Le Corps expéditionnaire sibérien, en anglais ou C.S.E.F., est une unité du Corps expéditionnaire canadien envoyée en 1918 à Vladivostok, à l'est de l'Empire russe, pour soutenir l'intervention alliée pendant la guerre civile russe. L'unité comptait sous le commandement du Major général James H. Elmsley. Un peu moins de 100 militaires sont envoyés à Omsk pour fournir un soutien administratif à une unité de qui combattent aux côtés de l'armée blanche de l'amiral Alexandre Koltchak. La plupart des canadiens restent en poste à Vladivostok pour l'entraînement militaire et des missions de maintien de l'ordre dans cette ville portuaire où la situation est instable.

Contexte vignette|400px|Membres du C.S.E.F., Vladivostok, 1919.

L'intervention alliée en Sibérie est due à plusieurs facteurs. Les alliés craignaient que les Allemands aient accès, de façon directe ou indirecte, aux ressources naturelles de l'extrême-orient russe via le Transsibérien et que cela fasse leur donne l'avantage sur le front de l'Ouest. S'y ajoutaient une hostilité manifeste envers les bolcheviques, particulièrement de la part de Winston Churchill, et la volonté de préserver intérêts commerciaux et économiques. Le cas des prisonniers de guerre tchèques internés dans des camps suscitait la sympathie de plusieurs gouvernements et plus particulièrement des États-Unis. La décision d'intervenir directement fut prise quand les troupes tchèques tentèrent de sortir de Russie pour prendre le contrôle d'une grande partie du Transsibérien.

L'implication du Canada dans la campagne de Sibérie est largement due à la politique menée par le premier ministre canadien Robert Borden à l'égard du Royaume-Uni. En tant que dominion, le Canada n'était ni membre à part entière de l'Entente ni une colonie. Pour Robert Borden, la participation du Canada Selon , l'intervention du Canada

Sur le plan intérieur, l'intervention est présentée au public comme une chance à saisir sur le plan commercial et économique. Cependant, après l'armistice, l'opinion publique se retourne contre l'engagement à l'étranger, particulièrement avec des conscrits appelés sous les drapeaux.

Aspect commercial vignette|400px|Artilleurs canadiens, conducteurs de traineaux et habitants, février 1919.

L'idée que la révolution bolchevique court à l'échec et que cela sera l'occasion de développer les échanges commerciaux amène le gouvernement à créer la Commission économique canadienne pour la Sibérie () en sous la direction du Commissaire au commerce . La Banque royale du Canada ouvre une agence bancaire à Vladivostok. Trois employés et Le bâtiment n'est cependant pas utilisé et l'agence ferme en avec le retrait des troupes canadiennes et britanniques.

Soutien et opposition au Canada Le Cabinet autorise l'intervention début après que Robert Borden a donné son accord. Le départ est retardé par une tentative infructueuse de lever une troupe de volontaires, des mutineries ont lieu à Victoria avant l'embarquement. La campagne militaire est critiquée par le , par l'opinion publique, dont des agriculteurs des Prairies canadiennes, et par le Toronto Globe.

Installation vignette|400px|Tir à la corde, 1919.

Fin , un poste avancé est mis en place à Vladivostok par le Major général général Elmsley, les quartiers généraux sont installés au Théâtre Pushkinsky. L'intervention du Canada est vivement critiquées par les milieux d'affaires de Vladivostok, qui demandent à Elmsley de quitter les lieux. Les Canadiens sont cantonnés sur trois sites principaux : la caserne de l'Est, dans la baie de la Corne d'Or, l'ancienne caserne tsariste à Gornestai (aujourd'hui la ville de Shitovaya), et un casernement au nord de Vladivostok. Le gros des effectifs arrive à Vladivostok à la mi- à bord du Teesta et du Protesilaus. Le départ du Teesta depuis Victoria le a été retardé par une mutinerie de deux compagnies du ; le Protesilaus rencontre des difficultés, perdant une hélice au large de la côte russe alors qu'il est pris dans les glaces.

Mutinerie du 21 décembre 1918 Le , deux compagnies du Bataillon (), se mutinent dans les rues de Victoria, en Colombie-Britannique. La mutinerie se déclenche alors que les conscrits marchent du Camp Willows aux quais extérieurs de la ville. À mi-chemin, un peloton de l'arrière refuse d'avancer et veut rebrousser chemin. Les officiers sortent leurs revolvers et tirent en l'air pour essayer de calmer les mutins. Comme cela est sans effet, ils ordonnent aux troupes loyales d'enlever leur ceinture de toile et de fouetter les mutins pour les faire rentrer dans le rang. La troupe traverse le centre-ville de Victoria et arrive aux quais extérieurs encadrée de 50 soldats armés de fusils, baïonnettes au canon. Vingt et une heures plus tard, le Teesta quitte le port de Victoria à destination de Vladivostok, avec une douzaine de meneurs aux arrêts en cellule. Alors que la cour martiale déclare les accusés coupables de , les peines sont commuées par le Major général Elmsley avant l'évacuation de début avril, par crainte d'une mise en cause de la légalité du déploiement d'appelés au service militaire pour une mission liée à la

Mémoire Le cimetière de la marine à Vladivostok est un site sous l'égide de la Commonwealth War Graves Commission. Il comprend 14 tombes de soldats canadiens, aux côtés de soldats britanniques, français, tchèques et japonais tombés lors de l'intervention en Sibérie, et un monument dédié aux soldats alliés inhumés en divers endroits en Sibérie. Négligé pendant l'ère soviétique, le cimetière est réhabilité en 1990 par l'équipage d'un navire canadien. En 1996, les marins du , assistés par des militaires de la flotte russe, remplacent les pierres tombales et restaurent les tombes.

Notes et références

Bibliographie

Stuart Ramsay Tompkins, A Canadian's Road to Russia: Letters from the Great War Decade, Doris H. Pieroth, The University of Alberta Press, 1989. Clifford Kinvig, Churchill's crusade: the British invasion of Russia, 1918-1920.

Voir aussi

Articles connexes Corps expéditionnaire canadien intervention alliée pendant la guerre civile russe Intervention en Sibérie

Liens externes Le Corps expéditionnaire sibérien, Musée canadien de la guerre. Les champs de bataille oubliés – Les Canadiens en Sibérie, 1918-1919, capitaine de frégate Ian C.D. Moffat, Revue militaire canadienne. Canada's Siberian Expedition Virtual Exhibition and Digital Archive.

Catégorie:Histoire militaire du Canada Catégorie:Bataille ou opération de la guerre civile russe Catégorie:Unité militaire canadienne de la Première Guerre mondiale Catégorie:Unité ou formation militaire créée en 1918 Catégorie:Unité ou formation militaire dissoute en 1920 Catégorie:Primorié pendant la guerre civile russe Catégorie:Anticommunisme au Canada