L'église Notre-Dame-de-l'Assomption est une église catholique paroissiale située à Frémécourt, dans le Val-d'Oise, en France. Elle associe un petit chœur de la Renaissance, qui ne manque pas d'attrait, à un transept et une nef en partie romans, qui ont perdu tout caractère lors des remaniements successifs. Le clocher est lui aussi roman, et se distingue par le passage vers un plan octogonal au-dessus de l'étage de beffroi, mais c'est sinon une construction banale. Le portail de la nef est placé sous l'influence du Classicisme, et semble dater des alentours de 1700, quand l'église a risqué l'effondrement et devait être réparée. À l'intérieur, l'élément le plus remarquable sont les fonts baptismaux richement sculptés du . La sculpture des chapiteaux et clés de voûte du chœur se signale par son éloignement des conventions de la Renaissance, et l'originalité de ses motifs. L'église est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du .. Elle attend encore sa restauration. Avec seulement deux messes dominicales par an et quelques célébrations particulières, la vie spirituelle s'est pratiquement éteinte.
Localisation
L'église Notre-Dame-de-l'Assomption se situe en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, dans le Parc naturel régional du Vexin français, sur le plateau qui domine à l'est la vallée de la Viosne, sur la commune de Frémécourt, au milieu du village, près du carrefour rue de Cléry / rue des Petites Fontaines. La façade occidentale donne sur le carrefour, et est précédée d'une petite place, qui sert de parking. La mairie de Frémécourt se trouve au nord de cette même place. L'église est bâtie sur une terrasse, qui domine légèrement le carrefour et la rue de Cléry, grâce à un mur de soutènement. Il faut gravir une dizaine de marches d'escalier pour accéder au portail. De cette façon, la façade est bien exposée à la vue, alors que le manque de recul ne permet guère d'apprécier l'élévation méridionale. Il n'y a qu'une étroite bande de terrain entre le mur de l'église et le mur de soutènement ; c'est une partie de l'ancien cimetière. Le chevet donne sur une propriété privée, depuis la voie publique, il n'est visible que de loin. L'élévation septentrionale donne sur la cour de l'école, qui n'est pas non plus accessible au public.
Historique thumb|upright|left|Nef, vue vers l'est.
La partie la plus ancienne de l'église actuelle est le clocher roman. Dans le cadre d'une étude de l'ensemble des clochers romans du Vexin français et du Pincerais, Pierre Coquelle le classe parmi les clochers du , ce qui n'est pas précis. Il se base sur les quatre piles carrées, sur lesquelles le clocher repose.. Bernard Duhamel se fonde sur le même critère pour dater le clocher de la fin du , sachant que l'architecture romane n'apparaît guère dans la région avant cette époque (dernier tiers du ). Le clocher s'élève au-dessus du croisillon sud du transept, et non au-dessus de la croisée du transept, contrairement à la règle dans le Vexin, ainsi que dans le Beauvaisis et dans le Valois. Rares sont les églises dans le même cas : Acy-en-Multien, Bourdonné, Cramoisy, Davron, Fontenay-en-Parisis, Juziers, Goussainville, Lierville, Limay, Nesles-la-Vallée, Tracy-le-Val (croisillon nord). Puisque le clocher fait partie du transept, celui-ci devrait remonter à la même époque, mais aucun élément spécifiquement roman n'y est plus visible. La nef elle aussi est romane, ce que son absence de caractère ne révèle pas. On le sait seulement avec certitude, depuis qu'une petite fenêtre en plein cintre a été découverte dans l'appareil du mur sud, au cours des années 1980.. À la période gothique, le transept est apparemment remanié pour une première fois, comme le donnent à penser les arcades en tiers-point autour de la croisée du transept et à l'est du croisillon sud, ainsi que la baie en arc brisé du croisillon sud. thumb|upright|Clocher, vue depuis le sud.
En ce qui concerne les voûtes, Bernard Duhamel écrit que . Ceci est évident, mais manque encore de précision, et suggère l'existence de voûtes dans les croisillons, qui en sont en réalité dépourvus. Bernard Duhamel devient plus concret à propos du chœur et de ses deux chapelles latérales, dont les caractéristiques stylistiques indiquent , c'est-à-dire, le milieu du . En septembre 1697, le grand vicaire de Pontoise, Vincent de Marais, constate le mauvais état de l'édifice et défend d'y célébrer des messes avant qu'elle ne soit reconstruite. Cette reconstruction autour de l'an 1700 porte sur le remplacement du portail en façade de la nef, dont le décor reste inachevé ; le repercement de certaines fenêtres ; et vraisemblablement sur des reprises en sous-œuvre dans le carré du transept et dans le chœur, où les tailloirs sont de simples dalles carrées.. Bernard Duhamel estime que les voûtes et clés de voûte sont très restaurées, ce qui est un avis surprenant, puisque toute l'église est badigeonnée, et les détails disparaissent sous les couches de badigeons. L'église a été inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du . Son intérieur n'a pas encore bénéficié d'une restauration depuis cette date.
Le village de Frémécourt n'est attesté pour la première fois qu'en 1190, quand son seigneur s'appelle Eudes de Frémécourt. À cette époque, l'église romane de Frémécourt existe déjà depuis deux générations. Elle est au titre de l'Assomption de Notre-Dame. L'histoire de la paroisse reste à écrire, et en l'absence de publications, seulement les principales repères peuvent être évoquées. Du temps de l'Ancien Régime, la paroisse de Frémécourt relève de l'archidiocèse de Rouen, et la cure est à la collation de l'archevêque de RouenAnonyme, Frémécourt et Artimont vers 1730, notice contemporaine conservée aux archives municipales et affichée dans l'église.. Sous la Révolution française, le nouveau diocèse de Versailles est créé pour regrouper les paroisses sur l'ensemble du territoire du département de Seine-et-Oise. Dans le cadre de la refonte des départements d'Île-de-France et de la création du département du Val-d'Oise, le nouveau diocèse de Pontoise est érigé en 1966. Frémécourt n'est à présent plus une paroisse indépendante, et est affilié à la paroisse d'Avernes et Marines. Elle regroupe un total de trente-quatre villages. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Notre-Dame-de-l'Assomption seulement deux fois par an, en fin d'été et au printemps, le samedi soir ou le dimanche, sans rythme fixe..
Description thumb|Plan de l'église.
Aperçu général
Régulièrement orientée, l'église répond à un plan symétrique assez simple, et se compose d'une nef unique non voûtée ; d'un transept, dont le croisillon sud sert de base au clocher ; et d'un chœur de deux travées au chevet plat, qui est accompagné de deux collatéraux ou chapelles latérales de même longueur. Une petite sacristie flanque le collatéral sud. Le carré du transept, le chœur et ses collatéraux sont voûtés d'ogives ; les croisillons sont simplement plafonnés. L'on accède à l'église par le portail occidental ; une petite porte aujourd'hui désaffectée existe également à l'ouest du croisillon nord. La structure des toitures ne reflète pas tout à fait le plan, car chœur et transept sont couverts ensemble par un toit à croupes, dont émerge le clocher coiffé d'une flèche octogonale en charpente, recouvert d'ardoise. La nef possède un toit indépendant à deux rampants faiblement inclinés, avec un pignon dominant la façade occidentale.
Intérieur Nef thumb|upright|Nef, vue vers l'ouest.
La nef est une construction plus que sommaire, et appartient au type de la nef-grange largement répandu en milieu rural. C'est une salle rectangulaire relativement élevée, avec une charpente apparente non lambrissée, et sans la moindre décoration architecturale. Le dallage du sol est ancien, et réalisé partiellement avec des pierres tombales en pierre calcaire retournées ou effacées, et sinon avec des tomettes en terre cuite. Les murs sont enduits et peints de blanc. En haut du pignon, l'enduit est tombé et fait apparaître un appareil de moellons irréguliers, alors que des pierres de taille affleurent au niveau des allèges. L'unique critère qui permettrait de définir le nombre de travées de la nef serait le nombre de fenêtres dans les murs gouttereaux. Elles y sont au nombre de deux tant au nord qu'au sud ; une cinquième fenêtre est percée dans les parties hautes du mur occidental. Ces fenêtres sont relativement grandes et sans ébrasement au nord et à l'ouest, mais au double ébrasement au sud. Les dimensions de ces fenêtres ne permettent pas de les faire remonter à la période romane. Celles qui présentent un double ébrasement, qui du reste n'est pas très prononcé, peuvent dater de l'époque de la construction du chœur, au milieu du . Les autres datent certainement des alentours de 1700, quand le portail fut refait. À l'ouest, la nef communique avec la croisée du transept moyennant une haute et large arcade en tiers-point, qui n'est pas moulurée, ni même chanfreinée. Elle retombe sur les grosses piles carrées de la croisée du transept, dont le décor se résume à la faible saillie de l'assise située au niveau des impostes, qu'il serait exagérée de qualifier de bandeau mouluré. Cette arcade devrait être antérieure à la construction du chœur, car l'arc en plein cintre y est déjà de nouveau employé (depuis la période romane). Une datation ne serait possible qu'à travers d'autres éléments susceptibles de résulter de la même campagne de travaux. Pour revenir à la charpente, elle est récente, à l'exception toutefois des poinçons, qui sont peints en gris et ont les extrémités moulurés. Une tribune en charpente, munie d'une balustrade en bois tourné, occupe la partie antérieure de la nef.
Transept thumb|upright|Croisée du transept, vue vers l'ouest.
La croisée du transept est cantonnée de quatre grosses piles en pierre de taille, qui ont déjà été décrites dans le contexte de l'arcade vers la nef. Cette disposition fait ressembler le carré du transept à une base de clocher, ce qui n'a pourtant jamais été le cas. C'est par un souci de symétrie que les deux piles du nord ont été calquées sur celles qui supportent réellement le poids du clocher, au sud. En les regardant depuis le croisillon et le collatéral nord, on peut se rendre compte que leur épaisseur est réduite. — L'arcade vers la nef est à la fois plus élevée et plus large que celles vers les croisillons, qui sont également en tiers-point. Ceci indique une reprise en sous-œuvre à la période gothique, ou sinon met en question la datation aussi haute du clocher et des parties romanes de l'édifice, qu'il faudra ainsi considérer comme datant des années 1130 / 1140L'arc brisé n'est pas employé pour les arcades avant le second quart du ; cf. ; p. 139.. D'autres exemples de reprises en sous-œuvre de bases de clocher et transepts romans existent. À Villers-sous-Saint-Leu notamment, on trouve des arcades en tiers-point du sous un clocher du second quart du . À Vaudancourt, la base du clocher du début du est de style flamboyant. À Rully et Sarcelles, l'existence même d'un clocher au-dessus de la première travée du chœur ou de l'ancienne croisée du transept n'est plus évidente, grâce à des remaniements gothiques plus sophistiqués. À Jouy-le-Moutier, de nombreuses campagnes de construction s'enchevêtrent.