alt=Vue de loin d'un grand ensemble de barres de logement|vignette|Pissevin-Valdegour à Nîmes.Dans les années 1950, on construit les grands ensembles. Dans les années 1970, on y ajoute des lieux sociaux. Dans les années 2000, on les restructure.La politique de rénovation urbaine consiste à rattacher les quartiers d'habitat social à la ville par une diversification des logements et par une nouvelle trame urbaine qui permet à leurs habitants de circuler plus librement, en particulier en transports en commun. Elle se rapporte directement à l'agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU).

Historique des politiques de rénovation urbaine Années 1950 : démolir les logements insalubres Le concept de rénovation urbaine en France date juridiquement de la fin des années 1950. À l'époque, il s'agit de lutter contre l'habitat ancien insalubre, et la rénovation urbaine désigne alors la démolition globale de ces îlots pour permettre la construction de logements neufs et la création de tissu urbain adapté à la voiture en ville.

Il s'agit donc d'une démarche complémentaire à celle des ZUP, destinées à permettre la viabilisation d'espaces péri-urbains pour en faire des quartiers d'habitat. Les ZUP accueillent une part importante des anciens habitants des quartiers anciens rasés dans le cadre de la rénovation urbaine. Elles sont construites sur des modèles pensés aux Congrès internationaux de l'Architecture moderne (CIAM) entre 1928 et 1958. Chacune des fonctions, habitat, production, commerce et loisir, et transports, doit avoir son propre espace réservé, qui ne déborde pas sur les autres. Les transports permettent le passage entre les espaces, mais ne s'y introduisent pas.

La construction des cités est une manière de mettre en avant les lieux et de bloquer les flux des habitants. L'objectif assumé de la création des grands ensembles est de construire sur des terrains à faible valeur, où les logements ne sont pas exigus pour les familles qui y vivent. De cette façon, on favorise la vie familiale des familles pauvres et nombreuses : le but est d'éviter .

Années 1970 : améliorer le confort des habitants L'amélioration générale du bâti, le souci de sauvegarder les quartiers anciens, la montée du refus du règne de la voiture en ville ont fait passer de mode ce type de rénovation urbaine dès la fin des années 1970.

Années 2000 : restructuration des zones urbaines sensibles

Au début des années 1980, les logiques d'habitation s'inversent : il ne s'agit plus de préserver les habitants contre l'influence néfaste de la ville, mais de renforcer l'attractivité de cette ville. Le grand ensemble devient un obstacle à la mutation de la ville, une figure de repli considérée comme un échec social et politique. Le programme de rénovation urbaine s'appuie sur la notion que si l'on veut modifier la composition de l'habitat, il faut rendre les lieux attractifs. , d'après le sociologue Jacques Donzelot.

En France, c'est dans le cadre de la loi d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine du que s'inscrivent les nouvelles opérations de rénovation urbaine. S'inscrivant la politique de la ville, une opération de rénovation urbaine est une opération d'aménagement urbain, de réhabilitation, de résidentialisation, de démolition et de production de logements, de création, de réhabilitation et de démolition d'équipements publics ou collectifs, de réorganisation d'espaces d'activité économique et commerciale, ou tout autre investissement concourant à la rénovation urbaine définie par la loi du modifiée.

En 2003, le programme de rénovation urbaine prévoit donc la démolition de près de 250 000 logements sociaux, la production d'une nouvelle offre équivalente et la réhabilitation de 400 000 logements avant 2013, dans plus de 500 ensembles résidentiels.

L'objectif de cette loi est de les quartiers classés en zones urbaines sensibles, afin de favoriser l'intégration sociale dans la ville et la mixité sociale. Cela passe par des réhabilitations, des démolitions, des productions de logements sociaux, la production d'équipements publics ayant pour but une meilleure organisation économique, sociale et commerciale de ces quartiers.

Processus

Éligibilité

Les 752 quartiers en zone urbaine sensible (ZUS) sont éligibles aux financements de l'ANRU dont 162 quartiers prioritaires. Les GPV (Grands projets de ville) / ORU (opérations de renouvellement urbain) en ZUS seront traités en opérations de rénovation urbaine.

Quelques quartiers (à titre exceptionnel) non classés en ZUS mais présentant des caractéristiques similaires pourront être recevables par dérogation à l'article 6 de la loi du , sur demande du Maire ou du Président de la Communauté (Communauté d'agglomération, de communes, etc.).

L’ANRU n'examinera ces dossiers qu'une fois la dérogation accordée.

Les GPV (Grands projets de ville) / ORU (opérations de renouvellement urbain) hors ZUS devront faire l'objet d'une demande de dérogation à l'art 6 de la loi du (qui sera accordée a priori).

Montage du dossier C’est la collectivité locale ou la Communauté qui prend la décision d’engager un projet de rénovation urbaine.

La collectivité locale ou la Communauté, qui est le pilote de l’élaboration du projet, doit associer les partenaires locaux dont maîtres d’ouvrage du projet (principalement les bailleurs sociaux).

L’accord avec la Foncière Logement sur les contreparties doit être intervenu sur les droits à construire (reconstruction en vue de la mixité sociale) créés dans le périmètre démolition démolition-aménagement (en pratique moyenne de 25 %).

Les financeurs doivent avoir été consultés : ville, communauté, maître d’ouvrage, département, région, Caisse des dépôts et consignations… (éventuellement FEDER).

La composition du dossier Anru doit se conformer au contenu-type fixé par l’ANRU.

Nature des travaux

Ce sont des opérations d’investissement qui permettent la réalisation d’un projet urbain global, à savoir : les interventions de démolition, reconstruction, réhabilitation, résidentialisation, ou de changement d’usage ; les aménagements nécessaires et la restructuration viaire ou consécutifs aux démolitions ; les équipements nécessaires aux habitants du quartier, la réorganisation des espaces liés aux activités économiques et commerciales.

Critiques de la rénovation urbaine La pénétration de la ville dans la cité, par exemple grâce au tram, n'entraîne pas un mouvement des populations dans le sens inverse : si les habitants de la ville ont moins peur de se rendre dans les quartiers prioritaires, les habitants locaux ne sortent, quant à eux, toujours pas dans le centre-ville aisé.

Les principaux efforts de la politique de la ville ont été faits sur les réhabilitations : la participation des habitants se limite aux avis esthétiques, pas sur la modification du cadre de vie dans son ensemble. Cette participation implique de posséder les moyens culturels et techniques nécessaire pour un débat équilibré entre les experts et les habitants du quartier, d'où sa non-existence.

En raison des opérations de renouvellement urbain, certaines familles doivent quitter le quartier et le réseau social qui les soutenaient, d'autres doivent déménager dans des logements plus chers ou plus petits.

Grands chantiers de rénovation urbaine

Amiens À Amiens, le stade de football de la ville : Le Stade de La Licorne, a prévu de modifier ses barrières en parcage visiteur après l’incident de l’année dernière en Ligue 1 Conforama face à Lille.

Bordeaux À Bordeaux, un tramway fait la jonction entre la rive gauche où se situe la ville historique et la rive droite d'habitat social de l'après-guerre. Le bilan est plutôt positif : le quartier, pourtant étiqueté sensible, ne vit pas les émeutes de 2005 dans les banlieues françaises et les entreprises y sont attirées par la zone franche urbaine qui y est placée.

Grenoble vignette|La Villeneuve de Grenoble, en cours de rénovation urbaine À Grenoble, la politique de la ville consiste à relier la cité à la ville par le tramway, à fractionner les barres et à ajouter des programmes sociaux dans trois domaines principaux : la réussite éducative, les rapports de voisinage et l'insertion professionnelle.

À la Villeneuve, une personne inspirée par le community organizing à l'américaine propose de transformer la zone en éco-quartier. La philosophie derrière cette proposition est l'idée qu' : les gens qui se sentent rejetés, ou qui ont l'impression d'être les déchets de la société, ne font pas attention à leurs détritus, ce qui rend leur quartier encore moins agréable aux populations plus aisées, qui l'évitent d'autant plus. On entre donc dans un cercle vicieux, que l'idée d'éco-quartier cherche à interrompre.

À Teisseire, la rénovation urbaine consiste à relier les parcs par un réseau piétonnier fleuri et arboré. Les personnes des classes moyennes n'hésitent plus à y emménager, mais des problèmes subsistent : elles bénéficient d'une dérogation scolaire pour envoyer leurs enfants dans d'autres écoles, et les piscines sont gérées par les clubs de natation qui ont mis en place une sélection par l'argent avec une inscription annuelle à , jusqu'à ce que la mairie menace de supprimer les subventions.

Lyon

La Duchère vignette|Logements neufs construits à La Duchère. Alors que Gérard Collomb est maire du arrondissement de Lyon, qui inclut le quartier de la Duchère, il fait entamer un projet de rénovation urbaine. D'abord, le projet s'attaque à la question du désenclavement, avec deux grandes artères qui relient le quartier au centre-ville et aux communes environnantes. Ensuite, on fait détruire un grand nombre de barres pour construire une grande esplanade. Des petits immeubles ouverts sur la rue sont ajoutés pour plus de lien social. Autour de l'esplanade sont ouverts une bibliothèque et un grand gymnase, ainsi qu'un certain nombre d'entreprises attirées par la zone franche urbaine. Pour modifier la structure sociale du quartier, on passe de 80 % à 55 % de logements sociaux, avec un ajout de logements en accession à la propriété et de logements intermédiaires.

Les nouveaux habitants du quartier sont plus aisés, d'après les associations sociales du quartier. Ils sont attirés par le prix relativement bas des logements, le cadre naturel et la proximité du centre. Collomb fait installer un dispositif de vidéosurveillance qui les rassure, malgré leur propension à appeler la police .

Vaulx-en-Velin alt=La façade d'un planétarium|vignette|Le planétarium construit à Vaulx-en-Velin dans le cadre de la rénovation urbaine En 2000, le centre commercial Le Grand Vire est fermé, pour dynamiser les commerces de la rue Emile Zola. On y ajoute un planétarium, un centre culturel et un lycée. Le désenclavement se fait via un arrêt de métro sur la ligne A, intitulé Vaulx-en-Velin - La Soie et en correspondance avec le tramway et huit lignes de bus. Enfin, la diversification de l'habitat est assurée par des promoteurs privés, qui proposent des logements en accession à la propriété. Cette initiative rencontre un échec relatif : plutôt que d'attirer d'autres personnes et d'encourager la mixité sociale, la nouvelle offre attire les habitants plus aisés de cette même commune, qui veulent s'installer dans un appartement plus confortable sans quitter leurs proches.

Dès la fin des années 1970, la mairie propose d'ouvrir un lycée dans cette commune de habitants. Pour éviter un , le rectorat propose de plutôt ouvrir un collège doté de classes de seconde. La mairie, en retour, propose un lycée sportif, refusé. Enfin, le lycée Doisneau ouvre ses portes en 1995 sous la qualification de : évité par les classes supérieures, il reste un lycée de proximité. Loos

Le , La plus haute tour du territoire nord de France, la tour Kennedy est démoli, par détonation, à Loos, dans le cadre de la réhabilitation urbaine, chantier jamais réalisé auparavant..

Vénissieux