L'Affaire des espions cubains concerne cinq officiers de renseignement de Cuba arrêtés pour espionnage aux États-Unis en 1998. Gerardo Hernández, Antonio Guerrero, Ramón Labañino, Fernando González, et René González sont désignés comme les Cuban Five ou les Miami Five dans la presse américaine.
Les cinq hommes ont été condamnés 4 June 2008, United States Court of Appeals for the Eleventh Circuit, D. C. Docket No. 98-00721-CR-JAL. pour complot, espionnage, et projets d'assassinat. Les cibles de ces activités d'espionnages étaient, selon le jugement, le Commandement militaire des États-Unis pour la zone sud et quatre groupes d'exilés cubains anti-castristes.
Le gouvernement cubain nia pendant trois ans que les hommes appartenaient à ses services de renseignement, puis le reconnut finalement, mais en plaidant cependant qu'ils visaient seulement les exilés cubainsHavana Complains About Conditions for Cuban Spy in U.S. Jail by the International Herald Tribune, August 4, 2010., et spécifiquement des groupes responsables d'attentats sur l'île.
Deux des espions ont été libérés en et en . Les trois derniers ont été relâchés en dans le cadre d'un échange de prisonniers contre un espion américainElise Labott, "Cuba releases American Alan Gross, paves way for historic easing of American sanctions", CNN (December 17, 2014).. Cet échange a été annoncé en même temps que le rétablissement des relations diplomatiques entre les pays, voulu par Raúl Castro et Barack Obama.
Contexte
Entre avril et septembre 1997, une série d'attentats à la bombe se produit dans des hôtels de La HavaneRadio Havane Cuba, avril 2007. Le , Luis Posada Carriles reconnait dans une interview au New York Times avoir organisé ces attentats pour le compte de la Fondation nationale cubano-américaine, et dit avoir une grande liberté de circulation sur le territoire américainThe New York Times, 12 juillet 1998 (page 1). Les autorités cubaines reçoivent alors des agents du FBI pour leur réclamer l'arrestation des terroristes, et leur fournir les dossiers concernésRadio Havane Cuba, 20 mai 2005.
Arrestation À la surprise du gouvernement de La Havane, cinq cubains sont arrêtés le à Miami, accusés d'être des agents de Cuba : René Gonzalez Sehweret, Gerardo Hernandez Nordelo, Ramón Labañino Salazar, Fernando González Llort et Antonio Guerrero Rodríguez. Ils sont mis en examen pour 26 chefs d'accusation, notamment celui de conspiration en vue de commettre des délits et des actes d'espionnage pour le compte de Cuba, et, dans le cas de Gerardo Hernandez, celui d'homicide volontaire. Les autres délits concernent l'utilisation de faux papiers ou la non-déclaration de leur statut d'agents.
Procès et incarcération La défense appelle à la barre trois officiers américains de haut rang (Eugène Carroll, Edward Atkeson, James R. Clapper)La singulière histoire de cinq Cubains, Le Monde diplomatique, décembre 2005, qui témoignent en faveur des cinq accusés. Selon leur témoignage, rien n'indique que les agents aient cherché à obtenir des informations secrètes, ou qu'ils auraient eu intérêt à le faire. Concernant l'homicide dont est accusé Hernandez, le procureur reconnaît le que prouver sa culpabilité représente un « obstacle insurmontable » pour les États-Unis. Malgré cela, en , les douze membres du jury reconnaissent les accusés coupables de tous les faits dont ils étaient accusés. Hernandez, Labañino et Guerrero sont condamnés à la prison à perpétuité, Fernando González à 19 ans de réclusion, et René González à 15 ans.
Selon le gouvernement cubain, la véritable mission des cinq agents était d'infiltrer les organisations terroristes basées à Miami, afin de prévenir des attentats contre Cuba. Pour le gouvernement, il s'agit donc d'un procès politique, visant à protéger les terroristes anti-castristes réfugiés à MiamiConversations avec Ricardo Alarcón de Quesada, Salim Lamrani, Éditions Le Temps des cerises, 2006.
La défense a dénoncé de nombreuses violations des lois et de la Constitution américaine, tant dans le traitement des accusés que dans la tenue du procès. Les avocats affirment que les cinq prévenus ont été maintenus 17 mois en isolement avant le procès, alors que la loi limite cette durée à 60 jours maximum. Ils ajoutent que le droit des familles aurait été bafoué, car celles-ci n'étaient pas autorisées à voir les détenus. Des pressions sur les familles auraient eu lieu, selon les avocats. Concernant le procès, la défense dénonce le fait que celui-ci se tienne à Miami, et exige sa délocalisation, refusée par le tribunal. En effet, la loi américaine prévoit le transfert du procès, dans le cas où le lieu est entaché de préjugés contre les prévenus. Or les avocats affirment que de nombreuses pressions ont eu lieu sur le jury, de la part des cubains anti-castristes. Selon El Nuevo Herald, un journal de Miami, certains jurés craignent alors la réaction de l'exil cubain en cas d'acquittement des accusésEl Nuevo Herald, 2 décembre 2000. Les avocats annoncent donc qu'un jugement impartial est impossible dans cette ville.
En mai 2003, la défense fait donc appel de la condamnation. Deux ans plus tard, en , la Cour d'appel d'Atlanta annule le procès, et en exige un nouveau"Les Cinq", Le Monde diplomatique, avril 2008. À la suite d'une demande du tribunal de Floride, cette décision est cassée un an plus tard. Les avocats lancent alors une nouvelle phase d'appel.
Libérations Nommés « les Cinq héros »Communiquez avec les cinq héros, Granma, leur retour a été une priorité nationale de Cuba durant toutes ces années d'incarcération. Les « Cinq Héros » ont été libérés le .
Notoriété Cette affaire a inspiré un film au réalisateur français Olivier Assayas : , sorti en salle en .
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Iraida Aguirrechu, The perfect storm: the case of the Cuban Five, Asamblea Nacional del Poder Popular, Editora Politica, La Havane, 2005, 197 p. Jane Franklin, John Gerassi, Joel Kovel et Len Weinglass, Defend Cuba and the Cuban Five: A Panel at New York University Law School May 19, 2003, National Lawyers Guild, New York, 2003, 57 p. Gerardo Hernández Nordelo (et al.), Miami Five: Guilty of Defending Cuba : Defence Statements from the Dock, Democrat Publications & Merseyside Cuba Solidarity, 2002, 53 p. Filmographie Cuban network, film réalisé par Olivier Assayas (2019) raconte l'histoire des 5 espions cubains. Article connexe Relations entre Cuba et les États-Unis
Liens externes
« The Case of the Cuban Five » (Amnesty International)
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