentation de la densité osseuse, ces deux spécimens semblent être des adultes. Les fossiles furent récolté à d'écarts au cours de huit saisons de travaux de terrain menée de 2004 à 2012 par dans le sud du Sassenfjorden. Plus précisément, ils ont été découverts en 2006, exhumés au cours des deux années suivantes, puis officiellement signalés lors d’une conférence de la Society of Vertebrate Paleontology en 2009, où leur affinité avec le genre Pliosaurus est déjà noté. En raison du climat arctique de ce territoire, les spécimens concernées furent soumis à des cycles répétés de cryoclastie avant leur collecte, ce qui leur a considérablement fracturés et dégradés. L'épithète spécifique est nommé en l'honneur de Bjørn Funke, le découvreur de l'holotype, et de son épouse May-Liss Knudsen Funke, pour leurs années de services bénévoles dans les collections paléontologiques du muséum d'Oslo, où les spécimens sont depuis stockés. Dans leur article, Knutsen et ses collègues jugent qu'il ne peut-être définitivement exclu que P. funkei et P. rossicus représenteraient des stades ontogénétiques différents d'une même espèce sur la base du matériel disponible. Néanmoins, les deux taxons sont tout de même maintenues comme distincts sur le fait que leurs holotypes respectifs présentent des longueurs humérales proportionnellement très différentes.. La taille remarquable des fossiles conduit les équipes paléontologiques d’Hurum à les surnommer « The Monster » pour l’holotype et « Predator X » pour le spécimen référé, offrant ainsi au taxon une large couverture médiatique avant même sa description officielle. Cette popularité valut à l’espèce d’apparaître en 2009 dans un diffusé sur la chaîne de télévision américaine History, puis en 2010 dans un .

vignette|gauche|redresse=1.2|alt=Photo montrant le côté droit du crâne fossile (en noir) d'un grand reptile marin exposée dans un musée.|Crâne holotype de P. kevani (DORCM G.13,675).