Altice France, initialement Numericable-SFR puis SFR Group, est un groupe franco-luxembourgeois de télécoms et de médias français. Ce groupe est notamment issu de la fusion entre SFR et Numericable réalisée en , puis au rachat du groupe NextRadioTV en 2016. Le nouvel ensemble appelé SFR Group est créé en .
À partir de 2018, SFR Group adopte la dénomination Altice France. L'entreprise est détenue à 55 % par l'homme d'affaires Patrick Drahi, à travers Altice Group Lux Sàrl et sa holding personnelle Next Luxembourg. Altice France contrôle l'opérateur SFR, la chaîne RMC Sport et XpFibre.
Historique Pour l'historique des deux marques avant la fusion :
Rachat de SFR par Numericable (2014-2015) Le , le conseil de surveillance du groupe Vivendi (contrôlé par le groupe Bolloré) entre en négociations exclusives avec Altice (Numericable), dirigé par Patrick Drahi, pour la vente de l'opérateur SFR. Altice propose 11,75 milliards d’euros pour le rachat et de confier 32 % du capital du nouvel ensemble à Vivendi. Le groupe Bouygues, dirigé par Martin Bouygues, est alors en concurrence avec Altice pour le rachat de l'entreprise : Altice dépasse l'offre de Bouygues, qui proposait 11,3 milliards d’euros et une participation de 43 % dans la nouvelle entité. Une semaine plus tard, Bouygues réévalue son offre à 13,15 milliards d'euros. Le , Vivendi annonce avoir choisi Altice pour la vente de SFR contre 13,36 milliards d'euros, tandis que Vivendi garde 20% des parts. L'opération porte la valorisation de SFR à 15,5 milliards d'euros.
Patrick Drahi s'est notamment engagé auprès de l'État à ce qu'il n'y ait pas de licenciement dans les trois années à suivre. Le choix est aussi motivé sur les critères suivants : la qualité du projet industriel ; la pérennité de l’emploi ; les risques les moins élevés de concurrence interne ; la valorisation totale la plus élevée pour Vivendi. Les deux projets principaux de rachat se différencient sur plusieurs points : Numericable présente son offre comme un projet de croissance et d'investissement.
Après l'accord de l'Autorité de la concurrence survenu fin octobre 2014, les deux sociétés (Numericable et SFR) fusionnent fin 2014. L'Autorité de la concurrence avait au préalable plusieurs conditions et obligations, comme la vente du réseau d'accès de Completel, l'ouverture du réseau câblé de Numericable ou encore la cession des activités mobiles d'Outremer Telecom dans l'océan Indien.
Au moment de la fusion, le groupe affiche une dette de 11,7 milliards d'euros. Le , Vivendi annonce vendre ses 20 % de parts restantes à Altice dans le cadre de la fusion entre SFR et Numericable pour un montant de d'euros.
Le , une grève au siège de Numericable-SFR due à des projets de délocalisation démontre la dégradation de l'ambiance interne de la société et entraîne notamment des difficultés d'accès à leur messagerie pour les abonnés. En , SFR et Numericable sont désignés comme étant les plus mauvais payeurs de France.
En , l'activité entreprises (Telindus France, Completel mais aussi la division en provenance de SFR (ex-Neuf Cegetel)) de Numericable-SFR prend le nom de SFR Business.
En , Numericable-SFR rachète les 33 % de Numergy détenus par la Caisse des dépôts et les 20 % détenus par Atos.
Stratégie convergence et acquisition d'entreprises (2016-2017) Fin , la marque et le logo Numericable disparaissent du site institutionnel au profit de SFR, dont l'adresse Web devient « www.sfr.com »..
Fin , le groupe, présidé depuis lors par Michel Combes, annonce une nouvelle organisation avec trois pôles : les parties médias (SFR Média) et régie publicitaire (SFR Publicité), dirigées par Alain Weill, et la branche télécoms (SFR Télécom), pilotée par Michel Paulin..
À la suite de la disparition de la marque commerciale Numericable, le groupe annonce que Numericable-SFR devient « SFR Group ».. Ce dernier rachète auprès d'Altice, son actionnaire principal, 49 % de NextRadioTV et les activités d'Altice Media Group France pour environ d'euros. Le groupe tente ainsi une stratégie de convergence entre télécoms et médias, déclinée en quatre thèmes : la presse (SFR Presse), l'information (SFR News), le sport (SFR Sport) et le divertissement (SFR Play).. Le , le groupe SFR annonce avoir finalisé l'acquisition d'Altice Media Group France et, le , la reprise par SFR de la participation d'Altice dans NextRadioTV est finalisée.. Le , SFR Group annonce un accord de distribution avec la chaîne sportive qatarie beIN Sports. Il est désormais possible d'avoir accès à beIN Sports via les offres Fixe THD Power de SFR..
Le , Altice annonce son intention d'acquérir les parts qu'elle ne détient pas dans SFR Group, soit 22,25 %, avec une offre publique d'échange volontaire de 8 nouvelles actions ordinaires Altice NV de catégorie A, pour 5 actions SFR Group apportées.. En , l'Autorité des marchés financiers s'oppose à cette opération..
En , le groupe passe des accords de diffusion exclusifs avec les groupes Discovery et NBCUniversal.
En , SFR annonce sa volonté d'acquérir 100 % du groupe News Participations et de NextRadioTV.. Le , l'Autorité de la concurrence autorise la prise de contrôle exclusif du groupe NextRadioTV par SFR Group.. Le , le CSA autorise lui aussi, sous conditions, cette prise de contrôle..
Le , SFR Group publie des résultats annuels pour l'année 2016 en baisse malgré une remontée des ventes et des abonnés au quatrième trimestre 2016..
Le , le groupe Altice, maison mère de SFR Group, annonce la volonté de changement de nom de toutes les filiales télécoms du groupe en Altice. L'objectif pour Altice consiste à remplacer les marques historiques régionales du groupe comme Portugal Telecom, Optimum et Suddenlink. par une unique marque internationale et d'en refacturer l'utilisation aux filiales nationales, dont SFR. Concernant le remplacement de la marque SFR par Altice, le changement effectif initialement prévu pour . n'a finalement pas lieuSFR vous offre le meilleur consulté en mai 2020.
Limites du modèle stratégique et financier Le modèle financier développé pour l'acquisition de SFR avec achat à crédit financé par de la dette est renouvelé à chaque opération de croissance externe. En quelques années, Patrick Drahi accumule un montant de dettes colossal de plus de 60 milliards d'euros, dont 24 milliards pour la partie française et, dès 2015, un journaliste spécialisé de la revue Alternatives économiques pose le principe de la bulle financière pouvant affecter l'empire Drahi. L'échafaudage résultant de financements en LBO fonctionne tant que les taux d'intérêts sont bas, que la rentabilité des entreprises rachetées est supérieure à la charge de la dette, que les résultats commerciaux sont conformes au plan d'affaires promu auprès des actionnaires ou investisseurs et que les milieux financiers font confiance à Patrick Drahi pour le refinancement de sa dette.
Toutefois, en 2022, un événement fait chuter l'échafaudage : la remontée des taux décidée par les banques centrales. Les taux moyens exploités pour le groupe Altice s'élèvent dès lors à 10 %. Dans le même temps face à la concurrence, la fuite des abonnés fait baisser la rentabilité des entreprises du groupe.
Le résultat accuse un effet de ciseaux selon lequel les intérêts de la dette vont dépasser les revenus, si la baisse des revenus se poursuit. Le groupe se retrouve avec des échéances de dette à rembourser considérables durant les années 2020 et subit un taux de refinancement de la dette prohibitif : l'agence de notation Moody's classe la dette d'Altice groupe « Caa2 » en mars 2024, soit dans la catégorie ultra-spéculatif.
Afin de sauver son groupe, Patrick Drahi est contraint de céder des actifs à hauteur de près de 10 milliards d'euros puis il tente de négocier en 2024 avec les créanciers, l'abandon d'une partie de leur dette, soit environ 20 %, afin de ramener le ratio volume de dettes sur excédent brut d'exploitation aux environs de 4 contre 6 en 2024, avant application de la nouvelle stratégie.
Réorganisation à la suite de difficultés (2017-2022) Le , Patrick Drahi met en place une nouvelle gouvernance, avec à sa tête Alain Weill comme PDG. Il a pour objectif de , à la suite des difficultés rencontrées par le groupe.
Concernant le marché d'internet à haut débit, Patrick Drahi a acquis la quasi-totalité des câblo-opérateurs pour des coûts compétitifs entre 1990 et 2006 issus principalement du « Plan Cable » gouvernemental lancé et subventionné par le ministère des Télécommunications de l'époque, devenant ainsi le leader français du câble. En marge de l'opérateur historique France Télécom, fournisseur principalement de téléphonie filaire et d'accès xDSL, ne lui permet toutefois pas d'intervenir comme acteur majeur du plan THD ; ainsi, il a espéré obtenir de l'ARCEP plus des 20 % des zones AMII, alors que l'opérateur historique en a obtenu jusqu'à 80 %.
En , avec l'annonce de scission d'Altice, la nouvelle société rebaptisée Altice Europe se compose d'Altice France SFR Group, Altice International pour les actifs à l'étranger et Altice Pay TV. Cette dernière entreprise de télévision payante détient notamment les droits de diffusion acquis par SFR, ainsi que ses chaînes payantes, et est chargée de revendre l'accès à ses chaînes aux différents opérateurs. SFR devient donc le principal client de Altice Pay TV et réalise ainsi artificiellement une économie de d’euros.. Altice France verse d'euros à Altice International pour l'acquisition des filiales dans les territoires d'outre-mer français et le transfert d'Altice Technical Services France ainsi que les services de support technique d'Intelcia.
Le , SFR Group est renommé Altice France Altice N.V. – FY 2017 and Q4 2017 Pro Forma Results , sur altice.net, 15 mars 2018..
Le , le CSA autorise la prise de contrôle de NextRadioTV par Altice France, lui permettant de devenir le premier acteur de la convergence télécoms-médias en France. Le , l'ensemble du groupe NextRadioTV annonce déménager à l'automne pour rejoindre le groupe Altice-SFR dans un ensemble immobilier à Paris..
Le , Altice France annonce l'acquisition de la chaîne locale lyonnaise TLM. Elle adopte le nom de BFM Lyon et rejoint BFM Paris dans le bouquet de chaînes locales d'information du groupe..
Le , Altice Europe annonce qu'Altice France a conclu un accord exclusif pour vendre 49,99 % du capital de SFR FTTH, structure hébergeant les actifs du réseau fibre de SFR hors des grandes villes, à un groupe d'investisseurs composé d'Allianz Capital Partners, Axa Investment Managers Real Assets et Omers Infrastructure pour d'euros. Le groupe entend ainsi valoriser SFR FTTH à environ d'euros, tout en restant propriétaire à 100 % de son réseau câblé comprenant encore neuf millions de prises à cette période ainsi que de ses de prises fibre, en zone très dense. Cet accord entre dans la stratégie de désendettement souhaité par Altice Europe et est censé lui permettre quelques économies, car SFR FTTH ne doit comprendre qu'un million de prises de fibre fin 2018 mais devra en construire autant chaque année, pour espérer atteindre cinq millions de prises fin 2022.
Courant 2019, Altice demande aux opérateurs de télévision de payer pour diffuser ses chaînes parmi lesquelles BFMTV, RMC Story ou RMC Découverte. Fin août, Free refuse et ne retransmet plus les chaînes du groupe dans son offre ; Orange adopte la même décision quelques jours plus tard. À la suite de ces réactions, Alain Weill choisit de ne rien facturer à Orange et à Free pour pouvoir proposer BFMTV, RMC Découverte et RMC Story à leurs abonnés. En revanche, les services de replay et de start-over de ces trois chaînes deviennent payants.