Les élections municipales de 2001 à Bordeaux se déroulent le . Elles opposent le maire sortant Alain Juppé à son adversaire du dernier scrutin Gilles Savary, candidat de la Gauche plurielle qui ne part pas unie et voit l'avocat Pierre Hurmic présenter une liste pour Les Verts. Pour le Front national, c'est le conseiller régional Jacques Colombier qui est tête de liste.

Alain Juppé est réélu dès le premier tour avec la majorité absolue, soit 50,96 % des suffrages exprimés, et seules trois autres listes obtiennent des élus au conseil municipal : 7 pour Gilles Savary, 3 pour Pierre Hurmic et 1 pour Jacques Colombier.

Contexte L'après-Chaban-Delmas En 1995, Alain Juppé avait succédé à Jacques Chaban-Delmas, figure emblématique qui avait dirigé Bordeaux pendant près d'un demi-siècle. Son arrivée à l'hôtel de ville avait symbolisé un changement de génération et l'ouverture d'un nouveau cycle politique.

À la fin des années 1990, Bordeaux souffre encore de l'image de , une ville jugée peu dynamique par rapport à d'autres grandes métropoles françaises.. Alain Juppé entreprend alors une politique ambitieuse de rénovation urbaine, de valorisation du patrimoine et de modernisation des infrastructures.. Plusieurs grands projets structurants sont lancés : réaménagement des quais de la Garonne ; restauration du centre historique ; politique environnementale inspirée de l'Agenda 21 ; redressement des finances municipales. ; lancement du projet de tramway moderne.

Le tramway au cœur du mandat

Le dossier majeur du mandat est incontestablement le retour du tramway.. Supprimé en 1958 sous Jacques Chaban-Delmas, ce mode de transport est réintroduit après plusieurs années d'études et de concertation... La Communauté urbaine de Bordeaux adopte officiellement le projet en 1997 et les premiers chantiers débutent avant les élections de 2001...

Si les travaux provoquent des perturbations importantes dans le centre-ville, Alain Juppé fait le pari que les bénéfices futurs l'emporteront sur les désagréments immédiats. Ce choix devient l'un des principaux marqueurs de son action municipale.

Une opposition divisée Contrairement à 1995, la gauche parvient à s'unir derrière la candidature du député européen socialiste Gilles Savary. La liste rassemble le Parti socialiste (PS), le Parti communiste français (PCF), le Parti radical de gauche (PRG) et le Mouvement des citoyens (MDC).

Toutefois, les écologistes refusent de rejoindre cette coalition et présentent leur propre liste conduite par l'avocat Pierre Hurmic. Cette division limite les chances de la gauche face à un maire sortant bénéficiant d'une forte popularité locale.

Campagne électorale La campagne municipale de 2001 est particulièrement calme. Les observateurs soulignent alors l'absence de suspense réel quant à l'issue du scrutin.. Alain Juppé mène une campagne centrée sur son bilan, mettant en avant. : la transformation urbaine engagée ; les projets de transport ; la modernisation de l'administration municipale ; la maîtrise des finances locales ; le rayonnement retrouvé de Bordeaux.

Face à lui, Gilles Savary critique notamment les perturbations liées au tramway et tente d'incarner une alternative sociale et écologique. Cependant, la dynamique demeure clairement favorable au maire sortant.

Résultats du scrutin Alain Juppé est réélu dès le premier tour avec la majorité absolue, tandis qu'aucune autre liste ne parvient à obtenir au moins 20 % des suffrages exprimés.

+ Résultats des élections municipales de 2001 à BordeauxListeParti politiqueTête de listePremier tourConseilmunicipalVoix%50,96 19,99 9,59 5,04 3,743,72,432,001,744790,81

Conséquences La réélection municipale est rapidement suivie d'un autre enjeu : la présidence de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB). Malgré une progression de la gauche dans plusieurs communes de l'agglomération, Alain Juppé parvient à conserver la présidence de l'intercommunalité grâce à des divisions au sein de la gauche.. Cette victoire lui permet de conserver la maîtrise des grands projets métropolitains, en particulier le tramway.

Avec ce succès de 2001, Alain Juppé consolide définitivement son statut d'héritier de Jacques Chaban-Delmas et s'impose comme la figure dominante de la vie politique bordelaise pour près de deux décennies. Sa politique de transformation urbaine, amorcée lors de ce second mandat, contribuera profondément à la mutation de Bordeaux au cours des années 2000 et 2010.

Notes et références

Bibliographie .

Voir aussi Articles connexes Élections municipales françaises de 2001

Liens externes

Bordeaux 2001