Charles Delzant, né Charles Letot à Fresnes-sur-Escaut (Nord) le et mort le à Paris, est militant anarcho-syndicaliste, secrétaire de la Fédération nationale des verriers de 1920 à 1927, directeur du journal La Voix des verriers dont la rédaction se situe à la maison du peuple rue de la Pyramide à Aniche.
Biographie
thumb|Charles Delzant Letot, acte de naissance du 3 janvier 1874 à Fresnes-sur-Escaut. thumb|Aniche maison du peuple. Charles Delzant né le à Fresnes-sur-Escaut, il porte d'abord le nom de sa mère Eugénie Letot qui a dix-sept ans lors de son accouchement. Sa naissance est déclarée par la sage-femme avec comme témoins les gardes-champêtres de la commune. Son père Hubert Camille Delzant le reconnaissant plus tard comme enfant légitime.
Il travaille tôt comme ouvrier verrier.
Une crise verrière se déclare en 1886 rendant les conditions de vie des verriers très difficile.Il fonde en 1896 L'union des verriers de Fresnes-sur-Escaut puis le groupe L'action directe à Fresnes-sur-Escaut en 1900.
Il joue, en 1900, un rôle important dans la grève des verriers à vitres d’Aniche et d’Escautpont. Il devint en 1904 secrétaire général de l’Union syndicale des ouvriers verriers à bouteilles de Fresnes et d’Escautpont et rédacteur de La Voix des verriers. Du à sa démission en 1902, Pierre Monatte est pion dans divers collèges du Nord Dunkerque, Abbeville, Le Quesnoy, Arras et Condé-sur-Escaut où il rencontrera Charles Delzant. Ils animeront ensemble des cercles de pensées.
Il était également, depuis sa fondation en 1902, secrétaire général de la fédération nationale des Verriers dont le siège sera à Aniche à la maison du peuple. Vers 1905, Delzant était un des leaders de l’anarcho-syndicalisme dans le département du Nord.
Au congrès national corporatif, le de la CGT tenu à la Bourse du Travail de Paris en , il représentait le syndicat des verriers à vitres de Fresnes-sur-Escaut.
Il assista également au congrès, Bourges, , au congrès, Amiens, . Charles Delzant représente les syndicats verriers de Charleville, Masnières, Fresnes-Escautpont, du verre-noir de Bordeaux et de Dorignies.
Signataire de la Charte d'Amiens adoptée en octobre 1906 par le de la CGT et la Charte d'Amiens rédigée par Émile Pouget et présentée par Victor Griffuelhes reste une référence théorique du syndicalisme en France, en particulier du syndicalisme révolutionnaire et du syndicalisme de lutte
Benoît Broutchoux en dénonçait la volonté des francs-maçons d'accaparer le mouvement syndical en s'emparant de la Confédération générale du travail, Charles Delzant écrivait en 1908
Après la grève de Draveil-Villeneuve-Saint-Georges juillet en 1908 où plusieurs grévistes sont tués pendant les manifestations, le « premier flic de France » fait arrêter 31 dirigeants de la CGT après la manifestation du 30, dont notamment le secrétaire général Victor Griffuelhes, le rédacteur en chef de La Voix du Peuple Émile Pouget, le secrétaire de la Fédération des Bourses du travail Georges Yvetot, le secrétaire de la fédération des Cuirs et Peaux Henri Dret qui est amputé d'un bras. Pierre Monatte, ami de Delzant, responsable de l'imprimerie, s'exile quant à lui en Suisse. Charles Delzant parvient à se présenter au congrès, Marseille, , ce congrès comme Alphonse Merrheim qui participera à la conférence de Zimmerwald avec Lénine et Trotsky. Il est également présent au congrès de Toulouse en .
Avant la Première Guerre mondiale, Delzant encourut plusieurs condamnations pour son action syndicale et notamment, par défaut, le , par le tribunal correctionnel de Valenciennes, un an de prison et d’amende pour « apologie du pillage et du vol ». Il collaborait à l’hebdomadaire syndicaliste révolutionnaire du Pas-de-Calais L’Avant-Garde (Lens, - au ) ainsi qu’aux Temps nouveaux de Jean Grave.
Il est également un des hommes noyau de la Vie ouvrière le journal de la CGT
Trotski, à sa demande et par l’intermédiaire de Julius Martov approche Pierre Monatte qu'il rencontre régulièrement quai Dampierre à Paris. Il veut créer une union avec le monde des syndicats, Pierre Monatte pour les mineurs, Delzant pour les verriers
Inscrit au Carnet B, Delzant fut mobilisé en 1914 dans un régiment d'artillerie. Rallié à la politique d’union sacrée il poursuivait après guerre sa carrière syndicale puis adhéra à la SFIO.
En il est secrétaire de la Fédération internationale des verriers réélu en 1927 et 1932.
Membre de la de la SFIO de la Seine et membre de la commission administrative de la CGT.
Charles Delzant est décédé à Paris, 4 rue de la Chine, le .
La Voix des verriers thumb|La Voix des verriers du 15 juillet 1905. thumb|La Voix des verriers du 15 décembre 1907.
La Voix des verriers est un journal mensuel dont la première parution date de .
La Voix des verriers dénonce la mortalité des enfants de 30 % à 25 ans. Les porteuses de canons portent trois canons de verre un sous chaque bras et un sur l'épaule. Après plusieurs accidents mortels, l'inspecteur du travail interdit le port de 3 canons. La mise à pied de 30 verriers pour avoir quitté le four à cause des fortes chaleurs, etc.
Grégoire Nicolas, le , tombe égorgé à 13 ans par un canon de verre qui se brise. La même année c'est Bourriez dans une autre verrerie. Les canons de verre sont aussi dénommés La guillotine. Le , La Voix de verriers relate des enfants travaillant de nuit, s'endormant debout contre les murs et victimes de sévices de leurs ainés.
Charles Delzant dénonce aussi des enfants, apprentis verriers, mis en cellules pour des espièglerie ou peccadilles. Enfants regroupés dans des Bâtarderies encadrés par des padroni ..
L'anarchiste Benoît Broutchoux, opposant à Émile Basly, qu'il considérait comme un traître passé du côté des patrons, organise le à la Maison du peuple d'Aniche une conférence sur la vie chère.
L'abbé Lemire, député d'Hazebrouck, reprend les témoignages de Delzant et publie son rapport intitulé Le travail de nuit des enfants, dans les usines à feu continu et évoquant le travail en verrerie notamment à Arques où des enfants placés par l'abbé Santol sont pires que des prisonniers.
En 1911 Raoul Hancart démissionne du syndicat et de la fédération. La Voix des verriers s’arrête. Il est remplacé par Roger Schneider; comme président et Joseph Humez comme secrétaire-trésorier. Roger Schneider milite aussi pour l'amour libre, c'est un libertaire connu.
Charles Delzant décrit la condition verrière le dans la Voix de verriers et
La Voix des verriers dans le du dénonce le travail des fillettes près des fours
Œuvres Le Travail de l’enfance dans les verreries, Publication des Temps nouveaux de Jean Grave , 1912, 20 p., texte intégral sur gallica.bnf, . Les Verriers, collection de la Revue Médico-Sociale, 1920.
La Voix des verriers Le traitement des enfants en verrerie, , extraits en ligne.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Pierre Monatte
Bibliographie Armand Boutillier du Retail, Documentation sur Charles Delzant, Dossiers biographiques, Paris, L'Atelier, 1943, . .
Notices Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, tome 12, 1974, pages 17–18. Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social : notice biographique. Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : notice biographique. Catalogue général des éditions et collections anarchistes francophones : Le Travail de l’enfance dans les verreries. Centre international de recherches sur l'anarchisme (Lausanne) : notice bibliographique. Estel Negre : notice biographique et iconographie.
Liens externes
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