Des élections législatives anticipées ont lieu en Grèce le après l'échec, lors du de l'élection présidentielle anticipée de 2014, à élire un nouveau président de la République.. Le Premier ministre Antónis Samarás annonce la dissolution du Parlement le et la convocation d'élections législatives anticipées le .
SYRIZA, le mouvement de la gauche radicale, remporte une victoire historique. Manquant de peu d'obtenir une majorité absolue des sièges, il annonce la formation d'un gouvernement de coalition « anti-austérité » avec le parti des Grecs indépendants (droite souverainiste). Aléxis Tsípras prête serment comme Premier ministre de Grèce le ..
Contexte Élections législatives de 2012 En , des élections législatives anticipées furent organisées, conformément à l'accord signé entre le Mouvement socialiste panhellénique (PASOK), la Nouvelle Démocratie (ND) et l'Alerte populaire orthodoxe (LAOS) lors de la formation d'un « gouvernement d'union nationale » entre ces trois partis. Néanmoins, la déroute du PASOK, conjuguée au mauvais résultat de la ND et à la perte du LAOS de tous ses élus, ne permit pas la reconduite du gouvernement sortant. De nouvelles élections législatives furent donc organisées en , à la suite desquelles la ND, le PASOK et la Gauche démocrate (DIMAR) (issue de l'aile droite de SYRIZA) formèrent le gouvernement Samarás. Un an plus tard, lorsque le Premier ministre Antónis Samarás décida de la fermeture de la Radio Télévision grecque, la DIMAR, opposée à cette décision, quitta le gouvernement.
Élection présidentielle anticipée
Alors que le gouvernement n'a plus que le soutien de 155 députés, et qu'il faut une majorité de 200 députés pour élire le président, sous peine de dissolution, le gouvernement avance de l'élection présidentielle. Dès l'annonce de cette élection anticipée du président, la Bourse d'Athènes chute massivement, anticipant un échec qui entraînerait des élections législatives anticipées« La Bourse grecque a plongé de presque 13 % après une annonce surprise d’élections anticipées. », lesechos.fr, 9 décembre 2014.« La chute spectaculaire de la Bourse grecque mardi, peut s’expliquer par les sorties massives des fonds spéculatifs. », lesechos.fr, 10 décembre 2014..
Le lors d'une allocution télévisée, le Premier ministre Antónis Samarás a déclaré : . Il propose ensuite de en échange d'un vote favorable pour le candidat soutenu par la coalition gouvernementale, Stavros Dimas« Grèce : le Premier ministre propose d’avancer les législatives sous condition », liberation.fr, 21 décembre 2014..
Les partis d'opposition et en particulier SYRIZA rejettent ce marchandage et indique que « Grèce : le Premier ministre propose d'avancer les législatives sous condition », leparisien.fr, 21 décembre 2014.« Samaras propose des législatives en Grèce pour la fin 2015 », Reuters, 21 décembre 2014..
Composition du parlement sortant
PartiNb de sièges 2012 DissolutionComposition par groupe parlementaire, site internet du Parlement grec. +/- Partis officiels Nouvelle Démocratie (ND) 129 127 -2 Coalition de la gauche radicale (SYRIZA) 71 71 Mouvement socialiste panhellénique (PASOK) 33 28 -5 Grecs indépendants (Anel) 20 12 -8 Aube dorée (XA) 18 16 -2 Gauche démocrate (DIMAR) 17 9 -8 Parti communiste de Grèce (KKE) 12 12 0 17 17 Non-inscrits 0 8 8
Mode de scrutin
On compte pour ce scrutin 9,8 millions d'électeurs« Les bureaux de vote sont ouverts : tout ce qu’il faut savoir sur les élections en Grèce », lesechos.fr, 25 janvier 2015..
Après le résultat du scrutin Si le parti arrivé en tête n'obtient pas la majorité absolue de 151 députés, le président de la République, Károlos Papoúlias, confiera au chef du parti arrivé en tête un d'une durée de afin que ce dernier puisse trouver une coalition à hauteur d'au moins 151 députés au total« Syriza, l’augure d’une Europe des peuples », elwatan.com, 25 janvier 2015..
En cas d'échec, le président de la République confiera au chef du parti arrivé en second un d'une durée de afin de trouver une coalition majoritaire.
En cas de nouvel d'échec, le président de la République confiera au chef du parti arrivé en troisième un troisième toujours d'une durée de trois jours afin de trouver une coalition majoritaire« Les Grecs se rendent aux urnes pour des élections législatives cruciales », rts.ch, 25 janvier 2015..
Le président de la République peut également convaincre les partis de former une grande coalition nationale.
En cas d'impasse, de nouvelles élections législatives pourraient avoir lieu en « Une période électorale déterminante s'ouvre en Grèce », lefigaro.fr, 23 janvier 2015..
Forces en présence Sur 36 partis politiques se présentant, 32 sont in fine autorisés à participer à ces élections par la Cour suprême (un parti devant pour ce faire changer de nom : les « Tyrannicides »).
Les principaux partis politiques participant à ces élections sont :
Parti Idéologie Chef de file Résultats en mai 2012 Résultats en juin 2012Nouvelle Démocratie (ND)Libéral-conservatismeAntónis Samarás21,40 % ()29,66 % ()Coalition de la gauche radicale (SYRIZA)Gauche antilibérale Aléxis Tsípras16,78 % ()26,89 % ()Mouvement socialiste panhellénique (PASOK) Social-démocratie Evángelos Venizélos13,18 % ()12,28 % ()Grecs indépendants (ANEL)National-conservatismePános Kamménos10,61 % ()7,51 % ()Aube dorée (XA)UltranationalismeNikólaos Michaloliákos6,97 % ()6,92 % ()Gauche démocrate (DIMAR) Social-démocratieFótis Kouvélis6,11 % ()6,25 % ()Parti communiste de Grèce (KKE)CommunismeDimítris Koutsoúmbas 8,48 % ()4,5 % ()Recréer la Grèce (DX)Libéralisme économique2,15 %1,59 %Alerte populaire orthodoxe (LAOS)Nationalisme2,90 %1,58 %Verts écologistes (OP)Écologie politiqueDirection collégiale2,93 %0,88 %La Rivière (To Potámi)Social-libéralismeStávros TheodorákisN/AN/AMouvement des socialistes démocrates (KIDISO) Social-démocratie Giórgos PapandréouN/AN/A le Mouvement socialiste panhellénique (PASOK) est un parti social-démocrate modéré. Le PASOK avait alors obtenu 13,18 % et en , 12,28 % des suffrages exprimés et en juin suivant. Son président est Evángelos Venizélos ; le Mouvement des socialistes démocrates (KIDISO) est une dissidence du PASOK fondée le par Giórgos Papandréou ; la Nouvelle Démocratie (ND) est un parti conservateur qui dirige le gouvernement depuis . La ND vaincu le PASOK en 2012, obtenant 21,40 % et en 29,66 % et en juin. La ND participe au gouvernement d'union nationale mis en place en en alliance avec le PASOK et le LAOS. À l'époque, cette participation avait été conditionnée à l'organisation d'élections anticipées. Son président est l'actuel chef du gouvernement Antónis Samarás ; le Parti communiste de Grèce (KKE) est un parti d’obédience marxiste-léniniste et eurosceptique, très présent dans les mouvements sociaux. Le KKE avait obtenu 8,48 % et en 4,5 % des voix et lors du scrutin de juin. Son secrétaire général est Dimítris Koutsoúmbas ; l’Alerte populaire orthodoxe (LAOS) est un parti nationaliste et conservateur qui avait perdu tous ses sièges lors des élections de 2012 avec 2,90 % en mai puis 1,58 % en juin. Son président est . la Coalition de la gauche radicale (SYRIZA) est une alliance de plusieurs partis allant de la gauche antilibérale à l'extrême gauche, dont la principale composante est Synaspismós. Après avoir obtenu 16,78 % et lors des élections législatives de mai 2012, la SYRIZA obtint 26,89 % des voix et lors des élections législatives de juin 2012. Cette coalition est rejointe par des membres exclus du PASOK comme Sofía Sakoráfa. Son président est Aléxis Tsípras ; la Gauche démocrate (DIMAR) provient d'une scission du courant modéré de SYRIZA, en désaccord avec l'orientation jugée trop radicale de leur mouvement avec le PASOK. Lors des élections législatives de 2012, ce parti obtint 6,11 % et en mai 2012 puis 6,25 % et en juin suivant. Son président est Fótis Kouvélis ; les Grecs indépendants (ANEL) sont un parti souverainiste et eurosceptique, issu d'une scission de la ND. Ils ont obtenu 10,61 % et en mai 2012 puis 7,51 % et . Son président est Pános Kamménos; l’Aube dorée (XA) est un parti ultranationaliste et néonazi, fondé en 1993, qui a connu ses premiers succès électoraux lors des élections municipales de 2010 à Athènes, en obtenant un député au conseil municipal. En 2012, ils ont obtenu 6,97 % et en mai puis 6,92 % des voix et en juin. Son secrétaire général est Nikólaos Michaloliákos. Il est actuellement en prison, ainsi que la moitié des députés, dans le cadre de l'instruction pour « constitution et direction d'organisation criminelle »Aujourd’hui, les vingt-et-un députés du parti sont sous le coup de poursuites judiciaires pour appartenance à une organisation criminelle. Le procès doit se tenir prochainement. « Le jour où extrême droite et néonazis européens se sont réunis à Nanterre », Rue89, 13 décembre 2014.. Recréer la Grèce (DX) de , les Verts écologistes (OP) et To Potámi de Stávros Theodorákis n'ont aucun député à la Vouli.
Campagne électorale Une enquête d’opinion réalisée juste avant le premier tour de l'élection présidentielle du indique qu'en cas d'élections législatives, la coalition SYRIZA emmenée par Aléxis Tsípras remporterait de 34,5 % des voix devançant Nouvelle Démocratie actuellement au pouvoir, à 27 % puis To Potámi à 6,5 %, Aube dorée également à 6,5 %, les socialistes du PASOK, également dans la coalition actuellement au pouvoir, crédités de 4,5 %Sondage TVXS, 14-16 décembre 2014..
Après la fin du de scrutin pour l'élection du président de la République Aléxis Tsípras s'exprime sur ce vote : . Continuant son discours il indique : A. Tsipras : « Samaras appartient au passé, bientôt les mémorandums aussi ! » sur syriza-fr.org.
Dès le début de la campagne législative, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker (PPE) et le Commissaire européen aux affaires économiques et monétaires Pierre Moscovici (PSE) ont marqué publiquement une préférence pour le gouvernement sortant.« Grèce : l’Europe s’invite dans la politique intérieure », Francetvinfo..
La dramatisation de cette élection anticipée, voulue par Antónis Samarás, le Premier ministre grec, et en particulier l'ingérence de l'Union européenne dans cette élection a été qualifiée par Pános Skourlétis, porte-parole du SYRIZA.
Deux camps s'opposent selon le quotidien I Kathimeriní : , prédisant le chaos en cas de victoire de SYRIZA.., composé de , qui veut composé principalement de jeunes grecs et d'une partie de la population grecque qui est, ou se sent exclue« Concrètement, que peut changer l'arrivée de la Syriza à la tête de la Grèce ? », lemonde.fr...
Si le gouvernement espagnol Rajoy soutient le gouvernement Samarás, le parti d'opposition Podemos, favori dans les sondages des élections générales prévues en novembre en Espagne, soutient SYRIZA« Espagne : Rajoy en Grèce avant les élections et soutien de Podemos à Tsipras », Le Point. ; SYRIZA a également en France le soutien du Front de gauche, d'Europe Écologie Les Verts, du Front national« Le soutien du Front national à Syriza indigne à gauche », lemonde.fr., de Nouvelle Donne, des socialistes frondeurs, des dirigeants du Nouveau Parti anticapitaliste, des syndicalistes et des altermondialistes« La gauche de la gauche voit en Syriza son espoir pour la France », lemonde.fr..
Le PASOK indique, la veille des élections, qu'il est prêt à soutenir un gouvernement de SYRIZA« GRÈCE. Élections législatives, mode d’emploi », nouvelobs.com..
Intentions de vote
upright=4|vignette|centre|Tendance des résultats de sondage par moyenne mobile sur , de juin 2012 à aujourd'hui.
Résultats