Moses Goodman dit Martin Goodman est un éditeur américain de pulps, de livres et de comics. Né le à Brooklyn, il commence à travailler très jeune dans une société de distribution avant de s'associer avec Louis Silberkleit et de fonder sa première maison d'édition en 1932 pour publier des pulps. Comme beaucoup de ses collègues, il multiplie les sociétés pour continuer à travailler même si l'une d'entre elles fait faillite. Pour augmenter les profits, il joue avec les lois, surtout celles sur le droit d'auteur, ce qui lui vaut plusieurs amendes. Toujours attentif aux modes, il se lance dans l'édition de comics en 1938 et fonde Timely Comics. Le premier qu'il publie, Marvel Comics, dans lequel se trouvent Human Torch et the Sub-Mariner est un succès. Il engage alors Joe Simon et Jack Kirby qui créent en 1940 Captain America, autre succès important.

Martin Goodman, cependant, ne reconnaît aucune valeur dans ce qu'il publie et lorsque les super-héros ne sont plus à la mode après-guerre, il n'hésite pas à interrompre ces titres. De même, lorsqu'il apprend que le comics de super-héros Justice League of America publié par DC Comics est en tête des ventes, il demande à Stan Lee, responsable éditorial de Marvel Comics, la société qui a succédé à Timely, de créer une équipe de super-héros. Avec Jack Kirby, Lee lance alors les Quatre Fantastiques qui marque le début du succès pour Marvel. Goodman dirige la société jusqu'en 1972. Il prend alors sa retraite mais lorsque son fils est évincé de Marvel, il décide de fonder une nouvelle société nommée Atlas Comics. Mais l'expérience est de courte durée et Atlas ferme ses portes en 1975. Goodman prend alors sa retraite définitive et part s'installer à Palm Beach où il meurt le .

Les revenus produits par les ouvrages qu'il publie ou distribue sont les seuls critères qui motivent Goodman. Il préfère suivre les modes plutôt que d'innover et considère que les fans, de pulps ou de comics, ne s'intéressent pas à la qualité. Dès lors, le contenu importe peu et le travail des auteurs n'est pas reconnu.

Biographie Jeunesse Martin Goodman (Moses Goodman à sa naissance), naît le à Brooklyn. Il est le premier fils d'Isaac Goodman et d'Anna Gleischenhaus, deux immigrés juifs lituaniens qui se sont rencontrés aux États-Unis et qui sont déjà parents de sept filles. Après lui naissent encore une fille et quatre garçons. À partir du moment où il entre à l'école, son prénom est changé en Morris qu'il garde jusqu'en 1932. Morris commence à travailler très jeune pour aider ses parents à entretenir toute la famille. Puis au milieu des années 1920, il quitte New York et vagabonde à travers les États-Unis. La durée de cette vie errante est inconnue. Selon certaines sources, il revient, alors qu'il a une vingtaine d'années, dans sa ville natale. En il est engagé par Louis Silberkleit, responsable de la diffusion au sein de l'Eastern Distributing Corporation.. Selon d'autres c'est dès 1924 qu'il est commis dans cette société. Il reçoit une promotion en 1928 et en 1929 ; il travaille avec Louis Silberkleit.. Là, il a la charge, entre autres, de diffuser les magazines bon marché de Hugo Gernsback. Il parcourt de nouveau le pays, cette fois pour que les magazines dont il a la charge soient distribués. En 1932, il change de nouveau de prénom et se fait appeler Martin.

Débuts dans l'édition vignette|redresse|alt=Photo en noir et blanc d'un homme à lunettes parlant devant un micro.|Fiorello La Guardia maire de New York dont la politique entraîna la faillite de la Mutual Magazine. En 1932, Eastern fait faillite. Louis Silberkleit fonde une nouvelle société et fait de Goodman son associé. Deux autres éditeurs de pulps, les frères Shade, participent à la création de la . Ensemble, ils dirigent plusieurs sociétés d'édition, qui peuvent être liquidées si cela s'avère plus rentable que d'éditer, et distribuent les magazines via cette nouvelle société. Une société-mère, la , dont Goodman est nommé éditeur, chapeaute cet ensemble. Selon plusieurs sources, Silberkleit et Goodman auraient aussi, entre 1931 et 1932, fondé à l'origine de la société d'édition MLJ propriétaire du personnage d'Archie Andrews. Cependant cette version est remise en cause par les historiens des comics Bell et Vassallo.

Le premier pulp publié par la Newsstand en s'intitule . Il est suivi de , , et . En 1934 le nouveau maire de New York, Fiorello La Guardia, entame une croisade contre ce qu'il considère comme pornographique. Les revues érotiques ne sont pas épargnées et de nombreuses sociétés (éditeur, imprimeur, distributeur) sont menacées. Louis Silberkleit déclare alors en faillite la Mutual Magazine. Il revend aussi ses parts de Newsstand publications à Martin Goodman.

Des pulps aux comics vignette|redresse|alt=Couverture en couleur d'un magazine, représentant deux vaisseaux spatiaux volant dans l'espace.|Dynamic Science Stories de février 1939, un des pulps publiés par Goodman. Ce dernier continue de publier, sous différentes enseignes commerciales, des magazines au succès plus ou moins important : , , , ,  ou encore Ka-Zar. Il produit aussi des magazines avec un plus grand format (, , ). En 1933, il engage J. W. Scott qui devient le principal dessinateur des couvertures de ses pulps. En 1934, il épouse Jean Davis avec qui il aura trois enfants : Iden, né en 1937, Charles, né en 1938 et Amy, née en 1939. En 1938, Martin Goodman publie , un pulp mêlant horreur et science-fiction.

Lorsque les comics font leur apparition, il décide de se lancer dans l'aventure, tout en continuant à publier ses magazines. Funnies, Inc. est une société qui a voulu éditer ses propres comics mais qui n'ayant pas assez d'argent pour cela finit par proposer à d'autres éditeurs des histoires qu'ils peuvent publier dans leurs comics. Goodman signe un accord avec cette société et commande plusieurs séries de bandes-dessinées. Ainsi en , il propose dans lequel font leurs débuts, entre autres personnages, Namor de Bill Everett et Human Torch de Carl Burgos. Goodman décide de faire imprimer , mais la mauvaise qualité de l'impression et les craintes liées à la situation internationale l'amènent à annuler l'édition de Marvel Comics. Lorsqu'il apprend que les exemplaires déjà imprimés se sont tous écoulés très rapidement (les tirés s'écoulent en deux semaines), il ordonne la reprise de l'impression et commande une réimpression pour tirer nouveaux exemplaires. Il commande dans la foulée du matériel pour un deuxième et troisième numéro. Goodman, qui a aussi fondé les maisons d'édition de comics Daring et Marvel, fait publier ce comics par une autre de ses sociétés nommée Timely Comics.

gauche|vignette|redresse|alt=Photographie en couleur d'un homme âgé assis devant une table.|Kirby dans les années 1980. vignette|Joe Simon, premier responsable éditorial de Timely.|alt=Photographie couleur de Joe Simon âgé. Devant le succès du premier numéro, Martin Goodman fait de un mensuel et le renomme . Il publie en parallèle d'autres titres qui se soldent par des échecs : en et en . Plutôt que de passer par Funnies, il engage les artistes Joe Simon et Jack Kirby et commande les séries directement aux auteurs. Puis en 1940, Goodman confie à Simon la direction éditoriale de Timely Comics. Joe Simon lui suggère alors de recruter également à un poste d'adjoint Jack Kirby. Les deux partenaires forment rapidement un tandem très efficace même s'ils commettent qui selon Simon est le pire comics qu'il ait réalisé. Un troisième dessinateur Syd Shores est engagé, surtout pour encrer les pages de Kirby. Exceptés eux trois, les auteurs de comics sont des indépendants qui vendent leurs comics à Goodman. Les postes administratifs sont occupés majoritairement par des membres de la famille de Goodman (trois de ses frères sont présents ainsi que son beau-frère). Le manque de succès de ces nouvelles séries met à mal Timely jusqu'à ce qu'à l'été 1940, lorsque les dessinateurs Carl Burgos, créateur de Human Torch et Bill Everett, créateur de Submariner proposent une rencontre entre les deux personnages. Ce crossover, dans les numéros 7 et 8 de est le premier de l'histoire des comics et met en place le premier univers partagé. Pour profiter du succès de ces deux personnages, un comics pour chacun est produit. Quelques mois après, en , Simon et Kirby créent pour Timely son troisième personnage majeur : Captain America et réalisent avant de quitter la société. En effet Goodman avait signé un contrat avec Simon et Kirby offrant 15% des revenus du comics à Simon et 10% aux dessinateurs. Toutefois, en trafiquant les écritures comptables, il affirme que le comics n'est pas rentable. Simon et Kirby décident alors de quitter Timely pour DC Comics qui leur offre le double de ce qu'ils touchent. Martin Goodman nomme Stan Lee, qu'il avait recruté en 1940 pour assister le rédacteur en chef par intérim Joe Simon, alors qu'il n'a que ..

Si la branche comics est une réussite, en revanche celle des pulps connaît de nombreux problèmes ; Goodman avait l'habitude de réimprimer des nouvelles déjà publiées en changeant les noms et sans se soucier des droits des auteurs. En 1940, plusieurs éditeurs déposent une plainte contre Goodman et Louis Silberkleit, autre éditeur de pulps et cofondateur d'Archie Comics, devant la (FTC). En 1942, les deux sont condamnés pour leurs pratiques. Plus que le jugement, ce sont les conséquences financières sur le long terme qui sont les plus préjudiciables. Goodman dorénavant est obligé de respecter les droits des auteurs et de les payer à chaque fois. À cela s'ajoutent les restrictions sur le papier durant la Seconde Guerre mondiale et des profits en hausse, grâce aux comic books, qui poussent Goodman à moins investir dans les pulps. Trois fois au moins, de 1942 à 1947, la FTC condamne Goodman pour le non-respect du droit des auteurs.

Édition de romans via Lion Books vignette|redresse|gauche|alt=Photographie en noir et blanc d'un homme tenant une récompense.|Robert Bloch, un des auteurs publiés par Goodman. Parallèlement à l'édition de pulps et de comics, Martin Goodman se lance dans l'édition de livres. Créée en 1949, sa maison d'édition se nomme d'abord et est spécialisée dans les romans érotiques. Cependant elle est rebaptisée très rapidement Lion Books et le contenu change totalement. Cette maison d'édition publie alors des auteurs importants de romans policiers comme Robert Bloch, David Goodis et Jim Thompson. Dans un premier temps, Lion publie des romans au format poche au prix de . seront publiés. Une autre collection est lancée en 1954 sous le nom de Lion Library. Le format est plus grand et le prix est de bien que certains soient au format poche à .

Cette diversification lui permet de résister à l'effondrement du marché des comics dans la deuxième partie des années 1950. Durant ces années d'après-guerre, Goodman choisit la diversité et publie des magazines de mots croisés, des magazines d'humour comprenant aussi des images de , des magazines de cinéma, d'autres à l'eau-de-rose ou visant le lectorat masculin. Cependant en 1957, la FTC le condamne une nouvelle fois. Les motifs sont les mêmes que précédemment ; Goodman est accusé d'avoir repris des romans déjà publiés ailleurs, d'avoir changé le titre et de les faire passer pour des œuvres originales. De plus, jusqu'en 1952, Goodman passe par pour distribuer ses ouvrages. Il préfère ensuite se charger lui-même de cette mission. En 1956, comme pour ses comics, il délègue la tâche à mais cette décision est un désastre puisqu' abandonne la distribution. Goodman demande alors à de prendre le relais, comme pour les comics mais cette société n'est pas intéressée.. Goodman face à ses difficultés n'insiste pas et revend sa maison d'édition à la société .

Atlas Comics vignette|redresse|alt=Photographie en couleur d'un homme d'une cinquantaine d'années portant des lunettes.|Stan Lee en 1975.