L’aérostat Giffard (prononcer : \a.e.ʁɔs.ta ʒi.faʁ\) est le premier ballon dirigeable à hélice et gouvernail, expérimenté par Henri Giffard le de Paris à Élancourt (Seine-et-Oise, aujourd'hui Yvelines), parcourant 28 kilomètres..
Historique Sous les auspices d'Eugène Godard, Henri Giffard s'intéresse à la navigation aérienne et effectue plusieurs ascensions à l'hippodrome de l'Étoile de Paris.L'hippodrome de l'Étoile, sur Gallica.. Dépourvu de fortune, il se lie d'amitié avec deux élèves de l'École centrale, David et Sciama, et tous les trois envisagent la réalisation d'un navire aérien à vapeur.. En , il dépose une demande de brevet : Application de la vapeur à la navigation aérienne., dans lequel il décrit son moteur à vapeur et les caractéristiques de son aérostat. Le brevet est déposé sous le .. L'aérostat est construit sur ses plans par Eugène Godard..
Le vendredi à , Henri Giffard décolle de l'enceinte de l'hippodrome, place de l’Étoile (actuelle place Charles-de-Gaulle). Terminé par deux pointes et pour un diamètre maximal de au milieu avec une longueur de , cet aérostat contient environ de gaz d'éclairage. Il est enveloppé d'un filet réuni à une série de cordes, fixées à une traverse horizontale en bois de de longueur, portant à son extrémité une voile triangulaire faisant office de gouvernail. En dessous, à de la traverse est fixée la chaudière à vapeur, à foyer renversé, à laquelle est reliée une hélice à trois pales de de diamètre, qui tourne à . Le combustible employé est du coke de bonne qualité.
La force ascensionnelle de l’engin est d'environ et répartie ainsi :
Descriptif kg Aérostat avec la soupape 320 Filet 150 Traverse, corde de suspension, gouvernail, corde d'amarrage 300 Machine et chaudière 150 Eau et charbon dans la machine à vapeur au décollage 60 Châssis, brancard, roues, bâches à eau et à charbon 420 Corde traînante en cas d'accident 80 Eau et charbon 248 Poids du pilote 80 Force ascensionnelle 10
thumb|left|Animation de la machine à vapeur du dirigeable d'Henri Giffard, d'après la gravure de L. G. (très probablement L. Guiguet).
Émile de Girardin a salué dans La Presse du l'exploit de « ce Fulton de la navigation aérienne » : .. thumb|Animation d'artiste de l'exploit d'Henry Giffard.
À la suite de l'article d'Émile de Girardin et dans le même exemplaire de La Presse, Henri Giffard a écrit ses observations : .
Henri Giffard a parcouru à la vitesse moyenne de Dirigeable Giffard, sur le site du musée de l'Air et de l'Espace du Bourget. Gaston Tissandier écrit dans son ouvrage "la navigation aérienne" : "Il venait de prouver que l'emploi d'un aérostat très-allongé, dont on peut seul espérer la direction, était aussi avantageux que possible par sa marche dans l'air et par les facilités de son atterrissage ; il avait trouvé avec hardiesse, les conditions de stabilité dans l'atmosphère d'un aérostat allongé. Il avait prouvé qu'un navire aérien de cette forme obéit avec une sensibilité extrême à tous les mouvements du gouvernail.".
thumb|upright=1.2|Dirigeable Giffard en 1852 (carte postale de 1904).
Le directeur de l'hippodrome de l'Étoile, Arnault, avait passé avec Henri Giffard un accord, pour une dizaine d'ascensions avec l'aérostat à vapeur expérimenté le . Comme la saison était avancée la Compagnie du gaz craignit de ne pouvoir fournir le gaz nécessaire au gonflement du ballon ; et faute d'un peu de bon vouloir de la part de la Compagnie du gaz, la campagne commencée en resta là..
En , Henri Giffard publie une étude : « De la force dépensée pour obtenir un point d'appui dans l'air calme, au moyen de l'hélice. »
Postérité En 1855, Henri Giffard tente un second vol, sans succès (avec un autre ballon)J. Lecornu décrit ainsi ce deuxième vol dans son ouvrage La navigation aérienne, histoire documentaire et anecdotique, 1903 : "Instruit par cette première expérience, Giffard construisit un second aérostat dirigeable de 70 mètres de longueur et 10 mètres seulement de diamètre au milieu : il cubait 3200 mètres. Diverses modifications de détail portaient principalement sur le mode de suspension de la nacelle et sur le moteur : ce nouveau matériel fut achevé on 1855, et le départ eut lieu de l'usine à gaz de Courcelles. Giffard était accompagné cette fois de M. Gabriel Yon [son fidèle et précieux collaborateur]. La machine étant en pression au moment du départ, ou vit l'aérostat tenir tête au vent pendant quelques instants, puis se laisser entraîner par le courant. Les résultats de cette seconde expérience ne firent que confirmer ceux de 1882. La descente fut assez périlleuse par suite de l'excès de longueur du ballon, celui-ci eut une tendance à prendre la position verticale, et, en touchant terre, il sortit du filet et se rompit, en deux morceaux.". Il faudra attendre 1872 soit vingt ans après le premier vol pour que Henri Dupuy de Lôme reprenne l'invention de Giffard sous la forme d'un grand aérostat à hélice, gonflé d'hydrogène pur et actionné par un propulseur de de diamètre, que huit matelots mettaient en mouvement dans la nacelle. Gaston Tissandier, aérostier qui n'aura de cesse de poursuivre l'œuvre accomplie par Henri Giffard, dans un ouvrage paru en 1872 chez Édouard Dentu souligne l'apport décisif de Giffard à la date du : ..
Il faut souligner que Henri Giffard n'est pas et ne sera jamais militaire. Sans doute est-ce cela, joint à sa situation pécuniaire - la Compagnie du gaz ne voulut pas lui fournir plus de gaz - qui fit que, dans un premier temps, il dut se détourner des dirigeables. Ceux là étant confié désormais à des officiers (Aérostat dirigeable Dupuy de Lôme).
Notes
Références
Bibliographie
Les aérostats / par Louis Figuier ; ouvrage illustré de 60 gravures sur bois (ce pdf est en format image, mais les numérisations des gravures sur bois sont excellentes. Pour le texte, télécharger la numérisation Gallica précédente) Henri Giffard, « De la force dépensée pour obtenir un point d'appui dans l'air calme, au moyen de l'hélice », Bulletin de la société aérostatique et météorologique de France (), dans Gustave Ponton d'Amécourt, Collection de mémoires sur la locomotion aérienne sans ballons, Paris, Gauthier-Villars, 1864, . Gaston Tissandier Les ballons dirigeables 1872* Gaston Tissandier Les ballons dirigeables, 1872, (pdf image)
Liens externes « Les aérostats dirigeables. À propos de l'expérience de M. Dupuy de Lôme », Gaston Tissandier, L'Illustration, . Henri Giffard papers, 1852-1910, sur le site de la Bibliothèque du Congrès.
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