Le stade de la Croix du Prince, officiellement stade Albert-Cazenave depuis 1982, fut jusqu'au début des années 1990 le principal stade de la ville de Pau, et l'antre de la Section de 1910 à 1990 et reste néanmoins l'un des stades mythiques du rugby français. Stade à l'anglaise avec des tribunes en bois inaugurées en à la fin de la l'âge d'or du tourisme climatique qui a marqué la ville, la Croix du Prince était réputé pour la ferveur et la proximité des supporters.
Propriété de la Section paloise jusqu'en , la Croix du Prince est depuis un stade centenaire amputé de ses tribunes, même s'il continue d'accueillir des matchs de jeunes.
En raison des exigences de sécurité et des difficultés financières, la Section paloise a déménagé au Stade du Hameau, devenant locataire dans les années 1990. La Section doit alors se résoudre à quitter son antre historique pour devenir locataire du Stade du Hameau, mis à sa disposition par la mairie. La Section est finalement contrainte de vendre la Croix du Prince à la mairie en 1993.
Le dernier match à la Croix du Prince devait initialement se jouer face au RC Toulon de Daniel Herrero, cependant la Section revint dans son antre le temps d'un match de barrage face au Stade montchaninois en . C'est dans ce stade que Denis Lalanne découvrit le rugby, qu’il surnommait la .
Histoire Du champ Bourda au champ de la Croix du Prince vignette|gauche|220px|Rencontre de Barrette en 1901 au champ Bourda La Section paloise commença son aventure sportive au champ Bourda, qui devint ensuite la Pelouse des Jeux ou Terrain de la Ligue Girondine dont la pelouse est inaugurée en 1906..
Le Champ Bourda était situé à l'emplacement de l'actuel Square Mazoyer, à l'ouest de la rue du XIV juillet, entre les rues de Jurançon et la rue de l’Abattoir, aujourd'hui rue du Colonel Gloxin et Amédée Roussille, qui était alors situées sur le territoire de la commune de Jurançon..
Les hivernants à la Belle Époque disputaient des parties de Polo à cet endroit dans les années 1890..
Vaste d'environ , le Champ Bourda était donc occupé par un terrain de barette et de rugby dans sa partie supérieure. S'y disputait également les lendits scolaires du docteur Tissié.. vignette|Plan de Pau et ses environs en 1929, avec le Champ Bourda sur la Rive Gauche du gave|gauche La Section y disputait des parties de barrette, face au rival local du Sport Athlétique Béarnais, au Ceste Tarbais ou à la Section Dacquoise....
De là, on voyait le château de Pau et son parc ; au sud, il y avait un chalet avec une tourelle et des arbres ; à l’ouest, l’abattoir et la savonnerie Roussille.
La Section dispute ses premiers matches de Football-Rugby au Champ Bourda au début des années 1900... Une rivalité sportive s'était développée avec Bergerac... En effet, le Stadoceste tarbais est perçu comme une équipe supérieure à celle de la Section.. Les affrontements entre périgourdins et palois attirent les foules, et se rendent régulièrement aux matches au champ Bourda..
Les installations étaient cependant très sommaires, le hall d'entrée était une baraque en planche et le guichet servait de vestiaires. C'est à la borne-fontaine de la rue adjacente que les joueurs et pratiquants de polo à cheval, militaires de la garnison ainsi que les enfants des écoles se lavaient, à la vue de tous. La construction d'un stade situé au carrefour de la Croix du Prince, est un véritable soulagement.Ainsi, au cours de la saison 1908, la Section invaincue pour le moment reçoit ses rivaux pour un des matchs les plus remarquables de l'époque ; le match se termine par un nul parfait, un essai partout.
Le , la Section paloise athlétisme inaugure son terrain d'athlétisme au Champ Bourda..
Le dernier match de la Section au Champ Bourda fut, en 1910, un derby Section paloise - Stadosceste tarbais.
Inauguration le 16 octobre 1910 gauche|vignette|Inauguration du Stade de la Croix du Prince le 5 , à l'occasion d'une rencontre contre Périgueux que les Verts et Blancs remportent 35 à 6.. Quelques centaines de mètres plus au sud, la Section paloise inaugure le le stade la Croix du Prince, à l'occasion d'une rencontre face à Bergerac devant plus de .. La Section emporte la partie 13 à 0... Tout se termina par un plantureux banquet à la Maison Dorée, rue Latapie.
Des tribunes sont installées dans ce nouveau stade, œuvre de l'architecte Jules-Antoine Noutary. Toutefois, lors de l'inauguration officielle du stade, les tribunes n'étaient pas terminées.
Une fois les travaux achevés, le stade de la Croix du Prince se forge une réputation de stade le plus confortable du Béarn.
Le quotidien local Le Patriote déclare alors « La Section a obtenu hier le plus beau succès de sa carrière... Et nous devons applaudir sans réserves à ce succès »Un siècle en vert et blanc, page 126.
Arès l'inauguration de la Croix du Price, le Champ Bourda est utilisé principalement par les Coquelicots de Pau du lycée Louis-Barthou..
Construction des tribunes en 1913 Les performances de la Section paloise attirent un public toujours croissant à la Croix du Prince, qui est de plus bien desservie par le Tramway de Pau.. En conséquence, la Section paloise envisage l'aménagement de son terrain de jeu..
En 1913, l'assemblée générale de la Section paloise valide le lancement d'un emprunt afin de construire de nouvelles tribunes, encore plus spacieuses et plus confortables. Deux-cent-cinquante bons de sont émis, porteurs d'un intérêt de 3 % 1 an. Ces bons, dont la date extrême de remboursement est fixée à 1928, époque à laquelle expirent les baux des terrains de la Section, sont amortissables annuellement par voie de tirage au sort.. En moins d'une semaine, ont été sécurisés..
Les travaux sont menés durant l'été 1913.. L'entreprise Lalaserre a été déclarée adjudicatrice et s'engage à achever les travaux avant le . La partie métallique des travaux est confiée au constructeur Etcheberry, alors que l'architecte est Jules-Antoine Noutary, architecte palois le plus en vue..
L'inauguration a lieu le lors de la rencontre face au CA Périgueux, dans un stade métamorphosé.. Les Verts et Blancs remportent 35 à 6...
Le , est l'une des premières grandes dates de l'histoire paloise. Ce jour-là les Palois mettent en échec le rival et Champion de France Bayonnais par 10 à 0, devant une affluence record de .. Les journaux locaux rapportent alors que « la Section paloise n'était jusque-là pas estimée à sa juste valeur ».
Gaston Benac, décrit le ground béarnais en ces termes pour le compte du journal l'Aero:Indiquons tout d'abord qu'elle se disputa sur le nouveau ground de la Section paloise, à la Croix-du-Prince, en plein ancien faubourg et à dix minutes du centre de la ville, en usant des tramways électriques, qui s'arrêtent à la porte du terrain.
Ce dernier n'est pas très spacieux, mais il est coquet et parfaitement aménagé. De vastes tribunes couvertes, où toutes les places sont numérotées, peuvent contenir mille personnes ; des gradins en prolongement permettent de caser de nombreux spectateurs voulant se payer des places moyennes ; enfin un hall recouvrant un sol en amphithéâtre abrite le public des populaires. Huit ou dix mille personnes peuvent prendre place autour du ground et ne perdre aucune phase du jeu.
Les vestiaires et la salle de douches sont également très bien aménagés.
Les dirigeants de la Section paloise ont fait un très bel effort, qui mérite de rencontrer le succès.
Dimanche, malgré la pluie fine et froide qui ne cessa de tomber tout l'après-midi, les différentes enceintes étaient combles une demi-heure avant le match. Huit mille spectateurs s'étageaient autour des touches : Basques, Béarnais, Landais, chantant à plein gosier les refrains de leur pays. Très curieuse était cette foule d'afficionados du rugby ; enthousiaste, bruyante, mais gaie, bon enfant même dans sa colère, lorsqu'elle voyait par exemple son favori menacé. Mais quelles acclamations, à chaque geste vraiment offensif d'un athlète du club préféré : c'était alors un roulement d'applaudissements, de trépignements, de clameurs.
Les deux équipes, sans posséder, loin de là, la même manière, ont certains points do commun dans leur jeu. On sent que les deux équipes sont composées d'hommes de même race, basque et béarnaise, à quantité à peu près égale des deux côtés, Indiquons ensuite que le match fut très courtois, quoique assez dur, qu'on n'eut à déplorer aucune brutalité, qu'il commença à l'heure indiquée, et qu'il fut arbitré d'une façon magistrale par un tout jeune arbitre biarrot, M. Dussaul.Au cours de cette saison 1913-1914, le stade de la Croix du Prince voit se presser en , dont un derby face aux champions de France de l'Aviron bayonnais et des matches face au Stade toulousain, Stade bordelais, Stade nantais, Stade français, le Stadoceste tarbais, Club athlétique périgourdin, Bordeaux Étudiants Club, Vaugirard, UA libournaise, la Section bordelaise, Agen et Rochefort..
Les Palois affrontent également une équipe anglaise, une sélection du Comté de Surrey dans un stade de la Croix du Prince comble, accueillant ..
Par ailleurs, le stade accueille un match de sélection UFSA entre une équipe du Sud et une équipe de Probables le .. alt=Rencontre entre deux sélections de joueurs de l'équipe de France de rugby à XV (Probables vs Sud) (Stade de la Croix du Prince 07-12-1913)|centré|vignette|500x500px|Rencontre entre deux sélections de joueurs de l'équipe de France de rugby à XV (Probables vs Sud) (Stade de la Croix du Prince 07-12-1913)À l'occasion de ce match de sélection de l'équipe de France, Sud contre Probables, le journal L'Auto écrit que les tribunes de la Croix du Prince pourraient servir de modèles à d'autres clubs. En effet, les tribunes, les vestiaires et l'accès au stade par la ligne 1 (Boulevard Guillemin - Croix du Prince) du Tramway de Pau en font un modèle.. L'ancien sectionniste Hélier Tilh est de retour le temps d'un match à la Croix du Prince pour affronter Victor Bernicha, Paul Lamouret Maurice Tournier et Gilbert Pierrot..
Jean Caujolle doit abandonner la partie, car non remis d'une blessure contractée. Les Parisiens Jacques Dedet et Jean-Marie Arnal, ainsi que les Toulousains Philippe Struxiano, Clovis Bioussa et Pierre Mounicq déclarent forfait la veille, modifiant ainsi les équipes annoncées dans la presse..
L'équipe du Sud, fortement marquée Section paloise, s'impose face aux Probables devant ..
Les All Blacks à Croix du Prince alt=Le capitaine James Ryan reçoit la Kings Cup des mains de George V.|vignette|Le capitaine James Ryan, vainqueur de l'Imperial Trophy, premier trophée international de l'histoire du Rugby à XV, reçoit la Kings Cup des mains de George V. Le , le stade de la Croix du Prince, enceinte la plus emblématique du rugby des Pays de l'Adour, est retenu par la FFR pour l'organisation d'un match face aux redoutables All Blacks () composée de militaires en service en Europe durant la Première Guerre mondiale en tournée en Europe. Cette , restera dans l'histoire comme les vainqueurs de la première compétition de rugby à XV reconnue de l'histoire de ce sport : l'Imperial Trophy. Cette compétition est souvent considérée comme une Coupe du Monde avant l'heure..
Les joueurs stars des All Blacks sont Jim Ryan (James Ryan) et Will Fea (William Fea)..
Cette équipe dispute un total de trois matchs en France : un face à l'équipe de France de rugby à XV au Stade de Colombes, puis deux autres face à des sélections régionales à Toulouse et à Pau.
Ainsi, une sélection régionale essentiellement gasconne, que le journal parisien L'Auto qualifie de « méridionale », composée de joueurs béarnais, basques, bigourdans, landais, toulousains et bordelais est mise en place. L'équipe méridionale comprend les révélations de la saison 1918-1919, François Borde, Mandret, Saubion, Lamarche, Artigue, encadrés de joueurs confirmés tel que la légende sectionniste Gilbert Pierrot, voire Loubatié, Lamouretou ou encore Vogt.