L'église Saint-Rémi est une église catholique paroissiale située à Marines (Val-d'Oise), en France. Elle succède à une chapelle, que le roi Louis le Gros donne aux chanoines réguliers de saint Augustin de l'abbaye Saint-Vincent de Senlis entre 1125 et 1130. Les chanoines assurent le service paroissial, et font édifier l'église actuelle à partir du milieu du . La première travée du chœur, le transept et les grandes arcades au nord de la nef sont les seuls éléments qui en subsistent à ce jour. Ils appartiennent au style gothique primitif. La dédicace de l'église au titre de Saint-Rémi est célébrée le par Eudes Rigaud, archevêque de Rouen. L'église souffre sous la Guerre de Cent Ans, et est reconstruite par étapes successives à partir du . Les grandes arcades au sud de la nef notamment affichent le style gothique flamboyant. Elles sont reprises en sous-œuvre dès le milieu du siècle, et munies de chapiteaux Renaissance. En 1562, l'archidiacre Guillaumes Germain fait appel au maître-maçon Nicolas Le Mercier pour édifier un porche devant le collatéral sud, qui représente l'un des deux éléments remarquables de l'église. Le pourtour des collatéraux est également refait dans le style de la Renaissance, mais les travaux ne sont pas achevés, ce qui est particulièrement évident dans le collatéral nord. En 1618, les pères Oratoriens se substituent aux chanoines. Peu de temps après, le seigneur Nicolas Brulart de Sillery commande une chapelle funéraire à l'architecte François Mansart. Elle est aujourd'hui dédiée au Sacré-Cœur de Jésus, et représente l'autre élément remarquable de l'église. Les parties orientales ont pratiquement perdu tout leur caractère et leur intérêt au cours des remaniements et restaurations maladroites qu'elles ont subis depuis la Renaissance.

L'église est toutefois inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du . L'ancienne chapelle funéraire devenue la chapelle du Sacré-Cœur est classée par arrêté du . L'église Saint-Rémi en totalité, est classée par arrêté du qui se substitue aux arrêtés d'inscription et de classement précédent.. À ce jour, l'intérieur de l'église attend toujours une restauration. L'église Saint-Rémi est aujourd'hui au centre d'un grand regroupement paroissial, qui s'étend sur trente-quatre communes. Les messes dominicales y sont célébrées chaque dimanche à 11 heures.

Localisation thumb|left|Façade occidentale.

L'église Saint-Rémi se situe en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, dans le Parc naturel régional du Vexin français, sur la commune de Marines, au nord de la place du marché, dite place du maréchal Leclerc, près de la mairie. L'élévation méridionale et la façade donnent sur la place. Le chevet est visible depuis un terrain situé entre la mairie et le jardin de l'ancien couvent des Oratoriens, dont une partie est aujourd'hui utilisée comme presbytère. Le croisillon nord ou chapelle de la Vierge Marie est englobé dans l'ancien couvent, et n'apparaît pas comme élément de l'église depuis l'extérieur. Le reste de l'élévation septentrionale est enclavé dans le domaine de l'ancien couvent, et non visible depuis le domaine public. Depuis la rue Jean-Mermoz, il est toutefois possible d'apercevoir de loin le côté nord-est de l'église.

Historique thumb|left|Vue depuis le sud.

Le bourg de Marines n'est pas d'origine très ancienne. Longtemps, ce n'est qu'un pauvre village qui vit à l'ombre de la localité voisine de Chars, dont la splendeur de l'église Saint-Sulpice reflète encore sa prospérité ancienne. En 1250, Marines ne compte que vingt feux, c'est-à-dire foyers, et le hameau des Hautiers en compte autant, alors que Chars représente trois cent quarante feux. Les premiers habitants s'étaient installés aux Hautiers, sur le plateau du Caillouet, qui a été défriché par les moines du prieuré du Rosnel (sur l'actuelle commune de Bréançon) à partir du milieu du . Un peu plus tard, une première chapelle est construite à l'emplacement de l'actuelle église. Tout ce que l'on sait de cette chapelle est qu'elle était construite en pierre de Nucourt, et que le bois de sa charpente provenait de Bréançon et Santeuil. Entre 1125 et 1130, le roi Louis le Gros, comte du Vexin, donne la chapelle à l'abbaye Saint-Vincent de Senlis. (chanoines réguliers de saint Augustin). Les chanoines fondent aussitôt un prieuré à Marines.. thumb|upright|Une cage d'escalier a été plaquée devant le chevet. thumb|upright|Le croisillon nord est englobé dans l'ancien couvent des Oratoriens. thumb|upright|La corniche beauvaisine de l'abside subsiste de la du .

Un quart de siècle plus tard, ils font construire un nouveau chœur et un nouveau transept, dont les voûtes semblent subsister à ce jour. En jugeant d'après les trois chapiteaux gothiques au nord de la nef, celle-ci date de la seconde moitié du . Au début du , les chanoines parviennent à agrandir le domaine agricole et forestier du prieuré et reçoivent de nouvelles dîmes, ce qui leur permet d'agrandir l'église. Ces travaux portent vraisemblablement sur la reconstruction des parties orientales provenant de l'ancienne chapelle, sachant que la nef est traditionnellement à la charge des paroissiens sous l'Ancien Régime. Aucun élément en élévation ne peut être attribué avec certitude à la campagne de la première moitié du . Une fois achevée, l'archevêque de Rouen, Eudes Rigaud, procède à la dédicace de l'église au titre de Saint-Rémi, le .. La paroisse de Marines dépend de l'archidiaconé du Vexin français de l'archidiocèse de Rouen jusqu'à la Révolution française, et le collateur de la cure est le prieur de Marines. Le service paroissial est assuré par les pères Augustins jusqu'en 1618, et par les pères Oratoriens de cette date jusqu'en 1794 (voir la plaque des curés). Sous la Guerre de Cent Ans, l'église Saint-Rémi souffre de destructions partielles et d'un manque d'entretien. Elle est réparée et remaniée à la période gothique flamboyante, au second quart du . Faute de moyens, ces travaux ne sont pas achevés, et semblent principalement porter sur la nef et ses bas-côtés. Notamment les grandes arcades du sud, ainsi que peut-être les voûtes de la nef et du collatéral sud, semblent provenir de cette campagne.

En 1562, un important don de l'archidiacre du Vexin français, Guillaumes Germain, qui réside alors à Marines, permet une poursuite du chantier. Germain fait appel au jeune maître-maçon pontoisien Nicolas Le Mercier, qui a appris le métier en travaillant avec son père Pierre. Il venait juste d'achever le nouveau clocher de Chars. Le Mercier dessine notamment le porche devant la troisième travée du collatéral sud, et redécore l'intérieur du collatéral sud avec des chapiteaux et colonnes dans le style de la Renaissance (Bernard Duhamel suggère que le collatéral sud fut bâti sous sa direction, mais le profil aigu des nervures des voûtes est typiquement flamboyant). Toutes les fenêtres latérales datent également de la Renaissance, et pourraient provenir de la même campagne de travaux. Beaucoup de choses restent à faire.

En 1603, Nicolas Brulart de Sillery (1544-1624), garde des Sceaux du roi Henri IV, rachète la seigneurie de Marines à la famille de Brosses, qui la détenait depuis 1520 environ. Quand les pères Oratoriens succèdent aux Augustins de Senlis en 1617, Brulart de Sillery leur fait construire un nouveau prieuré dès l'année suivante. L'ancien bâtiment est démoli. Les pères Oratoriens obtiennent aussi la promesse de la construction d'un nouveau chœur, car l'ancien est beaucoup trop exigu. Mais le seigneur ne tient pas son engagement. À la fin de sa vie, sa priorité est l'érection d'une somptueuse chapelle sépulcrale pour sa propre gloire. Dédiée à saint Roch de Montpellier, cette chapelle peut être datée des alentours de 1620 grâce à une quittance, qui indique aussi qu'elle est bâtie en pierre dure de Chars. La chapelle est de style classique et de plan rond, et ressemble assez à l'ancienne église Sainte-Marie-des-Anges de Paris, l'actuel temple du Marais, ce qui a permis à Bernard Duhamel d'identifier son architecte, François Mansart. La chapelle Saint-Roch est restaurée assez maladroitement en 1750. Le chœur n'est reconstruit et agrandi qu'en 1762, selon Bernard Duhamel. Cette comparaison est quelque peu énigmatique, car plusieurs styles et époques s'enchevêtrent dans la nef. Le voûtement est d'inspiration gothique flamboyante, ce qui frôle le pastiche architectural étant donné l'époque. Il reste toutefois à démontrer que le chœur est réellement agrandi et revoûté au , puisque l'étude entreprise par Bernard Duhamel reste superficielle, et une corniche beauvaisine de la seconde moitié du reste visible à l'extérieur..

Sous la Révolution française, en 1793, les tombeaux des Brulart de Sillery dans le caveau sous la chapelle sont détruits. Le nouveau diocèse de Versailles est créé pour regrouper les paroisses sur l'ensemble du territoire du département de Seine-et-Oise. Pendant la seconde moitié du , la chapelle funéraire change de vocable et est dédiée au Sacré-Cœur de Jésus. En 1867, deux grandes fenêtres y sont percées de part et d'autre de l'autel du chevet. Le portail occidental est restauré en 1888. D'autres restaurations et remaniements sont effectués au cours des et s. Ainsi, l'église perd une grande partie de son intérêt.. Elle est néanmoins inscrite aux monuments historiques par arrêté du . Bernard Duhamel souligne que seul le porche et la chapelle sont dignes de retenir l'attention. La chapelle est classée aux monuments historiques par arrêté du . Son état est correct. Ce n'est pas le cas du reste de l'église, qui souffre déjà de l'absence de style du chœur et du transept, et de l'hétérogénéité de la nef et des collatéraux : comme à Cormeilles-en-Parisis, les murs et voûtes sont peints en gris et paraissent sales, et quelques ragréages en plâtre renforcent cette impression. La triste image que donne l'église Saint-Rémi contraste avec l'excellent état de nombreuses églises villageoises du Vexin, qui ont été restaurées bien que ne servant qu'occasionnellement au culte. Depuis 1966, Marines et toutes les autres paroisses du nouveau département du Val-d'Oise relèvent du diocèse de Pontoise. La paroisse Avernes et Marines regroupe aujourd'hui un total de trente-quatre villages. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Rémi tous les dimanches à ..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Orienté irrégulièrement vers le sud-est, l'édifice se compose d'une nef de quatre travées accompagnée de ses deux collatéraux ; d'un transept non débordant et donc non identifiable depuis l'extérieur ; d'un clocher central assez banal se dressant au-dessus de la croisée du transept ; d'un chœur de deux travées dont la seconde comportant l'abside à pans coupés ; ainsi que d'une chapelle octogonale dans l'angle entre chœur et croisillon sud. Le croisillon nord est totalement englobé dans le bâtiment de l'ancien couvent des Oratoriens. Une cage d'escalier a été plaqué devant le pan central de l'abside. L'on accède à l'église par le portail latéral sous le porche devant la troisième travée du sud, ou par le portail occidental de la nef. Le collatéral sud et le vaisseau central sont voûtés d'ogives en totalité. Le collatéral nord est recouverte d'une fausse voûte en berceau en bois plâtré. Les croisillons du transept sont voûtés en berceau perpendiculairement à l'axe de l'édifice. La chapelle du Sacré-Cœur possède un dôme en pierre traité à la façon d'un plafond à caissons. La structure des toitures ne reflète pas tout à fait l'organisation intérieure. La toiture du collatéral sud inclut en effet le croisillon sud. Chacun des trois vaisseaux possède sa propre toiture avec des pignons aux extrémités.

Intérieur Nef et collatéral nord thumb|Bas-côté nord, vue vers l'est. thumb|Nef, vue vers l'ouest.