L'histoire de Laval sous la Révolution retrace la série des événements survenus à Laval à partir de 1789.

1789 Le choix des députés aux États généraux de 1789 se fait à deux degrés : Le tiers-état, nomme le , dans le réfectoire de l'église des Cordeliers de Laval, les délégués qui doivent aller au Mans consommer l'élection. Les suffrages désignent en premier René Enjubault de la Roche. Les électeurs le nomment député dès le premier tour de scrutinCeux de ses collègues qui appartiennent au Bas-Maine sont, pour le clergé: MM. René-Robert Bourdet, curé de Bouère, et Grandin, curé d'Ernée; pour la noblesse: le chevalier de Hercé, de Mayenne et le marquis de Bailly de Fresnay; pour le tiers-état: MM. Pierre-François Lasnier de Vaussenay, négociant de Laval, Michel-René Maupetit, avocat fiscal à Mayenne, Gournay, avocat dans la même ville, Guérin, maître de forges à Soulgé, et De la Lande, lieutenant de maire à Ernée..

La Prise de la Bastille fait croire que la guerre civile est déclarée. Le mercredi , une assemblée générale de ville est tenue sans distinction d'ordres, de classes et de rangs. On y résout de s'armer et d'envoyer des députés dans les villes voisines pour savoir comment les nouvelles qui venaient de Paris y étaient accueillies. Le lendemain, une garde civique fut formée. Laval, contrairement aux villes et aux campagnes environnantes n'est pas touchée par la Grande Peur.

Le Archives départementales de la Mayenne, L. 1838., Laval et Vitré inaugurent leur association, avec la désignation de deux délégués pour chacune des deux cités. Après avoir célébré la requête lavalloise avec une vive reconnaissance, dans l'intérêt commun du royaume et du monarque, dans la joie et l'unanimité, les échevins vitréens acceptent une association soutenur par une correspondance active ; Vitré arrête de ne rien négliger pour assurer aux citoyens de la ville de Laval la communication libre et facile pour l'extraction des denrées dont elle pourrait avoir besoin, en la priant de vouloir bien également lui procurer toutes celles dont les habitants de Vitré pourraient avoir besoinCette alliance préfigure le choix des responsables lavallois pour ne pas rester isolé, et anticipe la rivalité avec Mayenne pour le choix de chef-lieu du futur département. En septembre 1790, il est fait état d'une terreur panique des élus lavallois et vitréens, car il est question de faire circuler la poste par Mayenne, Ernée et Fougères. Les deux villes, via leur association défendent donc avec apreté leur primauté sur l'axe Paris-Bretagne..

1790 Formation du département de la Mayenne Le , l'Assemblée constituante ordonne aux députés des anciennes provinces françaises de se concerter, afin de mettre en place un réseau de nouveaux départements d'environ 324 lieues carrées, soit actuels.

Des réunions se tiennent aussitôt dans l'hôtel du duc de Choiseul-Praslin, député de la noblesse de la sénéchaussée d'Angers. Une trentaine de députés des trois provinces composant la généralité de Tours (Anjou, Maine et Touraine) présents envisagent de rétrocéder des territoires au Poitou et de subdiviser le domaine restant en quatre départements, autour des capitales traditionnelles, Tours, Angers et Le Mans, et autour de la ville de Laval, qui récupérerait des terres du Maine et de l'Anjou (sénéchaussée de Château-Gontier plus le pays de Craon).

À la suite de l'Assemblée constituante, le comté de Laval n'existe plus : Laval devient le chef-lieu d'un département, composé de l'ancien comté, du duché de Mayenne et d'une partie de l'Anjou.

Le département de la Mayenne, à qui on assigna Laval pour chef-lieu, comprenait 7 districts, 29 cantonsCe nombre fut réduit plus tard à 27 cantons et 274 communes.. La ville de Mayenne disputa longtemps à Laval l'avantage d'être le chef-lieu du départementElle invoquait sa plus grande antiquité, son histoire plus illustre, sa situation géographique Laval faisait valoir de son côté sa population plus considérable, son commerce à l'étranger, sa situation géographique.. Même après que fut publié le décret constitutif du département, les habitants de Mayenne ne se tinrent pas pour battus. Lorsque l'Assemblée envoya aux chefs-lieux les drapeaux aux couleurs nationales, ils arrêtèrent au passage et voulurent garder les étendards destinés à Laval. Une véritable émeute éclata et il fallut recourir à la force armée pour la dissiper.

Municipalité révolutionnaire Les élections municipales du 10- proclament René-François Plaichard Choltière et Choquet, tous deux médecins, officiers municipaux, le chirurgien Lebourdais-Durocher notable, le chirurgien François Hubert.

Les électeurs donnent une nouvelle administration municipale le . François Hubert, chirurgien, est élu maire, et René Enjubault de la Roche, procureur de la commune. Les députés se réunissent pour la première fois à Laval, le Ils sont chargés par les assemblées primaires de choisir les membres de l'administration départementale. Après la vérification des pouvoirs, ils se donnent pour président Pierre-Jean Sourdille de la Valette, avocat du roi au siège présidial de Château-Gontier..

On pend une partie de l'église des Cordeliers de Laval, pour y placer l'administration du district, et leur réfectoire pour les assemblées électorales. Les élections primaires se tinrent au mois de dans l'église des Cordeliers, pour la section du faubourg Saint-MartinOn y faisait le choix des électeurs qui, avec ceux des autres nations, devaient concourir à L'organisation du département formé par Le décret du 23 février précédent. La réunion nombreuse des électeurs s'était faite dans Les églises des couvents. Le 2 mars Le conseil de La ville adressait les remerciements aux Jacobins, à Saint-Louis, aux Cordeliers, aux Ursulines qui avaient bien voulu se prêter à ces nouvelles circonstances.. Au mois de juin suivant, ce fut dans l'église des Cordeliers que se tint L'assemblée des électeurs délégués par les assemblées primaires du mois de mars. Ouvertes le les opérations électorales ne furent terminées que le suivant. Le , François Hubert, maire de Laval, harangue, au nom de la municipalité les lecteurs du département réunis dans l'église. On y nomma le directoire du département, ceux des districts

Les électeurs se rassemble à l'église des Cordeliers de LavalIls agréent à l'unanimité la proposition faite par le président d'assister, avant de commencer leurs travaux, à une messe du Saint-Esprit qui dite pour l'ouverture dans l'église du Couvent des Jacobins de Laval le 1er juillet à l'église des Dominicains.. L'assemblée électorale reçoit la visite et l'hommage de la municipalité, du clergé de la TrinitéConduit par son curé, M. Turpin du Cormier, et de celui de Saint-VénérandAu nom duquel parla M. Piolin, premier vicaire, remplaçant le prieur-curé.. Ensuite elle s'occupe de l'objet de sa réunion et fait choix au scrutin des 36 administrateurs départementauxLe procès-verbal constate que toutes les opérations sont accomplies conformément à la loi; mais des notes prises dans le temps même, nous font connaître que les districts se redoutant les uns les autres, convinrent que chacun nommerait seul 5 membres et que le sort attribuerait à l'un d'eux le choix du trente-sixième. Le procureur général seul est élu d'une manière régulière. Avant de se séparer, le corps départemental remet l'expédition des affaires à un directoire composé de huit membres., parmi les 5 districtsLaval, Mayenne, Château-Gontier, Craon, Evron, Ernée et Lassay..

Quand il faut fixer le siège épiscopal de la Mayenne, le , Louis de Boislandry, rapporteur du Comité ecclésiastique et de constitution, propose Laval ; aussitôt Michel-René Maupetit se lève et intercède pour Mayenne ; Louis-François Allard réclame pour Château-GontierGazette nationale ou le Moniteur universel du mercredi 7 juillet 1790. Compte rendu de la séance du 6 juillet. ; l'Assemblée passe outre et crée l'évêché de Laval.

Les membres administrateurs du district de Laval sont nommés le , étaient MM. BarbeuIl cessa le 10 septembre 1790 pour passer au tribunal du district, Barré, père, Le Pennetier, Lilavois, BechetMort le 3 novembre 1790., Jacques-Ambroise Duchemin de Villiers, procureur syndic, remplacé le , par M. Lilavois; Martin, secrétaireArchives départementales de la Mayenne, L. 209..

1791 La constitution civile du clergé est un déclencheur de la chouannerie.

Après le départ des quatre religieux du Couvent des Jacobins, la municipalité de Laval demanda, le , à l'administration du district, l'autorisation d'acquérir les maisons et terrains dépendant de la ci-devant communauté des Jacobins pour y former des places, des rues et des débouchés, propres à débarrasser la grande rue du Pont-de-Mayenne, toujours obstruée par les voitures. On proposait de faire dans l'église un magasin public pour y déposer les grains en cas de disette, et d'aliéner les chapelles qui rayonnaient autour du chœur pour en faire des boutiques. Le district, sur un plan que lui fournit l'administration municipale, l'autorisa en , à soumissionner les terrains pour les employer suivant les projets qu'elle avait annoncés au district.

La fuite du roi Le , le bruit se répandit à Laval de la Fuite de Louis XVI et arrestation à Varennes. La procession de la Fête-Dieu venait d'avoir lieuLe nouveau clergé constitutionnel s'était efforcé d'y rendre son ancien éclat.. Une grande agitation se répand dans la ville à cette nouvelle ; on s'en prend aux prêtres non assermentésLe lendemain 24, on vient, de bonne heure, à Saint-Tugal, on n'y trouve qu'un seul prêtre, Mr du Buisson, qui venait d'achever sa messe; on le saisit et on le conduit prisonnier aux Capucins.. La conséquence de cette émeute fut un ordre de fermer l'église de Saint-Tugal, et la paroisse est réunie à celle de la Trinité. Elle était devenue le dernier asile des prêtresPrévoyant cette situation, et assuré que les prêtres ne manqueraient pas pour donner aux laïques fidèles les secours religieux, même pendant les persécutions, Mgr de Gonssans avait permis dès le 18 juin 1791 de célébrer la sainte messe et d'administrer les sacrements dans les maisons particulières. depuis que la Trinité et Saint-Vénérand étaient tombés aux mains des intrusOn donnait le nom d'assermentés, de jureurs ou d'intrus, aux prêtres qui avaient prêté le serment à la Constitution civile du clergé. La formule en usage dans le département de la Mayenne était: « Je jure de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse qui m'est confiée, d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi et de maintenir de tout mon pouvoir la constitution civile du clergé décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le roi.. Par un bref du 15 avril 1791, Pie VI avait défendu de prêter ce serment à cette loi et ordonné à ceux qui l'avaient fait, de le rétracter dans le délai de 40 jours..

Sociétés En 1791 et 92 se constituent à Laval des sociétés de « citoyens actifs, » groupés « pour lire les nouvelles » ; clubs bourgeois d'abord « amis de la Constitution », puis société populaireGalland, Les sociétés populaires de Laval et de Mayenne, Bulletin de la Commission de la Mayenne, 1902.. Plusieurs rédacteurs sont à l'origine du journal Le Patriote du département de la Mayenne.

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