François Langlois, architecte français du , il fait partie d'une famille d'architectes français, les Langlois, originaire du comté de Laval.
Origine et famille
Dans la première moitié du , les deux frères Jean Langlois, sieur de Villeneuve, et Michel Langlois, exercent à Laval la profession d'architecte. Ils sont fils de Michel Langlois, maître-boulanger, et de Jeanne Geslot. Leur famille était alliée à la famille d'architecte Bellier-Martinet<ref>Sa parenté est attestée par un acte notarié de 1639 qui mentionne Michel et François comme proches parents des enfants mineurs de deffunts Jean Martinet et Renée Bellier. , tome II, p. 794. Un acte notarié du 31 octobre 1639 à Laval place ses enfants mineurs sous conseil de tutelle constitué par Michel Langlois, marchand boullanger, Jean Cailliez l'aîné marchand, Jean Sorin, sieur de Chantepye, François Langlois, maître boullanger, et Michel Bellier architecte, touus demeurant en cette ville et forsbourg et proche parents des enfants mineurs de deffunts Jean Martinet et René Bellier.</ref>; peut-être avaient-ils reçu ses leçons. Il est aussi possible qu'il soit lié par des liens familiaux à Simon HayneufveParmi les témoins présents à la signature du contrat de mariage de Renée Langlois et Michel Turpin, on trouve Julien Hayneufve, mari de Françoise Journée, arrière-tante maternelle de Renée Langlois. Il y a aussi la présence comme témoins d'Antoine Agenyau et de Jean Martinet, alliés à cause de leur femme.. Les Langlois sont aussi affiliés au navigateur François Pyrard.
Biographie Michel Langlois a alors auprès de lui, comme élève, son neveu François Langlois que Marie Frin, veuve de François Langlois, sieur de la Butte, lui avait alloué en apprentissage le 7 juillet 1659Son apprentissage devait durer quatre ans; Michel Langlois devait « l'instruire à son mestier d'architecture à son possible », le blanchir, nourrir, loger et lui donner « tous soins honnestes et raisonnables », pour le prix une fois payé de 100 livres tournois.. Michel Langlois était mort en 1662Le 7 août de cette année Madeleine Bodin est qualifiée de veuve dans un acte notarié.. Pour Jacques Salbert, François Langlois se contente le plus souvent de reproduire ou d'adapter les modèles de retables de La Chapelle-d'Aligné et de Neau.
Cerisy François Langlois est jeuneIl est né en 1644., lorsque le 24 juillet 1662 il passe par devant Julien SeigneurNotaire du comté de Laval., un marché avec les religieux Prémontrés de l'Abbaye de Belle-Étoile, près de Cerisy, en Normandie aux termes de cet acte, il s'engage à mener à bonne fin la construction d'une contretable au grand autel de trente pieds de hauteur et dix-neuf de largeur suivant et conformément au plan et dessin qui leur en a été montré par ledit Langlois.Il s'engage en outre à ajouter audit dessin « deux piliers de marbre aux deux côté du cadre, lequel sera aussi en marbre, avec quelques pentes et fleurs, tant entre chacune des-dites colonnes et celle qui la suit, que entre les deux dernières colonnes et la parroy, et deux frontons jetant en feston des fruicts sur le milieu du cadre et dans l'admortissement du milieu, et au lieu des deux termes qui y sont figurés, il y posera deux colonnes de marbre. » Pour ce travail qui devait commencer à la Toussaint de l'année 1662 et être poursuivi sans interruption par François Langlois aidé de trois ouvriers, les religieux avaient alloué une somme de mille livres, plus le logement, la fourniture de deux pipes de cidre et six charretées de bois, plus les matériaux « tant marbre que chaux.». Ce travail doit être terminé en 1663 : l'année suivante Michel Rochereau, marchand marbrier, se rend à Angers acheter du tuffeau pour Langlois qui doit lui payer ses frais de voyage, de transport et d'acquisition du tuffeau « à proportion qu'il le prendra et emploiera», et Langlois s'engage à n'en point employer d'autre avant le complet épuisement de cette provision.
Olivet, Fontaine-Daniel En 1664, il élève le maitre-autel d'Olivet daté oar l'inscription Ex dono pris VII et popvli 1664 et signé Langlois fecit. Les religieux cisterciens de l'Abbaye de Fontaine-Daniel veulent à leur tour confier à François Langlois la construction du retable de leur maître-autel : l'architecte signe en 1665 une convention avec François BouslainReligieux de l'abbaye, bachelier en théologie de l'Université de Paris.L'œuvre devait être importante si l'on en juge par ses dimensions, par les quelques détails inscrits dans l'acte notarié, par le prix élevé attribué à l'auteur. La hauteur devait être de quarante-cinq pieds, et la largeur telle que « les deux côtés d'architecture dudit autel advanceront de telle façon qu'ils joindront les deux piliers qui soutiennent ladite église aux deux côtés dudit autel » Langlois y devait employer huit colonnes de marbre (quatre noires et quatre rouges) de huit pieds de hauteur six autres colonnes, formant l'étage supérieur, deux rouges « dans le milieu hautes de six pieds, et les quatre autres noires « des deux côtés » de quatre pieds et demi enfin, tout en haut, deux petites colonnes noires hautes de trois pieds « avec deux petites boules de marbre en costé noires de grosseur de 6 à 7 poulces », et tout naturellement ledit autel devait être « enrichy des ornemens et architectures » conformément au dessin accepté par les religieux. Ceux-ci devaient donner à Langlois la somme de 4.550 livres et lui fournir la pierre de maçonnerie et le sable les autres matériaux, marbre, tuffeau, plâtre, etc., étaient à la charge de l'architecte qui promettait de commencer son travail au lendemain des fêtes de la Pentecôte 1665 et de le continuer sans interruption jusqu'à complet achèvement.. Il est peut-être ensuite l'architecte du retable de Parcé en 1668, et des deux retabkes construits en 1671 à Louvigné-du-Désert. Le 7 septembre 1673, Louis de Baradat, abbé de Clermont pose la première pierre du maître-autelAujourd'hui détruit. de Ruillé-le-Gravelais. Le registre paroissial indique que le retable est construit par Langlois, et qu'il réside à Ruillé jusqu'en mai 1674. L'église de Ruillé conserve 2 retables de bois et de marbre qui sont inspirés des imitations du maître-autel de Langlois.. Il est possible que le retable de Saint-Cyr-le-Gravelais, tome III, p. 528. soit de la même époque.
Jacobins de Laval En 1676 et peut-être auparavant, François Langlois avait construit le maître-autel de l'église des Jacobins de Laval qui passait pour être une des plus belles églises élevées en France par les DominicainsLes religieux se montrèrent satisfaits de l'œuvre de François Langlois, et pour lui en témoigner leur reconnaissance, ils lui concédèrent à titre gracieux, le 6 janvier 1677, « une bancelle avec son devant et un petit agenouiller qui est situé devant la chesre prédicatoire de l'église dudit couvent, pour en jouir et disposer pendant sa vie et celle de sa femme, sy aucune il épouse, et de ses enfants ladite concession ainsy faite pour aucunement recognoistre ledit Langlois des peines extraordinaires qu'il a eues pour la construction du maistre autel d'icelle église, outre ses salaires et fourniemens. ». Langlois habitait alors en la paroisse de Saint-Vénérand de Laval.
Luitré François se marie vers 1677 avec Renée GodaisSa sœur Marguerite Godais est l'épouse de Rene Préoleau. René est le frère de Marie Préoleau, épouse de René Lemesle.. Il élève un autel latéral à Princé en 1678 ou au début de 1679. Dans les derniers mois de 1679, le jeune ménage est installé à la Celle à Luitré, tout près de Dompierre-du-CheminLe registre des baptêmes de Luitré mentionne la naissance de plusieurs enfants de François Langlois et de Renée Godais : Marie, baptisée le 11 février 1680 ; Renée le 4 février 1681 ; Jean le 5 décembre 1684 ; Philippe le 5 décembre 1685. De nombreuses commandes, d'importants travaux doivent retenir François Langlois dans cette région, et aux environs de Luitré et de Dompierre-du-Chemin, dans les paroisses voisines de la Bretagne et du Comté de Laval, on devrait retrouver la trace du séjour prolongé de l'architecte lavallois. Il travaille à Luitré à la construction d'un retable aujourd'hui disparu.
En mai 1679, François Langlois achète à sa mère, Marie FrinVeuve du notaire Julien Seigneur. 40 livres de rente constituée au prix de 800 1. t.
Le 28 octobre 1681, il est à la Maillarderie et s'engage à montrer à son jeune beau-frère Jean Godais l'art de architecte, le mieux qu'il luy sera possible pendant trois années consécutives il le logera, nourrira, blanchira, et recevra pour tous ces soins 90 livres par an que lui payera sa belle-mère Marguerite PrudhommeQuelques semaines plus tard, le 26 novembre, il signe avec Gabriel Méhaignerie, notaire, l'acte d'échange de sa propriété de la Maillarderie contre le lieu du Marest du Pin en la paroisse de Dompierre-du-Chemin. Un acte du mai 1682 nous révèle encore sa présence à la Maillarderie à cette époque il est probable qu'il ne fut pas donné suite au projet d'échange de l'année précédente il baille à ferme en effet à son beau-frère Yves Moride, le 30 mai 1683, à titre de rente foncière et perpétuelle ce que sa femme possédait au lieu de la Maillarderie..
Courbeveille En 1683, il est à Courbeveille, construisant le retableLe 15 décembre 1682, le registre paroissial indique sa présence à la pose de la première pierre. de l'Église Saint-Sulpice de Courbeveille le 31 décembre 1683Le curé de Courbeveille commande à Charles Dufresne un tableau de la grandeur de l'emplacement qui est au grand autel.. Il construit ensuite au moins deux autels à Luitré.
Il se déclare alors habitant de la paroisse de la Trinité de Laval, et achètePour 119 livres tournois. à Charles Cordier, maître marbrier, quatre colonnes de marbre noir et deux de marbre jaspéLongues de cinq pieds., deux autres de marbre noirDe trois pieds et demi. et une croix de marbre rougeHute d'un pied et demi., et deux ovales de marbre noirLongues de six pouces., le tout devant être livré au village de la Gueslinière à la Toussaint 1684. Il est possible qu'il soit le constructeur en 1683 du retable de Noyal-sur-SeicheHypothèse de P. Maloubier-Tournier..
Vaiges, Saulges Cette fourniture était sans doute destinée à une église bretonne, car nous retrouvons notre architecte à Luitré en 1685. En 1686, Langlois termine le maître autel de La Selle-en-Luitré ainsi qu'un autel latéral dédié à Saint-PierreDaté par l'inscription Divo Petro 1686., puis en 1687 l'autel de Notre-Dame-de-Bon-Secours qui porte sa signature.
En 1688, Langlois est installé à Vaiges où l'avait appelé la construction du retable de l'égliseLe retable est aujourd'hui disparu.. Il se transporte en 1689 à Sainte-Gemme-le-RobertUne délibération des paroissiens autorisent leur procureur fabricier, Etienne Le Bariller, à traiter avec des charretiers pour voiturer les marbres du maître-autel de leur église, suivant la convention passée avec Langlois..
thumb|right|redresse|Le retable (chœur) de Saulges, .. Il s'engage avec René Aveneau, sieur de la Grantière, marchand, à construire un autel en l'église de Saulges, et, par acte du 13 août 1689, il en confie l'exécution à l'architecte lavallois Michel II Lemesle qui vient d'édifier le retable de Sacé. Le 10 septembre 1692, le procureur de la fabrique donne à Langlois décharge de son travail, se réservant de poursuivre par voie de justice les sommes d'argent qu'aurait touchées en trop l'architecte Lemesle, « ouvrier dudit sieur Langlois ».
Hambers