Wilhelm Maywald, dit Willy Maywald, né le à Clèves (Allemagne) et mort le dans le Acte de décès (avec date et lieu de décès) à Paris , n° 1147, vue 16/31., est un photographe allemand qui vécut et travailla à Paris dans le domaine de la mode et des portraits de personnalités.
Biographie Fils d'un hôtelier de Clèves, station thermale à proximité de la frontière avec les Pays-Bas, il va passer son enfance dans cet hôtel à la clientèle raffinée. En 1925, il entre à l'École des arts-décoratifs de Cologne. Ses passions sont la danse, le théâtre et le cinéma. En , il part s'inscrire à la Kunstschule de Westens à Berlin et occupe un poste d'assistant de régie dans le cinéma Deutsche biographie.
Inscrit à l'École d'art de Charlottenbourg où il apprend la photographie, il se rend la même année pour la première fois à Paris et y réalise quelques clichés. Rentré en Allemagne pour quelques mois, il revient à Paris au début des années 1930 et devient l'assistant du photographe russe Harry Meerson. Il loge alors dans un petit atelier au 172 rue de Vanves dans le . Il fréquente le quartier du Montparnasse où il habite. et a ses habitudes au café du Dôme, mais fréquente également la brasserie de La Rotonde. C'est de cette période que sont nés les liens d'amitié avec Maria Helena Vieira da Silva, Árpád Szenes, Hans Hartung, Anna-Eva Bergman, Leonor Fini, Marie Vassilieff, Lou Albert-Lasard, etc. Il photographie des artistes comme l'affichiste Cassandre, le coiffeur Antoine, mais également des personnalités scientifiques comme Frédéric Joliot-Curie. Il photographie les jardins de Claude Monet, et d'Auguste Renoir. Cette année-là, il rencontre aussi chez son patron la chanteuse Marianne Oswald, Jean-Pierre Aumont, Simone Simon.
Il rentre de ses vacances passées en en Allemagne, profondément attristé par l'ambiance antisémite et fasciste qu'il a rencontrée à Clèves, Cologne, Düsseldorf et Berlin. En 1934, il devient indépendant et ouvre son premier studio « May Va » au 12 rue Victor-Considérant à Paris. Il fait alors des reportages, des portraits et des photos de mode. Il travaillera pour Christian Dior, qu'il rencontre la première fois chez Robert Piguet répondant à une commande, puis une seconde au café du Dôme, en 1936. La même année, c'est lui qui découvre Lisa Fonssagrives, un des premiers top-model de l'histoire du mannequinat qui se mariera plus tard avec Irving Penn , avec laquelle il va beaucoup travailler. Il fait la connaissance de la photographe Florence Henri. Il réalise pour ses amis peintres des expositions de leurs œuvres dans ses ateliers et y reçoit les émigrés allemands et autrichiens fuyant le nazisme.
L'année 1937 le verra parcourir les chantiers de l'Exposition universelleWilly Maywald, le pari(s) de la création, musée Carnavalet, et la construction du palais de Chaillot, parmi les artistes exposés cette année-là dans ses studios on compte Otto Freundlich et sa compagne Jeanne Kosnick-Kloss. Alerté par les événements en Allemagne, il part en 1938 à Clèves et apprend que son père a été arrêté et interné dans un asile pour libéralisme et soutien de la cause des juifs. Il ne reverra jamais son père. De retour à Paris, il travaille pour des grands couturiers comme Jacques Heim, Lucien Lelong, Robert Piguet, Marcel Rochas, Elsa Schiaparelli et des magazines comme Vogue. Ses photos de jardins sont publiées dans la revue Verve. Il fait de nombreuses connaissances, dont son confrère Erwin Blumenfeld et Hans Weidt.
La Seconde Guerre mondiale Bien que vivant en France depuis de nombreuses années, il est considéré comme un ennemi par les autorités qui lui proposent en 1939, comme aux autres émigrés autrichiens et allemands, le choix entre s'engager dans la Légion étrangère ou se porter volontaire pour travailler dans l'agriculture. Son choix sera celui du travail de la terre. Il est donc envoyé dans un camp à Montargis, puis dans un autre près de Blois, et placé dans une fermeOffice français de protection des réfugiés et apatrides.. Sa sœur Hélène qui n'a pas quitté Paris est internée au camp de Rieucros, en Lozère.
Après bien des pérégrinations, il s'échappe, et trouve refuge chez des amis à Cagnes-sur-Mer. Dans l'attente d'un visa pour l'Amérique, il se lance dans la fabrication de souliers et accessoires en raphia. Son petit commerce fonctionne assez bien, soutenu par le « Varian Fry Rescue Committee » qui s'occupe des réfugiés. Sa production se vend sur toute la Côte d'Azur. Il finit cependant par gagner la Suisse en 1942 en compagnie d'une amie juive, Charlotte Hockenheimer. Il est accueilli à Winterthour en 1943 dans la famille d'un pasteur protestant, puis il reprend ses activités photographiques pour le spectacle.
Après la guerre De retour à Paris en 1946, il est hébergé chez Pierre Léauté, Il reprend ses activités photographiques en louant le premier étage d'une remise au 22 rue Jacob sans eau courante ni téléphone à l'antiquaire Comoglio. Puis il ouvre un deuxième studio, au rue de la Grande-Chaumière, dont il fera l'acquisition en 1949 et embauche Sabine Weber comme assistante. C'est une jeune photographe suisse qui deviendra célèbre sous son nom de femme mariée, Sabine Weiss. . Elle travaillera chez lui jusqu'en 1950. C'est par l'intermédiaire de Serge Guérin, modéliste de Lucien Lelong, qu'il entrera de nouveau en contact avec Christian Dior et fera les photos de sa première collection du Monovisions Willy Maywald.. Ses photos de mode paraissent dans L'Album du Figaro, Femina, Harper's Bazaar et Vogue. Le courant passe bien entre les deux hommes, ainsi qu'avec Yves Saint Laurent lorsqu'il prendra la direction artistique de la maison à la mort de Dior, en 1957. Il travaille également pour Pierre Balmain, Jacques Griffe, Jacques Heim, Jacques Fath, Jeanne Paquin Lfi, Berlin Willy Maywald., Gabrielle Chanel ou Schiaparelli.
Il ouvre sa propre galerie d'art dans les locaux de la rue de la Grande-Chaumière et y expose les œuvres de ses amis Arp, Bott, Heinrich Maria Davringhausen, , Marcelle Cahn, Karin van Leyden, Pierre Soulages, André Bloc , Francesco Marino Di Teana et bien d'autres. Son travail fait l'objet de publications dans de grandes revues comme Connaissance des arts, Réalités, Life, Maisons et Jardins ou Plaisir de France.
En 1968, il travaille pour Pierre Cardin, André Courrèges, Jean Dessès, Jeanne Lanvin, Jean Patou, Nina Ricci, lorsqu'il met fin à son travail de photographe de mode.
Jutta Niemann dit de lui : Entretien avec Jutta Niemann, Association Willy Maywald, commissaire invitée de l'exposition au musée Carnavalet en 2007. Dossier de Presse..
Sabine Weiss se souvient de lui comme .
Collections publiques, (liste non exhaustive) Paris, Musée Carnavalet Portrait d'Yves Klein avec une peinture monochrome dans l'atelier, 1956, Ann Arbor, Bibliothèque de l'Université du MichiganNotice sur le site quod.lib.umich.edu.. Association Willy Maywald à Maisons-Laffitte, créée en 1986.
Œuvres, (liste non exhaustive) 1931 : Notre-Dame de Paris, diverses rues de la capitale, bâtiments de l'Exposition coloniale, lors de son premier passage à Paris 1933 : Helba Huara, Toshi Komori, Indra 1934-1935 : Tatiana Barbakoff, dans une danse asiatique, Valeska Gert, Catherine Hessling 1937 : photos de la construction du Palais de Chaillot et des pavillons de l'Exposition universelle de 1937 1938 : Rudi Baerwind et son modèle à Montparnasse, Paris, musée Carnavalet 1939 : portraits de Frédéric Joliot-Curie 1946 : Photos de mode pour Christian Dior|la maison Dior ouvre en et les premiers modèles sont présentés en Musée Carnavalet : Texte de présentation de l'exposition Willy Maywald du 25 avril au 30 septembre 2007 1947 : photos de la collection de Christian Dior, portraits de Victor Brauner, Maurice Utrillo, Fernand Léger, Victor Vasarely 1948 : Portrait de Pablo Picasso et d'Henri Matisse dans le Midi 1949 : Portrait de Jean Cocteau 1949 : modèle de Jacques Heim, place de la Concorde 1949 : Tamara de Lempicka dans son atelier au 7 rue Méchain, Paris XIVe 1949 : Serge Poliakoff, Georges Braque, Chagall, Hans Arp, Joan Miró 1950 : Ossip Zadkine, Madeleine Renaud, Ava Gardner, Edwige Feuillère 1950 : Le Corbusier, Joseph Beuys, chez lui à Clèves Vers 1950 : André Lanskoy, dans son atelier Vers 1952 : Fernand Léger dans son atelier 86 rue Notre-Dame-des-Champs, Paris VIe Vers 1953 : Calder Vers 1953 : Arthur Adamov Vers 1954 : Hans Hartung Vers 1954 : Jean Arp Vers 1955 : Yves Klein, Bram van Velde, Alain Robbe-Grillet, Maria Casarès Vers 1955 : Gérard Philipe, Jean Marais, Chagall, Marcel Marceau
Filmographie 1955 : Accros, court-métrage, médaille de bronze au Festival du film amateur de Cannes 1957 : Nouveaux peintres de Montparnasse, court-métrage sur la vie d'artistes à Montparnasse, durée 10 minutes, en 35 mm couleur, avec Maria Helena Vieira da Silva, Árpád Szenes, Pierre Soulages, Francis Bott et le modèle Nico.
Publications 1949 : « Artistes chez eux », article dans le magazine L'Architecture d'aujourd'hui 1958 : Portrait + Atelier, Zürich, Die Arche. 1958 : Maillol, Paris, Éditions Dina Vierny. Les Éclats du miroir, autobiographie illustrée, Münich, Schimer Mosel, 1985 .
Expositions vignette|redresse| Affiche, exposition Willy Maywald, Dortmund 2016.
1934-1935 : exposition collective avec Dora Maar et Pierre Boucher, série de portraits dont celui de Tatiana Barbakoff 1939 : exposition de groupe à la galerie Berton rue Bonaparte, portraits d'artistes et photographies de mode 1949 : Galerie Maeght, Paris, « Les Artistes chez eux », photographies en grand format 1981 : exposition aux États-Unis en novembre-décembre, galerie Paul-Cava à Philadelphie, collaboration avec Jutta Niemann pour la diffusion de son travail sur place et à New York 1982 : galerie Mancini, Houston 1982 : galerie Neikrug, New York 1982 : exposition au Fashion Institute of Technology de New York, photographies de mode. Exposition organisée par Jutta Niemann - : Willy Maywald et la mode, exposition rétrospective, Musée de la mode et du costume - Palais Galliéra, Paris. 1986 : Portraits d'artistes, exposition à l'Institut Goethe à Paris 1995 : musée Kurhaus, Clèves 2003 : jusqu'au à la galerie du Passage, galerie Véro-Dodat, Paris . 2004 : musée Schloss Moyland, Bedburg 2004 : Lentos, Linz (Autriche) 2004 : Museu de Arte Metropolitano Curitiba (Brésil) 2005 : Hamburger Kunsthalle, Hambourg 2006 : Sylvain Di Maria Galerie, Paris 2006 : galerie Luhring Augustine, New York - : Willy Maywald : le pari(s) de la création, photographies 1931-1955, Musée Carnavalet, Paris.. 2007-2008 : Clèves, musée municipal Koekkoek-House BC Du au : « Le soigneur de gravité », exposition collective, Musée des arts contemporains du Grand-Hornu, Belgique - : « Willy Maywald. Art, culture et élégance », Mulhouse, musée de l'impression sur étoffesjds.fr - : « Willy Maywald, hommage aux chapeaux (1936-1968) », Chazelles-sur-Lyon, atelier musée du Chapeau à La Chapelleriemuseeduchapeau.comlyon.aujourdhui.fr - : Nice, Atelier Jean Renoir. - : Willy Maywald et Cagnes : au-delà des clichés, Château-Musée Grimaldi, Cagnes-sur-Mer .
Notes et références
Bibliographie Monographie
Patrick Brissard et Adolphe Stock, Biographie de Willy Maywald, manuscrit en français, version allemande sous le titre de Die Splitter des Spiegels, Münich, Schirmer/ Mosel, 1990. . . Camille Merklen, Rémi Parcollet et Didier Schulmann, Willy Maywald photographies de la scène artistique 1931-1970, Paris, Éditions École du Louvre, 2011, 3 vol.
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Articles Portrait et studio, Photos, Arp, Braque, Chagall, Le Corbusier, Laurens, Léger, Matisse, Miro, Picasso, Rouault, Utrillo, Villon, L'Arche, 1958, Zurich, DNB 453.277.969. , DNB 453.244.602. Bodo von Dewitz, « Maywald William », in New Biographie allemande, (NDB) volume 16, Duncker & Humblot, Berlin, 1990, , p.576 (numérisée) Photos du Bas-Rhin, Musée Municipal Haus Koekkoek, Clèves, 1992, DNB 941 313 867