Belvès est une ancienne commune française située dans le département de la Dordogne, en région Nouvelle-Aquitaine. De 1790 à 2015, la commune a été le chef-lieu d'un canton.
La commune est labellisée parmi les Les Plus Beaux Villages de France.
Au , elle fusionne avec Saint-Amand-de-Belvès pour former la commune nouvelle de Pays de Belvès.
Géographie Généralités vignette|gauche|600px|Vue panoramique sur la vallée de la Nauze.
Commune située dans le Périgord noir sur la Nauze.
Accès SNCF par la gare de Belvès et par la route départementale 710 (l'ancienne route nationale 710).
Dans la nuit du 22 au , le record de température nocturne pour la Dordogne a été atteint à Belvès, avec Benoît Lasserre, « Chaleur : records battus, décrue en vue », Sud Ouest édition Dordogne, 24 juillet 2019, ..
Communes limitrophes
En 2015, année précédant la création de la commune nouvelle de Pays de Belvès, Belvès était limitrophe de neuf autres communes.
Urbanisme Prévention des risques À l'intérieur du département de la Dordogne, un plan de prévention du risque inondation (PPRI) a été approuvé en 2011 pour la Dordogne amont incluant la Nauze et ses rives, donc la zone basse du territoire de BelvèsPPR inondation - 24DDT20090002 - Dordogne Amont, DREAL Aquitaine, consulté le 13 février 2019. Belvès - Plan de prévention du risque inondation , DREAL Aquitaine, consulté le 13 février 2019..
Villages, hameaux et lieux-dits Outre le territoire de Fongalop et le bourg de Belvès proprement dit, le territoire se compose d'autres villages ou hameaux, ainsi que de lieux-dits :
Les toponymes de l'ancienne commune associée de Fongalop sont listés dans l'article qui lui est dédié.
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Belves en 1095. Deux documents, respectivement de 1351 et 1372 donnent le nom latin de Bellovidere. En occitan, la commune porte le nom de Le nom occitan des communes du Périgord - Belvés sur le site du Conseil général de la Dordogne, consulté le ..
Il s'agit d'une formation toponymique médiévale composée des éléments bellu(m) « beau » et visu(m) « vue », d'où le sens global de « belle vue », formation comparable aux nombreux Bellevue modernes et au nom commun belvedere emprunté à l'italien au . Homonymie avec les nombreux Belvès-de-Castillon, Belvis, , Belvèze occitan. Cependant Ernest Nègre n'inclut pas les Belvès dans cette liste auxquels il ne donne par ailleurs aucune explicationErnest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne) .
Selon Albert Dauzat, visum est une mauvaise latinisation de videre (cf. belvedere ci-dessus), dont le composé Bellu(m) vider(e) a donné les Beauvezer, Betbezer occitans et en langue d’oïl.
Histoire Sources : Aperçu de l'histoire de BelvèsJean-Noël Biraben - Aperçu de l'histoire de Belvès - Syndicat d'initiative de Belvès - 1984 et Périgord NoirJean-Marie Grigné - Périgord Noir. Aspects historiques et géographiques d'une région - Éditions Delpeyrat - Sarlat - 1987 et dans les publications de la Société historique et archéologique du PérigordGuyenne : Société historique et archéologique de Paris. tome XXVIII - Albert Vigié - Histoire de la châtellenie.
Des Bellovaques aux Carolingiens ( - )
Le site de Belvès se situe sur le territoire de la civitas gauloise des Pétrocores. Les traces d'occupations gauloises sont ténues, essentiellement toponymiques et numismatiquesAbbé Audierne, « À Belvès », dans Bulletin monumental, 1839, tome 5, (lire en ligne), et suggèrent l'existence d'un oppidum proche, mais il n'y a aucune trace à Belvès-même d'une agglomération gauloise. Un type de drachme gauloise en argent, la monnaie répertoriée sous la référence S.213 et attribuée aux Pétrocores, est désignée sous le nom de "drachme du type de Belvès"une monnaie du type de Belvès. Il a été trouvé peu d'éléments archéologiques de l'époque gallo-romaine. L'église Saint-Victor de Sagelat est construite sur le site d'une villa gallo-romaine.
Les Wisigoths arrivent dans la région à partir de 416. Ils semblent avoir laissé leur nom au site de Pégaudou, Podium Gothorum. Après la bataille de Vouillé, en 507, les Francs de Clovis s'installent dans la région. C'est l'ermite saint Avit, vivant dans la forêt de la Bessède près de Saint-Avit-Sénieur, qui diffuse le christianisme dans la région, entre 530 et 570, et installe les premières paroisses.
En 768, le duc d'Aquitaine Waïfre, ou Gaiffier, pourchassé par Pépin le Bref, s'arrête près d'une fontaine qui prendra son nom en souvenir, Font-Gauffier, avant d'être assassiné par Waratton, le 2 juin 768.
C'est en 830 qu'apparaît Belvès dans les textes. Un monastère a été créé à Montcuq, quelques années plus tôt, le monasterium Belvacense. Ce monastère est détruit en 848 par les Vikings ou Normands. Reconstruit en 853, il est à nouveau détruit et les habitants doivent se réfugier dans la forêt de la Bessède où sont bâtis des donjons sur motte dont la mémoire est conservée dans la topographie.
Une ville propriété de l'archevêché de Bordeaux Village aux sept clochers, Belvès est un village fortifié (castrum) datant du . En 1095 est créée l'abbaye de Fongauffier. C'est probablement vers cette date que se construit le castrum de Belvès dont il reste la tour de l'Auditoire et une porte. La légende de la ville indique qu'il était partagé entre sept co-seigneurs, dont un Aymoin, ou Aymon.
C'est probablement au début du que l'archevêque de Bordeaux acquiert une partie de la co-seigneurie. En l'absence de documents sur cette acquisition, Albert Vigié propose de la placer à la suite de la croisade des albigeois. Guillaume Aymoin abandonne, en 1269, par testament sa part de la co-seigneurie à l'archevêque de Bordeaux. L'archevêque de Bordeaux est le seul seigneur temporel de Belvès en franc-alleu pendant plus de . Bien que Jean Tarde ait écrit que les terres de Bigarroque, Belvès et Montravel ont été achetées par l'archevêque de Bordeaux Arnaud IV de Canteloup, en 1307Chroniques de Jean Tarde, Édouard Féret, Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde, Féret et fils libraires-éditeurs, Bordeaux, 1889, tome 3, partie, Biographie, (lire en ligne), et unies à la mense épiscopale, il semble à la lecture du Cartulaire de Philiparie (1498) relatif aux droits de l'archevêque de Bordeaux dans les seigneuries de Belvès et Bigarroque, que ce soit l'archevêque de Bordeaux Bertrand de Got qui les ait achetées, son neveu Arnaud IV de Canteloup, archevêque de Bordeaux, ayant complété ces achats en 1307. En 1304, Bertrand de Got visite le Périgord. Il passe par Belvès où il reçoit les hommages de ses vassaux. Il est élu pape sous le nom de Clément V l'année suivante.mk
À partir de 1317, la paroisse de Belvès fait partie du diocèse de Sarlat. L'archevêque de Bordeaux, seigneur de Belvès, est le métropolitain de l'évêque de Sarlat. L'évêque de Sarlat s'est pourtant plaint de l'archevêque de Bordeaux auprès du pape Clément VII car il avait jugé dans des affaires pour lesquelles il n'était pas compétent. En 1437, le roi Charles VII interdit aux évêques de Périgueux et de Sarlat de suivre les ordres de l'archevêque de Bordeaux.
En 1319 est fondé le couvent des Dominicains dans le faubourg de la ville. La communauté de Belvès est représentée par quatre consuls et huit jurats. En 1470, l'archevêque de Bordeaux, Artus de Montauban, renégocie les termes des coutumes avec les habitants et les consuls de la ville.
Belvès pendant les conflits entre Plantagenêts et Capétiens () Après le mariage d'Henri Plantagenêt avec Aliénor d'Aquitaine en 1152, l'Aquitaine est placée sous la suzeraineté des Plantagenêts, notamment rois d'Angleterre. Les Cathares s'installent dans la région. Pour les chasser, Simon de Montfort et l'archevêque de Bordeaux interviennent en 1212 et 1214. Une garnison anglaise s'installe à Belvès en 1242. La ville est reprise par le roi de France mais abandonnée par Louis IX. Le traité de Paris de 1259 fait passer le sud du Périgord sous suzeraineté anglaise. Philippe le Bel reprend Belvès en 1295 puis l'abandonne. Les troupes anglaises du comte de Derby occupent Belvès en 1345. La peste frappe la région en 1348. La défaite de Jean II le Bon à la bataille de Poitiers et le traité de Brétigny en 1360 font passer le Périgord dans la mouvance du roi d'Angleterre.
Le roi d'Angleterre confie le gouvernement de ses terres en Aquitaine au Prince Noir. Ses chevauchées certes marquent les esprits mais coûtent cher. En 1367, il convoque les trois États à Angoulême. Ils votent un impôt en 1368 qui n'est pas accepté par le comte d'Armagnac qui en appelle au roi Charles V. La population se soulève. En 1369, Belvès expulse la garnison anglaise et rejoint le soulèvement. Le frère du roi, Louis d'Anjou, prend la tête des troupes et reconquiert les terres cédées au traité de Brétigny entre 1369 et 1372.
En 1412, les Armagnacs signent un traité avec le roi d'Angleterre, Henry V, lui cédant le Périgord. Apparemment une garnison anglaise se trouve déjà à Belvès en 1409, peut-être dès 1405. Les seigneurs locaux profitent de la confusion et changent de parti au gré de leurs intérêts, semant terreur et dévastation. Domme est prise par les Anglais en 1417. Bergerac tombe aux mains des Anglais en 1424.
C'est la mission de Jeanne d'Arc qui fait renaître l'espoir. Le 13 décembre 1429, les Consuls de Périgueux font chanter un messe pour elle. En 1438, Castelnaud et Domme sont repris (la population de Domme est passée de plus de à 100). En 1442, la garnison de Belvès se rend aux troupes commandées par le connétable Arthur de Bretagne après un mois de siège. Nouvelle apparition de la peste en 1440. En 1451, la paix est rétablie dans la vallée de la Dordogne. La victoire de Castillon, en 1453, marque la fin de la guerre de Cent Ans.
La région sort de la guerre presque déserte. Seuls Belvès et Palayrac sont encore habités. La nef de l'église Notre-Dame de Montcuq est détruite. La reconstruction est entreprise entre 1460 et 1470, et terminée vers 1490. Le terrier de Belvès signale que la moitié des maisons de la ville sont en ruines en 1462.
Le renouveau est rapide une fois la paix revenue. Les maisons sont restaurées ou construites. Un nouveau marché est créé. Des écoles sont ouvertes à Belvès où on enseigne le latin, le grec, la grammaire, la rhétorique...
Belvès entre guerres de religion et Croquants () La fin de la guerre de Cent Ans a ouvert un âge d'or pour la construction des châteaux et des hôtels particuliers dans le Périgord. Cependant il reste peu de constructions importantes à Belvès: la reconstruction de la nef de l'église Notre-Dame et l'aménagement de l'hôtel Bontemps.
Les guerres d'Italie mettent une partie de la noblesse locale en contact avec la Renaissance italienne. Elles commencent en 1494 avec Charles VIII et sont poursuivies par Louis XII et François . A proximité de Belvès les témoignages les plus importants en sont le château de Bannes construit après 1510 et le château de Biron qui est modernisé avec la construction de la chapelle. En littérature la Renaissance se manifeste le long de la vallée de la Dordogne avec Michel de Montaigne, avec les Essais, et Étienne de La Boétie, avec le Discours de la servitude volontaire.
Guerres de religion Les traités du Cateau-Cambrésis, en 1559, libèrent la noblesse de la guerre avec l'Espagne. L'opposition entre catholiques et Huguenots devient plus violente. Le massacre de Wassy par les soldats de François de Guise, en 1562, donne le signal de la première guerre de religion. Les troubles ne sont pas encore importants dans la région. le Périgord a été le grand chemin des protestants du midi, du sud-est et du centre de la France. On n'y a pas livré de grandes batailles. Le pays a été le théâtre de combats nombreux favorables souvent aux catholiques. Le passage des armées a conduit à de nombreux brigandages.