Le combat de Campo Maior se déroule le à Campo Maior, au Portugal, au cours de la guerre d'indépendance espagnole. Il oppose la cavalerie anglo-portugaise du brigadier-général Robert Ballard Long à un contingent français commandé par le général Victor de Faÿ de La Tour-Maubourg. Après avoir remporté un succès initial, plusieurs escadrons alliés se lancent à la poursuite des Français et s'emparent d'un convoi d'artillerie. Cependant, le général Beresford, trompé par un rapport erroné l'informant de la capture du dragons légers, interrompt l'engagement, ce qui permet aux Français de récupérer les canons et d'atteindre Badajoz sans être inquiétés.

Contexte Au cours de l'hiver 1810-1811, au Portugal, l'armée française du maréchal Masséna piétine devant les lignes de Torres Vedras, tenues par l'armée anglo-portugaise de Lord Wellington. Masséna, manquant de ravitaillement, se retire finalement sur Almeida au mois de mars. Pendant ce temps, plus au sud, le maréchal Soult entreprend le siège de Badajoz, qui capitule le . Le 15, français du , sous les ordres du maréchal Mortier, se présentent sous les murs du château de Campo Maior. La garnison portugaise du major Talaya, forte de 800 miliciens et de 50 canons, résiste jusqu'au avant que les tirs des pièces françaises ne rendent l'endroit indéfendable. De son côté, Wellington ordonne au général Beresford de soulager Badajoz avec . La place étant entretemps tombée aux mains de Soult, Beresford continue sa progression afin de reprendre la ville.

Prélude et forces en présence Mortier détache le général Victor de Faÿ de La Tour-Maubourg pour escorter un convoi d'artillerie de siège de Campo Maior jusqu'à Badajoz. Beresford, informé de ce mouvement, décide d'intercepter ses adversaires, et envoie dans ce but le brigadier-général Robert Ballard Long en avant-garde avec quinze escadrons de cavalerie. Cependant, une partie seulement de cette troupe prend part au combat du .

Ordre de bataille français Général de division Victor de Faÿ de Latour-Maubourg, commandant en chef — d'infanterie de ligne — 3 bataillons mentionne deux bataillons pour un effectif total de . de hussards — 2 escadrons de hussards — 2 escadrons de dragons, général de brigade Vital Joachim Chamorin — 3 escadrons de chasseurs à cheval espagnol Juramentados — 1 escadron Artillerie à cheval — 1 demi-batterie

Ordre de bataille anglo-portugais Brigadier-général Robert Ballard Long, commandant en chef — 700 hommes, 2 canons régiment de dragons légers britannique — 3,5 escadrons de cavalerie portugais de cavalerie portugais, major Loftus Otway — 2 escadrons Artillerie de la King's German Legion, capitaine Cleeves — 2 canons

Déroulement du combat vignette|gauche|alt=Des cavaliers au galop attaquant des artilleurs.|Des cavaliers du dragons légers s'emparant du convoi d'artillerie français au cours du combat de Campo Maior. Illustration de Stanley L. Wood.

Le , le général Long lance les deux escadrons du légers contre le , tandis que les Portugais du couvrent leur flanc gauche. Les dragons français sont enfoncés et leur commandant, le général Chamorin, est tué. La cavalerie française, à l'exception de deux escadrons restés en soutien de l'infanterie, est mise en déroute et s'enfuit en direction de Badajoz. Fort de moins de 200 hommes, le légers est ainsi parvenu à balayer les Français deux à trois fois plus nombreux en une seule charge.

Les cavaliers britanniques, suivis par le portugais du major Otway, se lancent à la poursuite des vaincus ; ils tombent sur le convoi de siège, s'en emparent et continuent leur progression sur une dizaine de kilomètres. Quelques dragons légers atteignent même les retranchements de Badajoz mais sont repoussés par le feu de la garnison : au même moment, la cavalerie française fait une sortie pour chasser les Anglo-Portugais. Cependant, plus en arrière, deux canons de la King's German Legion sont mis en batterie et commencent à tirer sur la colonne française. La cavalerie lourde britannique est prête à intervenir, tandis que de l'infanterie arrive sur le terrain pour prêter main-forte.

C'est alors que le général Beresford reçoit un rapport erroné indiquant que le a été capturé dans son intégralité, ce qui l'incite à interrompre l'engagement. La décision de Beresford de cesser les combats, quand il semble être en mesure d'anéantir les troupes françaises, est prise par ses détracteurs comme un manque de perspicacité similaire à son attitude quelques mois plus tard à la bataille d'Albuera. Les Alliés ayant suspendu leurs attaques, l'infanterie française reprend sa route et, avec l'aide de la cavalerie à présent ralliée, inflige des pertes aux dragons adverses revenant de leur charge. Elle récupère aisément le convoi d'artillerie, qu'elle escorte ensuite dans Badajoz sans être inquiétée. Les cavaliers anglo-portugais conservent toutefois un obusier.

Résultats vignette|droite|alt=Portrait d'un général britannique, tête nue, légèrement tourné vers la droite et vêtu d'un uniforme richement décoré.|Le brigadier-général Robert Ballard Long. Mezzotinte, 1827.

D'après Digby Smith, sur engagés, les Français ont perdu 200 hommes, dont 108 du — parmi lesquelles le général Chamorin, tué au début du combat —, et un canon. De leur côté, les Anglo-Portugais totalisent 168 victimes. Le légers compte 10 tués, 27 blessés et 22 capturés. Les régiments portugais ont perdu 14 tués, 40 blessés et 55 capturés. Selon Ronald Brighouse, les pertes sont d'environ 200 hommes pour les Français (dont 116 du dragons) et de 225 tués, blessés ou disparus chez les Anglo-Portugais, le dragons légers déplorant à lui seul 24 tués, 60 blessés et 77 disparus. Après le combat, les Alliés marchent sur Campo Maior et réoccupent la place.

Malgré leur supériorité numérique, les Anglo-Portugais ne poursuivent que timidement La Tour-Maubourg. Une querelle surgit en effet entre Long et Beresford. Le combat de cavalerie de Campo Maior devient une action très controversée. Beresford considère que Long a perdu le contrôle de sa cavalerie légère, et affirme également que son intervention à propos de la brigade de dragons lourds a empêché Long de leur ordonner une charge suicidaire contre les carrés d'infanterie français. Long, soutenu plus tard en cela par l'historien William Napier, soutient au contraire qu'une attaque de la brigade lourde aurait pu balayer les cavaliers français en soutien de leur infanterie, et par conséquent forcer cette dernière à se rendre.

Cette charge incontrôlée du légers à Campo Maior est à mettre en parallèle avec celle du dragons légers à Vimeiro, du à Talavera et de la brigade Slade au combat de Maguilla. Quelques mois plus tard, le , Beresford affronte le maréchal Soult à la bataille d'Albuera.

Conséquences Wellington, après avoir reçu le rapport de Beresford sur le combat de Campo Maior, adresse une sévère réprimande aux cavaliers du dragons légers : il les qualifie de « racaille », les menacent de leur retirer leurs chevaux et songe à les envoyer à Lisbonne. Les officiers du régiment écrivent alors une lettre à Wellington en détaillant précisément chaque péripétie de l'action. À la suite de cette lettre, Wellington aurait dit que s'il avait connu l'ensemble des faits, il n'aurait jamais émis une telle réprimande. La publication de l'ouvrage History of the War in the Peninsula par William Napier, dans les années 1830, ravive la controverse entourant le combat de Campo Maior, et conduit à une série de pamphlets injurieux entre le neveu de Long et l'historien Napier d'un côté et le général Beresford et ses partisans de l'autre..

Références

Bibliographie

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Catégorie:Bataille de la guerre d'indépendance espagnole Catégorie:Bataille de 1811 Campo Maior Catégorie:Bataille des guerres de la Révolution et de l'Empire impliquant le Portugal Catégorie:1811 en Espagne Catégorie:Mars 1811