L'Afrique subsaharienne ou simplement la Subsaharie est l'étendue du continent africain au sud du Sahara, séparée écologiquement des pays du Nord par le climat rude du plus vaste désert chaud du monde. Elle est parfois nommée Afrique noire, mais le terme est discuté et reste ancré dans l'idéologie coloniale, voire raciste.

Elle abrite quarante-huit États, dont les frontières sont issues de la décolonisation.

C'est le lieu de naissance de l'« Homme moderne », Homo sapiens.

Ses climats se distinguent par les variations pluviométriques annuelles plutôt que par les variations des températures. C'est une zone très riche sur le plan de la biodiversité quoique vulnérable au dérèglement climatique.

L'Afrique subsaharienne est la partie de la planète la plus dynamique en matière démographique, mais les problèmes sanitaires et d'éducation sont les plus préoccupants au niveau mondial. Le sous-continent est la zone la moins développée sur le plan économique.

Terminologie

L'Afrique subsaharienne a, dans le passé été appelée « Afrique noire » notamment par les Européens et les Arabes, car peuplée de personnes à la peau noire, mais cette terminologie est essentiellement idéologique..

L'étude géographique de l'Afrique remonte aux Grecs, mais en matière historique et géographique. Ainsi, on trouve, chez Léon l'Africain, dans son ouvrage Description de l'Afrique (vers 1550), un découpage géographique qui mentionne une « terre des Noirs » qui correspond à peu près au bilād al-Sūdān (« pays des Noirs ») des récits arabes antérieurs. qui a donné le terme pour désigner la région du Soudan des récits arabes antérieurs, et au « premier climat » d'Al Idrissi. Ces divisions relèvent d'une différenciation culturelle ; le bilād al-Sūdān désigne le sud des terres islamisées, et non pas une réalité géographique intangible et objectivable par des fleuves ou des reliefs. De manière similaire, les géographes arabes nomment « Côte des Noirs » (latinisé en Zanguebar au ) la partie du littoral oriental de l'Afrique correspondant à la côte swahilie, une zone d'influence culturelle arabe en terre « bantoue »...

Les Européens avaient aussi utilisé ce type de terminologie ; ainsi les Portugais, qui explorent les côtes ouest-africaines au , et dont les récits parlent des Mouros Negros (littéralement « Maures noirs ») pour désigner les populations noires sous la tutelle des Maures (autre appellation historique des Maghrébins), ou plus simplement des Negros et de la Guinéu (Guinée), le « pays des Noirs ». La distinction est, là encore, idéologique, les Mouros, musulmans, sont distingués des chrétiens et les Negros, des Blancs..

Concernant les premiers géographes, Différemment, au . et plus fortement encore aux , pour les chrétiens, les juifs et les musulmans, la connotation du terme devient clairement péjorative. La malédiction de Cham sert à justifier l'esclavage puis la discrimination, accompagnée du « racisme scientifique » qui naît au ..

Actuellement, une distinction perdure, sur des bases économiques, entre les pays des rives méditerranéennes de l'Afrique et le reste du continent.. L'ONU définit des terminologies. et la Banque mondiale, par exemple, utilise un agrégat statistique qui regroupe l'Afrique du Nord avec le Moyen-Orient et distingue le reste du continent sous l'appellation d'Afrique subsaharienne.. Dans le même temps, certains ouvrages académiques en langue française continuent, au début du , à évoquer la et à employer le terme d'Afrique noire tandis que des essayistes, historiens… y compris Africains, l'utilisent aussi à la suite de Joseph Ki-Zerbo (Histoire de l'Afrique noire, Hatier, 1972) et d'Elikia M'Bokolo (Afrique noire. Histoire et civilisation, Hatier, 1992)...

Histoire Apparition dHomo

L'Afrique subsaharienne est le berceau de l'humanité, où est né Homo sapiens, l'homme actuel, qui a colonisé tous les continents....

Les variations climatiques, fondamentales quant à la taille du désert saharien et donc quant à l'existence même de la notion d'Afrique subsaharienne, influent aussi sur l'histoire évolutive animale, végétale et humaine du continent :

Les premiers représentants du genre Homo apparaissent il y a environ , voire ., en Afrique orientale et australe, avec Homo habilis et Homo rudolfensis. Succédant à Homo habilis, Homo erectus, apparu il y a ., est le protagoniste de la première « sortie d'Afrique » : .

L'« homme anatomiquement moderne », Homo sapiens, apparaît il y a environ . ; il sort à son tour du continent pour la première fois il y a environ ..., peut-être à l'occasion d'un épisode de « Sahara vert »., puis en plusieurs vagues par la suite ; Homo sapiens finira par remplacer « toutes les autres humanités » à la surface de la planète.

Préhistoire

La périodisation de la préhistoire africaine par les anglo-saxons est fondée sur une tripartition, tandis que les francophones utilisent un système plus détaillé, non limité à l'Afrique...

Périodisation anglo-saxonne Correspondance (approximative) Early Stone Age (ESA) Paléolithique archaïquePaléolithique inférieur Middle Stone Age (MSA) Paléolithique moyen Later Stone Age (LSA) Paléolithique supérieurÉpipaléolithiqueMésolithiqueNéolithique

Berceau de l'humanité, le sous-continent recèle les traces les plus anciennes de l'homme et de ses ancêtres, et il est le plus riche de la planète en matière de sites préhistoriques, grottes et abris sous roche, avec localisations.

C'est là qu'on trouve les outils les plus anciens qu'on connaisse, dont certains remonteraient aux pré-humains avec le lomekwien, qui tire son nom du site de la formation du Nachukui à l’ouest du lac Turkana dans le nord du Kenya, daté de avant le présent.... La première industrie lithique humaine, attribuée à Homo habilis, longtemps considérée comme la plus ancienne avant la découverte de en 2011-2012, est l'Oldowayen, industrie des galets aménagés, qui tire son nom des gorges d'Olduvai en Tanzanie ; elle couvre la période de avant le présent...

De la même manière, , elle est le lieu où se trouvent les premières manifestations connues de la pensée symbolique sous forme artistique, vers pour la grotte de Blombos en Afrique du Sud., et, hors Afrique subsaharienne, vers pour celle de Taforalt dans l'actuel Maroc....

Enfin, une « révolution culturelle » essentielle se serait produite en Afrique subsaharienne. Il y a environ . à , Homo sapiens aurait acquis un ensemble de compétences intellectuelles et sociales, déterminant la « modernité comportementale ». Cette révolution expliquerait le succès de son expansion hors du continent, notamment la colonisation de l'Eurasie. lors de la vague majeure d'il y a :

Néolithisation

L'Afrique subsaharienne a . En effet, à Ounjougou, au Mali, on a retrouvé de la céramique utilitaire datant du , .

Ces éléments dessinent le contexte culturel et écologique de la néolithisation, un processus qui s'étend de 10000 à Cette néolithisation africaine est très différente de celle de l'Europe et du Proche-Orient. Le modèle proche-oriental (société sédentaire possédant élevage, agriculture et poterie), qui sert de référence, ne peut être transposé directement au continent africain. La densité de population, les ressources animales et en eau procurent à l'Afrique de l'époque une disponibilité alimentaire qui la met à l'abri des conditions qui amènent les Hommes du Néolithique du Moyen-Orient à pratiquer une « agriculture de soutien démographique ». Il n'est pas nécessaire de « dompter la nature » par l'agriculture, ce qui est, à l'inverse, à la base de l'économie européenne où s'est diffusé le modèle néolithique du Levant. Ainsi la céramique ancienne d'Afrique, précédant largement l'agriculture., peut-elle être considérée comme une « proto-néolithisation » précoce si l'on prend en considération la division sociale du travail et les tendances à la sédentarisation qu'elle suppose, même en l'absence de domestication animale attestée. De même, pour certains endroits de la zone saharienne, on peut parler d'un Néolithique caractérisé par la sédentarisation et l’élevage bien avant que l’on puisse parler d’une agriculture au sens européen.

L'agriculture, quant à elle, apparaît, là encore selon un processus multipolaire, vers .. Il s'agit d'abord d'une adoption via l'Égypte de plantes venant du sud-ouest asiatique. L'expansion du complexe agricole moyen-oriental, à base de blé/orge/lentille/chèvre/mouton suit le modèle diffusionniste. Ensuite, au sud du Sahara, vers 2000 ou , il s’agit d'une agriculture autochtone avec la domestication du mil, du riz africain, de l'igname et du sorgho. Elle est, comme la domestication animale, pluri-localisée à des espaces compartimentés par leurs caractéristiques phyto-géographiques. La diffusion agricole selon un axe nord-sud est beaucoup plus difficile que la diffusion d'ouest en est, car elle oblige à franchir des ceintures bio-géographiques aux climats extrêmement différents.

Les attributs de la néolithisation, agriculture, élevage, poterie et sédentarisation sont donc, sur le continent, répartis dans plusieurs sous-groupes plutôt que d'être présents simultanément au sein d'une même population. L'atypisme africain est tel que, en ce qui concerne l'Afrique australe, la persistance du mode de vie des San et des Khoïkhoï amena même certains à penser que le Néolithique n'était pas advenu dans cette région. En définitive,

Élevage et agriculture Entre 17000 et , une longue période sèche et froide confine les populations au littoral méditerranéen et atlantique, à la vallée du Nil et aux zones où subsistent des vestiges forestiers, au sud-ouest de l'actuel Cameroun. Au début de l'holocène, vers , retour à une période humide en Afrique., on assiste à une recolonisation biologique et humaine du continent. Sur la côte méditerranéenne, dans la vallée du Nil et au Sahara central, on voit apparaître, vers 10500 à , chez des populations de chasseurs-cueilleurs, la poterie. Par ailleurs, sur le site du Tadrart Acacus, des traces de la domestication du Mouflon à manchettes sont attestées vers 9500-, mais cela reste, semble-t-il, sans lendemains. Vers 8000-, sur le site de Nabta Playa, on trouve des traces de culture du sorgho sauvage. Au Sahara occidental, vers , commence la domestication des bovins locaux (Bos primigenius mauritanicus).. Des espèces en provenance de l'ouest asiatique, telles que le zébu, Bos indicus, arrivent un peu plus tard, en provenance de l'Inde ; elles se croiseront avec les bovins locaux. Vers , sans doute à l'occasion de migrations venues du Proche-Orient, l'Égypte (Fayoum et Mérimdé) accueille des plantes et des animaux domestiques venus d'Asie occidentale. Cette culture céréalière d'origine ouest-asiatique progresse ensuite vers le sud en suivant la vallée du Nil aux alentours de 5000-

Il existe un foyer local d'agriculture en Éthiopie, où sont cultivées des espèces inconnues ailleurs y compris à l'époque actuelle (ensete, noog, teff, khât…), avec une notable exception : le café, qui a connu une expansion mondiale pour sa consommation comme pour sa culture.. Le début de cette domestication n'est pas daté précisément mais remonte probablement à avant le

Vers 3000 ou , le complexe agricole subsaharien voit se développer en Afrique centrale et de l'ouest la culture des panicoïdes (sorgho, mil), celle du riz (l'espèce africaine est distincte du riz asiatique.) et celle des haricots Vigna unguiculata.

Histoire climatique du Sahara