vignette|Bannière anti-japonaise à Lijiang, Yunnan 2013. Le texte en chinois dit « Les japonais ne sont pas autorisés à entrer, vous désobéissez à vos propres risques ».

Le sentiment anti-japonais en Chine, qui est parmi les plus forts dans le monde, a des racines modernes (post-1868). Ce sentiment est souvent enraciné dans des conflits historiques ou nationalistes, en particulier par rapport à la controverse des manuels d'histoire japonais.

Le Japon moderne s'est emparé de concessions dans différentes zones de Chine vers la fin de la dynastie Qing. L'insatisfaction résultant de cette installation et des « Vingt et une demandes » par le gouvernement japonais a conduit à de graves opérations de boycott des produits japonais. L'amertume persiste en Chine relativement aux atrocités de la seconde guerre sino-japonaise et aux actions d'après guerre du Japon. Ce sentiment peut aussi être, au moins dans une certaine mesure, influencé par les questions raciales liées à la présence de .

Selon un sondage en 2014 de la BBC World Service, les Chinois dans leur ensemble observent le plus grand sentiment anti-japonais dans le monde, avec une proportion étonnante de 90 % de la population chinoise qui considèrent négativement l'influence du Japon et seulement 5 % exprimant une opinion positive. Le sentiment anti-japonais en Chine est à son plus haut en 2014 depuis que le premier sondage a été réalisé en 2006 et en hausse de 16 % par rapport à ce qu'il était l'année précédente.

Effets de la Seconde Guerre mondiale La plupart des raisons du sentiment anti-japonais en Chine peuvent être directement attribuées à la seconde guerre sino-japonaise qui était le premier théâtre de la Seconde Guerre mondiale. En conséquence de la guerre, la Chine a perdu de 7 à 16 millions de morts parmi les civils et 3 millions de victimes militairesThe real 'China threat' . Chalmers JohnsonThe Looting of Asia. Chalmers Johnson.. En outre, la guerre a provoqué quelque de $ de dommages et créé 95 millions de réfugiés. La Mandchourie est passée sous contrôle japonais en 1931 en tant qu'État dénommé Mandchoukuo. Par la suite, beaucoup de grandes villes dont Nanjing, Shanghai et Beijing ont été occupées par les Japonais à partir de 1937. Parmi les atrocités figure le massacre de Nankin. En Mandchourie, l'Unité 731, unité médicale de l'armée japonaise qui se livrait à des recherches sur les armes biologiques, a utilisé des civils chinois comme cobayes, appelés « rondins » humains dans les revues médicales. Des femmes de nombreux pays asiatiques, dont la Chine, ont été contraintes de servir comme prostituées dans des bordels militaires (souvent désignées comme « femmes de réconfort ») sous l'occupation japonaise.

Question d'après-guerre Il existe un profond ressentiment relatif à la vénération des anciens combattants de guerre japonais au Yasukuni-jinja où un certain nombre de criminels de guerre sont consacrés, traités comme des kami ou importants esprits, et le fait que le sanctuaire affirme ouvertement que le but de l'engagement militaire japonais en Asie était d'apporter prospérité et liberté aux Asiatiques. Cette situation est exacerbée par les tentatives de blanchir le rôle du Japon dans la guerre par certains manuels scolaires d'histoire, en assouplissant par exemple certaines déclarations et en en supprimant d'autres. Que certains médias populaires tels que des bandes dessinées, des livres, des films ou des documentaires illustrant l'implication du Japon dans des atrocités sont retirés en raison de sentiments nationalistes ou populaires contribue encore plus à cette image. À titre d'exemples, les critiques soulignent le retrait de l'ouvrage Le Viol de Nankin d'Iris Chang des programmes de publication et la censure de scènes du massacre de Nankin à la sortie en salles de cinéma japonaises du film Le Dernier Empereur..

La Chine a refusé les indemnités de guerre du JaponJoint Communique of the Government of Japan and the Government of the People's Republic of China dans le communiqué commun du gouvernement du Japon et du gouvernement de la République populaire de Chine de 1972 et le Japon a offert une APD (aide publique au développement) s'élevant à 3 milliards de milliards de yens (30 milliards de $, dont 90 % sous forme de prêts à faible intérêt). Au Japon, cela a été perçu comme un moyen de faire amende honorable vis-à-vis de la Chine pour l'agression militaire passée. Selon les estimations, le Japon représente plus de 60 % de l'APD reçue de la Chine. Environ 25 % du financement de tous les projets d'infrastructure de la Chine entre 1994 et 1998 - dont les routes, les voies ferrées, les systèmes de télécommunications et les ports - proviennent du Japon..

L'aide japonaise à la Chine a rarement été formellement rendue publique au peuple chinois par le gouvernement chinois, jusqu'à ce que le Japon annonce qu'il devait être mis fin à l'aide. Celle-ci a finalement été reconnue publiquement par le premier ministre chinois Wen Jiabao lors de son voyage d' au Japon

Un certain nombre de Chinois soupçonnent que les États-Unis, le Japon et Taiwan tentent de contenir la Chine. Le récent débat au Japon visant à réviser l'Article 9 de la constitution japonaise, la clause « Pas de guerre », est considéré avec suspicion comme indicateur d'une éventuelle remilitarisation. Le sentiment anti-japonais en Chine est également avivé par la qualification de plusieurs politiciens taïwanais importants (en particulier ceux qui prônent l'indépendance de Taïwan) comme des « chiens courant japonais » par les médias d'État.

Problèmes contemporains

vignette|gauche|250px|Placard dans un restaurant de Guangzhou : « Les Japonais et les chiens sont interdits ici ». L'expression fait allusion à une affiche dans la concession internationale de Shanghai, qui portait l'inscription « Les Chinois et les chiens sont interdits ici » vignette|gauche|250px|Des slogans anti-japonais peints sur le mur d'une maison à Luoyang, en Chine Les questions relatives à la Seconde Guerre mondiale continuent de générer du ressentiment en Chine. L'un de ces problèmes a trait à l'élimination par les japonais des armes chimiques laissées en Chine par les troupes japonaises à la fin de la guerre. La Convention sur l'interdiction des armes chimiques (CAC), entrée en vigueur en et le Mémorandum sur la destruction des armes chimiques japonaises abandonnées en Chine, signé le , demandaient au Japon se débarrasser des quelque armes chimiques abandonnées (estimation japonaise), mais le Japon n'a pas pu terminer les travaux à temps et a demandé une prolongation de cinq ans..

Les plaignants chinois qui poursuivent le gouvernement japonais relativement à des accidents causés par la mise au jour de gaz toxiques ont des difficultés à obtenir satisfaction auprès des tribunaux japonais. 43 personnes blessées dans un accident en 2003 et cinq parents d'une victime n'ont jusqu'à présent pas réussi dans leur demande d'1.43 milliard de yen (11.8 million de $, 9.1 million d'€) non plus que pour les frais médicaux et les pertes de revenu dus à des problèmes de santé.. Ces questions continuent à causer des sentiments négatifs.

Le , la Haute Cour de Tokyo a confirmé la décision d'une juridiction inférieure et rejeté les demandes d'indemnisation de quatre Chinois blessés et de la famille d'un mort à la suite de l'exposition à des armes chimiques abandonnées par le Japon en Chine à la fin de la guerre. Le juge Hiromitsu Okita a déclaré que le gouvernement japonais n'était pas responsable de la mort ou des blessures causées par les armes car il (le gouvernement) ne pouvait pas avoir effectué une recherche appropriée pour des armes dans un autre pays. Les plaignants avaient demandé un montant total de 80 millions de ¥ au gouvernement japonais. Le tribunal a déclaré que l'État n'était pas tenu de procéder à une recherche ou à payer des dommages-intérêts «  car il ne peut pas être dit que les défendeurs auraient pu empêcher le résultat » de la mort et des blessures dans l'affaire, selon Japan Times. Au moins pièces d'armes chimiques ont été enterrées par le Japon en Chine et les informations relatives aux sites ont été détruites par l'armée japonaise selon le ministère japonais des Affaires étrangèresMOFA: Budget for the Destruction of Abandoned Chemical Weapons in China. De telles poursuites avaient été entamées auparavant mais jusqu'à présent les tribunaux japonais ont rejeté la plupart des réclamations déposées par les victimes individuelles de crimes de guerre durant la Seconde Guerre mondiale.

En , le Premier ministre japonais Shinzo Abe déclenche une controverse à propos des « femmes de réconfort ». Un groupe d'environ 120 législateurs du parti au pouvoir de M. Abe veut que le premier ministre reviennent sur les excuses officielles. Les législateurs prétendent qu'il n'y a aucune preuve suggérant que l'armée japonaise a été directement impliquée dans la contrainte des femmes. Ils promettent de présenter au gouvernement une pétition la semaine suivante exigeant une réécriture des excuses qu'ils considèrent comme une tache sur l'honneur national du Japon. M. Abe a déclaré aux journalistes dans son bureau de Tokyo qu'il partageait la conviction qu'il n'y avait aucune preuve directe de l'implication de l'armée. « Le fait est qu'il n'y a aucune preuve pour prouver qu'il y a eu contrainte » a-t-il dit selon le LA Times. M. Abe a déclaré que le gouvernement allait coopérer avec une étude qui sera menée par un groupe de députés du Parti libéral-démocrate sceptiques sur les revendications selon lesquelles des milliers de femmes asiatiques ont été forcées de travailler dans des bordels militaires japonais avant et pendant la seconde guerre mondiale selon The Guardian.. Après la condamnation de la communauté internationale, M. Abe a présenté des excuses, déclarant : « J'exprime ma sympathie pour les tourments qu'elles ont endurés et présente mes excuses pour la situation dans laquelle elles se sont trouvées », devant la législature lorsqu'il a été interrogé sur ce qu'il dirait aux survivantes âgées du système des « femmes de réconfort ». « En tant que Premier ministre, j'exprime ici mes excuses » selon le LA Times.

Les visites régulières de politiques japonais au Yasukuni-jinja et la récente approbation d'un manuel scolaire qui minimise le massacre de Nankin et le rôle des esclaves sexuelles dans l'Armée impériale japonaise ont encore davantage excité le sentiment chinois. La campagne du Japon pour devenir un membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies a rencontré une vive opposition parmi la population chinoise et les îles Diaoyu / îles Senkaku, actuellement contrôlées et revendiquées par le Japon mais aussi revendiquées à la fois par la RPC et la RDC, points qui continuent d'être une pierre d'achoppement et un foyer symbolique de sentiment anti-japonais en Chine.