Les Îles Cies (Illas Cíes en galicien et Islas Cíes en castillan) sont plusieurs îles, appartenant à la municipalité de Vigo, une ville de la communauté autonome espagnole de Galice, dans la province de Pontevedra. Elles forment un archipel situé dans l'embouchure de l'estuaire portant le même nom, dans les Rías Bajas (Rías Baixas en gallego). Cet archipel est composé de trois îles distinctes : l'île du Nord, appelée Monteagudo, l'île médiane, appelée Do Faro, et l'île du Sud, San Martiño. Les deux premières se rejoignent par une plage naturelle, la Praia de Rodas, et par un brise-lame artificiel. Toutes trois sont orientées selon un système de fractures terrestres parallèles à la côte, dans la direction nord-sud.

Elles se trouvent à de la ville de Vigo, d'où l'on peut y accéder grâce au passage régulier d’un ferry. On peut également y accéder depuis la ville de Baiona, un peu plus au sud.

Les Îles Cíes ont été déclarées réserves naturelles en 1980, et incluses dans le parc national des Îles Atlantiques de Galice, créé en 2002. Il s'y trouve en effet une importante biodiversité, de nombreuses espèces végétales et animales de toutes sortes.

En février 2007, le journal britannique The Guardian a élu la plage de Rodas, sur l'île de Monteagudo, comme « plus belle plage du monde ».

En novembre 2013, la municipalité de Vigo a engagé une procédure visant à inclure les Îles Cies dans le patrimoine de l'Humanité, procédure qui reste actuellement sans réponse de la part de l'UNESCO. La Municipalité de Vigo, qui possède l'archipel des Cíes, a déjà avancé une partie des nécessaires à la constitution du dossier. Elle a plaidé auprès de l'UNESCO en invoquant les « excellentes » valeurs écologiques et environnementales des îles Cíes. Le maire de Vigo, Abel Caballero, a déclaré qu'elles étaient « une enclave naturelle des valeurs universelles, un joyau inégalable au milieu de la civilisation ».

L'archipel

L'archipel est composé de trois larges îles : l'île du Nord (Illa Norte, en gallego) est appelée Illa Monteagudo, l'île « médiane » (Illa do Medio) est appelée Illa Do Faro (littéralement « Ile du Phare ») et l'île du Sud (Illa Sur) est nommée Illa San Martiño.

L'île de Monteagudo est séparée de la côte par le canal orienté nord-sud, et de l'île de San Martiño par une étendue d'eau d'environ , appelée Freu da Porta. Cependant, l'île du Phare est attachée à l'île du Nord par une plage naturelle de sable, qui forme la plage de Rodas, longue de .

Le plus haut sommet de l’archipel se situe sur l'île de Monteagudo, sur l'Alto das Cíes, haut de , avec une superficie de .

La formation géologique de l’archipel est datée de la fin du Tertiaire, lors de l'affaissement de certaines parties de la côte qui ont plongé dans la mer. Les îles sont montagneuses, présentant en leur centre des falaises presque verticales de plus de , ainsi que de nombreuses grottes (furnas) formées par l'érosion de la mer et du vent. Les côtes sont plus douces, couvertes de forêts et de maquis, et de quelques plages d'un sable très fin.

La faune et la flore des Îles Cíes sont très variées, l'archipel abritant une vaste biodiversité d'espèces de fleurs, d'arbres et d'arbustes, d'oiseaux, de mammifères…

L'archipel des Cíes est inclus dans le parc national des Îles Atlantiques de Galice institué en 2002, qui regroupe également les îles Ons, toutes proches de là, l'île de Sálvora et celle de Cortegada (l'île de Tambo et l'archipel de Sisargas prétendent aussi à l'intégrer). L'écosystème entier de ce parc abrite ainsi plus de d'algues marines, et de nombreuses espèces de mollusques, d'anémones et de coraux.

Flore

Les sous-bois se composent essentiellement de plantes autochtones de type Fabaceae, de fougères, de Thymèles, de Cistes, d'ajoncs… Les forêts de l'archipel ont pourtant souffert de véritables modifications, et certaines espèces comme le figuier, ou le chêne tauzin, ont presque disparu de l'île. Afin de combler le vide, des pins et des eucalyptus ont été replantés par la suite, sur près du quart de la superficie du parc. Cependant, les vents forts propres à cette côte, ainsi que l'altitude, rendent difficile la culture d'arbres sur l'archipel. Ainsi, on y trouve beaucoup d'arbustes et de buissons d'espèces diverses.

Sur les dunes, les plages et les falaises se maintiennent certaines espèces, dont certaines sont endémiques sur le littoral galicien et portugais, typiques de ce genre de côtes, aptes à survivre à des conditions météorologiques extrêmes. On note par exemple la présence de plantes telles que l'Armeria pungens, qui est en voie d'extinction, ou de Corema album, qui n'est retrouvée qu'en Galice, au Portugal, en Andalousie et en Aquitaine.

Dans les lagunes, on rencontre des plantes communes aux zones marécageuses, comme le roseau.

Faune

Les de goélands leucophée présents sur l'archipel forment la plus grande colonie au monde de cette espèce, dominante dans les Îles Cies. Vient ensuite le cormoran huppé, avec , et la mouette tridactyle, avec seulement recensés. En 1960, d'individus de l'espèce Uria aalge albionis vivaient sur l'archipel, dont ils ont aujourd'hui quasiment disparu. Il s'y trouve également de nombreux autres spécimens de rapaces, de Colombes, de Puffins, de Fous de Bassan, de Tourterelles, de Pics, et d'autres oiseaux de différentes sortes, nichant pour la plupart dans les arbres et les falaises. Quelques espèces d'oiseaux y font aussi halte lors de leur migration. Sur l'Alto da Campá (sur l'île du Phare) et sur le Faro faire Peito (sur l'île de San Martiño), deux massifs rocheux, se trouvent d'ailleurs des observatoires ornithologiques, mis à disposition des visiteurs. Sur l'île du Phare se trouve également une classe nature, où sont enseignées les différentes espèces que comptent les trois îles.

Le lapin, le hérisson et la loutre sont les seuls mammifères à vivre dans l'archipel, avec les musaraignes, les campagnols et les chauves-souris, ainsi que quelques autres espèces de taille moindre et de quantité plutôt rare. De nombreux reptiles complètent cependant cette liste, représentés par divers types de lézards, d'individus du groupe Lacertilia et de serpents. On y trouve aussi des amphibiens (Dans une moindre mesure, à cause de la rareté de plans d'eau douce), des salamandres, et des invertébrés tels que des escargots, des coléoptères, des araignées et des papillons.

Fonds marins La zone sous-marine de l'archipel constitue aujourd'hui l'un des écosystèmes les plus riches de la côte galicienne. Elle se remarque notamment par la présence abondante d'un immense bosquet aquatique de varech. thumb|Les eaux peu profondes des lagons recèlent des espèces aquatiques diverses et variées. Le périmètre des îles possède différents types d'environnement : ainsi, les falaises, exposées à de fortes vagues, sont envahies de bernaches et de moules. Dans la partie sous-marine, très caillouteuse, il se trouve de nombreux crabes, araignées de mer, homards et poulpes. Les zones sableuses se trouvant dans les aires protégées hébergent des mollusques bivalves, des turbots, des plies et des soles, épargnés par la pêche. Les zones rocheuses, à l'intérieur des îles, elles aussi protégées, sont peuplées de véritables « forêts » d'anémones et d'oursins.

Habituellement, les eaux entourant l'archipel sont régulièrement visitées par des dauphins, des baleines, et des tortues de mer de différentes sortes.

Le système de circulation des eaux, qui entrent et sortent des estuaires de Galice, ainsi que le mélange des eaux douces et salées, favorisent la concentration de nutriments et de micro-organismes, qui constituent une source de nourriture pour les espèces marines vivant autour de l'archipel.

Des vestiges archéologiques ont été retrouvés dans les fonds marins des îles Cies, tels que plusieurs navires qui auraient coulé tout près des côtes. Cela est entre autres dû à l'établissement d'un grand nombre de pirates et de corsaires dans l'archipel et aux alentours, dès le .

La réserve naturelle vignette|Vue sur les îles Cies. En 1980, les îles Cíes ont été déclarées réserve naturelle, en raison de la haute valeur naturelle de leurs espaces, de l'importante biodiversité qui s'y trouve, et de la rapide détérioration dont elles ont été victimes en raison des activités humaines, qui ont proliféré durant les années qui ont suivi l'arrivée massive de touristes. Durant des années, la protection juridique de l'archipel s'est peu à peu modifiée, jusqu'à ce que, le , le Parlement de Galice décide à l'unanimité de réclamer la déclaration des Cíes en tant que parc national. Le Congrès des députés a donné l'accord ultime, en juillet 2002, quant à la création du parc national maritime et terrestre des Îles Atlantiques de Galice, formé par l'ensemble des archipels et des îles que sont les Cíes, les îles Ons, Sálvora, Noro, Vionta, Cortegada et Malveiras.

Situation écologique actuelle Malgré la protection de l'archipel par la Junte de Galice, soucieuse de préserver son importante valeur écologique, celui-ci est affecté, comme le reste de la côte de Galice, par de nombreux problèmes d'ordre environnemental tels que l'inquiétante pollution que l'industrie et la pêche produisent encore. L'activité industrielle est importante, et l'intense trafic que génèrent le port commercial et le port de plaisance de la ville de Vigo font de cet estuaire l'un des plus contaminés par les métaux lourds en Galice. Le nombre élevé de plages sur les côtes de l'estuaire favorise aussi un important développement de coliformes fécaux. Beaucoup de ces plages perdent du sable à une vitesse excessive.

La côte galicienne est aussi une route majeure du trafic pétrolier. Certains de ces navires, adoptant un comportement irresponsable, nettoient leurs réservoirs près de l'archipel. En outre, les conditions météorologiques de la zone favorisent les accidents maritimes. Ainsi, l'huile déversée lors de ces accidents pollue aujourd'hui gravement l'estuaire.

Les catastrophes les plus récentes sont celles, entre autres, du Polycommander, qui, le , s'est échoué dans les Cies, tandis qu'il tentait d'entrer dans le port de Vigo, et a déversé des de pétrole brut léger qu'il transportait. On note aussi le naufrage de l'Urquiola, qui s'est échoué à La Corogne en 1976 et a déversé de pétrole brut, celui du Andros Patria en 1978, près du cap Ortegal, déversant de pétrole et tuant 34 des d'équipage ; ou, encore, celui du Prestige, en 2002, l'une des plus grandes catastrophes qu'aient connues les côtes de Galice.

Le naufrage du Prestige Le Prestige est un pétrolier construit au Japon, immatriculé aux Bahamas, qui transitait alors entre la Lettonie et Gibraltar. Le , il lance un appel de détresse alors qu'il est pris dans une tempête, au large du cap Finisterre. Dans son flanc droit s'ouvre alors une brèche longue de . Si la cause de cet accident n'est pas officiellement connue, les témoignages des marins laissent penser à une collision avec un conteneur, un objet flottant, ou à une vague scélérate. Après avoir perdu de fioul lourd, la coque du Prestige ne se brise entièrement que le , avant de sombrer, et de perdre des de fioul qu'il transportait. Il s'agit donc, selon ces chiffres, de la plus grande catastrophe de ce type qu'aient dû supporter les zones touchées : la Galice, le Portugal, mais aussi une partie de la côte ouest de la France, le Pays basque, les Landes, l'Aquitaine et la Bretagne, subissent une marée noire gigantesque qui souille gravement les bords de mer.

Afin de limiter les dégâts déjà causés, un sous-marin Nautile est envoyé à proximité de l'épave du Prestige, coulé par de fond, afin de sonder l'étendue des fissures, après quoi le groupe Repsol lance un dispositif de perçage sur le navire, visant à recueillir le reste du fioul dans des poches, récupérées en surface.