Le casque « à la romaine » - dit aussi casque « à l'antique » ou « à la Minerve » - est un type de casque militaire qui fit son apparition à la Renaissance mais qui fut surtout popularisé à partir de la seconde moitié du et au , en particulier lors des guerres napoléoniennes. La forme de ce type de coiffure était censée évoquer celle des casques de parade à cimier des officiers des légions romaines.

La forme générale de ces casques est celle d'une bombe en cuir bouilli ou en métal agrémentée d'une visière et d'un court couvre-nuque et surmontée d'un cimier. Aux , ces cimiers furent ornés d'une crinière ou d'une chenille en fourrure, les casques étant dotés de jugulaires en écailles ou anneaux métalliques.

À partir des années 1840, les casques « à la romaine » en service dans la plupart des armées européennes - et notamment les corps de cavalerie lourde - furent remplacés par diverses variantes du casque à pointe allemand. L'armée française conservera des casques de ce type jusqu'au début de la Première Guerre mondiale.

Origines

Casques de parade et casque du légionnaire au temps de la Rome impériale

La bourguignotte italienne « à l'antique » de la Renaissance

Apparue au , elle reste utilisée jusqu'au , aussi bien par l'infanterie que la cavalerie.

Son architecture n'est pas sans rappeler celle du casque du légionnaire romain : ..

Le musée de l'Armée conserve dans ses collections une bourguignotte italienne à l'antique d'apparat ayant appartenu au roi Henri II« Bourguignotte du roi Henri II », sur le site du musée de l'Armée..

Casques militaires au

Au début du , les armées européennes ont abandonné le casque au profit des bicornes et tricornes pour la cavalerie et l'infanterie, de la mitre ou du bonnet d'ourson pour les grenadiers ou encore des bonnets de fourrure, pokalems ou mirlitons pour les dragons, hussards et autres corps de cavalerie légèreVoir les ouvrages consacrés à la « guerre en dentelle » () des époux Funcken, déjà cités, donnés en Bibliographie..

France

Une ordonnance royale du redéfinit l'uniforme des dragons pour lui donner l'allure qu'ils présenteront jusqu'à l'époque du Second Empire : le corps troque l’habit rouge pour l’habit vert et adopte, en lieu et place du pokalem et des bonnets, un casque semblable à celui des « dragons volontaires de Schomberg » (ex « Légion des Volontaires de Saxe »), une manière de casque « à l'antique »Cf. la fiche pédagogique sur le casque de dragon du Musée de l'armée donnée en Liens externes. Ce casque fut donné à ce corps par le Maréchal de Saxe lui-même : constitué d'une bombe en cuivre surmontée d'un cimier agrémenté d'une crinière, ornée d'un bandeau en fourrure mais dépourvue de visière et de couvre-nuque, qui prendra d'ailleurs le nom de « casque à la Schomberg ». Jusqu'à la fin des années 1780, les régiments de dragons seront les seules unités « régulières » de l'armée française dotées du casque, les premiers régiments « cuirassés » portant encore le chapeau.

Le règlement de 1786, qui fixe l'uniforme de l'infanterie française, donne aux fusiliers des - ex « Picardie » devenu « Colonel général » - et « Régiment du Roi » () un casque « à la romaine » similaire à celui des dragons du modèle 1780...

Europe

Lors de la guerre de succession de Bavière (1778-1779), une « milice impériale » fut levée en la cité de Francfort-sur-le-Main. Le Journal politique ou Gazette des gazettes, dans sa livraison de la première quinzaine d', en donne ainsi la tenue : .

Dans le bref conflit qui opposa les éphémères États belgiques unis, nés de la révolution brabançonne, à l'Autriche en 1789-1790, le régiment des « volontaires à cheval de Bruxelles » et celui des « volontaires brabançons » de même que les dragons du « régiment de Namur » de l' « armée des patriotes » belge portèrent des casques de ce type agrémentés de bandeaux, plumets et chenilles aux couleurs nationales noir, jaune et rouge.Volontaire à cheval de BruxellesVolontaire brabançon.Dragon du régiment de Namur..

Casques « à la romaine » au

Au début du , à l'époque des guerres napoléoniennes, de nombreux pays européens adoptèrent ce type de coiffure militaire.

France

En France, au début du siècle, le terme désigne entre autres le casque porté par la cavalerie lourde et notamment les carabiniers. Napoléon .. Le casque des dragons quant à lui connaîtra sous l'Empire une évolution dans sa forme, la bombe s'inclinant et s'allongeant vers l'arrière et la visière s'inclinant légèrement vers l'avant dans le prolongement de l'angle formé par la bombe. Ce nouveau modèle portera le nom de « casque à la Minerve » en référence aux représentations de la déesse romaine de la guerre dans la statuaire antique et néo-classique. Ce modèle de casque de dragon restera en service jusque dans les années 1840..

Dans l’édition de 1820 de l’Annuaire de l'état militaire de France publié par le ministère de la Guerre, il est donné cette description de l'uniforme du régiment des Carabiniers de Monsieur sous la Seconde Restauration : .. Les mousquetaires de la Garde royale, entre autres unités de ce prestigieux corps, furent également coiffés d'un casque de ce modèle.

Les armées françaises qui servirent sous les divers régimes qui marquèrent l'histoire de France tout au long du conservèrent ce type de coiffe pour leurs régiments de dragons, de cuirassiers et de carabiniers, tout comme l'escadron des cent-gardes sous le Second Empire.

Europe

Amérique latine

Casques « à la romaine » dans l'armée française à la fin du et au début du

L'armée française va conserver ce type de casque pour le service actif jusqu'à la Première Guerre mondiale avant l'adoption généralisée du casque Adrian décrivent ainsi le casque de dragons : ., seule la cavalerie de la Garde républicaine conservant, pour ses missions d'honneur, le casque « à la romaine » après 1918 et ce jusqu'à nos jours. La Belle Époque verra ainsi la mise en service dans la cavalerie, la gendarmerie et l'artillerie (1902-1912) des derniers descendants des casques « à la romaine » hérités du Premier Empire.

Cavalerie

Jusqu'en 1910, seuls les cuirassiers et les dragons étaient coiffés du casque. En 1910, un casque d'un modèle plus sobre et léger, au cimier plus bas, fut adopté pour la cavalerie légère (chasseurs à cheval et hussards), modèle qui connaîtra diverses évolutions jusqu'au déclenchement de la Grande Guerre.

Gendarmerie

Artillerie En 1902, l'artillerie va se voir dotée d'une version très simplifiée du casque « à la romaine » se réduisant à une bombe métallique dotée d'une visière et d'un couvre-nuque courts. Cette coiffure restera en service jusqu'en 1914Le Petit Journal , 16 mars 1902..

Armées italiennes aux époques moderne et contemporaine

Royaume d'Italie (1805-1814)

Royaume d'Italie (1861-1946)

République italienne

Le Reggimento Corazzieri, garde d'honneur du président de la République italienne constituée d'une compagnie d'élite des carabinieri, à l'instar de la Garde républicaine française, est coiffé d'un casque « à la romaine » pour ses missions protocolaires.

Symbole allégorique

Le casque « à l'antique » ou « à la romaine » fut régulièrement représenté par les peintres de genre traitant des batailles antiques ou des thèmes mythologiques, ainsi que par les portraitistes des rois et princes européens pour symboliser de manière allégorique les vertus martiales de ces grands personnages. La « Minerve casquée » est par ailleurs une figure de la statuaire académique apparaissant sur de nombreux bâtiments ou monuments à caractère militaire.

Gérard de Lairesse, dans Le grand livre des peintres ou l'art de la peinture, note ..

Dans son Catalogue raisonné de l'œuvre de Sébastien Leclerc, chevalier romain, dessinateur et graveur du cabinet du Roi, Charles-Antoine Jombert décrit l'une des œuvres de l'artiste en ces termes : .. C'est dans cet accoutrement que Charles le Brun dépeint le Roi-Soleil dans l'un de ses tableaux.

Dans de nombreuses armées, le casque « à la romaine » est devenu le symbole distinctif du corps du génie militaire par référence au légionnaire romain, à la fois soldat et constructeur.

Articles connexes Casque à pointe Tarleton (coiffure militaire) Chapska

Bibliographie

Généralités . .

France

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Liens externes Musée de l'armée : fiche pédagogique: « Le casque de dragon »

Références

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