L'église Saint-Rieul est une église catholique paroissiale située à Brenouille, en France. C'est l'une des très rares églises dédiées au premier évêque de Senlis, saint Rieul, qui subsistent dans la région. Les parties les plus anciennes de l'édifice actuel remontent au milieu du . Ce sont la croisée du transept et le croisillon nord. Les remaniements et agrandissements successifs ont donné à l'édifice un caractère disparate, ce qui fait en partie son intérêt. Le croisillon nord et la chapelle latérale au nord du chœur datent en effet de la fin du , et le chœur-halle de deux fois deux travées du . Ces parties affichent de différents stades de l'architecture gothique. La nef et les bas-côtés ont été remplacés par un complexe de style classique au cours des années 1780, et achevés quelques mois avant la Révolution française. L'église Saint-Rieul a été inscrite aux monuments historiques par arrêté du ., et restaurée en 1962. Elle est affiliée à la paroisse Sainte-Maxence de Pont-Sainte-Maxence.
Localisation thumb|upright|left|Approche depuis le sud-est, par la rue de l'Église.
L'église Saint-Rieul est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans la vallée de l'Oise, non loin de la rive droite de la rivière, sur la commune de Brenouille. Elle est bâtie sur un tertre sur le versant sud du mont de Rocq, qui domine la partie ancienne du village au fond de la vallée, en bordure de l'Oise et la voie ferrée, le long de la rue de la Libération / rue Robert-Guerlin, qui correspond à l'ancien tracé de la RD 200 (ancienne RD 123). Jusqu'à l'urbanisation de la commune à partir de 1973 et la construction massive de nouveaux lotissements, l'église était complètement isolée des habitations. Il n'y avait que la maison à l'angle nord-est du cimetière, qui était occupée jusqu'en 1880 par la mairie-école. Des graffiti datés de 1879 sur la pile sud-est du clocher sont le dernier témoignage iconographique du moulin à vent qui devait se trouver à proximité, sur le mont de Rocq (mentionné par Louis Graves).
L'église est toujours entourée de son cimetière, et se trouve ainsi dégagée d'autres bâtiments. On peut en faire le tour. Le cimetière est ceint d'une muraille et surplombe légèrement les voies environnantes. L'on y accède par un escalier depuis un parking à l'ouest, accessible depuis la rue Léon-Jouhaux, le principal axe de circulation des hauteurs de Brenouille (appelée rue de la Planchette et rue Jean-Giono plus loin à l'est), qui correspond à un ancien chemin de Compiègne à Creil par Monceaux et les Grands Monts. Un autre escalier existe depuis la rue de l'Église, qui part près de la mairie et arrive près du chevet, mais la porte du cimetière de ce côté est constamment fermée. L'accès aux personnes à mobilité réduite n'est pas assuré. À l'ouest de l'église, existe le parc Saint-Rieul, par lequel s'établissent des liaisons piétonnes avec les quartiers résidentiels voisins, et la ruelle du Curé qui monte depuis la vallée. Selon le Parmentier, le village aurait émigré vers la route inférieure, comme à Laigneville, mais cette assertion n'est pas prouvée. Il n'est pas non plus évident pour quelles raisons Lucien Charton prétend que le tertre soit artificiel. Il a espéré que des fouilles archéologiques confirment un jour son intuition, ce qui n'a pas encore été le cas. Louis Graves pense que la muraille aurait dépendu d'une fortification....
Historique Moyen Âge thumb|upright|Bâton de confrérie ou de procession - saint Rieul.
Sous l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné de Pont-Sainte-Maxence, de l'archidiaconé de Breteuil et du diocèse de Beauvais. Le collateur de la cure est le prieuré de Saint-Leu-d'Esserent, qui est en même temps le gros décimateur. Le principal patron de l'église est saint Rieul, premier évêque de Senlis (mort vers la fin du ou au début du ). Hormis l'église Notre-Dame-et-Saint-Rieul de Rully, aucune église des environs n'est placée sous la protection de l'apôtre du pays de France et du Valois ; la collégiale Saint-Rieul de Senlis a été démolie après la Révolution française, et l'église saint-Rieul de Louvres est désaffectée au culte. Le Parmentier indique comme second patron saint Georges, alors que Lucien Charton indique saint Paul. C'est probablement une erreur, car le Parmentier signale que la fête patronale est célébrée le jour de la Saint-Georges. Le mobilier de l'église ne fait aucune référence à l'un ou à l'autre par une statue, un tableau ou un vitrail ; la paroisse utilise seulement le titre de Saint-Rieul. Les documents d'archives sur la construction et la réparation de l'église jusqu'en 1780 font défaut. Les renseignements sur les différentes campagnes de construction doivent être tirés de l'étude archéologique du monument, que le Parmentier a entrepris pour la première fois. Selon lui, l'église actuelle remonte à la première moitié, ou plutôt au milieu du dans ses parties les plus anciennes.. Ce sont la croisée du transept et le croisillon sud.
Vers la fin du , le croisillon nord et l'absidiole qui le prolongeait certainement vers l'est sont démolis, comme à Mogneville et Rieux, et remplacés par une chapelle de deux travées. Elle adopte un style gothique primitif qui n'est pas très éloigné de celui du croisillon sud. Quelques éléments du croisillon nord subsistent par ailleurs à l'extérieur (les contreforts à l'angle nord-ouest et des restes de la corniche). Pendant le , l'église n'évolue probablement pas. Au , le chœur primitif et l'absidiole sud sont abattus à leur tour, et remplacés par un chœur-halle de deux fois deux travées, qui ressemble à la chapelle sud de Pontpoint et au chœur de Rousseloy, et de quelque sorte aussi au chœur de Laigneville. La comparaison avec les chœurs de Foulangues et Saint-Vaast-lès-Mello proposée par le Parmentier n'est pas pertinente, puisque ni les volumes ni les époques ne sont les mêmes. L'église sort probablement à peu près indemne de la Guerre de Cent Ans, car aucune réparation n'est effectuée à la période flamboyante ou sous la Renaissance. La muraille de clôture du cimetière et ses deux portes sont datées du par le Parmentier ; la sacristie remonte à la même époque..
Époque moderne thumb|upright|Bannière de procession - saint Rieul. thumb|upright|Graffiti de 1879 - moulins à vent.
Au , le mauvais état de la nef, des bas-côtés, de la croisée du transept et du clocher motive leur reconstruction totale à partir de 1780, dans le style classique. Il n'y a curieusement aucune ressemblance avec la nef de Monceaux, qui date de 1784. Conformément à l'usage général, les paroissiens doivent se cotiser pour payer la nouvelle nef et les bas-côtés. Le marquis de La Grange donne vingt livres. Le prieuré de Saint-Leu-d'Esserent doit prendre en charge la croisée du transept et le clocher, et les adaptations nécessaires dans les parties orientales. Les supports des voûtes du croisillon nord et de la chapelle du Rosaire sont remplacés par des piliers polygonaux non moulurés, où les nervures retombent directement sur des tailloirs frustes. Le faisceau de colonnettes de l'arc-doubleau longitudinal du chœur-halle est également remplacé par un pilier polygonal, mais conserve son tailloir et ses chapiteaux du . La nef est reliée par des murs aux piles occidentales du clocher, ce qui signifie pour les paroissiens que des différends sur la limite entre la nef et le chœur sont susceptibles de surgir dans l'avenir..
En date du , l'abbé Pierre-Alexandre de Langlade, prieur commendataire de Saint-Leu-d'Esserent, passe donc un acte devant Brutat, notaire au Grand Châtelet de Paris, qui stipule . Dans une réunion plénière le , les habitants de Brenouille et du hameau des Ageux se déclarent satisfaits de cette démarche, et demandent trois copies de l'acte notarié, soit une pour le coffre de la fabrique, une pour le greffe de la justice et une pour les archives du seigneur. Ils exigent en plus qu'une plaque de marbre ou de cuivre soit posée dans l'église, aux frais du gros décimateur. Ce sera chose faite. On trouve la plaque à droite de l'arc triomphal. Difficilement lisible, elle porte l'inscription : . L'on ignore le cours que prend la Révolution française à Brenouille. L'un des rares documents qui en témoignent est un récépissé pour le dépôt au canton de Liancourt des argenteries et lingeries .. Selon Lucien Charton, l'église reste ouverte au culte au-delà du (16 fructidor an II), comme à Liancourt, Rosoy et Verderonne. Les messes peuvent être célébrées les quintidi, décadi et les fêtes nationales.
Avec le concordat de 1801, le diocèse de Beauvais est supprimé, et les paroisses du département de l'Oise sont provisoirement rattachées au diocèse d'Amiens, situation qui dure jusqu'au rétablissement du siège épiscopal de Beauvais en 1822. Depuis cette date, le diocèse de Beauvais recouvre l'ensemble du territoire de l'Oise. Sous la monarchie de Juillet, le curé de Brenouille dessert aussi les églises d'Angicourt et Rieux. L'église est inscrite aux monuments historiques par arrêté du . Son état nécessite alors une restauration, qui est entreprise en 1962. Les parties orientales bénéficient d'une autre restauration au début du , qui permet de dégager les peintures murales anciennes. Aujourd'hui, Brenouille n'est plus une paroisse indépendante, et est intégrée dans la paroisse Sainte-Maxence de Pont-Sainte-Maxence. Pendant la période de l'avent jusqu'à fin décembre, l'association locale « Patrimoine, Art & Traditions » organisait une importante exposition de crèches de Noël dans l'église. Les recettes étaient employées pour la restauration de l'église..
En 2021, des travaux de restauration lancés sans autorisation entraînent de graves dommages sur les dalles du chœur.
Description Aperçu général thumb|upright|Plan de l'église.
Orientée un peu irrégulièrement, avec une déviation de l'axe de l'édifice de 18° vers le nord-est du côté du chevet, l'église répond à un plan cruciforme rendu dissymétrique par le premier agrandissement à la fin du . Elle se compose d'une nef de trois travées accompagnée de deux bas-côtés ; d'un transept réduit à la croisée du transept, qui sert de base au clocher, et au croisillon nord ; d'une chapelle de deux travées au nord de la base du clocher et de la première travée du chœur ; et d'un chœur-halle de deux fois deux travées à l'est de la base du clocher et du croisillon nord. Une sacristie occupe l'angle nord-est, entre la chapelle latérale nord et la seconde travée du chœur. On peut distinguer entre le vaisseau central du chœur, qui abrite le chœur liturgique, et la chapelle du Rosaire au sud, mais cet espace est tout à fait homogène. La nef est voûtée en berceau en plein cintre. Les bas-côtés sont simplement plafonnés. Les parties orientales sont voûtées d'ogives. Le chœur-halle est voûté à la même hauteur que la base du clocher. La chapelle latérale nord est légèrement plus basse, et le croisillon sud est nettement plus bas, soit en dessous du sommet de la voûte. Toutes les parties ne comportent qu'un unique niveau d'élévation. L'on accède à l'église par le large portail occidental de la nef, qui est rarement utilisé, ou par le portail latéral dans la seconde travée du bas-côté sud. La structure des toitures est assez complexe. La nef et les bas-côtés sont recouverts ensemble par une toiture unique à deux rampants. Le toit en bâtière du croisillon sud est devenu un toit à croupe par l'adjonction du toit en bâtière de la chapelle latérale sud, dans le sens longitudinal. Le vaisseau central du chœur possède un toit en bâtière parallèle à ce dernier : deux pignons se jouxtent au chevet. La sacristie est pourvue d'un toit à croupes, et la chapelle latérale nord présente un toit unique à deux rampants, avec pignon vers le nord..
Intérieur Nef et bas-côtés thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Grandes arcades du nord.