Le ou est un projet abandonné de Center Parcs, comprenant la construction d'un village de vacances de et d'un espace aqualudique sur une superficie de . L'ensemble devait être situé dans le bois des Avenières, sur les hauteurs de Roybon en Isère sur le plateau de Chambaran.

Le projet était soutenu par la commune de Roybon, la communauté de communes du Pays de Chambaran, le conseil départemental et le conseil régional., et une majorité des habitants de Roybon. qui y voyaient un levier majeur de développement économique et touristique. Mais il a rencontré l'opposition de diverses associations de protection de la nature et de l’environnement, dont la FRAPNA Isère, qui a dénoncé, en s'appuyant sur le résultat de l'enquête publique, l’impact néfaste de ce futur complexe touristique sur l’environnement de ce secteur boisé et de sa zone humide. Pour Pierre & Vacances-Center Parcs l’impact environnemental sera réduit au maximum et maîtrisé avec la prise en compte des zones humides dès le début du projet..

Le groupe a abandonné le projet en .

Projet Caractéristiques Le groupe Pierre & Vacances-Center Parcs prévoyait la construction d'un village de vacances de 990 cottages et d'un espace aqualudique chauffé à en permanence avec des plantes tropicales, sur une superficie de . Plus de trente activités de sports et de loisirs, intérieures et extérieures, y auraient été proposées. La capacité d'hébergement du site devait être d’environ . Le projet devait inclure de parking et devait accueillir par an. Il devait créer directs (et pendant la phase de chantier) correspondant à 468 équivalents temps plein, pour un investissement total de d'euros..

Site vignette|droite|Le village de Roybon, avec au fond à droite, le bois des Avenières.

Le site ciblé se situe sur le plateau de Chambaran dans le Bois des Avenières, sur les hauteurs de la commune de Roybon en IsèreConclusions de la commission d'enquête publique, référencée en Liens externes..

Il est inclus dans une ZNIEFF (zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique) de type II, ensemble géographique étendu, dont les équilibres généraux doivent être préservés sans exclure la réalisation d’aménagements sous réserve du respect des écosystèmes généraux, mais pas dans une ZNIEFF de type I (secteur de grand intérêt biologique ou écologique). Il est toutefois situé à proximité d'une ZNIEFF de type I et de sites du réseau Natura 2000. Le lieu est aussi considéré comme ayant une valeur patrimoniale de par la présence sur le site de zones humides selon le critère du sol...

Financement Selon l'analyse présentée par la commune aux habitants et aux élus, les collectivités territoriales auraient participé au financement du projet pour un montant de sous forme de subventions appelées « aides à l'intégration du Center Parcs » : pour les travaux d'adduction d'eau et d'assainissement, dont 7 par le conseil départemental de l'Isère, 7 par la Communauté de communes Bièvre Chambaran et 5,4 par le syndicat intercommunal des eaux de la Galaure ; par le conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes pour l’insertion et la formation professionnelles de personnes à faible qualification (), le développement des énergies renouvelables (), le soutien à la structuration de la filière bois () et la promotion du tourisme local et régional ()Le soutien du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes, d'un montant maximum de d'euros, résulte d'un vote lors de son assemblée plénière du 9 juillet 2009. Les Verts et le Parti de gauche ont voté contre. ; par le conseil départemental pour l'acquisition en nue-propriété de certains équipements structurants (accès principaux, voies et réseaux, partie de la forêt, etc.). ; par la commune de Roybon pour la construction d'un contournement routier du village.

Le Conseil régional en a voté une subvention de d'euros en faveur du projet dans le cadre de son budget 2016.. La délibération attribuant cette subvention a été annulée le par le tribunal administratif de Lyon..

D'autre part, selon l'association PCSCP, les avantages fiscaux consentis aux acquéreurs des cottages auraient un coût de pour les finances de l'État. : au titre du dispositif Censi-Bouvard ; au titre de remboursement de TVA..

Selon Center Parcs, les financements n'auraient pas affecté la fiscalité locale ni les habitants puisqu'il se serait agi de prélever pendant quelques années sur les recettes apportées par la présence du parc (le projet prétendait générer une taxe d'aménagement de d'euros, et presque autant de taxe annuelle, une fois le projet en fonctionnement).

Historique 2007 - 2013 Située dans une zone rurale reculée, la commune de Roybon connaît dans les années 2000 une diminution de sa population, avec une population vieillissante. De plus, la commune s'endette fortement pour construire un nouveau déversoir du barrage de l’Aigue noire, sujet à des problèmes d'étanchéité. En réaction à cette situation, l'équipe municipale est en quête d'un projet de développement économique. Un projet de décharge, lancé par le Conseil général de l'Isère, est rejeté avant que le projet de Center Parcs ne soit proposé.

Le projet de Center Parcs est lancé en 2007 et fait l'objet de plusieurs mesures administratives : modification du schéma directeur d’aménagement de la région urbaine grenobloise en 2009 ; révision simplifiée du plan local d'urbanisme (PLU), approuvée le par le conseil municipal de Roybon ; un recours contre cette révision est fait en ; le tribunal administratif de Grenoble s'oppose à cette révision en , puis la cour d'appel administrative de Lyon valide celle-ci en ; autorisation de défrichement au titre du code forestier, délivrée par le préfet de l’Isère ., puis une seconde fois en ; permis de construire, accordé le par le maire de Roybon, qui suscite un premier recours en , puis un second en , avant que le permis de construire ne soit acté définitivement en ; différents travaux d'aménagement en rapport avec le projet, comme un forage pour capter de l'eau et des canalisations, qui sont également l'objet de batailles juridiques à partir de .

2014 Lors de l'enquête publique du au ., la commission d'enquête émet un avis défavorable en raison de la superficie des zones humides détruites (de 110 à , contre 76 selon Center Parcs) et de la perte de continuité hydraulique et écologique des zones non défrichées. Le rapport de la commission d'enquête note également la faiblesse et la dispersion des mesures compensatoires, situées sur des zones humides déjà existantes, mais seulement dégradées, et l'impact potentiel des vidanges du centre aquatique (dont l'eau devait être maintenue en permanence à ) sur la faune.

Le , le préfet Richard Samuel s’appuie sur un avis favorable du conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques relativement à la loi sur l’eau pour autoriser le démarrage des travaux.. Il estime que le public a été très largement consulté sur le projet, cinq enquêtes publiques ayant été organisées depuis 2009, qui ont permis aux habitants de la région de s’exprimer.. 

La construction commence en . avec l'objectif d'être achevée en 2017.. Entre octobre et , sont défrichés sur les 80 annoncés. (soit 0,2 % de la superficie totale du massif forestier des Chambaran), malgré plusieurs interruptions des travaux en décembre liées aux contestations., ainsi qu'à l'occupation d'une maison forestière par des opposants qui ont constitué une ZAD..

En réponse à un recours en référé déposé par la Fédération de la Drôme pour la pêche et la protection du milieu aquatique, le tribunal administratif de Grenoble suspend, le , l'arrêté préfectoral du précédent, au titre de la loi sur l'eau et les milieux aquatiques, qui délivrait une autorisation de travaux à la société Roybon Cottages.. Il estime qu'un doute existe

2015 Cette décision empêche la reprise des travaux tant que le tribunal ne se sera pas prononcé sur le fond. L'audience est alors prévue pour le ... Le nouveau préfet de l'Isère, Jean-Paul Bonnetain, indique le que les militants « zadistes » ne seront pas évacués par les forces de l'ordre tant que le contentieux juridique ne sera pas purgé..

Le juge des référés du tribunal administratif rejette par ailleurs, le même jour, trois recours visant l'arrêté préfectoral du autorisant la destruction d'espèces protégées et de leurs habitats.. Il estime qu'aucun doute sérieux ne pèse sur la légalité de cet acte.. Ces trois recours avaient été déposés par la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (FRAPNA), la Fédération de la Drôme pour la pêche et la protection du milieu aquatique et l'association Pour les Chambaran sans Center Parcs (PCSCP)..

Le , le Conseil d'État déboute l'association PCSCP, qui contestait la décision du juge des référés du tribunal administratif de Grenoble ayant refusé de suspendre l'arrêté du . Le suivant, le Conseil d'État annule la suspension des travaux qui avait été prononcée le par le tribunal administratif de Grenoble..

Le , le tribunal administratif de Grenoble examine au total cinq recours en annulation concernant les deux arrêtés préfectoraux contestés par les opposants au projet. Au cours de l'audience, le rapporteur public recommande au tribunal l'annulation totale immédiate et rétroactive de l'arrêté du préfet de l'Isère du autorisant le projet. Selon lui, cet arrêté doit être considéré comme illégal pour deux raisons : l'absence de saisine de la Commission nationale du débat public (CNDP) et l'insuffisance des mesures compensant la destruction de zones humides.. Dans sa décision rendue le , le tribunal administratif annule l'arrêté préfectoral de construction du Center Parcs en suivant l'avis du rapporteur public... Le groupe Pierre & Vacances annonce son intention de faire appel, « convaincu du bien-fondé économique et environnemental du projet sur lequel il est engagé depuis sept ans »....

Parallèlement à son appel de la décision du tribunal administratif de Grenoble du , Pierre & Vacances dépose auprès de la cour administrative d'appel de Lyon une demande de suspension du jugement en attendant une décision sur le fond. De son côté, la FRAPNA fait appel d'un autre jugement du tribunal administratif qui a validé l'arrêté préfectoral autorisant le projet sur son volet protection des espèces protégées..

2016 Le , le conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes adopte, dans le cadre de son budget 2016, une subvention de en faveur du projet, malgré la suspension du chantier par la justice administrative..

Le , la cour administrative d'appel de Lyon confirme l’illégalité de deux des trois arrêtés préfectoraux qui permettaient le démarrage des travaux.. Le groupe Pierre et Vacances décide de se pourvoir auprès du Conseil d'État..

2017 Le , le Conseil d'État confirme une décision de la cour d’appel de Lyon, obligeant Pierre & Vacances à revoir l’évacuation des eaux usées qui devait traverser des terrains instables et des zones humides sur sans que l'étude d'impact demandée par la DREAL ait été réalisée..

2018 Le , le tribunal administratif de Lyon annule la délibération du du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes attribuant une enveloppe de au projet.

Le , alors que l’autorisation de défrichement arrive à échéance, un décret est pris par le premier ministre Edouard Philippe et le ministre de l’agriculture Stéphane Travert qui modifie un article du code forestier, permettant de proroger la validité des autorisations de défrichement de 5 ans maximum en cas de recours.. Ainsi le préfet de l’Isère, Lionel Beffre, peut-il prendre un arrêté le prorogeant l’autorisation de défrichement jusqu’au . Le décret du et l’arrêté du font l’objet d’un recours gracieux en annulation de la FRAPNA..