Lucien Chapelain est né le à BondyJacques Maitron (éd.), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Paris, Les Éditions Ouvrières, 1964-1993, t. XXII, . et mort le Jacques Fantino (éd.), Identité et altérité: la norme en question? Hommage à Pierre-Marie Beaude, Paris, Cerf, 2010 (Sciences humaines et religions), .. à SevranÉtat civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970. Il est déporté durant la Seconde Guerre mondiale au camp de concentration de Buchenwald. Membre actif du mouvement communiste en France, il est à plusieurs reprises maire-adjoint de la commune de Bondy.
Biographie
Né dans une famille militante, son père, Charles Chapelain, ouvrier métallurgiste et marié à Lucie, une blanchisseuse, œuvra à la création de la Section française de l'Internationale ouvrièreCf. Charles Chapelain, notice du Maitron : « Né le 28 juillet 1895 à Pommeuse (Seine-et-Marne), mort le 13 janvier 1964 à Bondy (Seine) ; ouvrier métallurgiste ; conseiller municipal socialiste de Bondy (Seine) » . Jacques Maitron (éd.), op. cit., .. C'est donc dans un milieu socialiste qu'il passa son enfance. Il est élève à l'école primaire supérieure Turgot et s'inscrit une année à la faculté de droit (1938-1939). En parallèle, il travailla comme ouvrier chez Marret-Bounin à Noisy-le-SecIbid., ..
C'est en tant qu'animateur du groupe des Amis de l'enfance ouvrière (Faucons rouges) à Bondy qu'il adhéra en 1935 aux J.S. et au P.S.Ibid., .. Il va aussi être secrétaire du syndicat des biscuitiers (1936), dans Le Populaire, , 24 octobre 1936, .. Après avoir été secrétaire des Jeunesses Socialistes de Bondy (1937-1938), il fut congédié ainsi que 20 autres militants, dans Le Populaire, , 22 avril 1938, . à la suite de la Conférence nationale de Limoges de 1938 pour leur soutien à la Fédération socialiste de la SeineGroupe pivertiste.. Ils furent en effet convoqués à la Conférence afin de répondre aux accusations mais seulement trois membres s'y présentèrentPressouyre, Ziegler et Daurelle.. Le Comité National mixte des J.S. décidera aussi de dissoudre la Fédération mais celle-ci répondra par la négativeLa crise du parti socialiste (S.F.I.O.), dans Le Temps, , 29 avril 1938, ..
À la suite de ce limogeage, il donna son adhésion aux Jeunesses socialistes ouvrières et paysannes du P.S.O.P (Parti socialiste ouvrier et paysan)Jacques Maitron (éd.), op. cit., ., organisation issue de la Gauche révolutionnaire (1935-1938)Michel Dreyfus, PCF. Crises et dissidences. De 1920 à nos jours, Bruxelles, Éditions Complexe, 1989 (Questions au ), . et fondée par Marceau PivertFabien Conord, Les Gauches Européennes au , Paris Armand Colin, 2012 (Collection U, Histoire), .. Il fut secrétaire de la région parisienne et même secrétaire national-adjointGeorges Vidal, La Grande Illusion? Le Parti communiste français et la Défense nationale à l'époque du Front Populaire (1934-1939), Lyon, Presses Universitaires de Lyon, 2006, .. Dans les rangs de cette organisation se trouvaient des francs-maçons, notamment Marceau Pivert et cela n'était pas du goût de tout le monde. Lucien Chapelain en dénonça d'ailleurs trois membres qui se trouvaient à la direction du P.S.O.P.Jacques Kergoat, Marceau Pivert, socialiste de gauche , Paris, Éditions de l'Atelier/ Éditions Ouvrières, 1994 (La part des hommes), .. Membre de la Commission d'administration permanente (C.A.P.) du parti jusqu'au Pas de dates précises pour son retrait de la C.A.P. ., date à laquelle il entra en conflit avec ses membres qui refusaient l'activité semi-légale qu'il défendaitAinsi qu’Émile Rouaix et Henri Barré. et qui servirait de transition au passage à la clandestinitéJacques Kergoat, op. cit., .. La même année, il se retire du syndicat de l'AlimentationStéphane Colin, Le PCF dans la guerre. De Gaulle, La Résistance, Staline..., France, Éditions Ramsay, 1980, ..
À la suite de la distribution de tracts aux usines Renault de Boulogne-BillancourtJean-Pierre Besse et Claude Pennetier, Juin 40. La négociation secrète, Paris, Éditions de l'Atelier / Éditions Ouvrières, 2006, . le En compagnie de Raymond Lesergent, Paul Chodat et Maurice Goiron. critiquant la drôle de guerre, il fut arrêté et emprisonné à Fontevraud où il rejoint Émile Rouaix, Lucien Preiss, Maurice Jacquier et Daniel Hass. C'est le que Lucien fut jugé par le militaire de la Seine et condamné à cinq ans de prison. C'est lors de son emprisonnement dans l'abbaye qu'il rejoignit le P.C.F.L’exécution de Jean Catelas l'influença dans cette décision.. Il est libéré en 1942 grâce au P.O.P.F., organisation collaboratrice qui tente ainsi d'obtenir la sympathie des communistes français. Lucien rejoindra cette organisation et prendra part au Comité ouvrier de secours immédiatRemy Handourtzel et Cyril Buffet, La collaboration... à gauche aussi, Paris, Perrin, 1989 (Vérités et Légendes), .Autre organisation collaborationniste chargée d'aider les sinistrés.. Deux ans plus tard, le , il est déporté à Buchenwald où il rejoint la résistanceIl devint un des adjoints de Marcel Paul..
De retour de déportation, Lucien, ainsi que d'autres membres du P.O.P.F., est jugé en 1948 devant la chambre civique de la Seine. Il proteste en soulignant qu'il a adhéré au P.O.P.F. afin de le saboter de l'intérieur, mais il est condamné à cinq ans de Dégradation nationaleRemy Handourtzel et Cyril Buffet, op. cit., .. Il reprend pourtant une vie politique active en tant que représentant du Parti communiste. Durant la guerre d'Algérie, il est arrêté le après la manifestation du à la gare de Saint-Aignan-Noyers<ref name="SN171" >"Séance du ", dans Journal officiel de la République française, , 1956, .</ref> pour avoir organisé une manifestation « à l'occasion du départ des rappelés »Séance du 26 octobre 1956, dans Journal officiel de la République française, , 1946, .. Il est jugé par un tribunal militaire pour avoir tenté d'arrêter le train. En effet, l'enquête qui était d'abord civile devint ensuite militaire et condamné à sept moisJacques Maitron(éd.), op. cit., . à la prison de Fresnes.
Il meurt le , à l'âge de .
Vie privée Il est marié avec Mireille Chapelain, secrétaire particulière du président du conseil général de Seine-Saint-Denis. Ils ont deux enfants.
Prises de positions
Chapelain est un défenseur de la paix, ce qu'il montre dès 1937, lors des réunions des Jeunes SocialistesBeau meeting des J.S. à Clichy dans Le Populaire, , 2 décembre 1937, . et en 1956 en organisant quatre manifestations pour la paix en Algérie.
Il est inscrit dans le "Carnet B", liste des antimilitaristes qui pourraient mettre en danger la mobilisationJean Rabaut, Tout est possible ! Les gauchistes français 1929-1944, Paris, Denoël-Gonthier, 1974, ..
Fonctions
Il fut secrétaire de la section Saint-Denis.
Année(s) Fonction Élu conseiller municipal communiste de Bondy -1947 Maire-adjoint à Bondy 1945-1946 Membre du comité fédéral de la Seine-Est 1946-1948 Membre du comité fédéral de la Seine - Collaborateur du Comité central en Haute-Saône 1955-1956 Secrétaire de la section P.C.F. du Bondy À partir de Député suppléant de la circonscription de Seine-Saint-DenisJacques Maitron(éd.), op. cit., .
Il fut aussi le directeur de publication de la revue 93 hebdo'', hebdomadaire créé en 1990 qui servait de lien entre le P.C.F. et la Seine-Saint-DenisSophie Camard, Comment interpréter les statistiques des grèves ?, dans Genèses, , février 2002, ..
Il dirigea avec Daniel Anker l’Association des anciens déportés de Buchenwald.
Postérité
Une avenue à Bondy porte le nom de Lucien ChapelainVivre ici. Seine-Saint-Denis-Ouest. PagesJaunes 2014-2015, s.I., PagesJaunes, 2014, ..
Bibliographie
Notes et références
Notes
Références
Catégorie:Naissance en juin 1920 Catégorie:Naissance à Bondy Catégorie:Décès en décembre 2008 Catégorie:Décès à Sevran Catégorie:Personnalité du Parti ouvrier et paysan français Catégorie:Survivant de Buchenwald Catégorie:Déporté résistant Catégorie:Résistant communiste français Catégorie:Décès à 88 ans Catégorie:Naissance dans le département de la Seine