Un coteaux-du-pont-du-gard, appelé vin de pays des coteaux du pont du Gard jusqu'en 2009, est un vin français d'indication géographique protégée (le nouveau nom des vins de pays).
Histoire Pont du Gard Cette région recèle une richesse patrimoniale exceptionnelle avec bien sûr le pont du Gard, classé au patrimoine mondial de l’humanité, mais aussi Nîmes la romaine, le duché d'Uzès, Beaucaire ville d'eau, d'art et d'histoire et Sommières ville de marché depuis le Moyen ÂgeIGP coteaux-du-pont-du-gard. Le culte de Bacchus, dieu du vin, fut à l'honneur dès la colonisation romaine, comme l'atteste la présence de bas-reliefs à la gloire de Bacchus Hortanès (des jardins), assimilé à Priape, le dieu phallique : .
Un texte de Frédéric Mistral, La Lebre dou Pont dou Gard, daté de 1876, relate une légende qui transforme le bas-relief ithyphallique du pont du Gard en un lièvre. Pour le « bon peuple », un ouvrage aussi extraordinaire ne pouvait être œuvre humaine mais uniquement le fait du Diable. D'où la énième mouture d'un « pont du diable » expliquant que le Malin aurait reçu pour salaire un lièvre à la place d'une âme. Furieux, il l'aurait projeté sur une pile du pont transformant, pour les chrétiens, la représentation du symbole bachique en un innocent lépéridéLa légende du lièvre du Pont-du-Gard.
Cette mystification permettait aux locaux de continuer à exprimer régulièrement leur joie face à ce monument en se réunissant lors d'agapes concluent par une farandole. La postérité nous a légué une gravure de ces festivités, qui se sont déroulées en 1854Dancing the farandole at a fete at the Pont-du-Gard. Cette danse provençale était primitivement exécutée en cercle autour d'un feu puis se finissait en spirale pour appeler au retour du soleil. Le cercle, à l'identique de Bacchus/Dionysos, symbolisait le cours de la vie et synthétisait toutes les oppositions : le début et la fin, la naissance et la mort, l'origine et l'éternitéLaurent Sébastien Fournier, La fête au présent: mutations des fêtes au sein des loisirs, p. 363.Dionysos sur le site histoiredumonde.net. vignette|La farandole à la fête du Pont-du-Gard en 1854.
Création du nom Au milieu du , le département du Gard produit surtout du « vin de table » (VDT, les actuels VSIG) ; pour valoriser un peu cette production par une meilleure traçabilité, les pouvoirs publics instaurent le label « vin de pays » (VDP, créé en 1968), publié au JORF du ., d'où la reconnaissance en d'une première aire de production du « vin de pays des coteaux du Pont-du-Gard », concernant treize communes (Argilliers, Castillon-du-Gard, Collias, Estézargues, Fournès, Lédenon, Meynes, Remoulins, Saint-Bonnet-du-Gard, Saint-Hilaire-d'Ozilhan, Sernhac, Valliguières et Vers-Pont-du-Gard), publié au JORF du .. En 1976, se rajoutent six communes (Bezouce, Cabrières, Marguerittes, Poulx, Rodilhan et Saint-Gervasy), publié au JORF du . ; puis, en 1981, quelques conditions de production sont précisées (aire de , rendement maximum à , vins au moins à 10,5° d'alcool en blanc et 11° en rouge ou rosé), publié au JORF du numéro complémentaire..
Dans le cadre de la réforme de la filière viti-vinicole et de l'harmonisation européenne, les vins de pays changent de nom en 2009 pour devenir des indications géographiques protégées (IGP), publié au Journal officiel de l'Union européenne du . et dépendent désormais pour leur contrôle de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO). ; le vin de pays des coteaux du Pont du Gard devient donc le l'IGP , publié au Journal officiel de l'Union européenne C 187 du .. Le cahier des charges est publié en : cette IGP couvre désormais toute la moitié orientale du département (, intégrant d'autres ex-VDP : le vistrenque et le coteaux-flaviens) et autorise la production de mousseux, publié au JORF du ..
Mais, en 2012, la Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémant (FNPEC), craignant la concurrence, saisi le Conseil d'État pour faire annuler homologuant des cahiers des charges (pour autant d'IGP) autorisant du mousseux, au motif que ces documents ne démontraient pas suffisamment l'existence d'une antériorité de la production de mousseux. Le cahier des charges est modifié en (au passage, le rendement maximum pour les rouges passe de 80 à ), publié au JORF du .. La FNPEC obtient gain de cause en , annulant tous les passages mentionnant du mousseuxDécision du Conseil d'État du .. D'où les modifications du texte de référence en (les rosés passent de 90 à ; abandon du mousseux), publié au JORF du ., en (rosés à ), modifié par l'arrêté du publié au JORF du . et en (ajout de neuf VIFA), homologué par l'arrêté du publié au JORF du ..
Vignoble Aire de production
Le Languedoc et le Rhône méridional se partagent cette IGPIGP Coteaux-du-pont-du-gard sur le site vin-vigne.com puisque son vignoble s'étend des bords de la Méditerranée aux confins de l'Ardèche, de la Petite Camargue jusqu'à Pont-Saint-Esprit, en jouxtant les rives du Rhône.
vignette|gauche|Cave vinicole pilote de Gallician à Vauvert. vignette|Vignoble près de Fournès. vignette|gauche|Vignoble près de Saint-Alexandre. vignette|Vignes à Domazan. Ce vin peut être produit sur les communes suivantes du département du Gard : Aigues-Vives, Aimargues, Aramon, Argilliers, Aubais, Aubord, Aujargues, Bagnols-sur-Cèze, Beaucaire, Beauvoisin, Bellegarde, Belvezet, Bernis, Bezouce, Boissières, Bouillargues, Cabrières, Caissargues, Calvisson, Carsan, Castillon-du-Gard, Caveirac, Chusclan, Clarensac, Codognan, Codolet, Collias, Comps, Congénies, Connaux, Cornillon, Domazan, Estézargues, Flaux, Fournès, Fourques, Gallargues-le-Montueux, Garons, Générac, Jonquières-Saint-Vincent, Junas, La Roque-sur-Cèze, Langlade, Laudun-l'Ardoise, Le Cailar, Lédenon, Les Angles, Lirac, Manduel, Marguerittes, Meynes, Milhaud, Montaren-et-Saint-Médiers, Montfaucon, Montfrin, Mus, Nages-et-Solorgues, Nîmes, Orsan, Parignargues, Pont-Saint-Esprit, Poulx, Pouzilhac, Pujaut, Redessan, Remoulins, Rochefort-du-Gard, Rodilhan, Roquemaure, Sabran, Saint-Alexandre, Saint-André-d'Olérargues, Saint-Bonnet-du-Gard, Saint-Côme-et-Maruéjols, Saint-Dionisy, Saint-Étienne-des-Sorts, Saint-Geniès-de-Comolas, Saint-Gervais, Saint-Gervasy, Saint-Gilles, Saint-Hilaire-d'Ozilhan, Saint-Julien-de-Peyrolas, Saint-Laurent-d'Aigouze, Saint-Laurent-des-Arbres, Saint-Laurent-de-Carnols, Saint-Marcel-de-Careiret, Saint-Maximin (Gard), Saint-Michel-d'Euzet, Saint-Nazaire (Gard), Saint-Paul-les-Fonts, Saint-Paulet-de-Caisson, Saint-Quentin-la-Poterie, Saint-Siffret, Saint-Victor-la-Coste, Salazac, Sanilhac-Sagriès, Sauveterre, Saze, Sernhac, Sommières, Tavel, Théziers, Tresques, Uchaud, Uzès, Vallabrègues, Valliguières, Vauvert, Vénéjan, Vergèze, Vers-Pont-du-Gard, Vestric-et-Candiac et Villeneuve-lès-Avignon.
Orographie et géologie Compte tenu de son importance, cette zone comporte une grande diversité de terroirs. La vigne a colonisé tous les versants de collines. D'une façon schématique, celles-ci sont composées d'affleurements calcaire (urgonien) du sud de Collias au nord d'Argilliers, le reste étant composé d'affleurement de grès (miocène)Coteaux-du-pont-du-gard sur le site vin.lefigaro.fr.
Climatologie
Le climat, sec et ensoleillé, est dominé par le mistral dont les rafales peuvent dépasser les 100 kilomètres par heure et qui souffle une centaine de jours par an en moyenne dans la vallée du Rhône. Ce vent froid tend à relativiser les hivers doux. Les moyennes mensuelles varient entre pour janvier qui est le mois le plus froid et pour juillet qui est le mois le plus chaud.
L'influence méditerranéenne limite les précipitations et donne un été chaud ainsi qu'une aridité très marquée de la période estivale. Au contraire, l'automne est généralement la saison des perturbations orageuses méditerranéennes pouvant déverser des quantités d'eau remarquables en quelques heures. Sa position topographique, au creux des collines de garrigues, retient parfois de fortes chaleurs. Cette situation explique les importantes chaleurs estivales et les fréquentes inondationsCd Météo France – Pluies extrêmes sur le Sud de la France.
La neige au sol reste un phénomène relativement marginal, apportant en général moins de . Il n'est d'ailleurs pas rare de voir se succéder plusieurs hivers de suite sans sa présence. La dernière chute d'importance s'est produite de manière assez tardive au cours de l'épisode « orageo-neigeux » du avec pas moins de relevés à la station météo de Nîmes-Courbessac et plus de 30–40 cm sur les hauteurs des garrigues avec des congères, par endroits, supérieures à ..
Encépagement Cette IGP peut être produite avec un total de différents autorisés par le cahier des charges, dont depuis 2019 plusieurs « variétés d'intérêt à fin d'adaptation » (VIFA) : alicante Henri Bouschet NLe code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. ., Alphonse Lavallée N, altesse B, alvarinho B, aramon blanc B, aramon gris G, aramon N, aranel B, arinarnoa N, artaban N, arvine B, aubun N, bourboulenc B, brun argenté N, cabernet blanc B, cabernet cortis N, cabernet franc N, cabernet sauvignon N, caladoc N, cardinal Rg, carignan blanc B, carignan N, carmenère N, chardonnay B, chasan B, chasselas B, chenanson N, chenin B, cinsaut N, clairette B, clairette rose Rs, colombard B, côt N, couderc noir N, counoise N, danlas B, egiodola N, floréal B, gamay N, gamay de Chaudenay N, gewurztraminer Rs, grenache blanc B, grenache gris G, grenache N, gros manseng B, lival N, lledoner pelut N, macabeu B, Maréchal Foch N, marsanne B, marselan N, mauzac B, merlot N, mondeuse N, morrastel N, mourvèdre N, muscaris B, muscat à petits grains blancs B, muscat à petits grains rouges Rg, muscat à petits grains rosés Rs, muscat d'Alexandrie B, muscat de Hambourg N, négrette N, nielluccio N, petit manseng B, petit verdot N, pinot noir N, pinot gris G, piquepoul blanc B, piquepoul gris G, piquepoul noir N, portan N, riesling B, rivairenc N, roussanne B, sauvignon B, sauvignon gris G, sciaccarello N, sémillon B, servant B, soreli B, souvignier gris G, sylvaner B, syrah N, tannat N, tempranillo N, terret blanc B, terret gris G, terret noir N, ugni blanc B, verdelho B, vermentino B, vidoc N, viognier B, villard blanc B, villard noir N et voltis B.
Dans la pratique, pour les rouges et les rosés sont assemblés grenache, cinsault, carignan et syrah, cabernet-sauvignon, cabernet-franc et merlot. Les blancs sont surtout élaborés à base de chardonnay, sauvignon blanc, roussanne et marsanne.
Vins Le cahier des charges de l'IGP autorise sous le nom de coteaux-du-pont-du-gard la production de vins tranquilles rouges, rosés et blancs, ainsi que de vins de raisins surmûris dans les trois couleurs ; le nom du vin peut être complété par le nom d'un ou plusieurs cépages, ainsi que dans le cas des vins tranquilles par la mention « primeur » ou « nouveau ».
Gastronomie Les rouges et les rosés sont des vins à la robe chatoyante, d'un éclat profond. Leurs arômes sont marqués par les fruits rouges mûrs. Les blancs sont des vins frais et légèrement acides. Ces vins sont plus typés « rhône » que « languedoc ». En effet, les vignes bénéficient encore du microclimat et du terroir des côtes-du-rhône. C'est pourquoi, le vin rouge offre une très belle robe, rouge soutenu, avec des reflets violines, avec de l’éclat et de la brillance. Quant au vin rosé, encore plus typé « rhône », il se présente avec une robe rose soutenue, très élégante, et dégage, à l'agitation, un nez de fruits rouges, très net, type purée de fraise et de framboise, avec un côté vineux très marqué. Le vin blanc est un vin tout en rondeur et en fruit, très aromatique, habillé d'une robe jaune paille aux reflets vert pâle, limpide et brillante, avec beaucoup d’éclat.
Les dégustateurs professionnels ont noté que : .