thumb|upright=1|Christopher Lee (Comte Dracula) dans Le Cauchemar de Dracula (1958).|alt=Christopher Lee en vampire terrifiant pour son rôle de Dracula.|link= thumb|upright=1|Peter Cushing (Abraham Van Helsing) dans Les Maîtresses de Dracula (1960).|alt=Peter Cushing en Van Helsing avec un pieu qu'il enfonce avec un marteau.|link= Dracula est une franchise cinématographique britannique composée de neuf films fantastiques et d'horreur produits par la société Hammer Film Productions entre 1958 et 1974, du premier volet Le Cauchemar de Dracula au dernier La Légende des sept vampires d'or. Les films ont été réalisés par Terence Fisher pour les deux premiers, Freddie Francis pour le troisième, Peter Sasdy pour le quatrième, Roy Ward Baker pour le cinquième et le huitième et enfin Alan Gibson pour le sixième et le septième. On peut éventuellement ajouter au décompte Les Maîtresses de Dracula, sorti entre le premier et le second volet et réalisé par Terence Fisher qui, malgré son titre trompeur, a la particularité de ne pas mettre en scène le personnage du Comte DraculaIl utilise en réalité le Baron Meinster, autre vampire. Le professeur Van Helsing, lui, est toujours présent. La raison de ce titre est commerciale, destiné à attirer l'attention des admirateurs du premier film, Le Cauchemar de Dracula, sorti deux ans auparavant..
Considérée comme une saga culte de l'histoire du cinéma fantastique pour son grand soin esthétique ainsi que sa manière de dépoussiérer Dracula (créé par Bram Stoker en 1897 pour son roman Dracula), cette franchise a fait entrer le duo Christopher Lee / Peter Cushing (reproduisant le duel entre le mal et le bien de Frankenstein s'est échappé) dans la postérité. Elle est également à l'origine de plusieurs attributs du personnage de Stoker qui seront repris plusieurs fois par la suite, comme ses canines proéminentes (faisant leur première apparition au cinéma), ainsi que l'aura érotique du personnage.
Liste des films
Hammer :
1958 : Le Cauchemar de Dracula de Terence Fisher 1960 : Les Maîtresses de Dracula de Terence FisherCe film n'est pas toujours inclus dans le décompte, à cause de l'absence du Comte Dracula dans le scénario. (sans Christopher Lee) 1966 : Dracula, prince des ténèbres de Terence Fisher 1968 : Dracula et les Femmes de Freddie Francis 1970 : Une messe pour Dracula de Peter Sasdy 1970 : Les Cicatrices de Dracula de Roy Ward Baker 1972 : Dracula 73 de Alan Gibson 1973 : Dracula vit toujours à Londres de Alan Gibson 1974 : La Légende des sept vampires d'or de Roy Ward BakerRoy Ward Baker s'est fait aider pour ce film par Chang Cheh. Celui-ci travaillait pour le studio Shaw Brothers qui était associé à la Hammer sur ce projet. (sans Christopher Lee)
Hors Hammer :
1958 : Le Retour de Dracula (The Return of Dracula) de Paul Landres avec Francis Lederer. 1969 : (Blood of Dracula's Castle) d'Al Adamson et Jean Hewitt avec Alexander D'Arcy 1970 : Les Nuits de Dracula de Jesús Franco (Christopher Lee: Dracula) 1972 : Dracula, prisonnier de Frankenstein de Jesús Franco (Howard Vernon: Dracula) 1972 : La Fille de Dracula de Jesús Franco (Howard Vernon: Dracula) 1974 : Du sang pour Dracula de Paul Morrissey (Udo Kier: Dracula) 1976 : Dracula père et fils de Édouard Molinaro (Christopher Lee: Dracula) 1979 : Dracula de John Badham 1992 : Dracula de Francis Ford Coppola (Gary Oldman: Dracula)
Personnages principaux La saga met principalement en scène deux personnages : le Comte Dracula, qui donne son nom à la saga, ainsi que la famille d'Abraham Van Helsing. Comte Dracula thumb|right|Portrait de Vlad l'Empaleur, personnalité historique dont le surnom « Dracula » a été repris par l'écrivain Bram Stoker pour son personnage de fiction.|link=
Le Comte Dracula est un personnage créé par Bram Stoker pour son roman Dracula, dans lequel il est à la fois le personnage central, car c'est autour de lui que se construit l'ensemble de l'intrigue, et l'antagoniste des héros qui, eux, représentent le Bien. Vampire élégant (aristocratique), probable réincarnation du prince de Valachie Vlad Tepes, dont le goût prononcé pour l'usage de l'empalement est bien connu, il témoigne d'une grande cruauté souvent raffinée ainsi que d'une passion pour les femmes, dont il fait régulièrement ses victimes. L'interprétation charismatique de Christopher Lee lui donne une grande sensualité ; toutefois, ce personnage reste un monstre, avec ses canines parfois ensanglantées et sa grande violence, même s'il réussit parfois à dissimuler sa véritable nature en se donnant l'apparence d'un être humain pour mieux piéger ses victimes. Vaincu par Van Helsing à la fin d'un duel mémorable dans son château, il réapparait plusieurs fois, d'abord au , puis dans les années 1970. Parmi ses différentes résurrections, deux sont dues à une messe noire. Il est joué dans toute la saga (à l'exception de Les Maîtresses de Dracula où il n'apparait pas) par Christopher Lee, qui, gêné par la mauvaise qualité des derniers volets, l'incarne avec une grande réticence avant de laisser sa place, pour l'ultime épisode, à John Forbes-Robertson dans La Légende des sept vampires d'or (1974).
Van Helsing
thumb|left|Peter Cushing (Abraham Van Helsing) dans Les Maîtresses de Dracula (1960).|alt=Une scène des Maîtresses de Dracula avec Peter Cushing : il serre dans ses bras une femme éplorée.|link= Abraham Van Helsing est déjà l'antagoniste du vampire dans le roman original, où ce vieux professeur, admiré et respecté par les autres personnages (John Seward, Jonathan et Mina Harker) réussit, grâce à ses nombreuses qualités intellectuelles, à venir à bout du comte dans les froides neiges de la Transylvanie., duel qui démarque le roman du Cauchemar de Dracula (1958) : en effet, c'est au terme d'un combat très cinématographique dans son propre château que Dracula est mis hort d'état de nuire par Van Helsing. Le professeur s'attaque à un autre vampire dans le film suivant, Les Maîtresses de Dracula (1960), et ne rencontrera plus jamais Dracula, qui affrontera d'autres ennemis.. Lorsque le comte revient dans les années 1970, c'est le descendant du vampirologue, Lorimer Van Helsing, qui prend le relais, déjà assuré par Lawrence Van Helsing lors des avatars asiatiques du personnage dans La Légende des sept vampires d'or (1974). Les Van Helsing sont joués par Peter Cushing tout au long de la saga, malgré une disparition entre Les Maîtresses de Dracula (1960) et Dracula 73 (1972). Dans Les Maîtresses de Dracula (1960), il semblerait que son prénom ne soit pas Abraham mais J. (Van Helsing) : il s'agit pourtant bien du même personnage.
Historique de la franchise Dans cette saga, il y a deux parties qui s'opposent très nettement : l'âge d'or des années 1950, puis le déclin progressif de la firme Hammer Film Productions durant les deux décennies suivantesÀ la Hammer c'était l'horreur, Télérama. En effet, si le premier film est considéré comme un chef-d’œuvre, les suivants perdent en qualité au fur et à mesure des années, en raison d'un budget de plus en plus réduit et de nombreux soucis techniques. On peut également voir une nette rupture entre deux parties : si les premiers volets font bien vivre à l'époque victorienne le personnage créé par Bram Stoker, les suivants le ressuscitent à l'époque de réalisation de ces films, c'est-à-dire les années 1970, ou le font vivre des aventures improbables en Asie. Le Cauchemar de Dracula, ou l'âge d'or de la Hammer dans les années 1950 thumb|Bela Lugosi dans la version d'Universal (1931).|alt=Bela Lugosi en Dracula.|link=
En 1958, la firme Hammer Films vient tout juste de produire un grand succès : Frankenstein s'est échappé (), adapté du roman de Mary Shelley Frankenstein ou le Prométhée moderne, mettant en vedette Peter Cushing et Christopher Lee dans les rôles du savant pour le premier et de sa maléfique créature pour le second. Ce film, dont le thème était déjà très connu grâce à la version de James Whale en 1931, s'était démarqué de son prédécesseur par l'utilisation de la couleur ainsi que l'aspect purement horrifique du scénario, généralement contourné dans la version d'Universal.
Ce succès pousse la Hammer à réunir Lee et Cushing dans une nouvelle version d'un classique de la littérature, lui aussi adapté par Universal dans les années 1930 : Dracula, de Bram Stoker, publié une cinquantaine d'années plus tôt. Terence Fisher, qui avait dirigé Frankenstein, est de retour à la réalisation, avec toute l'équipe technique de Frankenstein s'est échappé : Terence Fisher à la réalisation, Jimmy Sangster au scénario, Jack Asher à la direction de la photographie, James Bernard à la composition et Bernard Robinson aux décors, ce qui explique qu'on retrouve dans ce Cauchemar de DraculaFiche Allociné du film Le Cauchemar de Dracula (1958) () ce qui avait fait le succès du précédent : la crédibilité des personnages, le jeu des acteurs, les couleurs sublimant certains détails tels que le sang.
thumb|left|upright=0.8|Christopher Lee dans Le Cauchemar de Dracula (1958).|alt=Christopher Lee dans Le Cauchemar de Dracula, sans connaissance.|link= Le film privilégie, comme pour Frankenstein s'est échappé, les éléments horrifiques du scénario, et créé une aura maléfique autour du personnage du Comte Dracula, dont chacune des apparitions provoque la terreur : toutefois, celles-ci restent assez rares, destinées à créer une attente. Enfin, pour la première fois au cinéma, on peut voir les canines du vampire, ce qui contribue à en faire un monstre ; de plus, le scénariste reprend une idée déjà exploité dans Nosferatu le vampire, faire de la lumière un des points faibles du vampire, bel homme au demeurant, doté par l'interprétation de Lee d'une aura érotique originale. Son ennemi, le professeur Abraham Van Helsing, véritable héros de l'histoire, est interprété par Peter Cushing. Comme dans Frankenstein s'est échappé où il incarnait le professeur Frankenstein, il donne à voir un personnage rigoureux, sombre et rude, symbolisant la force du bien face à la sauvagerie maléfique du vampire. Le film se clôt sur une séquence culte du cinéma : un long duel entre les deux personnages dans le château du comteVidéo : duel final entre Van Helsing et Dracula dans Le Cauchemar de Dracula (1958).
Le public est une nouvelle fois au rendez-vous, et Christopher Lee voit sa carrière décoller. Deux ans après, une sort au cinéma : Les Maîtresses de DraculaFiche Allociné du film (1960) (The Brides of Dracula). Le public retrouve Abraham Van Helsing, toujours joué par Peter Cushing, dans ce film réalisé une nouvelle fois par Terence Fisher où le grand absent est Christopher Lee et son personnage de Dracula. En effet, malgré le titre, Lee ne désirera pas reprendre son rôle avant 1966 : il est remplacé par le Baron Meinster, interprété par David Peel. Ce sera le seul film dérivé avant l'arrivée de nombreuses suites dans les années 1960. Toutefois, le duo Cushing / Lee fait son retour, encore sous la houlette de Terence Fisher, dans La Malédiction des pharaons (The Mummy) et Le Chien des BaskervilleFiche Allociné du film Le Chien des Baskerville (1959) (), adaptation du roman de Sir Arthur Conan Doyle mettant en scène Sherlock Holmes.
Des suites en demi-teinte dans les années 1960 thumb|upright=0.8|Christopher Lee dans Une messe pour Dracula (1970).|alt=Christopher Lee en Dracula dans un endroit obscur.|link= Durant la seconde moitié des années 1960, l'âge d'or de la Hammer semble toucher à la fin : en effet, des films tels que (1968) de Roman Polanski ou L'Exorciste (1973) de William Friedkin dépoussièrent les genres fantastiques et horrifiques et les films de la Hammer ont du mal à changer de style, restant dans un fantastique victorien et gothique dépassé. Consciente du risque de faillite qui la guette, la compagnie britannique décide d'offrir des suites à ses deux plus grands succès : Frankenstein s'est échappé et Le Cauchemar de Dracula.