Léglise de la Trinité est une église catholique paroissiale située à La Chapelle-en-Serval, en France. La paroisse est érigée en 1246, et remplace celle du village disparu de Géni, qui est réunie à la paroisse voisine d'Orry-la-Ville. L'église actuelle est issue de la reconstruction après la Guerre de Cent Ans et affiche le style gothique flamboyant. Dans un premier temps, pendant la première moitié du , seulement la dernière travée et l'abside sont construites, et la nef de la précédente église ou chapelle continue de servir. Le reste de l'église est bâtie quelque temps après. Son architecture est d'une grande banalité, et quelque peu répétitive ; il n'y a aucun élément qui témoigne d'une certaine recherche stylistique. Sous cet aspect, l'église de la Trinité est représentative des églises rurales de la période gothique tardive, même si les exigences esthétiques sont généralement plus élevées dans la région. Le clocher est plus récent, et appartient à la fin de la Renaissance ; c'est une réplique de la tour méridionale de l'église Saint-Pierre de Senlis. Les voûtes des premières travées de la nef sont probablement ajoutées après coup, en 1685. Le portail a été refait en 1818, et manque complètement de décoration. Malgré son faible intérêt, l'église est inscrite aux monuments historiques par arrêté du .. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse du Saint-Esprit du Serval, dont le principal lieu de culte est l'église Saint-Martin de Plailly. Les messes dominicales sont célébrées en l'église de la Trinité environ une fois par mois, en alternance le samedi soir ou le dimanche matin.

Localisation

L'église de la Trinité est située en France, en région Hauts-de-France et au sud du département de l'Oise, aux confins de l'Île-de-France, dans le Parc naturel régional Oise-Pays de France, en marge du bourg de La Chapelle-en-Serval, place de l'Église et rue du Vieux-Château. L'emplacement correspond à l'extrémité sud-est du centre ancien du village ; l'ancien château et son parc se situent jusqu'en face, de l'autre côté de la rue, au sud. La rue est perpendiculaire à la RD 1017. Elle longe l'élévation méridionale de l'église, puis passe autour du chevet. La façade donne sur la place de l'Église, qui est en réalité une courte rue en cul-de-sac. L'église est entourée de son ancien cimetière, qui est aujourd'hui une pelouse, fermée d'accès en dehors des heures des offices. Les élévations ouest, nord et est de l'église sont toutefois bien visibles depuis la voie publique.

Histoire

Au , la Chapelle-en-Serval n'est qu'un hameau, qui appartient à Guy III Le Bouteiller de Senlis. En 1187, selon Eugène Müller, ce seigneur le donne, avec le fief d'Orry, au chapitre de la cathédrale de Senlis. En contrepartie, une messe annuelle doit être célébrée pour le salut de l'âme de son frère, Pierre l'Hermite, archidiacre de Soissons.. La Chapelle semble avoir des origines communes avec Orry-la-Ville, son voisin. Le château seigneurial d'Orry, qui se trouvait apparemment sur le territoire de l'actuelle commune de La Chapelle, devrait être à l'origine du développement des deux villages. Pour éviter la confusion avec le château, le village d'Orry a pris le qualificatif de « la Ville ».. En plus du château, il y avait, avant le développement du village de La Chapelle, le village de Géni, qui a été abandonné sous la guerre de Cent Ans, et qui devait se trouver au nord-est, non loin de la route de Senlis. La cure de Géni est mentionnée dans une charte de 1126, qui est citée par Gustave Macon et Ernest Dupuis, et indique que l'abbesse de l'abbaye Saint-Remi de Senlis sont les collateurs de la cure. Pendant la première moitié du , Géni est successivement abandonné à la faveur du hameau de La Chapelle, qui devient un village, puis une paroisse indépendante. En 1246, les revenus de la paroisse de Géni sont réunies à celle d'Orry-la-Ville, et La Chapelle-en-Serval est érigée en paroisse. Réduit à un simple hameau, Géni disparaît sous la guerre de Cent Ans. Devant ces faits, on peut supposer que Géni est la paroisse-mère pour Orry-la-Ville et La Chapelle-en-Serval à la fois.. Le prieur de Saint-Nicolas-d'Acy présente à la cure ; une fois sur trois, il doit laisser ce privilège à l'abbesse de Saint-Rémi du temps de l'existence de cette abbaye. Après son extinction, le chapitre Notre-Dame de Senlis hérite de ce droit.. Sous tout l'Ancien Régime, la paroisse dépend du doyenné et du diocèse de Senlis.. L'église est placée sous le vocable de la sainte Trinité. thumb|left|Vue générale intérieure.

Jusqu'à la construction de l'église actuelle, pendant la première moitié du , la chapelle qui existe avant la fondation de la paroisse et qui a motivé le nom du village, continue peut-être de servir. Selon Dominique Vermand, aucun élément de l'église proprement dite n'est antérieur à la guerre de Cent Ans, contrairement à ce que pense Eugène Müller, qui écrit que l'église remonte en partie au . Mais peut-être, il n'a en tête que la statue de la Vierge à l'Enfant, qui date du second quart ou du milieu du , et subsiste du précédent édifice de culte. La première campagne de construction de l'église actuelle ne porte que sur l'abside, la dernière travée du vaisseau central, et la dernière travée du bas-côté sud. Ceci est indiqué par le pignon intermédiaire entre la troisième et la quatrième travée du vaisseau central, dissimulé par la toiture, et par le contrefort biais entre la troisième et la quatrième travée du bas-côté sud, qui devait être primitivement un contrefort d'angle. En attendant la construction des autres travées, les fidèles prennent place dans l'ancienne nef.

Le manque de caractère de l'architecture ne permet pas une datation plus précise, et l'on peut seulement dire que l'église affiche globalement le style gothique flamboyant. Seulement le portail et le clocher font exception. Le clocher est influencé par la tour Renaissance de l'église Saint-Pierre de Senlis, qui date de la fin du . Le clocher, ainsi que la façade, ne doivent donc pas être antérieurs à cette époque. Le voûtement d'ogives de l'église n'est pas encore tout à fait achevé, car la première voûte de la nef porte la date de 1685. Le portail occidental a été refait en 1818, selon l'inscription qui y est gravée : . — Eugène Müller estime que l'église de la Trinité est . Dominique Vermand ne peut porter à son actif qu'.. L'église est néanmoins inscrite aux monuments historiques par arrêté du .

Le siège épiscopal de Senlis n'est plus pourvu après la Révolution française. Le département de l'Oise est provisoirement rattaché tout en entier au diocèse de Beauvais, qui perd ses territoires à l'extérieur du département. Le concordat de 1801, qui officialise la légalisation de la pratique du culte, apporte le rattachement de l'Oise au diocèse d'Amiens. Depuis le rétablissement du diocèse de Beauvais en 1822, la paroisse de La Chapelle-en-Serval en fait définitivement partie. Elle perd officiellement son indépendance avec la définition de quarante-cinq nouvelles paroisses en 1996.. En réaction au manque de prêtres, ce sont souvent de très grandes paroisses avec, en moyenne, quinze à vingt clochers par prêtre. L'église de la Trinité est rattachée à la paroisse du Saint-Esprit du Serval, dont le curé réside au prieuré de Mortefontaine. La paroisse du Saint-Esprit regroupe six communes seulement, ce qui est rare pour un secteur qui ne comporte aucune commune atteignant les habitants. L'église principale de la paroisse est l'église Saint-Martin de Plailly, où la messe dominicale de 11 h 00 est célébrée de septembre à juin. À l'église de la Trinité, les messes dominicales sont célébrées pas plus souvent qu'une fois par mois, un samedi à 18 h 30 les mois impairs, ou un dimanche à 9 h 30 les mois pairs, en alternance avec les églises de Mortefontaine, Pontarmé et Thiers-sur-Thève.

Description thumb|Plan de l'église.

Aperçu général

Régulièrement orientée, l'église répond à un plan très simple sans transept, et se compose d'un vaisseau central de quatre travées, accompagnée de deux bas-côtés de même longueur se terminant par un chevet plat, et d'une abside à trois pans. L'ensemble de l'église est voûté sur des croisées d'ogives simples. Le clocher s'élève au-dessus de la première travée du bas-côté sud. Une petite sacristie occupe l'angle entre bas-côté sud et abside. Les trois vaisseaux sont recouverts par une toiture unique à deux rampants, avec un large pignon à l'ouest. L'église possède deux accès : le portail occidental de la nef, et un petit portail latéral dans la seconde travée du bas-côté sud.

Intérieur Vaisseau central thumb|upright|Vue intérieure générale. thumb|upright|Vue dans l'abside.

Le vaisseau central se caractérise par des murs hauts aveugles au-dessus des grandes arcades, qui le font communiquer avec les deux bas-côtés ; par une hauteur médiocre ; par un emploi toujours généralisé de l'arc brisé ; et par une modénature prismatique d'une grande simplicité. Dans la région, les nefs aveugles sont la règle pour les églises reconstruites après la guerre de Cent Ans en milieu rural : dans les environs, on peut citer les exemples de Baron, Jagny-sous-Bois, Montagny-Sainte-Félicité, Pont-Sainte-Maxence, Saint-Pierre de Senlis, Survilliers, Le Thillay, Verneuil-en-Halatte, Vineuil-Saint-Firmin, Viarmes, etc., rien que pour la période flamboyante. Rares sont les églises flamboyantes pourvues de fenêtres hautes, comme Bessancourt et Villiers-le-Bel, qui sont issues de la transformation d'églises médiévales, ou L'Isle-Adam. Les grandes arcades reposent sur des piliers monocylindriques appareillés en tambour, comme à Bessancourt, Jagny-sous-Bois, Mont-l'Évêque, Précy-sur-Oise, Survilliers, Le Thillay, Vauréal, et dans le chœur de Boran-sur-Oise. L'esthétique flamboyante privilégie les piliers ondulés, par lesquels les nervures des voûtes peuvent retomber jusqu'aux bases sous la forme de renflements ou ondulations. Le long des murs, des piliers cylindriques engagés, comme à La Chapelle-en-Serval, sont un peu plus fréquents. En revanche, des bases d'une telle banalité qu'à La Chapelle-en-Serval sont l'exception : il n'y en a en fait pas de bases à proprement parler ; les piliers retombent directement sur des socles octogonaux, qui ne sont pas moulurés.