L'histoire de l'équipe des Pays-Bas de football commence au début du avec l'invention de ce sport. La sélection a par la suite remporté l'Euro 1988 et atteint trois finales de Coupe du monde.

L'histoire des Oranjes Les débuts (avant la Première Guerre mondiale) Les premiers matchs internationaux des clubs néerlandais sont marqués par les débuts des duels fratricides avec les clubs de la Belgique voisine. Le , le plus ancien club belge, l'Antwerp, fondé par les Anglais et alors formé presque exclusivement de joueurs britanniques, dispute un match contre Concordia à Rotterdam. L'année suivante, une sélection de la ville néerlandaise reçoit les « Belges anglais ». Le futur ministre de l'intérieur et de l'agriculture rappelle ultérieurement :

vignette|La sélection néerlandaise avant le match contre Felixstowe, le 6 février 1894. D'autres matchs entre équipes néerlandaises et belges, mais aussi britanniques, suivent. Le Sparta Rotterdam fait à cet égard office de pionnier. Dès le , la fédération néerlandaise de football – regroupée jusqu'en 1895 au sein de la « fédération néerlandaise de football et d'athlétisme » (NVAB, ) – est fondée. Quatre ans plus tard, le , le premier match international de la NVAB est joué. Une sélection de joueurs de cinq clubs – jouant avec les maillots de leurs clubs respectifs – rencontre le , qui avait déjà fait un match nul contre le Sparta plus tôt dans la journée, et perd contre les Anglais (0-1). Au cours des années suivantes, la plupart des adversaires de la sélection néerlandaise sont des équipes anglaises, dont des clubs tels que le village de Saxmundham, battu par le onze de la NVAB (9–2). En fin de compte, les équipes anglaises tiennent un rôle de sparring-partner en aidant le football néerlandais à se mettre sur pied. Le , un « onze de la fédération » – avec des joueurs de l', du HBS Craeyenhout, du VV La Haye, du , de Vitesse et du – l'emporte contre Preussen Berlin à La Haye (5-1).

vignette|gauche|L'équipe néerlandaise avant son premier match international. Debout : , De Korver, Lutjens, Havenith, Stom, Kessler, Stol, De Neve, Willing. Assis : Beeuwkes, Gleenewinkel Kamperdijk, Boomsma, Lotsy, De Vos. En , la NVB est parmi les membres fondateurs de la FIFA, tandis que la Belgique et la France jouent leur premier match international. La NVB planifie elle aussi ses débuts internationaux et dispute un match de préparation le contre les London Caledonians (2-3). Le à Anvers et devant 800 spectateurs, les Pays-Bas jouent leur premier match international contre la Belgique. Les joueurs sont sélectionnés par une commission de cinq membres de la fédération néerlandaise. La sélection est exclusivement hollandaise, tous les joueurs venant des provinces de Hollande-Septentrionale et de Hollande-Méridionale ; sur le terrain sont présents du Koninklijke HFC, (HVV) et (HBS) – trois joueurs formés à Bréda dans une école militaire puis au club local de Velocitas – le gardien de but Reinier Beeuwkes, Dirk Lotsy et du DFC, les joueurs du Sparta Bok de Korver et , le joueur de Haarlem Peet Stol, (HBS) et (HVV) en tant que capitaine. À la fin du temps réglementaire, le score est d'un but partout après l'ouverture du score par Eddy de Neve puis l'égalisation belge d'un but contre son camp de Ben Stom. Le match décernant un trophée (la « Coupe van den Abeele »), une prolongation est jouée, lors de laquelle Eddy de Neve marque trois nouveaux buts, offrant la victoire aux Bataves (4-1) . Pour cette première et les prochains matchs, l'équipe ne porte pas de maillot orange, mais une chemise blanche avec des rayures aux couleurs du drapeau national.

vignette|Scène devant le but belge lors de la deuxième rencontre le 14 mai 1905 (5-0). Trois autres matchs contre les Belges se tiennent en 1905 et 1906, avant une première confrontation des Néerlandais contre une sélection issue du « berceau du football ». Pour ce match contre l'Angleterre amateur, le comité de sélection de la NVB convoque pour la première fois des joueurs de l'est du Royaume, à savoir du club Prinses Wilhelmina d'Enschede, du club Quick de Kampen et du club Quick de Nimègue. Janssen remplace alors le meneur de jeu utilisé dans les quatre premiers matchs internationaux, Bok de Korver, ce qui fait de Ben Stom le premier détenteur unique du record de sélections, avec cinq capes. À part Stom, le gardien Beeuwkes et , les huit autres joueurs alignés sur le terrain connaissent leurs débuts internationaux. Les Anglais montrent aux Bataves leurs limites : après cinq minutes de jeu, ils mènent déjà de deux buts, avant que Blume ne réduise l'écart. À la mi-temps les amateurs insulaires portent le score à 1-5 et avant la fin du match Beeuwkes doit même huit fois récupérer le ballon au fond de ses filets . Pour trois des nouveaux joueurs internationaux, dont van Beek et Blume, leur carrière internationale se termine déjà.

Après deux nouvelles défaites contre la Belgique, les Néerlandais se rendent le à Darlington pour une revanche contre les Britanniques, Bok de Korver faisant son retour – sur pression de la presse – dans l'équipe composée à nouveau uniquement de joueurs occidentaux. Pour ce match en Angleterre, un nouvel uniforme de jeu est conçu : maillot orange à bords blancs, pantalon blanc, bas noirs avec bordures orange et blanc. Le gardien de but Lo La Chapelle remplace Beeuwkes entre les poteaux et devient le détenteur du record de buts encaissés dans les cages néerlandaises. Il encaisse un premier but quelques secondes après le coup d'envoi, par Vivian Woodward. Onze autres suivent jusqu'au coup de sifflet final, dont cinq du seul Harold Stapley. La rencontre se termine sur le score de 2-12, réduisant la marque à 1-5 et inscrivant le dernier but de la partie . Il s'agit de la plus lourde défaite de l'histoire du onze néerlandais et de l'unique match international de La Chapelle, qui est néanmoins retenu pour les Jeux olympiques l'année suivante .

vignette|gauche|L'équipe nationale néerlandaise contre la Belgique, le 10 avril 1910 (7-0). Ce dernier match n'est pas sans effet, il pousse la fédération à privilégier davantage la formation des joueurs. Le système de formation anglais sert de modèle et Edgar Chadwick, joueur professionnel et international anglais à la fin du , est engagé en 1908 comme entraîneur de l'équipe nationale. Chadwick mène l'équipe à la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Londres et l'établit comme l'une des meilleures équipes du continent. En 1908 se tient pour la première fois le tournoi de football officiel aux Jeux olympiques. Dans cette édition, les Pays-Bas profitent du forfait des Hongrois pour raisons économiques et entrent directement en demi-finale. Opposés à la Grande-Bretagne, ils sont défaits (0-4), mais remportent le match pour la troisième place aux dépens de la Suède (2-0) . Les deux premiers buteurs de l'histoire olympique sont Jops Reeman et Edu Snethlage. Le , les hommes de Chadwick écrasent les Belges (7-0) grâce à un triplé de Mannes Francken .

Lors des Jeux olympiques en 1912 en Suède, l'équipe décroche à nouveau la médaille de bronze . Elle commence le tournoi le dans le stade olympique de Stockholm face au pays hôte qu'elle vainc après prolongation (4-3). Le lendemain, les Néerlandais écartent l'Autriche (3-1) mais sont battus en demi-finale par le Danemark (1-4) le . Deux jours plus tard au Råsunda, ils écrasent la Finlande (9-0) pour monter sur le podium. Jan Vos est le troisième meilleur buteur de la compétition avec huit buts, dont cinq marqués lors du dernier match.

vignette|Le onze victorieux des Anglais le . Au centre, Bok de Korver porte une couronne honorant sa cape. Le , l'équipe entraînée par Chadwick lave les affronts de Darlington (1907, 2-12) et de Londres (1911, 1-9). À La Haye, pour l'unique match international joué sur le terrain de sport du HBS Craeyenhout, elle réussit à battre les Anglais amateurs de Woodward (2-1). Du onze néerlandais balayé en 1907, seul Bok de Korver est parmi les sur le terrain. Le double buteur est Huug de Groot, qui ouvre le score à la quatrième minute de jeu. Après l'égalisation temporaire par Woodward« Qui d'autre que Woodward », écrit Johan Derksen, le joueur de Chelsea ayant marqué à dix reprises lors des six premières confrontations anglo-néerlandaises, dont cinq lors du 1-9 à Londres en 1911., Huug de Groot marque à la minute le but de la victoire . Officiellement, spectateurs assistent à cette rencontre historique, mais ce chiffre est en réalité bien supérieur, la bataille défensive de la dernière demi-heure étant suivie également depuis des camions à l'extérieur de la clôture. Le gardien de Vitesse Just Göbel reste célèbre pour ses nombreux arrêts , les rapports contemporains le définissant « comme un Dieu tenant ». Les supporteurs présents et la presse néerlandaise célèbrent la victoire avec effusion :

Bien qu'il ne s'agit pas de la véritable sélection d'élite – le onze officiel de la – mais « seulement » de l'équipe amateur, l'euphorie n'est pas refroidie. Le match contre la sélection anglaise à domicile est le pénultième match de Chadwick en tant que sélectionneur. L'Écossais prend les rênes de l'équipe pour les matchs suivants jusqu'à celui du au Danemark, avant que la Première Guerre mondiale n'impose une trêve de cinq ans des rencontres internationales de football.

Du podium olympique à la médiocrité (1919-1930) vignette|L'équipe néerlandaise avant un match amical contre l'Allemagne, le 10 mai 1923. Après la guerre, Fred Warburton est le deuxième Anglais à qui la NVB confie le poste d'entraîneur. Warburton dirige l'équipe aux Jeux olympiques en Belgique, où après une défaite en demi-finale contre les hôtes belges, les Néerlandais obtiennent leur troisième médaille de bronze olympique . Une figure centrale de cette période côté est Jan de Natris, qui est désigné en 1950 comme le « meilleur joueur ayant jamais joué à l'Ajax d'Amsterdam » et fait ses débuts en équipe nationale au printemps 1920. Lors de la compétition olympique de football à Bruxelles et Anvers, Jan de Natris est l'attaquant titulaire de l'équipe néerlandaise. En quart de finale contre la Suède, il marque dans la prolongation le but de la victoire (5-4). Elle est suivie d'un épisode connu comme . L'équipe voyage avec un navire fourni par le gouvernement néerlandais, le Hollandia, jusqu'à Anvers. Pendant les jeux, les joueurs logent sur le bateau au mouillage, par trois dans de petites cabines spartiates sans électricité ni douche – « une chambre sombre, répugnante, dans laquelle vous ne pouvez même pas verrouiller la porte », juge un chroniqueur de – tandis que les fonctionnaires sont autorisés à passer la nuit dans des chambres d'hôtel de luxe. Après que Natris s'est plaint pour les joueurs au sujet des logements, la fédération leur distribue un phonographe et des disques afin d'apaiser les esprits. De Natris et d'autres, en particulier son partenaire gréviste Jaap Bulder, étalent de la confiture sur les disques et les utilisent pour faire des ricochets sur le fleuve. Après la demi-finale perdue contre les futurs champions olympiques belges, plusieurs joueurs sortent dans les pubs d'Anvers. Ivres, De Natris, Bulder, Evert van Linge et Henk Tempel rentrent tard dans la nuit sur le Hollandia et sont suspendus du reste du tournoi par la fédération. Ce n'est que lorsque leurs coéquipiers menacent de se mettre en grève pour la « petite finale », que les bannis sont réintégrés dans l'effectif, mais n'entrent pas en jeu. Sans eux, l'équipe perd le match contre l'Espagne de Pichichi (1-3), mais monte quand même sur le podium pour la troisième fois en raison de la disqualification des Tchécoslovaques.

vignette|gauche|Septième but, signé , contre la France (8-1), le 2 avril 1923.