Oulad Hriz (en arabe: أولاد حريز), sont une tribu arabo-berbère qui fait traditionnellement partie de la confédération tribale des Chaouia, située au Maroc.

Ils sont souvent considérés comme appartenant aux Arabes Hilaliens, en particulier au groupe des Beni Jabir. Toutefois, selon certaines sources et subdivisions tribales, ils peuvent également être rattachés aux Banu Sulaym. Cependant, lors de la migration dans la Chaouia, plusieurs mélanges se passèrent, donnant naissance à un mélange entre sanhadja, masmouda et arabes, causant la tribu a posséder quelques fractions d'origine berbère. Aujourd'hui, la culture arabe maghrébine, par sa langue, ses coutumes et sa présence, exerce une influence prépondérante, rattachant l'identité principale des Oulad Hriz aux arabes.

Origines La tribu des Oulad Hriz est issue de plusieurs lignages. Elle rassemble des groupes bédouins appartenant à la grande confédération Jochem, dont font partie les Khult, les Seffiane et les Banu Jabir. La faction des Riyah ait elle aussi fait partie de ces groupes arabes déplacés à cette époque.

Cependant, la tribu des Oulad Hriz ne se compose pas uniquement de ces éléments arabes : elle intègre également des éléments autochtones, descendants des premiers habitants de la Tamesna comme les survivants de la population berghouata, qui avaient en partie disparu.

Ainsi, les trois grandes composantes réunissant autochtones berghouatas, Hilalienne et Jochem, représentent les lignages les plus anciens et les plus enracinés de la Tamesna. Leur fusion donne à la tribu des Oulad Hriz son identité particulière, face à d'autres groupes établis plus tardivement dans la région.

Territoire

Organisation Le territoire des Oulad Hriz se situe dans la Basse Chaouïa, autour de la kasbah de Berrechid. Il est divisé en deux grandes zones naturelles distinctes:

À l’est, les terres forment une vaste plaine subhorizontale faite de sédiments. Cette région possède des sols riches, mais lourds et difficiles à travailler. Avant la colonisation, l’occupation humaine y était peu dense, principalement tournée vers une agriculture et un pastoralisme limités. À l’ouest, le territoire est plus varié et repose sur les affleurements du socle. On y trouve des fonds de daïa avec des pâturages humides ; Des sols caillouteux ou sableux, légers et faciles à cultiver sur les pentes ainsi que des sols lourds sur les zones planes intermédiaires. vignette|Photographie de la Kasbah de Berrechid en 1908 Les Oulad Hriz de l’ouest, grâce à cette diversité, avaient des terroirs plus faciles à exploiter que ceux de l’est.

Durant la colonisation, les terres de l’est furent massivement transformées par de grandes exploitations céréalières mécanisées, ce qui accéléra le développement économique autour de Berrechid. Après l’indépendance, l'est du territoire connut une reconversion agricole importante (maraîchage, cultures fourragères, irrigation), en lien avec la proximité de Casablanca. En revanche, les Oulad Hriz de l’ouest, petits propriétaires, virent leur évolution économique stagner.

Composition tribale La tribu des Oulad Hriz se divise en 3 groupements : Oulad Yaq’oub, Oulad Yoûsef et Oulad Jabir. Individuellement, elles disposent de clans distincts des autres. Il existe un dernier groupement, les Chourefa ou Mourabitines. Il y a au total 5 grands groupes et 19 fractions. Il existe 3 fractions berbères, et 16 arabes.

Oulad Yaq'oûb Les Ouled Yaq'oûb descendent des Ouled Qassem, qui appartiennent aux Jochem du groupe Safiane. Les Habbacha quant à eux sont des chleuhs venus sous le règne du sultan Abderrahmane ben Hicham.

Halâlfa Oulad 'Azzouz Oulad Moussa Ben Brahim Oulad 'Ali Ben Brahim Tala‘out Mbarkîn Oulad Ali Mbarkîn Oulad Mohammed Habbacha Dheroua Habbacha Tal'a

Oulad Yoûsef Pour le cas des Oulad Yoûsef ils s'affilient aux Drannas, qui appartiennent aux Jochem du groupe Beni Jabir. 6 fractions sont recensées. Ce groupe est le plus arabe parmi tous, ils descendent tous de Yoûsef, qui lui, descend de Mahdan, puis de Jabir.

Foqra Oulad 'Allal Famille Ibn Rachid (qui donnera le nom Berrechid). Zâouïa si El-Moqaddem Oulad Sidi Djilali Oulad Allal Oulad 'Othmân Foqra Oulad 'Abdallah Oulad Ali ben 'Amer Oulad 'Abdallah Oulad Hadjadj Mouâlin Es-Sahel Mouâlin Tirs Dranna et Beni Meniar Abbara et Oulad Moûsa.

Oulad Jabir Les Oulad Jabir descendent des Khlot, qui s'affirment s'apparenté aux Jochem. Hormis pour les Riyâh qui sont des Banu Hilal ; cette petite fraction a la particularité d'être l'unique clan Riyâh du Maroc. On suppose que les Oulad Salah, fraction du groupement, seraient les derniers vestiges des berghouatas, descendants de Salah ibn TarifVilles et tribus du Maroc: Casablanca et les Châouïa Tome I : page 123Villes et tribus du Maroc: Casablanca et les Châouïa Tome I : page 114 .

Oulad Salah Oulad Salah el-Ain Oulad Salah Ech-Chaoul Riyâh Briret Hassanet Ababda Oulad Rahal el-Keraiz Mouâlin Djeboub Mouâlin El-Hofra Oulad Ghoufir Oulad 'Amer Ben Ghoufir Dhiyâb

Chorfa (Nasiriyyah) Le cas des Chorfa est plus complexe, ceux qui s'y revendiquent sont généralement des arabes soient issus des Idrissides, soit des arabes Banu Sulaym qui se sont fait attribuer les titres de Chérif. Il se peut qu'il ne soit même pas des Chérifiens mais juste des arabes, sans affiliation particulière, car il était commode de se rattacher à la famille du Prophète pour en tirer profit. Ce groupe se résume à la Zaouïa de Nouaceur.

Parmi les autres zaouïas présentes chez les Oulad Hriz, il y figure:

La Zaouïa de Sidi El-Mekki La Zaouïa de Chantouf La Zaouïa des Ouled Sidi Ahmed Ben Bouazza La Zaouïa de Bouazza Ben Bouazza La Zaouïa des Ouled Sidi Idriss La Zaouïa des Ouled Sidi El-Jilali.

Mourâbitîn Les Mourâbitîn sont des Chleuhs et Sanhadja issu de la conquête almoravide, issu de la tribu des Mzamza, ils ont intégré la tribu des Oulad Hriz et se sont arabisés.

Caïds de la tribu Les caïds ayant dirigé la tribu ont pu être retracés à travers les récits transmis au sein de la tribu (bien que difficilement vérifiables) ainsi que dans certaines sources coloniales. Ils sont souvent retenus dans les histoires de la tribu pour leur piété, exemplarité ou dans le cadre de la guerre ainsi que réformes au sein de la tribu. La majorité des dirigeants de Berrechid et de la tribu appartiennent au Foqra Oulad Allal et se disent descendants d'Idrissides.

+ Liste des caïds de la tribu Nom Période Détails Othman ben Mohammed 1770-1795 Le caïd Othman est l'un des premiers chefs connus des Oulad Hriz. Issu d’une lignée purement « hrizienne » et Idrisside. Bouchaïb Ben Othman 1800-1815 Fils du caïd Othman, il élargit son autorité en administrant d'autres grandes tribus de la région comme les Mdakra, Oulad Ali, Oulad Ziane, Oulad M'Rah (fraction de la tribu Mzab) et les Ziaïda. El-Hattab Ben Bouchaïb 1820-1831 Fils de Bouchaïb, il prend la tête des Oulad Hriz et supervise l'achèvement de la construction de la grande kasbah de Berrechid. Rachid bin Othman bin Bouchaib 1831-1840 Nommé sous le règne d'Abderrahmane ben Hicham, il supervise la reconstruction de la Kasbah de Berrechid et place son fils comme chef militaire. Mohamed Ben Rachid 1840-1858 Fils de Rachid, il est considéré comme un grand commandant et gouverne pendant 18 ans. Rachid Ben Mohamed Ben Rachid 1858-1861 Succède à son père, son règne est marqué par des contestations des tribus sous le commandement des Oulad Hriz. Moulay Abd Es-Salâm "Lahrizi" Berrechid 1880-1903 Nommé par Hassan ben Mohammed, il dirige les tribus des Oulad Ali et des Mdakra et fait creuser des tranchées autour de la kasbah de Berrechid pour la protéger. El-Hâdj Ahmed ben Abd Es-Salâm 1903 Contesté et non reconnu par les assemblées tribales, il mourra à Taza. El-Hâdj Hammou ben El-Hâdj Mohammed 1904-1905 Membre des Foqra Oulad Allal, il prend le pouvoir à Berrechid après la mort d'El-Hâdj Ahmed. Hajj Hammou 1905-1908 Considéré comme le héros historique de la tribu, il se révolte contre les Français et le makhzen et reste en révolte jusqu'à sa reddition en 1908. Mohamed Ben Moulay Abd Es-Salâm Berrechid 1906-1971 Surnommé « Ould Chmisha », il exerce son rôle de chef de la tribu de 1921 à 1956, et joue un rôle-clé lors de la visite du roi Mohammed V en 1947. Ahmed Ben Mohamed 1971 Fils de Mohamed Ben Moulay Abdel Salam, il conserve une position symbolique au sein de la tribu.. Histoire

Formation de la Tribu ( — ) vignette|Mouvement des tribus arabes hilaliennes.

Invasion Hilalienne (1050-1053) Issu des Jochem, ils ont pris part à l'invasion hilalienne de l'empire des Zirides au . Dans cette invasion, les ascendants des Oulad Hriz ont traversé la Tunisie en combattant aux côtés des Hilaliens avant d'entrer par le Nord du Maroc pour ensuite arriver dans les plaines de l'Atlantique. Ibn Khaldūn cite cette relation entre les Banū Hilal et Sulaym avec les Jochem. Installés dans cette région (Tamesna) comme dans un fief militaire, les Arabes jochem, loin de tirer parti de la fertilité du sol qui leur était échu, rançonnèrent et exploitèrent le pays pendant près d'un siècle, comme ils le firent aussi dans leurs établissements du Nord, ne cessant leurs brigandages que de temps à autre, lorsque les Sultans intervenaient. Ils pillèrent les Berbères et razzièrent sur les routes jusqu'au moment où ils se sédentariseront devant la conquête mérinide. La Tamesna fut rapidement soumise par les Mérinides. Ainsi, les Oulad Hriz se formeront à partir d'une réunion d'anciens berghouatas (Berbères), d'arabes jochemides et d'hilaliens à partir d'une lignée arabe.

Origine de Hriz et thèses d'ascendant commun Il est rapporté selon certaines sources que le nom de la tribu est issu de Hriz bin Tamim bin Amr Wishah bin Amer bin Rafi bin Dabbab bin Malik bin Salim, affilié également au Sidi Amr Ibn Lahcen. même si la tribu est majoritairement Jochem.

Outre l'idée d'ascendance commune, une théorie prend Hriz comme un poète arabe Banu Sulaym réputé, qui aurait été utilisé pour le nom de la tribu.

La dernière thèse concernant Hriz, contredit l'idée d'un ascendant Banu Sulaym ou celle d'un poète mais l'aligne plutôt sur la descendance de Jabir, et donc aux Jochem.

Époque médiévale ( — )

Époque Almohades et Mérinides (1121-1465) Une fois les Banu Ghania battus, Yaqub Al-Mansour déplaça les Jochem dans la Tamesna. Tout au long du XIIe siècle, les Jochem exercèrent leur domination sur la région de la Tamesna, jusqu'à l'arrivée des Mérinides. Lorsque ces derniers lancèrent leur conquête du Maghreb, les Jochem et les Riyâh, encore imprégnés de leur héritage nomade, résistèrent farouchement et ne se rendirent qu'après de nombreuses batailles et lourdes pertes. Une fois soumis, les Mérinides formèrent une alliance avec les Bni Muhalhal des Khlot par mariage, un lien similaire à celui que les Almohades avaient établi avec les Seffiane. Cependant, au fil du temps, l'influence des Jochem s'affaiblit, et ils perdirent même toute mémoire de leur mode de vie pastoral. Ils furent progressivement réduits à un rôle de simples contribuables, devant fournir des ressources et des hommes au sultan. vignette|242x242px|Illustration de Moulay Ismail par Henry de Castries, 1903.

Époque Moderne ( — ) Entre la fin du XVIᵉ siècle et le début du XVIIᵉ siècle, la tribu profita de la désorganisation politique provoquée par l'effondrement du pouvoir saadien, en effet, après la mort d'Ahmed Al-Mansour en 1603, la région sombra dans le chaos. Ce n'est qu'avec l'intervention de Moulay Ismail (1672-1727) que l'ordre fut en partie rétabli. Mais malgré cela, la tribu retrouva vite son autonomie et sa capacité de révolte, profitant des faiblesses du pouvoir central, malgré les répressions de l'Empire chérifien.

Instabilités dans la Tamesna (1794-1897)

Sous Yazid ben Mohammed (1790-1792)