Henri-Frédéric Blanc, né le à Marseille et mort le dans la même ville, est un poète, romancier et dramaturge français.
Biographie Enfance et formation Henri-Fréderic Blanc naît le à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône. Il fait ses études au Lycée Saint-Charles ; en 1972, il s'inscrit à la faculté de lettres de l'université Aix-Marseille. En 1981, il présente une thèse de doctorat. Il fait des petits métiers (guide touristique, libraire, caissier, veilleur de nuit, guetteur d'incendies...), et consacre tout son temps à l'écriture.
Carrière Il publie son premier roman L'Empire du sommeil aux éditions Actes Sud en 1989. Ce roman est traduit en anglais peu après par Nina Rootes, et publié à Londres par Secker and Warburg en 1992, sous le titre The Empire of Sleep.
Il publie plus d'une trentaine d'ouvrages. Certains sont adaptés au théâtre (Nuit gravement au salut, Discours de réception du diable à l'Académie Française, Printemps dans un jardin des fous) ou portés à l'écran (Combat de fauves au crépuscule, Jeu de massacre, Le Dernier Survivant de Quatorze). Ses livres sont traduits dans plusieurs langues, comme le coréen, l'espagnol , le portugais, l'allemand, l'italien.
Selon Henri-Frédéric Blanc, . Sa détestation se veut joyeuse, festive, carnavalesque : la « farce » est présente dans tous ses ouvrages.
À partir de 2000 et jusqu'à 2025, Henri-Frédéric Blanc devient le rédacteur en chef de la Revue des Archers où l'on retrouve une équipe d'écrivains et poètes, notamment Jean-Pierre Cramoisan, Dominique Sorrente, André Ughetto, et Françoise Donadieu. Pendant 25 ans, c'est au théâtre Toursky dirigé par Richard Martin que la revue accueillera des textes de création à raison de deux publications annuelles. Henri-Frédéric Blanc y publie régulièrement des aphorismes, des nouvelles, du théâtre.
Mort Il meurt le , à MarseilleÉtat civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970.
Style
Parmi ses personnages excentriques et lucides, l'un d'eux, Barnabé Cochin, se méfie des mots : ils forment un écran entre le monde et les hommes :
Henri-Fréderic Blanc ne partage pas, semble-t-il, l’avis de Cochin, ou celui de Jean Babaye, autre de ses personnages, poète marseillais et ivrogne, dont la plus grande œuvre a été le silence. L'auteur reste friand des mots : il multiplie les jeux de mots pétillants, et en invente.
Il aime les mots qui secouent, qui dérangent, qui réveillent. Ses mots tranchants scient les langues de bois qui sont une simulation de la réalité. Ses mots explosifs minent le discours académique qui étiquette, uniformise et exclut.
Son travail littéraire veut donner un nouveau souffle à une littérature figée. Il s’est tourné vers la linguistique de sa région. Olivier Boura, dans son Dictionnaire des écrivains marseillais, dit de Blanc : Blanc n’est pas un auteur régionaliste. D'ailleurs, il refuse les -ismes, qui établissent des limites, qui font rétrécir les choses.
Il explore le parler marseillais pour démontrer qu’il n’y a pas qu'une seule façon de parler. Avec ses cagoles, ses fainéants mystiques, ses fadas de quartier et ses truands, il revendique . Il donne une voix à ceux qui souhaitent rester en marge ou à ceux qui ont été marginalisés.
Il abolit les limites entre les genres littéraires. Dans ces romans et nouvelles, il interrompt la narration, s'adresse au lecteur, fait des commentaires sur des sujets sensibles, met le doigt dans la plaie. Beaucoup de ses poèmes sont des aphorismes courts et incisifs.
Il réalise des pastiches d’œuvres classiques, où les personnages, les actions et les discours « partent en vrille ». L'ordre établi est renversé dans ce carnaval : tout est permis, le n'importe quoi peut être plus vrai que les trucages raisonnables, les folies du réel peuvent être fustigées, les registres peuvent être mélangés, un individu quelconque peut devenir le héros, le modèle, le philosophe... Ainsi, Le Discours sur l'universalité de l'esprit marseillais (2005), évoque le livre de Rivarol De l'universalité de la langue française ; Sidi (2006) est une réécriture marseillaise et contemporaine du Cid de Corneille. Mémoires d'un singe savant (2009) renvoie à Kafka, Le Livre de Jobi (2010) au livre de l'Ancien Testament et Ainsi Parlait Frédo le Fada (2012) est une parodie du texte de Nietzsche et des livres de sagesse et de développement personnel.
Vie privée Il vit à Aix-en-Provence, puis à Marseille.
Analyse Écrivain satirique et baroque, il est un des chefs de file, avec l’écrivain Gilles Ascaride, de l'Overlittérature. Selon son blog officiel, ce mouvement littéraire contestataire regroupe des textes sarcastiques et grotesques, marqués par un « réalisme burlesque ». Il veut donner une nouvelle respiration à la littérature française. Un de ses livres les plus mordants, Le Discours de réception du diable à l'Académie Française, la qualifie ainsi :
Œuvres (à l’exception des traductions, articles, entretiens, pamphlets et opuscules divers parus dans des ouvrages, journaux ou revues)
Romans
Nouvelles, récits, monologues
Bande dessinée CQFD, Casterman, 2002 (dessins de Fabrice Avrit).
Théâtre Sidi, Titanic, 1997; Le Rocher, 2006 Les Cochonks, Revue des Archers, , 2010
Poésie Cirque Univers, Titanic, 1998 - Prix Paul-Verlaine 1999
Autres publications Discours de réception du Diable à l'Académie française, Le Rocher, 2002 Discours sur l'universalité de l'esprit marseillais, L'Écailler, 2005 L'Art d'aimer à Marseille, L'Écailler, 2006
Notes et références
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