thumb|upright=1.5|Interdiction en Catalogne de nourrir les pigeons qui . Le contrôle des populations animales est un ensemble de pratiques visant la réduction du nombre d'individus vivant dans certaines zones afin de diminuer les impacts écologiques et économiques. Les méthodes typiques de contrôle comportent des actions d'élimination par la chasse, mais aussi la relocalisation et les moyens de contrôle de la fertilité d’une population. Ces interventions, si elles sont trop agressives, peuvent être défavorables à la conservation de la biodiversité.

Dynamique des populations

Une population animale définie comme un ensemble, un groupe d’individus d’une espèce donnée occupant un territoire et s’y perpétuant, la taille d’une population se mesure en nombres d’individus. Les populations d’espèces seront limitées dans leur distribution géographique et dans leurs effectifs par les caractéristiques de leur environnement. Chaque milieu à une capacité de support, c’est-à-dire qu’il a une taille maximale de population d’une espèce qu’il peut soutenir avant d’être appauvris Capacité porteuse.

La croissance des populations animales va être limitée par plusieurs facteurs environnementaux dont chaque population dépend pour subsister. On définit deux catégories de facteurs soit les facteurs biotiques (appartenant au vivant) et les facteurs abiotiques (n’appartenant pas au vivant). Le facteur biotique le plus souvent limitant est la nourriture, dans sa qualité (ce qui est là) et dans son abondance. Un manque de nourriture entraîne un déclin rapide d’une population, certains animaux sont même incapables de se reproduire en l’absence de sources de nourriture suffisante. En relation avec la nourriture, la prédation va jouer un rôle primordial dans la régulation d’espèces herbivores. L’augmentation d’une population d’herbivores entraînera souvent une augmentation de la population de prédateurs car ceux-ci auront désormais plus de nourriture. L’augmentation de prédateurs entraine subséquemment une diminution de la population de proies, après quoi la population de prédateurs diminue et ainsi de suite. Ce cycle permet de garder les populations de proies et de prédateurs en équilibre. Si un prédateur disparaît, ce mécanisme de contrôle disparaît et les populations d’herbivores peuvent augmenter de manière drastique. cadre|droite|Modèle écologique des densités de proies et de prédateurs

La compétition est aussi un facteur à prendre en compte, deux populations d’espèces différentes se disputant des ressources seront limitées dans leur capacité d’accroissement. Les populations animales sont aussi sensibles aux agents pathogènes tels que les parasites ou les infections virales. Ces derniers participent dans la régulation des populations animales. Les facteurs abiotiques vont aussi affecter la distribution et la croissance des populations. Le facteur abiotique le plus évident est la disponibilité de territoire : sans espace, les organismes ne peuvent pas se disperser et se reproduire. Les paramètres climatiques d’un milieu, tels que la lumière et la température, seront aussi clés pour déterminer la pérennité des populations animales.

En absence de prédateurs ou compétiteurs, certaines espèces endémiques peuvent rapidement atteindre la capacité de soutien de leur milieu ; on parle de surpopulation. Dans ces cas, la population aura tendance à épuiser les ressources de son milieu et en diminuer la richesse spécifique. Il est aussi fréquent que les populations sans prédateurs migrent de leur milieu d’origine et colonisent des milieux nouveaux ou adjacents (voir Surpopulation et environnement).

Les espèces invasives, ou envahissantes, sont des espèces qui colonisent un milieu qui n’est pas leur milieu d’origine et remplacent les espèces similaires locales. Ses espèces sont donc souvent des espèces qui démontrent un plus grand succès écologique que les espèces endémiques en milieux colonisés. Elles représentent tout d’abord un danger pour les espèces qu’elles remplacent, car elles causent directement leur disparition. Les espèces invasives posent ensuite un danger pour l’écosystème en entier, car elles n’ont souvent pas de prédateur naturel dans le nouveau milieu ou encore elles ont une alimentation plus efficace que leurs prédécesseurs. Elles appauvrissent donc en ressources les milieux qu’elles colonisent, après quoi il s’ensuit l’appauvrissement d’une richesse spécifique dans ce milieu. L’écrevisse Signal (Pacifastacus leniusculus) est un bon exemple d’espèce invasive. Importée en Europe dans les années 1960, l’écrevisse Signal s’est retrouvée à supplanter l’écrevisse européenne (Astacus astacus) dans beaucoup de milieu. Son efficacité fut davantage marquée par le fait qu’elle est porteuse asymptomatique de la peste des écrevisses, un agent pathogène pourtant mortel pour les écrevisses européennes.

Ces problèmes soulignent le besoin de méthodes pour contrôler la taille et la répartition des populations animales dans l’optique de protéger non seulement des intérêts humains, mais aussi de protéger l’environnement, Vorburger, C. et Ribi G.(2001)Aggression and competition for shelter between a native and an introduced crayfish in Europe.

Motivations du contrôle Les espèces nuisibles, ou pestes, sont des organismes qui ont un effet néfaste sur la santé ou l’économie humaine.

Les espèces qui sont porteuses de maladies transmissibles à l’homme (zoonoses) posent un problème de santé publique évident. Des mesures sont souvent prises pour diminuer la taille des populations dans le but de minimiser la dispersion des pathogènes. Parfois, les méthodes visent à restreindre la dispersion de ces populations pour empêcher leur contact avec des zones d’habitations humaines. Des exemples évidents sont ceux du rat qui véhiculent la peste ou encore les renards qui véhiculent le virus de la rage.

D’autres espèces peuvent entraîner des dommages économiques considérables sans toutefois être vecteur de maladies. Les dommages engendrés par des populations naturelles sont souvent sous la forme de dommages aux infrastructures humaines ou à des ravages de terres de culture. La plupart du temps, cela arrive parce que leur aire de répartition coïncide directement avec des zones de développement humains ou des zones agricoles.

En Suisse, par exemple, en l’absence de mécanismes de contrôle, des populations de sangliers ont pris beaucoup d’ampleur et causes énormément de dommages sur les terres cultivéesVoir Wildschwein.ch.

Modes d'intervention thumb|left|Ragondins (Myocastor coypus) abattus et congelés, dans le cadre du contrôle des populations de la Rockefeller Wildlife Management Area en Louisiane (USA) Il existe une variété de méthodes pour contrôler la taille et la dispersion des populations animales, certaines sont létales et d’autres visent à affecter la reproduction de la population dans son ensemble. Bien que visant des buts similaires, ces méthodes diffèrent drastiquement qu’il s’agisse de populations domestiques ou de populations sauvages. Populations domestiques

Stérilisation vignette|Chats errants se reproduisant en Israël Des méthodes non létales existent pour limiter les populations d’animaux domestiques. Une pratique courante consiste en la stérilisation des animaux, principalement pratiquée sur les animaux de compagnie. Les chats et les chiens sont régulièrement castrés par les vétérinaires. Ce processus a, en plus de réguler les populations, le mérite de rendre les animaux de compagnies moins agressifs durant les périodes de reproduction. De grandes campagnes de sensibilisation à ce sujet sont effectuées par les sociétés protectrices des animaux et des instituts vétérinairesvoir Campagne de stérilisation pour les chats errants.

Abattages sélectifs L’abattage sélectif est, comme son nom l’indique, un processus via lequel des animaux sont sélectionnés et séparés de leur population d’origine pour ensuite être abattus. Ce processus est analogue à la sélection artificielle dans la mesure où on sélectionne des individus selon des caractéristiques non voulues afin de les retirer de la population.

Cette méthode est utilisée principalement par des éleveurs de bétails, l’idée étant d’éliminer non seulement des caractéristiques génétiques non voulues mais aussi des individus porteurs de maladies ; on protège ainsi une population des maladies véhiculées par certains individus.

Euthanasie

L’euthanasie animale est le fait de tuer un animal de « manière douce », sans souffrance, donc plus éthique. Celle-ci s’effectue traditionnellement par injection létale. La différence épistémologique entre l’euthanasie et l’abattage sélectif est que ce dernier est généralement fait de manière sélective, pour le bien des éleveurs, selon leurs critères de sélection, alors que l’euthanasie est faite de manière non discriminatoire dans l’optique de soulager les souffrances d’un animal ou d’empêcher l’apparition de ces souffrances dans une population Des campagnes d’euthanasie sont souvent entreprises par des fourrières ou autres centres de captures d’animaux errants visant à limiter leurs populations.

Populations sauvages Les populations animales sauvages sont plus dures à contrôler de par leur nature. L’impossibilité d’un contrôle permanent et d’un suivi vétérinaire implique des méthodes de plus grande envergure. Barrières thumb| dans le (Australie)

La pose de clôtures sur de longues distances permet de limiter la propagation des espèces invasives ou prédatrices pour la faune locale. Cette méthode est utilisée notamment en Australie pour arrêter les lapins ou les dingos, mais elles limitent aussi la circulation des populations d'autres espèces.

Contrôle de la fertilité des populations Le contrôle de la fertilité des populations implique le recours à des méthodes diminuant le taux de reproduction d’une population donnée de manière temporaire ou prolongée. Classiquement, plusieurs méthodes de stérilisations seront utilisées selon la situation.

Stérilisation chirurgicale La stérilisation chirurgicale consiste en l’ablation des testicules ou des ovaires. Cette stérilisation est souvent effectuée dans des programmes de « Capture, stérilisation, relâche ». Les animaux sont capturés puis relâchés après avoir été stérilisés. Cette technique permet de réduire la proportion d’animaux reproducteurs au sein d’une population, ayant un impact sur une ou plusieurs saisons de reproduction. Cette stérilisation est généralement entreprise par le biais ou en collaboration avec des instituts vétérinaires et faite de manière à limiter la souffrance des animaux capturés.

Stérilisation des œufs thumb|Pigeonnier contraceptif dans un parc. Chez les oiseaux, il est plus simple d'intervenir sur les œufs, en prenant soin de les laisser en place dans le nid pour que les parents ne les abandonnent pas pour faire une nouvelle couvée. L'opération consiste par exemple à pulvériser sur les œufs un produit à base d'huile, pour étouffer l'embryon dans une coquille qui ne laisse plus passer l'airStérilisation des œufs de goélands et mesures anti pigeons, sur vertica.bzh (consulté le 21 février 2022), ou bien à secouer fortement les œufs dans les pigeonniersSophie Landrin, Le pigeonnier contraceptif, une arme antinourrisseurs. Publié le 30 septembre 2012 sur le site Le Monde, consulté le 30 mai 2019..*

Stérilisation chimique La stérilisation chimique est un processus de stérilisation via l’injection de produits chimiques. Plusieurs produits chimiques destinés à la castration ont été développés. Ils sont généralement injectés en une seule dose dans les testicules et perturbent la gamétogénèse (la production de gamètes). Cette méthode est souvent moins invasive que la stérilisation chirurgicale et engendre moins de changements hormonaux.

Stérilisation hormonale