L'église Notre-Dame-de-la-Nativité est une église catholique paroissiale située à Blaincourt-lès-Précy, dans l'Oise, en France. C'est un édifice simple et homogène de style gothique flamboyant. Le contraste entre le réseau typiquement flamboyant des fenêtres et la modénature plate des nervures des voûtes donne à penser que les murs extérieurs remontent à la fin du , et que les voûtes ont été lancées après coup, pendant la seconde moitié du , mais ce n'est pas assuré : l'église peut tout aussi bien dater entièrement du milieu du . Le clocher est le seul élément qui peut être daté avec certitude, car sa « première pierre » porte la date de 1782. L'extérieur de l'église est austère et sans grand caractère. L'intérieur se distingue par son effet proche d'une crypte gothique, abstraction faite de l'éclairage qui est abondant, grâce à trois vaisseaux parallèles de hauteur identique, et une nef à peine plus large que les collatéraux. C'est l'originalité de son agencement intérieur qui fait l'intérêt de l'église de Blaincourt. La décoration est inspirée de la Renaissance, mais se limite à de discrets chapiteaux influencés par l'ordre dorique, et quelques clés de voûte pendantes. Le mobilier comporte quelques statues anciennes. L'église Notre-Dame a été inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du .. Elle n'a pas encore bénéficié d'une restauration intérieure depuis cette date. Elle est affiliée à la paroisse Saint-Louis de Précy-sur-Oise.

Localisation thumb|left|Vue depuis le sud.

L'église Notre-Dame de la Nativité se situe en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, en pays de Thelle, aux confins de l'Île-de-France, à moins de trois kilomètres de la rive droite de l'Oise, sur la commune de Blaincourt-lès-Précy, au centre du village, rue de la Mairie, au carrefour avec la rue du Carrouge, la rue des Sablons et la rue Madeleine-Hobigand. La façade occidentale donne sur la rue et le carrefour, tandis que l'élévation septentrionale est alignée sur la rue Madeleine-Hobigand, qu'elle domine grâce à un mur de soutènement. L'élévation méridionale et le chevet donnent sur le parc municipal. Ainsi, l'église est bien dégagée des autres constructions, et elle est visible de tous les côtés.

Historique thumb|left|Trois autels se côtoient au chevet.

La paroisse de Blaincourt-lès-Précy est de fondation récente. Elle a longtemps été un vicariat de la paroisse voisine Saint-Pierre et Saint-Paul de Précy-sur-Oise, dont elle est démembrée au seulement. Par conséquent, le collateur de la cure est le prieuré de Saint-Leu-d'Esserent, comme à Précy. Sous tout l'Ancien Régime, Blaincourt et Précy relèvent du doyenné de Beaumont-sur-Oise, de l'archidiaconé de Clermont et du diocèse de Beauvais. Dans les registres paroissiaux, l'abbé Carlos Speybroeck a retrouvé les noms de quelques prêtres desservant, qui portent tous le titre de vicaire : Claude Fret (1662) ; Jean Le Vasseur, « prêtre-vicaire en chef » (1730) ; Pépin (1758) ; Patout ( - mort le ) ; Jean-Baptiste Clément (1778, prête serment à la Constitution civile du clergé) ; Nicolas Poulain (). La sainte patronne de l'église est la Vierge Marie. — Avant la Révolution française, le hameau de Bonqueval possède sa propre église, qui est dédiée à saint Barthélemy. Elle est vendue comme bien national à la Révolution, et acquise par un particulier. L'édifice semble encore être debout pendant les années 1820, quand Louis Graves visite la contrée. Il est plus ancien que l'église Notre-Dame. Plus tard il est transformé en maison d'habitation, et à la fin du , seulement le chevet avec ses deux contreforts et son triplet bouché rappellent encore son passé. Dominique Vermand date ces vestiges de la fin du . Trois statues de l'église Saint-Barthélémy ornent aujourd'hui l'église Notre-Dame.Carlos Speybroeck, Dossier documentaire sur l'église de Blaincourt, Précy-sur-Oise, 1996, n.p... thumb|« Première pierre » du clocher.

Selon le dossier d'inscription, la construction de l'église actuelle remonterait au , ce qui est déduit de la forme des baies et du dessin de leur remplage. Dominique Vermand, qui a étudié la plupart des églises du département, affirme néanmoins que l'ensemble de l'église serait homogène, et aurait été bâti au milieu du . Un renseignement rapporté par Louis Graves indique que l'église aurait été construite en 1553 aux frais de Louis de Alin, seigneur de Lens dans le diocèse d'Amiens, et semble conforter l'avis de Dominique Vermand. Il n'est toutefois pas certain si Graves s'appuie sur une source fiable, ou sur une rumeur ou tradition locale sans fondement réel. Le rédacteur du dossier d'inscription estime que les voûtes d'ogives auraient été lancées à la fin du seulement. La sacristie et le clocher latéral sont plus récents. Une petite plaque commémorative scellée dans le mur occidental du clocher porte l'inscription suivante : . Toujours selon le dossier d'inscription, . Colonnes et piliers sont ici synonymes. Rien ne subsiste de la prétendue polychromie architecturale, mais certains piliers ainsi que les murs de la nef arborent les traces d'une litre funéraire. Il n'est pas clair sur quel élément se base l'affirmation d'un reprofilage des piliers. Louis Graves dit que l'église est humide, ce qui pourrait expliquer une reprise en sous-œuvre purement hypothétique. Il n'y a que le dernier tambour du pilier engagé entre la troisième et la quatrième travée du nord qui affiche une forme énigmatique. Les vitraux anciens ont été détruits sous la Seconde Guerre mondiale, et ont été remplacés par des verrières abstraites. L'église a été inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du . thumb|upright|Vierge à l'Enfant.

À la Révolution française, chaque diocèse correspond désormais à un département, et une bonne partie du doyenné de Beaumont rejoint le diocèse de Versailles. Sous le Concordat de 1801, le diocèse de Beauvais est annexé au diocèse d'Amiens, situation qui dure jusqu'en 1822. Depuis cette date, Blaincourt fait définitivement partie du diocèse de Beauvais. Le service paroissial est depuis longtemps assuré par le curé de Précy-sur-Oise, qui dessert également l'église de Boran-sur-Oise. Depuis le , les trois communautés forment officiellement la paroisse Saint-Louis de Précy-sur-Oise, l'une des quarante-cinq paroisses nouvellement définies du diocèse.. Depuis la retraite du père Carlos Speybroeck le , aucun curé n'a été nommé à la paroisse, qui est la plus petite du diocèse. Elle est, dans les faits, réunie à la paroisse de Gouvieux. Des messes dominicales anticipées sont célébrées en principe le dernier samedi des mois impairs à 18 H 30. Les autres messes anticipées ont lieu en l'église de Boran. Toutes les messes anticipées sont toutefois suspendues pendant les mois de juillet et août..

Description Aperçu général

Orientée irrégulièrement vers le sud-est du côté du chevet, avec une déviation de l'axe de l'édifice de 35 degrés par rapport à l'axe est-ouest, l'église suit un plan d'une extrême simplicité. Elle se compose d'un vaisseau central de quatre travées accompagné de deux collatéraux, l'ensemble se terminant par un chevet plat. La nef est à peine plus large que les collatéraux, et les trois vaisseaux sont de hauteur identique, avec des travées barlongues dans le sens longitudinal. La première et la dernière travée sont un peu plus profondes que les autres. Le portail occidental est précédé d'un porche. Le clocher se dresse devant la première travée du collatéral sud, à laquelle il est relié par un court passage recouvert d'un toit en bâtière. Ce passage et la base du clocher ne font pas partie de l'espace intérieur de l'église. La sacristie est mitoyenne de la dernière travée du collatéral sud. L'ensemble de l'église est voûté d'ogives, et la toiture unique à deux rampants recouvre les trois vaisseaux, avec des pignons à l'ouest et à l'est.

Intérieur thumb|Vue vers l'est. thumb|Vue vers l'est. thumb|, vue vers le nord. thumb|Vue vers l'ouest.

Eugène Müller dit que l'église de Blaincourt est sans caractère.. Son architecture ne fait effectivement pas preuve d'ambition ou de recherche stylistique. Le dossier d'inscription constate que l'église est . L'église Notre-Dame-de-la-Nativité n'est pourtant ni banale, ni dénuée d'intérêt. Dominique Vermand estime que . L'auteur souligne l'unité spatiale remarquable, qui est obtenue par une hauteur identique des trois vaisseaux, une largeur presque identique, et une assimilation des grandes arcades longitudinales aux arcs-doubleaux. Ils ont la même envergure et partagent la même modénature. L'effet obtenu est proche de certaines cryptes gothiques, sans bien sûr pour l'éclairage par la lumière naturelle, qui est assez généreux. Les collatéraux possèdent une fenêtre latérale par travée. Le vaisseau central est ajouré par une large baie de chevet, l'oculus de la façade étant aujourd'hui bouché. Contrairement à la majorité des églises rurales issues de la reconstruction après la Guerre de Cent Ans, la nef ne fait pas apparaître un espace sombre au-dessus des grandes arcades, qui vient d'une hauteur plus importante par rapport aux collatéraux, sans aller de pair avec des fenêtres hautes latérales. Dans les environs, de nombreuses églises flamboyantes sont dans ce cas : Baron, La Chapelle-en-Serval, Jagny-sous-Bois, Montagny-Sainte-Félicité, Pont-Sainte-Maxence, Saint-Pierre de Senlis, Survilliers, Le Thillay, Verneuil-en-Halatte, Vineuil-Saint-Firmin, Viarmes, etc. Rares sont les églises flamboyantes pourvues de fenêtres hautes, comme Bessancourt, Précy-sur-Oise et Villiers-le-Bel, qui sont issues de la transformation successive d'églises médiévales. Avec une homogénisation des trois vaisseaux, la répartition équilibrée de la lumière est assurée sans fenêtres hautes. C'est une solution originale, qui n'a pas été adoptée ailleurs dans la région. Il en résulte une forme barlongue des travées du vaisseau central dans le sens longitudinal, et non dans le sens transversal, comme c'est habituellement le cas. Les grandes arcades en tiennent un tracé en cintre surbaissé, qui contraste avec le tracé en tiers-point des doubleaux. Ainsi, le maître d'œuvre crée une certaine tension, et évite la monotonie.

Le remplage de l'ensemble de toutes les fenêtres latérales sauf une répond au même dessin, à savoir deux lancettes aux têtes tréflées, surmontées d'un grand soufflet et de deux mouchettes. C'est le dessin emblématique de la période flamboyante, qui s'applique à la majorité des fenêtres à deux lancettes. Sur la deuxième fenêtre du sud, les deux lancettes forment une accolade, qui circonscrit un losange et deux mouchettes, réséquées chacune en deux mouchettes affrontées. Le réseau complexe de la baie du chevet se compose de trois lancettes trilobées, surmontée de deux grandes mouchettes dissymétriques, dont chacune réséquée en deux paires de petites mouchettes affrontées, et d'un petit soufflet. Ce dessin est caractéristique de l'architecture flamboyante à son apogée, et connaît de nombreuses variantes. Vers la fin de la période flamboyante, à l'approche du milieu du , les formes en plein cintre s'imposent. Les chapelles du déambulatoire de l'église Saint-Étienne de Beauvais, dont le pourtour a été construit au premier quart du , montrent déjà des fenêtres aux formes schématisées, simplifiées et arrondies. Il paraît donc évident que le dossier d'inventaire suppose une date de construction au cours du pour les murs extérieurs. En même temps, la reconstruction de l'église de Précy-sur-Oise à partir de 1570 n'a pas encore été mise en doute par un auteur, alors que les fenêtres reprennent encore le dessin flamboyant standard observé à Blaincourt. Les meneaux des fenêtres affectent un profil aigu. Lors d'un ravalement peu scrupuleux, les meneaux extérieurs ont en grande partie disparu sous l'enduit des piédroits. Les fenêtres ne sont pas entourées de moulures, ni même à l'extérieur.