Tinchebray-Bocage est une commune française située dans le département de l'Orne en région Normandie, peuplée de Population municipale , légale en .. Elle est créée le par la fusion de sept communes, sous le régime juridique des communes nouvelles. Les communes de Beauchêne, Frênes, Larchamp, Saint-Cornier-des-Landes, Saint-Jean-des-Bois, Tinchebray et Yvrandes deviennent des communes déléguées.
Géographie Située à l'ouest du Bocage flérien, Tinchebray-Bocage est au cœur d'une plus vaste région, le Bocage normand. L'atlas des paysages de la Basse-Normandie place la commune au cœur de l'unité des hauts pays de l'ouest ornais et du mortainais située majoritairement au nord-ouest du département de l'Orne et caractérisée par un ..
Le territoire est traversé par la ligne de partage des eaux, le nord dans le bassin de l'Orne avec le Noireau, et le sud dans le bassin de la Loire avec l'Égrenne et la Varenne. Le point le plus bas, , est à la sortie du Noireau à Frênes et le plus haut à Saint-Cornier-des-Landes, , entre la Noë-Chesnay et les Monts.
Le climat est océanique, comme dans tout l'Ouest de la France, mais la pluviométrie annuelle de Tinchebray-Bocage est plus importante et avoisine les à l'ouest du territoire (archive Wikiwix du site www.basse-normandie.ecologie.gouv.fr) avec de 190 à de pluie par an. Les hautes terres de Saint-Cornier-des-Landes, situées sur une crête à d'altitude, ont un bioclimat "hyper-humide" caractérisé par des précipitations abondantes toute l'année qui se manifeste par la présence de hêtreMichèle Lavollé: Le bocage ornais, Tome 1 dans: "Le Pays-Bas-Normand, , 214, 215, 1994 pages: 83, 93 (bois de fouteaux dans les textes anciens, micro-toponyme : Foutelaie).
Le massif granitique de Chanu avec ses points les plus élevés s'étend jusqu'au sud de Frênes au Mont-Crespin, d'altitude et à l'est de Tinchebray à la Gautierrerie, . Un autre petit massif de granodiorite est très étroit à Larchamp, plus large entre Saint-Jean-des-Bois et Saint-Clair-de-Halouze. Une crête des cornéennes plus résistantes à l'érosion que les granites traverse: Saint-Cornier-des-Landes, Yvrandes et Saint-Jean-des-BoisMichèle Lavollé: Le bocage ornais, page: 46. Le minerai de fer est à l'affleurement pour le synclinal Mortain-Domfront-Bagnoles à LarchampLa métallurgie normande, Cahiers de l'inventaire, page: 17.
Hydrographie La commune est traversée par la ligne de partage des eaux entre les bassins hydrographiques Seine-Normandie et Loire-Bretagne. Elle est drainée par un bras de l'égrenne, le Noireau, l'Egrenne, la Halouze, la Durance., le ruisseau de Blandouet., le ruisseau de Vautige., le ruisseau des Nussons., le Troitre., les Huttereaux., le Barbrelle., un bras du Noireau., le cours d'eau 01 de la Dierrie., le cours d'eau 01 de la Goulière., le cours d'eau 01 de la Grande Corbière., le cours d'eau 01 de la Jouannerie., le cours d'eau 01 des Cent Ancres., le cours d'eau 01 des Châtaigniers., le cours d'eau 01 du Bourg Jouvin., le cours d'eau 02 de Beaulieu., le cours d'eau 03 de la commune d'Yvrandes., le cours d'eau 07 des Landes., le cours d'eau 14 du Moulin., le fossé 01 de la Crière du Nord., le fossé 01 de l'Abbaye de Belle Etoile., le fossé 01 du Bourg Lopin., le Moulin d'Yvrande., le Noireau., le ruisseau de Corruelle., le ruisseau de Froidebise., le ruisseau de Glaire., le ruisseau de la Commune de passé., le ruisseau de la Doitee., le ruisseau de la Fontaine de la Depoiserie., le ruisseau de la Fontaine des forgettes., le ruisseau de la Gaillardière., le ruisseau de Monbayer., le ruisseau des Fontaines. et divers autres petits cours d'eau..
Le Noireau, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Christophe-de-Chaulieu et se jette dans l'Orne à Ménil-Hubert-sur-Orne, après avoir traversé ..
L'Égrenne, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Chaulieu et se jette dans la Varenne à Saint-Mars-d'Égrenne, après avoir traversé ..
La Halouze, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans la Varenne à Saint-Bômer-les-Forges, après avoir traversé ..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Tinchebray-BocageLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés. La ligne de partage des eaux entre les bassins hydrographiques Seine-Normandie et Loire-Bretagne est représentée par une ligne verte en tirets-points..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée () et un été frais () et venté.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Vire Normandie à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Tinchebray-Bocage est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Tinchebray-BocageUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Flers, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (94,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (95,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (55,4 %), zones agricoles hétérogènes (31 %), terres arables (8,3 %), forêts (2,6 %), zones urbanisées (2,3 %), mines, décharges et chantiers (0,3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Tinchebray-Bocage reprend le nom de la commune principale, Tinchebray, et le mot bocage qui définit le paysage commun à tous..
Histoire vignette|Carte de Cassini.
La commune est créée le par un arrêté préfectoral du ., par la fusion de sept communes, sous le régime juridique des communes nouvelles instauré par la loi du de réforme des collectivités territoriales. Les communes de Beauchêne, Frênes, Larchamp, Saint-Cornier-des-Landes, Saint-Jean-des-Bois, Tinchebray et Yvrandes deviennent des communes déléguées et Tinchebray est le chef-lieu de la commune nouvelle.
La voie antique qui reliait Augustodurum (Bayeux) et Vieux-la-Romaine (Vieux) à Jublains et Vindunum (Le Mans) servait de limite à Larchamp, Beauchêne, Saint-Cornier-des-Landes, Tinchebray et Frênes...
Les territoires de Tinchebray, Saint-Jean-des-Bois, Saint-Cornier-des-Landes et Beauchêne viennent en partie du déboisement de la forêt de la Lande Pourrie, celui d'Yvrandes y était totalement inclus.
Les hameaux anciens sont souvent issus de masures (vavassories, aînesses), terres en roture données contre redevances et devoirs par le seigneur à une famille représentée par un aîné qui tient le rôle de prévôt et les aveux, participe aux gages-plèges de la seigneurie. Certaines familles ont laissé leurs noms comme les Degrenne : la Degrennerie à Tinchebray, Aubry : l'Aubrière à Larchamp, Dumaine : la Dumainerie à Saint-Cornier-des-Landes, Aumont : la fieffe Aumont à BeauchêneL'abbé Dumaine dans le tome 2 de: Tinchebray et sa région au bocage normand donne les fieffes du Comté de Mortain pour: Tinchebray, Saint-Jean-des-Bois, Yvrandes, Saint-Cornier-des-Landes et Beauchêne, pages: 265 à 386. On peut les retrouver sur la page: Chanu de Généawiki.
La chouannerie Entre 1793 et le Consulat, le bocage contrairement au reste de la Normandie qui reste calme, est le théâtre d'une guérilla sporadique, difficile à réprouver et toujours impitoyable. La chouannerie normande s'identifie aux autres résistances au régime révolutionnaire, de la Vendée, de l'Anjou, du Maine et de la Bretagne. Elle reçoit l'appui et la complicité d'une large partie des populations rurales. Quant au danger qu'elle présentait, il fallut en finir avec l'assassinat de son chef Louis de FrottéAlfred Chaudeurge: La chouannerie normande. La bourgeoisie de Tinchebray est largement républicaine alors que la campagne reste fidèle à Dieu et au roi.
En 1790, les ecclésiastiques obligés de prêter le serment civique, quittent leurs presbytères, partent à l'étranger ou restent dans le pays et commencent une vie clandestine. Considérés comme des martyrs, leur influence augmente. Ils sont remplacés par des prêtres jureurs qui face à l'hostilité de la population partent et ferment les églises.
En , la levée de sur tout le territoire ouvre une période de résistance par le refus massif de répondre à l'appel militaire. À Saint-Jean-des-Bois, Michelot Moulin (Michel Moulin), fils d'un taillandier aisé, réquisitionné pour rejoindre les forces républicaines obtient des armes par ruse, déserte et entre dans la clandestinité avec ses compagnons, creusant des souterrains, désarmant les patriotes de Landisacq, Chanu et Saint-Cornier-des-Landes pendant que ceux de Flers désarment Saint-Jean-des-Bois. Sa division occupe les régions de Vire, Condé-sur-Noireau et Domfront avec à .
En , Michelot Moulin libère de la prison royale de Tinchebray l'abbé Dulaurant condamné à la guillotine. En , Hoche met en place un système de défense avec des colonnes mobiles de 50 à à Saint-Cornier-des-Landes au Val de Préaux.
Le , Louis de Frotté attaque Tinchebray avec et y met le feu. ont fortifié la ville, la chapelle Saint-Rémi de Tinchebray servant de citadelle, d'observatoire et de refuge pour les femmes, les enfants et les vieillards. Bilan : 84 maisons brûlées, 2 républicains tués, 20 officiers et environ 80 chouans tués.