Miguel António do Carmo de Noronha de Paiva Couceiro ( à Cascais – , Lisbonne), comte de Paraty, est un militaire et administrateur colonial portugais qui a occupé le poste de gouverneur de Diu. Dans la vie civile il est industriel (fabrication de sucre de canne), dirige la "Compagnie Colonial do Búzi" au Mozambique et fonde la "Açucareira de Moçambique". Il est aussi l'auteur de plusieurs travaux à caractère historique, héraldique et généalogique.

Biographie Miguel António do Carmo de Noronha de Paiva Couceiro est né à Cascais, au Portugal, le . Il est le fils de Henrique Mitchell de Paiva Couceiro et de D. Júlia Maria do Carmo de Noronha, fille de D. Miguel Aleixo António do Carmo de Noronha, troisième comte de Paraty et de D. Isabel de Sousa Botelho Mourão e Vasconcelos, fille du deuxième Comte de Vila Real. Il devient le quatrième comte de Paraty, succédant à sa mère. Il décède à Lisbonne le .

Après la proclamation de la République, le , il part en exil avec son père Henrique Mitchell de Paiva Couceiro et sa famille. La famille s'installe d'abord en Espagne, où il est inscrit, à partir de 1919 et jusqu'en 1923, au Collège des Maristes - Collegio del Sagrado Corazón. L'exil de son père le conduit ensuite en France. De retour au pays, âgé alors de 14 ans, il termine les humanités en quatre ans et rentre à l'école militaire. Le il est promu au grade de sous-lieutenant de l'arme de Cavalerie. C'est le début de sa carrière militaire en Métropole.

Il sert dans le régiment de cavalerie et ensuite dans le Régiment de Lanciers (ancien régiment des lanciers du Roi) à Lisbonne. Il est promu au grade de lieutenant le . Du à il occupe le poste de Chef du Bureau Militaire des Forces Armées de la "Companhia de Moçambique", basée à Beira (Moçambique). Il quitte ce poste le à la suite d'un accident de la circulation pendant des manœuvres militaires. Le traitement de ses blessures l'oblige à rester près d'un an à Paris où il subit plusieurs interventions chirurgicales très délicates. Il revient au Régiment de Cavalerie le et est transféré au Régiment de Cavalerie le . Le il est promu au grade de capitaine, retourne au Régiment de Cavalerie , puis à celui de Cavalerie , avant d'être transféré au Service du ministère des Colonies le Arquivo Geral do Exército, Ministério da Defesa Nacional. Ici commence sa carrière militaire dans ce qui était alors l'Empire portugais.

Il est nommé Gouverneur de Diu par décret ministériel du . Les bonnes relations qu'il établit très rapidement avec l'État indien voisin, les louanges publiées dans la presse indienne, etc., suscitent la jalousie du gouverneur général des États de l'Inde portugaise, l'amiral Quintanilha, car celui-ci suivait la politique de Salazar - une politique plutôt inamicale à l'égard de l'Inde. Malgré les manifestations et des réclamations du peuple de Diu, D. Miguel quitte Diu le . Il est alors nommé curateur des indigènes portugais travaillant dans les mines en Afrique du Sud et s'installe à Johannesbourg le . Il démissionne de l'armée et sa démission est actée par arrêté ministériel du . Ici se termine sa carrière militaire et commence sa carrière d'industriel.

À la fin de l'année 1953 il est nommé Administrateur de la Société Colonial Buzi à Sofala, au Mozambique, où il reste jusqu'en 1959.

Il épouse, à Lisbonne, le , Maria Teresa de Jesus de Gusmão Corrêa Arouca, fille de Simão de Gusmão Corrêa Arouca, Adjudant du Procureur Général de la Couronne, et de Maria Luisa Ulrich. De cette union naquirent quatre enfants.

Le , dans l'église écossaise de St. Andrew à Colombo (Ceylan), il s'unit selon le rite protestant à Carol D. Talib-ud-din, née le , au Pendjab, État islamique de la péninsule de l'Hindustan, licenciée en lettres de l'université de Lahore, capitale de cet État. De confession musulmane, elle est la petite-fille du Mullah du village de Gigrão. Son père, Talib-ud-din, qui en ourdou signifie "la recherche de la foi", a abandonné la foi islamique et s'est converti au christianisme; il a été le premier modérateur élu de l'Église presbytérienne américaine d'Inde. (In Separata de “A Arte do Ex-Libris”, Braga – 1970)

Enfants D. Henrique António do Carmo de Noronha de Paiva Couceiro, comte de Paraty (1939-1999) D. Pedro António do Carmo de Noronha de Paiva Couceiro (1941-1990) D. Miguel Luíz António do Carmo de Noronha de Paiva Couceiro (1944) D. Nuno Álvares António do Carmo de Noronha de Paiva Couceiro (1945)

Gouverneur de Diu (Inde portugaise) En tant que gouverneur de cet État portugais, considéré alors « le poste le plus dangereux de l'Empire portugais », D. Miguel impose très vite ses nombreuses qualités, apprécié non seulement par la population locale, mais aussi par des voisins indiens avec qui il parvient à établir d'excellentes relations à une période critique de la vie de ce grand pays qui venait d'obtenir l'indépendance de la couronne britannique.

En 1949, après l'une des visites à Diu du ministre indien Samaldas Gandhi, neveu du Mahatma, la presse locale - Comércio de Vieira du , transcription d'un article publié dans le Diário de Notícias -, écrit, citant ce ministre : « les Portugais, qui ont vécu en Inde comme des amis et comme des frères de notre Peuple, pendant des centaines d'années, resteront dans la péninsule de l'Hindustan encore pendant plusieurs siècles, tant que ses dirigeants en Inde auront les qualités de l'actuel gouverneur de Diu, M. le capitaine D. Miguel de Paiva Couceiro. Et le ministre termine son discours par un vibrant éloge de l'action développée jusqu'à présent par le Gouverneur ».

Le même Diário de Notícias cite, le , un article publié dans le Blitz Newsmagazine de la République de l'Inde, dans lequel on dit que Miguel de Paiva Couceiro est « déjà connu aujourd'hui, que ce soit à Diu, ou à Junagadh, la capitale de l'État de Saurashtra, voisin de Diu, comme le Mountbatten (Lord Mountbatten) portugais ou le Mountbatten de Diu, en raison de sa popularité et de la bonne volonté démontrées dans ses contacts avec le peuple indien ».

Pendant son court gouvernement, D. Miguel - comme quelqu'un l'a dit - ressuscite Diu, rétablit les échanges commerciaux avec l'Union indienne voisine, organise une série d'actions et prend diverses décisions qui améliorent de façon très significative la vie dans la province, telles que :

Réduit les taxes sur les importations de produits Indiens Améliore les conditions sanitaires locales Fonde la première station de radio en Inde portugaise Construit un nouvel hôpital (in O Heraldo 20/01/1950) Décide l'installation à Diu d'une délégation pour la protection de la femme (Obra de Protecção à Mulher) - (in O Heraldo 24/01/1950) Construit un centre médical Développe l'horticulture Renforce la lutte contre le paludisme et réussit à éradiquer le choléra Fonde la bibliothèque Norotom Mulgi et Revam Bai Coordonne la récupération et la restauration de nombreuses œuvres d'art oubliées, dont beaucoup se trouvaient dans les ruines du palais qu'il fait entièrement restaurer Fonde une école secondaire dirigée par des jésuites espagnols dans le bâtiment São Paulo Rénove complètement l'infrastructure d'approvisionnement en électricité Construit une route asphaltée entre Gogola et l'Inde Crée des bourses pour les étudiants de Diu Rétablit le réseau des transports maritimes entre Diu et Mumbai Construit de nouvelles installations pour la poste Rouvre la circulation des véhicules entre Una et Diu Rétablit l'approvisionnement en viande bovine, lequel avait été arrêté deux ans auparavant Rétablit l'approvisionnement en eau potable, abandonné il y avait 40 ans

D. Miguel entreprend également la restauration du Palais du Gouverneur, une petite merveille de l'architecture indo-portugaise, considéré comme le seul palais de l'Inde portugaise. À ce sujet, le journal Anglo-Lusitano du 24/06/1950, dit : « Avec une façade du , couronnée par les armoiries des vaillants héros de Diu, Nuno da Cunha, António da Silveira, D. João Mascarenhas et D. João de Castro, le style artistique distinctif de tout le mobilier indo-portugais, l'intérieur, et en particulier le Parvati Room, enrichi par de la pierre de taille et du bois ».

Rue D. Miguel Huit ans après que D. Miguel ait quitté le gouvernement de Diu, la municipalité de Diu, en séance ordinaire du , décide de nommer une rue de Diu D. Miguel de Noronha de Paiva Couceiro. Il s'agit de la section entre l'avenue António de Silveira, qui monte en direction de la cathédrale, et la rue D. João de Castro. « La Mairie… a décidé à l'unanimité... de donner à cette partie de la rue le nom de l'inoubliable et formidable gouverneur que Diu a eu l'honneur d'avoir »Charte de la ville de Diu du 16 août 1958 contenant une partie de l'acte de la séance du 31 juillet 1958.

Extraits de presse portugaise et indienne The Atom du 05/03/1950 : « Au moment où Salazar commence ses négociations directes pour un règlement à l'amiable entre le Portugal et l'Inde, des changements radicaux auront lieu dans l'administration de l'Inde portugaise. Le présent gouverneur général et son équipe devraient être relevés de leurs fonctions, et l'actuel Gouverneur de Diu, qui sert maintenant sous les ordres du Gouverneur général, sera probablement le successeur de ce dernier. Connu sous le nom de “Mountbatten de Diu”, le jeune et fringant capitaine Don Miguel de Noronha Paiva Couceiro a laissé, selon des sources fiables ici, une bonne impression dans les milieux indiens. Comme Lord Mountbatten, cousin du roi d'Angleterre, le capitaine Don Miguel est également un éminent descendant de l'ancienne famille royale portugaise ». Diário Popular, Lisbonne 19/05/1950 : « Les habitants de Diu ont manifesté chaleureusement leur sympathie envers M. le capitaine Paiva Couceiro, en lui demandant par la même occasion, de ne pas quitter le gouvernement du district de Diu. Une commission a envoyé au commandant Quintanilha, Gouverneur général de l'Inde Portugaise, le télégramme suivant : “Le peuple de Diu, vivant une belle période de paix, de prospérité et de progrès, grâce au gouverneur Miguel de Paiva Couceiro, a reçu avec stupéfaction l'inattendue nouvelle de son intention de quitter le gouvernement du district. Une foule s'est présentée aujourd'hui devant le Palais et a prié instamment le gouverneur de continuer dans ses fonctions, et de renoncer à ses intentions. Nous implorons le Gouvernement portugais à Lisbonne d'examiner notre demande avec un maximum d'intérêt, à fin d'obtenir la continuité de M. le capitaine Paiva Couceiro en Inde où il rend tellement de services à notre pays” ». Anglo-Lusitano du 24/06/1950 : « On croit savoir que Son Excellence le Gouverneur du district, capitaine Paiva Couceiro aurait été promu au poste de Gouverneur du Mozambique ». Blitz Bombay 27/07/1950 : « Si un jour les Portugais décident de changer leur attitude agressive actuelle à l'égard de l'Inde et s'ils montrent le désir de parvenir à un règlement à l'amiable, comme les Français (Pondichery), alors Don Miguel sera le choix naturel pour le poste de Gouverneur Général de l'Inde Portugaise ».

Afrique du Sud En 31/8/1950 D. Miguel est nommé "Curateur des Indigènes Mozambicains", à Johanesbourg Inspecteur administratif, fonction semblable à celle d'un consul, mais limitée aux seuls indigènes portugais du Mozambique qui travaillent dans les mines à Johannesburg et à Salisbury (responsables de la protection des natifs du Mozambique), poste qu'il occupe jusqu'en 1953; fin de cette année-là il quitte l'armée et renonce à sa carrière militaire.

Mozambique En 1953, D. Miguel est nommé Directeur de la Compagnie Coloniale de Búzi, au Mozambique; commence alors sa nouvelle carrière d'administrateur d'entreprises de fabrication de sucre de canne.